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Poème déposé sur le site le : 31/05/2004 00:00
Quasimodo aime aussi
Hier, je t’ai croisée mon ange, et je t’ai filéeTu es belle à en mourir, rime trop usitée Ta seule présence illumine journées Je t’aurais abordée, si je n’avais été… Si je n’avais pas été des plus laides gens Le surnom Quasimodo me va comme un gant Le visage déformé, le nez décentré Mais toi qui es belle, te demande de m’aimer Tu as un sourire, mon ange, mon ange Et les yeux bleutés, encore emplis de rêves Et le visage si bien fait qu’il les dérange Les demoiselles imparfaites sans verve Si je n’étais pas le plus moche sur Terre Et si tous mes boutons ne se montraient pas tant J’aurais pris la plume, t’aurais écrit tel Homère Des romances nouvelles ou celles des anciens temps Nous sommes devenus amis par circonstances Jamais n’aurais cru pouvoir sentir ton essence Et tes cheveux à foison plein d’élégance T’aurais dit de m’aimer si tu perdais deux sens Le sens de la vision et celui du toucher Mais je ne suis pas sûr que cela suffirait Aussi l’odorat pour ne m’avoir dans le nez Si tu perdais tout ça je te demanderais En plus de ta beauté, tu es la plus aimable Tu sus me protéger quand juraient les notables Et ta voix mélodieuse les stoppait aussitôt Ah, ce que j’aurais dit si j’avais été beau Et je n’ai pas parlé de mes boutons d’acné De ma peau pendante, de mes lèvres gercées De mon crâne déjà chauve supplanté de bourrelets Malgré tout cela je te demande d’aimer Car, oui, il faut l’avouer, on va si bien ensemble Toi sublime beauté, et moi au cœur qui tremble Ce sont toujours les extrêmes qui s’assemblent Cela ne peut coller s’il faut qu’on se ressemble Moi qui suis le plus laid parmi toutes personnes Qu’on nomme celui qui fait que les cloches sonnent T’exprime mon amour, moi qui suis masse informe Pour l’amour de ton être, la beauté de tes formes Mais je te vois pleurer, qu’y a-t-il ma belle ? Je me suis révélé oui, amour, je t’aime Mais tu me dis des mots, des mots cruels Que tu ne peux m’aimer, c’est un problème Tu aurais préférée ne pas me rencontrer Qu’on ne liât jamais aucune amitié Que je puisse t’aimer, tu le portes en horreur Le désir ne laisse pas chance à la laideur Puis tu m’ordonnes de partir, ô grand chagrin Que je ne compte surtout pas sur un revoir Mais pour rester ensemble, l’idée me vient du noir Me suicide après t’avoir tuée de mes mains
Kugaiji
Remarque de l'auteur
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