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Poème déposé sur le site le : 19/02/2008 20:50

..........ON PREND DE L'ÂGE A 15 ANS..........
On prend de l'âge à quinze ans, quand on vit dans la rue
J'y vis par tous les temps, moi le soleil, j'y crois plus
 
Je regarde les autres qui m'voient pas
Dans leurs belles voitures ou leurs grandes villas
Sur mon p'tit bout de trottoir à moi
Je le paye cher même si, il sera jamais à moi
 
Je suis le Rémi des temps nouveaux
Comme lui, j'suis sans famille et sans un rond
Mais je ne joue pas d'l'accordéon
Non, mon instrument à moi, c'est l'pipo
 
L'argent n'a pas d'odeur, mais y laisse un goût dans la bouche
J'arpente les rues, pour survivre faut pas être farouche
J'erre dans les entrailles de ma ville, comme d'autres ici
Même si la rue ne m'connaît pas, elle a volé ma vie
 
Donnez-moi une petite pièce, par pitié
L'alcool, c'est mon réchaud à moi, c'est pour oublier
Alors donnez-moi un regard ou un sourire
Je ne vous les volerai pas, c'était pour rire
 
On prend de l'âge à quinze ans, le soir, la rue c'est la misère
J'y vis à chaque instant, mes étoiles à moi, c'est vot’ lumière
 
Hep! M'sieur, une dernière cigarette, artifice du paradis
La rue demain j'arrête, c'est promis
Toute façon, j'ai plus d'passé, j'ai pas d'avenir
J'suis qu'un type paumé, qu'attend pour mourir
 
Je suis le Rémi des temps modernes
Comme lui j’suis sans famille et sans un rond
Ma maison à moi, c’est sous les ponts
Et mon lit, c’est la terre ferme
 
J'ai pris de l'âge, j'ai quarante ans même si j'en fais plus, c'est vrai
La rue m'a trop aimé, elle m'a pas laissé partir
J'ai jamais eu droit à un de vos sourires
Même si c'était la seule chose vraie que j'voulais
 
 
Vos lumières sont toujours mes étoiles à moi
La rue coule dans mes veines et pourtant
J'vous en veux pas, j'vous en veux plus les parents
Avoir un enfant non désiré, c'était pas la joie
 
On prend de l'âge à la rue, quand on y est tout l'temps
Mes années j'les compte plus, depuis qu'j'y suis enfant
 
Alors m'sieurs dames, quand vous voyez un enfant dans la rue
Baissez vos têtes, donnez lui un sourire, un mot
Pas d'paroles blessantes, ça, n'leur en jetez plus
Mais juste un regard, ça coûte rien et c'est tellement plus beau
 
Moi, je suis le Rémi des temps nouveaux
Comme lui, j'suis sans famille et sans un rond
Mais j'veux pas vous jouer d'violon
Non, mon but à moi, c'est d'sauver mes p'tits poteaux
Tifeufeu

Remarque de l'auteur

Avatar de l'auteur
Le : 19/02/2008
c'est un texte que j'ai écrit d'un trait la nuit dernière à cause d'une insomnie... ..
 

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Ecris le : 19/02/2008