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Poème déposé sur le site le : 31/03/2007 00:00
NATURE MORTE
Je te regarde allongée dans le grand lit ensoleilléUne lumière d’été balaye ton visage blafard Tes yeux vitreux, inertes, aux plafond sont fixés Parcourant immobiles ton avenir au placard Tes mains reposent, telles deux feuilles mortes Sur le drap blanc, aux senteurs acres de suaire De tes lèvres sèches comme un claquement de porte S’écoule un filet de bave aux reflets verts Du dos de la main je caresse ton bras nu La peau sur les os, parchemin sur squelette Tes rondeurs comme neige au soleil ont fondu De l’humain il ne te reste que les miettes Je te regarde allongée dans le grand lit ensoleillé Une lumière d’été balaye ton visage blafard Je ferme les yeux pour ne pas me laisser noyer Pour que la terreur ne coule pas de mon regard Tu apparais sur l’écran de mes paupières closes Naïade au corps souple sortant de l’onde C’était il y a un siècle, les heures étaient roses Affichant l’insouciance de posséder le monde Tu jouais la vie comme d’autres la souffrent M’insufflant le plaisir de l’instant unique Equilibriste, funambule traversant le gouffre Bravant les dangers, ridiculisant les risques Je te regarde allongée dans le grand lit ensoleillé Une lumière d’été balaye ton visage blafard Comme le papillon capturé tu te trouves punaisée Tes ailes ne nous porteront plus au gré du hasard Ton cœur ne bat plus que pour un semblant de vie Ton enveloppe ne renferme plus que le vide Les demains monotones s’écouleront ainsi Toi vivant la mort et moi marqué de rides Le reste de mon temps sera une agonie Ce que tu as été sera ce qui me porte Ce que tu es sera ce qui nous réunit Tu seras la plus belles de mes natures mortes
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