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Poème déposé sur le site le : 05/07/2007 20:52
Religion inventée
Il se masturbait caché derrière un des piliers du centre commercial.Mais son ours en peluche est venu l’interrompre.Il est reparti dans les méandres de la foule comme si de rien n’était.Le ciel avait été obstrué depuis longtemps dans la galerie.Ce ciel que son frère s’obstinait à s’injecter.Ciel de LSD.Capsule de sauvetage pour l’ancienne humanité.Maintenant que le monde n’était plus qu’une galerie éclairée au néon ; il valait mieux ne plus y penser.D’ailleurs quand est-ce que le ciel, le vrai avait été visible pour la dernière fois ? Personne ne devait le savoir.C’était trop ancien.Et maintenant qu’on pouvait se permettre de croire à nouveau grâce à une religion inventée ; les questions n’avaient plus leur place.Une religion soi-disant inventée par Baudelaire.Elle avait pour base le triangle qui était censé représenter les trois parties du pouvoir infini de Dieu. Dans l’église, placée entre la boutique de lingerie des nonnes et le donjon du comte de Suède.Il n’y avait aucun vitrail, aucun autel, juste des bancs et un bureau comme celui des instituteurs d’une époque révolue.La religion ne devait plus être suivie, elle devait être intégrée de force.Comme on oblige son enfant à connaître les tables de multiplication.On ne pouvait pas se permettre de livrer les gens à leur seule folie.Plus maintenant. Sur le mur droit, un cadre blanc avec une sorte de fœtus noir en équilibre sur sa grosse tête, tenant dans ses membres décharnés la croix de saint Pierre.Sur le mur gauche, un ange squelettique dans une toge d’un blanc immaculé trop grande pour lui.Le visage penché en avant et les bras croisés derrière son dos.Comme un écolier prit en faute.Les horaires de messes étaient affichés au rayons fruits et légumes.Initiative prise par les diététiciens qui avaient su étendre leur pouvoir.Il y avait des messes plusieurs fois par jour.On pointait à l’entrée son badge.Pas plus de deux fois par jour. Même si on devait fuir à tout prix les fantômes de ceux que nous n’avions jamais vus.L’isolement n’était pas une solution, surtout qu’il était inexistant depuis qu’avait été construit ce centre commercial, recouvrant toute la surface du globe.Tous les pays se confondaient.On en changeait sans même s’en rendre compte.Les océans, ce n’était que des aquariums géants.Et le grand canyon une boutique de prêt-à-porter.D’ailleurs je pense que ça n’a jamais pu être autre chose. A 23h tout s’éteint.Et les diffuseurs d’odeurs injectent dans l’air un somnifère qui guérit de suite les insomniaques sur une réconfortante musique d’ambiance.Je ne sais pas comment je suis né.D’ailleurs personne ne le sait.Les hommes et les femmes sont conçus dans des boutiques différentes je pense.Pour qu’ils n’apprennent pas.Pour qu’ils ne sachent rien.Pour que la seule chose accessible soit l’onanisme.Pour éviter les dérives que plus personne à présent ne connaît.Pas même ceux qui sont censés diriger.Tout ça remonte à trop loin.Alors chacun parle de choses qu’il ne connaît pas.Le monde n’est qu’une expérience qui a mal tourné.
Nataku
Remarque de l'auteur
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Information : Poème sur le Monde
Modifié le : 06/07/2007 à : 19:06 | |||||||||||||||||||||