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Poème déposé sur le site le : 02/09/2006 14:17
Minuit (à Camille)
J’ai traversé la rue en forme d’entonnoir,les fenêtres ouvertes, les mains dilapidées, cette silhouette retient le corps de s’écrouler et dans chaque vitrine se polit un miroir. Decouvre sans parler le livre des souvenirs, cette mémoire déformée à l’intérieur de l’eau où la mort allongée dans un ancien bateau laisse place au passeur aveugle comme avant. Il est tard et j’ai mal et mon corps est cassé, ce qui reste de moi ressemble à un morceau de métal oxydé par d’incessantes morsures du temps et dont la nuit a achevé l’usure. Il est tard et j’ai mal, et je reste aveugle sur ce lit dont les draps sont cousus à ma peau, la cendre est dans ma bouche, mes mains couvertes de sang griffonnent sur les murs des tableaux indécents. Il est tard et j’ai mal, qui es tu dans le noir ? Cette proie qui m’accable se massacre lentement, le livre resté ouvert où les images s’effacent laissent dans mon cerveau des blessures qui s’entassent. Il est tard et j’ai mal, je ne pense plus à toi, et pourtant dans le noir je ne vois que tes yeux qui écrasent mon crâne de leur poid de métal. Il est tard, il est tard...le soleil n’est plus là, je ne suis qu’une momie bandelée de sa chair, et où vas tu si tard ? Ne me laisse pas comme ça... j’ai trop mal, j’ai si mal...alors que tu t’en vas.
Ivan de Monbrison
Remarque de l'auteur
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Information : Poème Aucun
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