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JEAN CAMILLE ETIENN

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Poème déposé sur le site le : 30/04/2008 17:39

“La nature des larmes et pleurs”

Il est aussi triste que beau que de pleurer à chaudes larmes quelqu’un qu’on aime vraiment, réellement et sûrement.C’est pour nous une façon de découvrir le vrai sens de ce qui, dans l’existence, peut nous arriver, sous quelque étiquette que ce soit : bien ou mal, positif ou négatif, malheur ou bonheur, défaite ou gloire, échec ou succès, joie ou tristesse, bien-être ou douleur, inquiétude ou certitude, amour ou haine, bravoure ou peur, pour compte n’en tenir que de cela, et finalement vivre ou mourir.

 Tant l’un que l’autre peut élégamment revêtir la lumière de cet élan de descente dans le fin fond de nous-mêmes ainsi que dans les décombres de notre être, afin de faire ressurgir ce qu’il y a en nous de plus pur et de plus sacré : les larmes et les pleurs.Quand notre âme s’en regorge, ils vont jusqu'à déborder les frontières-mêmes de nos paupières qui se déshabillent pour s’y baigner ouvertement.Dès lors, rien ne peut nous empêcher de nous y tremper et nous inonder tant les yeux, l’âme que le cœur.
Il est des larmes de tout type : chaud, doux et tendre, comme pour souhaiter au monde la bienvenue à un enfant, ce cadeau si précieux que don la nature nous fait si gracieusement.Il en est d’autres de nature froide, amère et désespérante, telles celles que nous arrache brutalement du tréfonds de notre âme le départ inopportun d’un être cher : père, mère, enfant ou ami, nous causant peine, angoisse, chagrin et douleur.
 Parmi toutes ces formes de larmes et de pleurs, celles que je préfère, ce sont celles qui me font bouillonner et déborder de joie intérieure au point de ne pouvoir ni me retenir ni me contenir.Celles qui me font voir la vie en rose.Celles qui m’ôtent tout doute.Celles qui m’assurent qu’il n’y a pas lieu de m’inquiéter et que tout ira pour le mieux.
Il en est également d’autres que je n’aime pas tout à fait, en dépit du fait qu’elles m’humanisent avec une croissance exponentielle.Il s’agit de celles qui résultent du désespoir de cet être cher revoir après son départ.Cet être avec qui on a passé, si ce n’est toute sa vie, une bonne partie.Cet être qui nous a vu naitre, grandir, murir et bien des fois vieillir, pour ceux qui ont le plus de chance.Cet être qu’on a tellement aimé et qu’on continue d’aimer, malgré que sur terre avec nous et auprès de nous physiquement il n’y est plus.Cet être pour qui on a tellement de choses souhaitées faire et que bien malheureusement nous a été ravi, sans que trop bien pourquoi l’on sache et pour qui l’envie encore nous brûle de tout faire, même ce qui est au-dessus de nos capacités, à savoir: vouloir même pouvoir découvrir ou inventer une formule de résurrection et/ou de réincarnation, dans la mesure où il nous aurait été possible, et ainsi les dires de la Bible et des cultures orientales, avant l’heure, accomplir.En effet, on irait même jusqu'à s’incomber cette tâche si rude et si ardue, cette mission ô Dieu seul sait, combien impossible, rien que pour le revoir cet être si cher qui, tellement de belles et de bonnes choses continue à nous inspirer, en dépit du fait qu’avec nous, il n’y soit plus.Oui, cet être qui, une fois de plus, d’une certaine manière tend à se convertir, en la raison-même de notre existence, tellement son absence, le cœur nous ravage et nous porte à compte nous rendre de la grandeur de l’amour qu’il nous avait ainsi que celle de celui qu’on lui devait.
 
Ainsi, s’il faut dans les limites-mêmes de l’exagération rester, ne pourrions-nous pas même aller jusqu’à conclure que les pleurs et larmes ne constituent pas toujours quelque chose de foncièrement mauvais ? bien que, s’il y a une chose dont je suis sûr et certain; je le réitère, c’est qu’ils ont pour mission, peut importe le cas, de scruter et remuer notre intérieur jusqu’aux bas-fonds de notre être.
 
Comme disait feu mon père, tout en m’efforçant d’admettre et de me convaincre de sa mort : « Il faut toujours l’absence du démuni, de l’humilié, du laissé pour contre, du va-nu-pieds, du méprisé, du rebut de la société; du bon à rien, pour que nous parvenions vraiment à compte nous rendre de son importance ».Et celle-ci n’est autre que, tout au moins, quelque chose de si profond et d’aussi sacré qu’il fait en nous, à tout moment, et ce, quand le moins on ne s’y attend, surgir d’immuables vagues de rires et/ou des éclats de larmes à n’en plus finir, pour ainsi se convertir rien qu’en nostalgie de ce qu’on n’a pas vécu et souvenir de ce qu’on aurait aimé et dû vivre.

 Avant de terminer, il me plait bien à paraphraser une sublime pensée qu’une jolie demoiselle du mon de Joany Elizabeth Chochotte[/B] (que peut être je ne reverrai plus), le premier grand et inoubliable amour de ma vie, mis à part mes parents et quelques vrais amis.Une pensée qu’elle m’avait écrite dans une lettre, il y a de cela douze (12) ans, en guise de réconfort, quand je lui avais fait part du désarroi de ma mère suite aux départs brusques et consécutifs aux Etats-Unis, dans un intervalle d’environ six (6) mois de ses préférés frère et sœur : « Pleurer ne doit pas seulement constituer un moyen naturel d’atténuer l’angoisse et la douleur, sinon le catalyseur d’extériorisation et d’expansion de nos plus vives émotions envers ceux qu’on aime, ou au cas échéant envers ceux qu’on croit avoir détesté, dans une déterminée situation ».
Aussi, que nous reste-t-il sinon que nostalgie du temps qu’on n’a pas su pleinement vivre et souvenirs de celui qu’on aurait aimé, au moins pour une fois jouir? Mais, « le temps perdu, ne se rattrape jamais », dit, l’adage, nos plus vives envies et désirs se voient donc condamnés à ne plus se réaliser, ni se concrétiser.On est réduit rien qu’à un entrepôt de remords à l’usage aussi fréquent que celui de l’oxygène, dans ce cas précis, appelé à nous détruire à petit feu.

 Toutes nos aspirations, nos ambitions, nos rêves, nos objectifs, ne sont plus que parfum de regret.Oui ce fameux vocable que mon expérience personnelle m’a porte a définir de la manière suivante : Le véritable regret est loin d’être celui causé par la faillite à ce qu’on a fait et qu’on n’aurait pas dû faire, sinon, celui provoqué par ce qu’on devrait faire et que l’on n’a pas fait, pour une raison ou pour une autre, dans des circonstances déterminées.
 

JEAN CAMILLE ETIENN

Remarque de l'auteur

Avt
Le : 10/05/2008
Une fois de plus, en hommage au départ inattendu de mon père, Jean Emmanuel ETIENNE, dit Frère Emmanuel ou Frère Etienne, cet homme si extraordinaire, de si grand cœur et de si grande sagesse qui continue tellement de belles choses à m’inspirer

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