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Poème déposé sur le site le : 25/07/2007 19:26
Cuisine italienne
J’ai tué les enfants.Ne m’en veut pas.Ils sont dans la baignoire.Mais ne t’inquiète pas, le sang qu’il y a sur les rebords n’est pas le leur.C’est le mien, il a jaillit lorsqu’ils m’ont griffé dans un dernier élan de désespoir.Je ne suis pas un sadique au point de blesser nos enfants.J’ai toujours été un père aimant comme tu le sais.L’incompréhension se lisait dans leurs yeux alors que les miens étaient pleins de larmes.Je ne suis pas dénué de sentiments non-plus.Tuer ceux que nous avons engendrés par notre amour n’a pas été chose facile.Ils t’énervaient depuis quelques temps.Nous en avions suffisamment parlé pour qu’ils m’agacent moi aussi.Jusqu’à ce matin où pris d’une colère je les ais noyés tous les deux.Pardonne-moi pour les tâches de sang sur le tapis, je sais que tu auras du mal à les ravoir.Lorsque tu liras cette lettre je serais parti.Je suppose que comme moi tu auras besoin de faire ton deuil.Malgré tout le mal qu’ils nous ont fait, ils restaient nos enfants. Je resterais dans l’hôtel en face, en attendant que tu veuille bien me revoir ou même me pardonner.Je sais que le deuil peut être long.Surtout pour des enfants qui partageaient notre vie depuis 8 ans pour le plus grand et 6 ans pour la plus jeune.Peut-être même que tu ne voudras jamais me revoir.Je comprendrais, mais sache que je n’ai mis aucune folie dans mon acte.C’était un simple acte de bienfaisance.Tu me manqueras beaucoup pendant notre deuil.Si tu veux que nous le fassions ensemble tu n’auras qu’à traverser la route. Je serais certainement avec cette strip-teaseuse que tu avais tabassé au bar l’autre fois.Parce qu’elle me collait un peu trop à ton goût.Ne le prend pas mal.Ce n’est en aucun cas pour te remplacer, mon amour pour toi est irremplaçable.Simplement pour ne pas trop m’ennuyer de toi.J’espère que mon acte n’émoussera en rien notre amour si beau qui dure depuis tant d’années.Lorsque tu liras cette lettre j’espère que tu ne pleureras pas. Si tu alerte la police, je me plierais à ton jugement comme à celui d’un tribunal qui vous accable.Si tu juge mon acte barbare, je pense que notre vie sera à jamais changée et que plus rien ne sera comme avant.Dans ce cas, tu ne pourras t’en prendre qu’à toi-même.Si je ne suis plus là lorsque tu viendras me retrouver à l’hôtel, pour me faire part de la fin de ton deuil, dis-toi que je suis parti pour une autre vie et que tu devrais en faire autant.Je serais patient à l’extrême.Mais pas au point de sacrifier les années qui me restent à vivre. Ne m’invite pas à l’enterrement.Ce serait mal perçu car je ne saurais pas avoir l’air affligé de cette perte autrement que par ma culpabilité.Si tu décide de les enterrer dans le jardin, je serais ravi de t’aider.Ainsi nous pourrions enterrer notre deuil par la même occasion.Ce petit différent qui nous sépare un peu.Je ne suis pas mauvais.Ou peut-être un peu.Je suis juste un homme.Mais rappelle-toi que je n’avais rien dis lorsque tu avais tué mon père à coups de couteau après un différend sur la cuisine italienne.
Nataku
Remarque de l'auteur
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Information : Poème sur l' Etat d'âme
Modifié le : 25/07/2007 à : 20:59 Modifié le : 25/08/2007 à : 18:09 | |||||||||||||||||||||