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Poème déposé sur le site le : 11/07/2006 08:38
Lettre à mon amie
C’est le coeur fragilealourdi par tant d’adieux, c’est les yeux brûlants de la mélancolie de ma vie, c’est en m’arrachant un membre que finalement je partirai. Les lèvres scellées par l’amertume, le regard faussement jovial, je tournerai le dos disant au revoir à moi-même, à ce que j’ai toujours cru être. À chaque pas qui m’éloigneront d’où j’ai grandi, à tout les millimètres qui me sépareront de vous, le poid du monde sur mes épaules gonflera. Il augmentera, pèsera lourd, jusqu’à exploser. C’est à des kilomètres d’ici, vide de rancune, que je me sentirai enfin respirer. C’est là-bas, dans le tourbillon, que j’espere me trouver réellement, que la chenille au creu de moi-même pourra devenir autre qu’un crapaud. Ça en est presque pathétique. La jeunesse qui abandonne tout, qui tente de frôler le spectre de ses rêves, qui croit qu’au fin fond d’elle, derrière sa pâle carcasse, elle est unique. Qu’à quelque part, aussi minime soit elle, une goutte de talent subsiste. La réalité, aussi cruelle que nécessaire, me rattrapera sans doute. Et, dans l’atmosphère verdâtre d’un matin, je reviendrai à mon ancienne vie, ignorant les ragots, m’efforçant d’oublier ma naïveté.
Fairy-josi
Remarque de l'auteur
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