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JEAN CAMILLE ETIENN

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Poème déposé sur le site le : 18/06/2008 13:47

« Mémoire de papa»

 

« Le jour du bien »,

Disait, dans son vivant, mon papa,

« Usez du bien; le jour du mal,

 Prenez garde à vous »

A la maison, en maintes occasions,

Cette phrase, il la répéterait,

Un peu plus que souvent.

Cela remonte à pas mal de temps,

Mais il le disait plus que souvent.

 

Aujourd’hui encore,

De sa mort, après très exactement deux mois,

Dans ma tête, cela fait bouillonner que d’énigmes.

Je scrute encore au fin fond de moi-même

Ainsi qu’en tout ce je dispose d’intelligence

En vue du sens réel de cette phrase,

L’un de ses adages de prédilection,

En profondeur, parvenir à pénétrer

Et ainsi, son bien fondé entièrement cerner.

 

Bien malheureusement,

A aucun moment de la durée

Alors qu’il en était encore temps;

Alors que je pouvais le voir,

L’entendre, lui parler, le toucher,

Ne m’attendant guère de lui

A un départ aussi éclair que soudain,

Jamais, je me suis donné la peine

D’enquérir au sujet du sens particulier,

Que pour lui, cette phrase revêtait.

 

Sa mémoire, pourtant ne s’arrête guère là,

Que d’adages, de paraboles

Que de diphtongues et de phrases célèbres,

Ornaient les annales de l’éducation

Ainsi que de la personnalité de papa !

Il en avait, si ce n’est l’un, l’autre

Pour chaque occasion et circonstance.

 

Et cela, plus que toute autre chose,

N’avait pour objectif,

Tout au moins pour les plus avisés,

Que de leur faire goûter et savourer,

Juste un tout p’tit peu

Mais de manière profonde et intense

De sa vraie conception

Et philosophie de la vie.

 

L’ambiance à la maison n’était pas des meilleures,

Je le confesse, car maman et lui,

A force de trop s’aimer, n’arrivaient pas à s’entendre.

Ce qui pesait si lourdement

Sur de notre enfance et adolescence

Les petites épaules et le dos,

Tel un légitime fardeau

Que nous sommes devenus,

Jusqu'à un certain point de vue,

Comme des névrosés, des traumatisés.

 

Depuis un bon bout de temps

Dieu merci, avant sa mort,

A la maison le calme était revenu.

De nature, il était très paisible mais,

Semaines avant son eternel voyage,

Il était devenu si tranquille et sage,

Plus qu’il l’était avant

Qu’à moi, l’attention cela retenait,

Car il était la sagesse-même.

 

Cela davantage aiguisait mon amour pour lui

Et m’inspirait tant de la pitié que de la piète.

Cet homme si extraordinaire qu’exemplaire,

Incomparable, inoubliable et immortel

Que la providence m’avait donné sur terre,

Pour père marquera toute mon existence.

Son nom en mon cœur,

S’écrira toujours en lettres d’or

Et sa vie me rappellera toujours avec affection.

 

Un jour, y a de cela très longtemps,

Je ne me rappelle plus quand,

Alors qu’il n’était pas d’humeur

Et que cela ne lui disait donc

Aucunement et nullement de dîner,

Il a donc fait de gros yeux à la nourriture.

 

Enfants que nous étions,

On n’a donc pas hésité un instant

A partager en trois parties le butin.

Et lui, en cette circonstance de dire :

« Jésus ne méritait pas de la sorte mourir

Mais il s’avérait  nécessaire

Qu’il en ainsi ait été»

Encore une fois le sens réel

Est à  déduire et à supposer.

 

Il nous disait toujours également,

Que Dieu est fidele,

Il respecte toujours ses promesses

Et nous accorde toujours ce qui,

De droit nous revient,

Ce pour le bénéfice duquel

Nous avions durement œuvré.

 

Il disait, ce qui me paraissait,

Illogique et paradoxal,

Que ses narines, c’est ce qui constitue,

Véritablement sa demeure.

Et les cheveux de sa tête,

Voila donc les plantes et les arbres

Qui réellement lui appartenaient.

 

Il faut toujours l’absence du démuni,

De l’humilié, du laissé pour contre, du va-nu-pieds,

Du méprisé, du rebut de la société; du bon à rien,

Pour que nous parvenions vraiment

À compte nous rendre de son importance 

 

 Il disait tellement de choses

Que je ne m’en rappelle plus.

Aujourd’hui, inconsciemment,

Comme lui une bonne partie de ce qu’il disait,

Tout au moins ce dont je me rappelle,

J’aime bien volontiers à les répéter,

Sans en saisir véritablement le sens.

 

Le christianisme à outrance qui,

Des oreilles aux cheveux l’imprégnait

Ne pouvait que régner à la maison

Lui inculquant un langage synthétisé

Pour ainsi sa pensée à sa manière l’exprimer.

 

Pour lui, savoir d’où l’on vient, où l’on veut aller

Et quel chemin emprunter pour y parvenir,

Tel est le vrai secret du succès.

Et la réussite ne se laisse capturer,

En partie ou dans sa totalité,

Qu’au prix d’énormes sacrifices.

 

Pour lui, rien dans l’existence

Ne revêtait autant d’importance

Que l’intégrité, la personnalité

Et la foi en ce qui est bien et bien sûr en Dieu.

Derrière lui se cachait un grand homme

S’érigeant devant moi en model,

Il constitue avec maman, mes vrais héros

Ceux à tout jamais marqueront ma vie.

 

Leur penser ainsi que leur agir,

Toujours me rappelleront.

Aujourd’hui, lui il est déjà parti

Et maman est encore en vie

En train de son absence souffrir.

Moi, je savais qu’ils s’aimaient

Bien que leur agir étonnamment

Laissait entrevoir tout le contraire.

 

Lui, il le savait bien

Un jour ou un autre énormément

Il allait nous manquer, et chacun,

Selon ce que durant il nous avait inspiré :

A nous ses fils, ce model de père rigide

Ne voulant que la réussite de ses enfants,

A maman, cet époux, qui aucunement

Ne capitule devant les caprices de sa femme,

A ses sœur, ce frère unique, toujours la,

Pour elles, en tout et partout.

 

A ses amis, de l’église ou d’ailleurs

Sincérité et fidélité même dans la galère,

A ses voisins, son attitude conciliante,

La simplicité et la sérénité,

A ses collègues, l’intégrité et la loyauté,

A ses bienfaiteurs la gratitude toute pure,

Aux malfaiteurs, le pardon inconditionnel,

A Dieu, sa confiance et sa foi a toute épreuve,

Et a moi, l’amour, dans toutes ses manifestations

Même celle d’impétueusement resurgir

En dépit de la mort du cops

Et de le communiquer encore

Plus abondamment qu’en son vivant.

 

Pour tout un chacun et en tout circonstance

Il avait un mot, une réflexion de réconfort,

D’encouragement et de stimulation

A un point tel qu’a continuer a le faire

Même la mort n’a pu lui en empêcher.

 

Camilingue

JEAN CAMILLE ETIENN

Remarque de l'auteur

Avt
Le : 18/06/2008

Derrière lui se cachait un grand homme qu'il n'a su laisser percevoir qu'après son décès.

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