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Chako Noir

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Poème déposé sur le site le : 06/04/2008 16:05

Monologue d'une naissance
 J'ai chaud.Il fait noir.C'est douillet.Je me sens bien.J'étouffe, mais je me sens bien.L'obscurité me rassure.J'ai peur de la lumière.La lumière signifie que je dois partir.Partir en laissant tout derrière moi.Je suis forcé, on me force, quelqu'un que je ne connais pas me force à abandonner.C'est Dieu.Dieu s'agrippe à ma tête et la tire vers sa lumière.Mais je ne veux pas, moi! Ici il fait noir et c'est douillet.Certes ce n'est pas bien spacieux mais ça me convient! Je ne veux pas! Je suis claustrophobe, j'ai peur d'être enfermé dehors, au secours, emprisonné dans la lumière, à l'aide! Personne.
La lumière se fait de plus en plus intense, je ne vois plus rien.J'ai peur du jour! Mes yeux me brûlent! Je pleure! Arrêtez! Je pleure parce que j'ai peur du jour et en plus il me fait mal à la tête ce con de dieu! Lâche, déguisé en lumière, je ne peux te voir, et en plus de ça tu éprouves un malin plaisir à me torturer ainsi, à me forcer contre mon gré à quitter pour toujours mon domicile? Quel genre de dieu es-tu?
La lumière c'est le néant, je ne peux pas la toucher, je ne peux pas la palper, la sentir, rien.
Mes pieds tentent de s'accrocher à ce petit noir douillet, mais déjà c'est trop tard.La main de Dieu enserre ma tête et mes doigts sont bien trop faible pour ôter cet infâme étau de mon crâne.Ce dieu est un géant, et moi un tout petit.Petit comme ma minuscule expérience de la vie, c'est-à-dire deux minutes.Je suis grand de deux minutes, et vu la taille du type qui m'arrache à mon foyer, il doit bien avoir vécu trente ans de plus.Je ne suis qu'un infime morceau de temps, et de seconde en seconde mon existence se prolonge dans l'éternité.
Ça y est, il n'y a plus de noir douillet.Jamais plus.Je suis entouré de jour, au secours, j'ai mal, je pleure, je respire.Maman.
Chako Noir

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Ecris le : 06/04/2008