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Poème déposé sur le site le : 05/12/2002 00:00
Nos differences
Tu vis dans un monde, je vis dans un autre.Tu as tes amis, et moi les miens. Tu as tes passions, et moi les miennes. Tu aimes ce que je n’aime pas, j’aime ce que tu n’aimes pas. Tu veux une vie, j’en veux une autre. Tu es rêveur, je suis cartésienne. Tu es désordonné, j’aime l’ordre. Tu fais tout à moitié, j’ai horreur de ne rien achever. Tu oublies toujours tout, j’ai une mémoire énorme. Tu remets toujours au lendemain, je suis pressée de terminer. Tu aimes la solitude, j’aime les gens. Tu n’aimes pas sortir, j’adore ça. J’aime le soleil, tu préfères la neige. J’aime la mer, tu aimes la montagne. J’aime danser, tu détestes ça. J’aime l’art, ça ne t’intéresse pas. Tu aimes les nouvelles technologies, ça m’ennuie. J’aime écrire, mais tu ne lis pas... Avons-nous eu un jour quelque chose en commun, si ce n’est de l’amour et nos trois chérubins !? Comment mener à bien le quotidien quand tant de différences nous éloignent inévitablement l’un de l’autre !? L’amour qui subsiste encore peut-il survivre à tout ce qui nous sépare ? Peut-il être plus fort qu’une envie de départ ? Je commence à croire que non, et je baisse les bras. Je croyais te perdre depuis peu mais nous nous sommes perdus ensemble depuis le début... Nous n’avons rien à faire ensemble, je m’en rends compte de plus en plus, même si cela me déchire le coeur.Il faut savoir l’admettre et regarder la vérité en face. Pars, vis ta vie et sois heureux, seul ou avec une autre qui te ressemblera mieux. Je renonce, j’abandonne, et peut-être qu’un jour, je trouverai celui qui me ressemble, pour vivre heureuse. Mais quand tu partiras, ne laisses rien derrière toi, pas une chose, pas un mot, ne te retournes même pas. Je ne pourrai pas soutenir ton regard, et dans la maison trop grande, je ne veux aucun souvenir de toi. Ton empreinte sera déjà de trop, dans le lit, dans ces murs qui auront tout vu et tout entendu, dans chaque pièce de ce nid douillet que nous avons partagé, dans le visage de nos enfants qui te ressemblent.Mais surtout dans ma mémoire et dans mon coeur... Même si je déménage, même si je changeais tous les meubles, où que j’aille, j’emporterai avec moi cette foutue mémoire et ce coeur qui pleure déjà des larmes de sang. Il est temps, va-t-en, laisses-moi faire mon deuil; il sera long mais l’agonie que je vis depuis des mois est bien pire...
Sophie Chazel
Remarque de l'auteur
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