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Poème déposé sur le site le : 12/04/2007 22:06
Lyon mon amour
Je suis habitant de Lyon, j’y suis néCes pierres sont froides et j’ai froid Elle suinte d’une vieillesse anoblie Elle suinte d’une histoire que je fuie Et pourtant, malgré son aigreur, J’habite Lyon, et j’y reste à l’infinie Sur un plateau où se cache de rares vignes Je déambule au gré de la douce mélancolie Les vieux y logent et cèdent à la vie tranquille Le temps passe et s’écroule au pied de la colline J’habite un quartier dont on s’échappe peu Signe qu’on y est bien ou qu’on s’étiole, J’habite une cité dont les silences me tancent Sur une pente qu’on arpente avec ferveur La peine et l’ambition côtoient les caniveaux Les pavés se souviennent des lourdes cavalcades De tous ces malheureux qui nous ont précédés De la plèbe montant à genoux, tissant la soie Larves parmi les larves, pauvreté bourgeoise J’habite une cité où le riche se cache pieusement Je suis habitant de Lyon et Lyon m’habite Quoique je fasse, je tutoie ses contradictions Je haie la province mais je ne peux y échapper Au marché des sourires et des temps heureux Je me rappelle mon enfance et la main serrée, Je reste là tenant cette ville autant qu’elle me tient Le carillon sonne quelque fois au beffroi de la mairie Chez nous, les cloches mêmes sont orgueilleuses J’habite une cité où l’on résiste à la médiocrité Qu’il est doux d’entendre le cœur d’une ville Qu’il est doux de s’y laisser couler désabusé Saônné de cette lenteur fiévreuse, si saônné Qu’il est doux de s’enivrer, la tête vagabonde Au gré des rythmes dilués dans la tranquillité De ce qu’on tait et qui se murmure si peu Comme une fracture qu’on étoufferait Comme une fêlure dont on se remettrait Un caillou planté là haut sur la colline Comme un point de départ posé par hasard, Lyon s’étend à mesure que l’on écrit son nom.
Ankhaset
Remarque de l'auteur
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Information : Poème Aucun
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