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Poème déposé sur le site le : 04/09/2008 00:27
SDF
assis, parterre, dans sa pelure sale, trouée, il reste là, figé, par ce froid intense. Ses mains gelées inspectent la petite soucoupe posée devant lui. Non loin, les gens sortent du café, réchauffés. Que donnerait-il pour une chaude petite tasse de thé! Mais aurait-il le droit de s'asseoir, à l'intérieur avec ses guenilles? Il préfère le froid à l'humiliation, car l'humiliation, il connait. Il ferme les yeux et laisse son esprit vagabonder. Il se souvient du temps où on l'appelait monsieur, de sa belle voiture, de son foyer confortable. Puis des jours sombres, la faillite, la dure réalité. Comment le destin d'une personne peut basculer du jour au lendemain. Mais où étaient ses amis? il n'a plus d'amis! Les gens heureux sont souvent indifférents au malheur des autres. et la main, pas souvent tendue. Puis, il sort de sa poche, une petite photo flétrie et, comme tous les soirs, des larmes se répandent sur elle. Ou sont-ils? que deviennent-ils? l'ont-ils oublié? lui, ce père si généreux, en son temps...sûrement. Merci madame! une petite pièce vient de tomber dans sa soucoupe. L'épicier n'a pas de boissons chaudes, mais il prendra un alcool, de quoi se réchauffer le corps, car le coeur, lui, est mort avec eux. La nuit va bientôt descendre, le froid pénètre sa mince pelisse, il s'en va rejoindre, sans bagage, ce qui est devenu sa maison, son carton d'emballage.
Arc-en-ciel
Remarque de l'auteur
Autres Thème possible :Information : Poème Comprendre
Modifié le : 04/09/2008 à : 00:28 Modifié le : 12/09/2008 à : 10:53 | |||||||||||||||||||