Le chat
à Cécile,
Le chat.
Un jour que je me promenais dans la verdure du parc de ma ville, j'aperçu un chat qui, tout comme moi, profitait du soleil, flegmatiquement allongé sur une murette. Sur son pelage d'un noir de jais les rayons diurnes reflétaient et enveloppaient l'animal de magnifiques éclats bleus très foncés, ce qui me poussa, malgré ma superstition, à m'arreter pour le contempler plus longement.
Sa queue battait en rythmes réguliers et lents et le mouvement de sa tête accompagnait celui des oiseaux et des divers insectes qui croisaient son regard. Quelque fois il le posait en un endroit et semblait fixer, plein de curiosité, une chose, un point que je ne pouvais voir.
Puis il posa sur moi, son intimidant regard de chat.
Je me résolu donc à aller vers lui afin de le saluer et de lui faire part de mon émoi pour son indicible beauté.
Il se mit alors sur ses quatre pattes, ne sachant quelles étaient mes intentions.
Lorsque je tendis la main pour le rassurer, il cracha, me sauta au visage et me griffa avant de fuire, agile, dans l'ombre d'un sous-bois.
Après avoir retrouvé mes esprits et épongé le sang qui coulait le long de mon visage je constatai à quel point j'étais vexé par cet incident. J'aurais voulu rattraper ce chat pour l'étrangler, le mettre dans un sac et le noyer. Mais il y avait eu plus de peur que de mal et, quelques heures plus tard, je comprenais que ce chat avait eu plus peur que moi, qu'il n'avait pas comprit le sens de mon geste et que, finallement, je n'aurais jamais dû le déranger dans sa flegmatique journée.
charlie
Charlie