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Nataku

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Poème déposé sur le site le : 04/11/2006 21:27

Esprit éclairé (Lumière sur la décadence)
Je suis ici… encore… et pour toujours
Dans un coin de mon esprit étroit
Un coin de ma cave que n’atteint pas le jour
Ici où il fait si froid

La pièce est un peu étroite et encombrée
On y trouve de vieux cauchemars
Et aussi quelques anciens cahiers
Qui s’en iront certainement avant mon départ
Des étagères surchargées
Et de ces choses que l’on accumule chaque soir

Dans le coin opposé au mien est entreposé une boîte
Une vulgaire boîte à chaussure sans marque recouverte de poussière
Reposant dans la saleté et les toiles d’araignées que les années flattent
Mon âme d’éthéré repose ici, dans cette misère

Mon esprit est certes éclairé, mais de quelle manière…
Une lampe accrochée au bout d’un câble au centre de la pièce
Elle aussi corrompue par l’apathie qui me digère
Ainsi, toutes les heures peuvent sonner même celle de la messe

Il fut un temps où l’on pouvait voir les oscillations des teintes du jour et de la nuit
Par cette unique fenêtre que j’appellerais désormais meurtrière
Tant pour son étroitesse que pour le nombre d’oiseaux qu’elle occis
Grâce à ses aliénés que sont quelques morceaux de verre

Le rouge étant désormais la seule couleur filtrant à cette fenêtre
Par ma faute… comme l’état de cette pièce où je m’emprisonne…
J’avais voulu un jour voir dehors les artifices du paraître
Et après avoir usé mes ongles et mutilé mes doigts sans que le temps ne m’impressionne
J’ai vu que j’avais simplement émietté un peu de la crasse accrochée au mur
Et que la seule solution pour sortir était de briser ma temporalité de couleur

J’ai dans un même temps brisé le temps et meurtris ma main
Puis mon corps lorsque je l’ai passé par ma fenêtre blessée
Et une fois hors de moi-même, hors de mon esprit aussi malade que malsain
J’ai vu le monde sous sa lumière, une lumière perpétuelle mais pas toujours bien placée
Plongeant sans remords la moitié de ce monde qui m’était inconnu dans l’ombre
Et d’un seul coup mon inconnu se transforma en inquiétude a la froideur de marbre

La renaissance lumineuse me laissa à nouveau contempler ce qui n’était plus une envie
Et qui devint rapidement un déjà vu, voir un déjà détruit…
Je décidais alors de replonger en moi-même et me blesser encore
Regagner le gris pour fuir ce nouveau décor…

Je suis à présent dans le même coin de ma cave que jadis
Recroquevillé pour lutter contre la froideur
La curiosité fut un vice
A jamais gravé sur ma peau et sur mon cœur…
Nataku

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Modifié le : 04/11/2006 à : 21:42