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Poème déposé sur le site le : 23/07/2007 11:16
Plaquettes de mémoire
On jouera au base-ball au-dessus des tombes fraîchement creusées.Et les morts sur leurs oreillers de terre, fixeront les cieux entrecoupés par les jets de balles ; de leurs paupières closes.Les flics pendent des plafonds comme des fils électriques.Sans lumière.Dans l’ombre des châtiments.Les entrailles s’ouvrent pour un peu d’argent.Quelques fois pour déloger une mort coincée entre deux artères.Les anges ont éclaté sur les murs, recouvrant les façades.Exhibées au sourire sarcastique des pendus ; au clair de lune.On fera du pétrole avec notre sang.Et des nations mortes.Et tout au-dessus se dressera un prophète en combinaison de cuir, la bave aux lèvres ; remplissant de condoléances les cercueils et les lits.Des suicidés contre les vitres sales des hôpitaux.Les années trépasseront vite avec des orgies de bulles et des fleurs fanées.Les ombres s’enlaceront avant de vomir leurs soupirs.Dans la continuité. Le squelette vers l’infini et le cerveau dans les nuages de poudre ensanglantée.Enfants achetés derrière ces nuages aux crochets des bouchers.Avec leurs jeux sous papier-bulle presque cachés par la plaque métallique rouillée de l’avenir.Il restera des mouches sur les assiettes et les magnifiques défilés de nos carnages à la télévision.Alors que le vent balaye les miettes d’os dans le sable des déserts du monde.Sans intérêt.Comme toujours. Plein d’histoires qui ne trouveront pas leur lecteur.Parce qu’on ne lit plus.On a juste de beaux objets auxquels on montre le précipice, pour mieux les soumettre à nos caprices de velours usé.Du papier de verre sur la surface charnelle encore douce.Alors, comme dédommagement.Traînant de la main droite la justice, trop vieille pour se déplacer et tenant dans la main gauche, son glaive à peine émoussé.On ira rançonner cette peau soyeuse, cette douceur d’avant.Tout ça pour un feu qui brûle sans chaleur. Et nos mains ne seront que des prostituées ; mendiantes de caresses pour cacher leur beauté.Et les cicatrices des chirurgies.Les horloges sont arrêtées pour que l’on se ressemble tous.On ira se masser dans des bâtiments en béton pour sacrifier tout à tous les dieux.Tout ce que l’on peut.Tout ce que l’on a ou pas.Jusqu’à nous-même.Mascarade ornée de déglutitions.Pauvres de nous.Même si on ne souffre plus.Qu’on ne s’en rend plus compte.A cause de l’absence de rêve ; la morphine. On finira par tous se défigurer.L’uniformité, c’était une erreur.Ou alors nous étions l’erreur de l’uniformité.Personne n’est parfait.Mais on ira tous danser quand même.S’enivrer dans les vapeurs de l’ignorance.Et tout en bas on sera heureux.Comme certains l’étaient déjà.Les lumières froides filent dans l’obscurité.Sans que le monde ne cesse une seconde.Des yeux aveugles.Des papillons morts sur le bord des routes et la mémoire en comprimés sous les drapeaux nazis.Ou d’ailleurs.
Nataku
Remarque de l'auteur
Autres Thème possible :Information : Poème sur l' Existence
Modifié le : 23/07/2007 à : 11:17 | |||||||||||||||||||