
« Aucune des deux graphies [ni l'ancienne ni la nouvelle] ne peut être tenue pour fautive. »
Déclaration précédant les listes du Dictionnaire de l'Académie française (9e édition en cours de publication) dans les fascicules du Journal officiel de la République française depuis le 22 mai 1993
Le trait d'union est remplacé par la soudure dans tous les composés de contr(e)-
et entr(e)-
, pour lesquels on poursuit l'action commencée par l'Académie en 1835, 1878 et 1935 (ex. : contrappel
, entretemps
sur le modèle de contrepoint
, entrevue
).
Le trait d'union est remplacé par la soudure dans tous les composés de extra-
, infra-
, intra-
, ultra-
(ex. : extrafort
sur le modèle de extraordinaire
), comme les composés de en
, sur
, supra
, déjà soudés.
N.B. Le trait d'union est maintenu dans les mots où la soudure engendrerait une prononciation défectueuse (ex. : extra-utérin
).
Le trait d'union est remplacé par la soudure dans les composés d'éléments savants, en particulier en -o
(ex. : autoécole
sur le modèle de radioactif
).
N.B. Le trait d'union est maintenu dans les noms propres et termes géographiques où il sert à marquer une relation de coordination entre les deux termes (ex. : gréco-romain
).
Le trait d'union est remplacé par la soudure dans les composés de formation onomatopéique ou dans des mots d'origine étrangère (ex. : bouiboui
, weekend
, un apriori
sur le modèle de coucou
…).
Le trait d'union est remplacé par la soudure dans certains composés formés à l'origine d'un verbe et d'un nom, ou d'un verbe et de -tout
, les composés avec basse-
, mille-
, haut(e)-
, et quelques autres composés (ex. : croquemonsieur
, mangetout
, millepatte
, portemonnaie
, rondpoint
sur le modèle de faitout
, passeport
, portefeuille
).
N.B. Ces mots étant devenus des mots simples, ils suivent la règle générale du singulier et du pluriel (ex. : un millepatte
, des millepattes
sur le modèle de un millefeuille
, des millefeuilles
).
Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d'union (ex. : vingt-et-un-mille-six-cent-deux
, quatre-centième
, un-million-cent
).
N.B. On distingue ainsi quarante-et-un tiers
(41/3) de quarante et un tiers
(40 + 1/3), et aussi mille-cent-vingt septièmes
(1120/7) de mille-cent vingt-septièmes
(1100/27), de mille cent-vingt-septièmes
(1000/127), ou encore de mille-cent-vingt-septième
(1127e).
Les noms composés, avec trait d'union, formés à l'origine soit d'une forme verbale et d'un nom, soit d'une préposition et d'un nom, perçus comme des mots simples, prennent la marque du pluriel au second élément, seulement et toujours lorsqu'ils sont au pluriel (ex. : un essuie-main
, des essuie-mains
, un cure-ongle
, des cure-ongles
, un garde-meuble
, des garde-meubles
- qu'il s'agisse de personnes ou de choses -, un après-midi
, des après-midis
).
N.B. La règle ne concerne pas les quelques composés dont le second élément contient un article (ex. : trompe-l'œil
) ou commence par une majuscule (ex. : prie-Dieu
).
Les noms empruntés à d'autres langues, dont le latin, suivent la règle générale du singulier et du pluriel des mots français (ex. : les boss
, les gentlemans
, les matchs
, les minimas
, les minimums
).
Exceptions : les noms ayant conservé leur valeur de citation (ex. : des requiem
).
Devant une syllabe graphique contenant un e
instable (dit e muet), on écrit è
et non é
. Ainsi :
évènementsur le modèle de
avènement,
règlementairesur le modèle de
règlement, etc. ;
céder, au futur et au conditionnel, s'écrivent avec un accent grave (ex. :
elle cèderaitsur le modèle de
elle lèverait) ;
esuivie du pronom personnel
jeporte un accent grave (ex. :
aimè-je).
Exceptions, en raison de leur prononciation normée en syllabe initiale :
dé-et
pré-(ex. :
dégeler,
prévenir) ;
é-initiaux (ex. :
échelon,
édredon,
élever) ;
médecinet
médecine.
