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Poème déposé sur le site le : 02/02/2008 21:47

UNE FEUILLE NOIRCIE :
Une
chaise, une table.

Un vase
de cristal garnit cette même table.

Une eau
vive remplit le vase, accompagnée d’une rose rouge.

Une
feuille blanche habille la table.

Comme
seul bijou, un encrier.

Une
encre noire occupe l’encrier.

 

Le tout
devant une immense fenêtre ouverte sur le monde.

Comme seule
lumière, le clair de lune, entourée d’un ciel étoilé.

Jouissant
d’une douce lumière intérieure abattant le jour.

Sur la
chaise, un hibou à moitié endormi s’éveille.

Émerveillé
d’une nuit nouvelle.

 

Une
plume se perd et s’envole !

Termine
son pauvre voyage dans l’encrier.

Elle
cherche à se sauver comme elle peut.

À
l’aide du culot, honteuse, elle rend un maximum à son propriétaire, tout en
s’excusant.

Tout gêner,
se voit toute salie, ne sachant où se mettre.

 

Elle se
gratte sur la feuille encore toute vierge, formant ainsi une lettre.

Se
voyant encore toute sale, elle replonge aussi vite dans l’encrier.

Cette
fois ; d’un grand sans-gêne, elle rend à son propriétaire d’un air moqueur
son reste.

Noircis
une nouvelle fois la pauvre feuille, d’une deuxième lettre.

Assez
de force pour former une troisième, ce n’est pas sans fierté qu’elle forme son
premier mot.

 

Interromps
son jeu d’une virgule, sans oublier de se replonger.

 C’est toute une phrase qu’elle forme !

Termine,
sa phrase, par une exclamation !

Continue
son nouveau jeu, sans oublier le point-virgule !

Fini,
non sans arrogance, par cette simple question, sans omettre son double point :

 « Comment, autant d’hommes ; ont-ils
tant de difficulté à écrire ? »

 

Cette
fois, c’est le soleil qui se montre curieux.

Se
faisant confondre par la lune, lève la tête et baissent les yeux.

Profitant
que les étoiles se tirent.

Quand
le hibou s’en aperçoit, le soleil en a déjà pris copie.

Scandalisé,
le hibou se pointe d’un point final et prend son envol.

 

 

 

                                                                                        
Thierry
MAFFEI.
Lemmiath

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Ecris le : 02/02/2008