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Poème déposé sur le site le : 01/05/2005 18:59
Le coeur sous le rouleau compresseur
Ma souffrance est viscérale.Il s’agit d’une sensation de deuil qui entraîne de véritablesdouleurs physiques dans la poitrine, autour du cœur.On se réveille le matin, il fait beau, on s’étire au sortir d’un long sommeil, et l’on ne peut pas sourire, car on se rappelle tout d’un coup que quelque chose est mort en soi – tout devient gris, tout reste gris. Je l’appelle dans mon sommeil. J’observe tous les hommes, dans la rue, pendant les cours, partout, à la recherche d’un indice, un signe qui pourrait me convaincre qu’il en existe d’autres.Il n’en existe pas d’autres. Je répète son nom, je l’écris dans la marge de tous mes cahiers, sur les couvertures, sur les nappes de restaurant, je l’embellis de lettrines et, parfois, dessine du sang qui en dégoutte.Mon sang. Le pire, c’est la nuit.Quand on a bûché à ne plus voir clair, quand on a déjà mangé.Rester assise, les yeux écarquillés, devant une télévision vide, jusqu’au moment où l’on pense qu’on va pouvoir dormir, pour se retrouver bien éveillée dans un lit beaucoup trop grand d’un seul coup. Je l’aime, tout simplement.Tous les tissus de mon corps comportent des cellules qui sont à lui.Depuis tout ce temps, une éternité pour moi qui suis privée de lui.Me laisser pleurer. Jamais je n’avais ainsi sangloté.Le chagrin est liquide.Des larmes déclenchées par l’absolue détresse qui vit depuis si longtemps à mes cotés, comme un petit compagnon de jeu imaginaire que l’on entretient pour tuer la solitude.
Nessa_22803
Remarque de l'auteur
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Information : Poème sur la Souffrance
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