L'accent circonflexe disparait sur les lettres i
et u
(ex. : nous entrainons
, il parait
, flute
, traitre
).
Exceptions : le circonflexe est maintenu, pour sa fonction analogique ou distinctive,
nous vîmes,
vous lûtes) et du subjonctif (ex. :
qu'il partît,
qu'il eût voulu) ;
jeûne( s), les masculins singuliers
dû,
mûret
sûr, et les formes de
croitrequi, sinon, seraient homographes de celles de
croire.
Le tréma est déplacé sur la lettre u
qui correspond à un son dans les suites -güe-
et -güi-
(ex. : aigüe
, ambigüe
, ambigüité
).
N.B. Afin de corriger des prononciations jugées défectueuses, le tréma est ajouté dans quelques mots (ex. : argüer
, gageüre
, rongeüre
).
Pour l'accentuation (comme pour le pluriel et la soudure), les mots empruntés suivent la règle des mots français (ex. : homéo-
, un imprésario
).
Les formes conjuguées des verbes en -eler
ou -eter
s'écrivent avec un accent grave et une consonne simple devant une syllabe contenant un e
instable (dit e muet). Les dérivés en -ment
de ces verbes suivent la même règle (ex. : il détèle
sur le modèle de il pèle
, il étiquètera
sur le modèle de il achètera
; nivèlement
, renouvèlement
).
Exceptions : appeler
, jeter
et leurs composés (y compris interpeler
), bien implantés dans l'usage.
Une consonne qui suit un e
instable (dit e muet) est simple : on écrit lunette/lunetier
, dentelle/dentelier
, dentelière
, prunelle/prunelier
, sur le modèle des séries noisette/noisetier
, chamelle/chamelier
. De même : interpeler
, nous interpelons
, etc.
Les mots anciennement en -olle
et les verbes anciennement en -otter
s'écrivent avec une consonne simple, de même que leurs dérivés (ex. : girole
, frisoter
, frisotis
).
Exceptions :
colle,
folle,
molle, bien implantés dans l'usage ;
-otte(ex. :
botte/
botter,
flotte/
flotter,
flottement).
Le participe passé de laisser
suivi d'un infinitif est invariable (ex. : les enfants que nous avons laissé partir
sur le modèle de les enfants que nous avons fait partir
, elle s'est laissé mourir
sur le modèle de elle s'est fait mourir
).
Quelques familles sont réaccordées (ex. : bonhommie
comme bonhomme
, charriot
comme charrue
, chaussetrappe
comme trappe
, combattivité
comme battre
, déciller
comme cil
, imbécilité
comme imbécile
, innommé
comme nommé
, persiffler
comme siffler
, prudhommie
comme homme
, ventail
comme vent
).
Quelques anomalies sont supprimées (ex. : les participes passés absout
et dissout
, assoir
, douçâtre
, exéma
comme examen
, levreau
comme agneau
, nénufar
, ognon
comme pognon
, relai
comme balai
, saccarine
, tocade
).
Un accent est ajouté dans quelques mots, où il avait été omis ou dont la prononciation a changé (ex. : bésicles
).
La finale -illier
est remplacée par la finale -iller
lorsque le i
qui suit les deux l
ne s'entend pas (ex. : quincailler
, serpillère
).
N.B. On conserve toutefois le suffixe -illier
dans les noms d'arbres et de végétaux (ex. : groseillier
).
D’une manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux créateurs de mots de privilégier la graphie la plus simple lorsque plusieurs formes sont en usage : la graphie sans accent circonflexe (ex. : allo
), la forme en n
simple, le pluriel régulier, etc.
D’une manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux créateurs de mots de franciser, dans la mesure du possible, les mots empruntés, en les adaptant au système graphique du français (ex. : débatteur
, musli
), et de donner la préférence, lorsque plusieurs formes existent, à celle qui est la plus proche du français (ex. : paélia
, taliatelle
).
D’une manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux créateurs de mots de préférer, pour l’écriture de mots nouveaux dérivés de noms en -an
, le n
simple, et, pour les dérivés de noms en -on
, le n
simple devant i
, o
, a
(ex. : -onologie
, -onaire
, -onalisme
, -onite
[ex. : réunionite
]).