|
|
Poème déposé sur le site le : 30/05/2004 00:00
Blanche journée
Aujourd’hui, nous vivons la journée blanche,A Okinawa, la joie nous démange L’homme au shishimai arrive tel un ange Pour chasser les esprits aux toiles pervenches Ma mie, mon amie et ma supérieure Par Giri Chocos, me donnent bonheur Que l’on goûtera sous un cerisier D’un blanc pur, et de mikujis orné Le mien annonçait un beau daikichi Douce prédiction qui m’envoie ravi L’on se récite les écrits de Bashô Et l’on s’imagine la grâce d’Himiko Quand on pense qu’au pays des shoguns Cette terre où pleuvent fleurs de cerisiers Jadis les hommes se tranchaient le cou Et seul le sang était nourricier Quand le mot le plus usé était « ken » Quand seuls les sabres reflétaient Sélène Seule survivait la trempe guerrière La moindre forêt était cimetière Les plaines étaient agrégats de corps L’homme à l’armure fendue n’était assez fort Que pour suivre le chemin des morts Simple passage dans le Décor Moi, je m’étends sur mon kotatsu Un tel plaisir mérite les sous Que je dépense en ce fameux saké, Kuma goroshikai, au goût fruité Ma mie vêtue de son beau yukata M’offre un baiser au goût de moka Alors je chavire, ses lèvres sont lisses M’isolent en rêve où semés sont les vices Après tel usage peut venir Habu J’ai vu tant de chose, je puis voir le bout Son venin fait quitter la terre nippone Mais je ne crains pas que mon heure sonne S’ils savaient les carnages qu’a connus ce pays Par les américains à l’époque nazie Planter lame dans le ventre, être hara-kiri Pour ne pas être otages de leurs ennemis Il y en a qui ont même tué leur famille Le suicide vaut mieux, pour eux, qu’être pris Ils nourrissent la terre de leur fluide de vie Cet esprit suicidaire est l’esprit du pays Je t’aime, ma nippone, je t’aime à en crever Comme l’a fait jadis le moindre des guerriers On regarde cet arbre pour la blanche journée On dit qu’il y a un mort au pied des cerisiers
Kugaiji
Remarque de l'auteur
Autres Thème possible :Information : Poème d' Amour
| |||||||||||||||||||