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Poème déposé sur le site le : 23/06/2005 19:37
L’ame et ses besoin
Si grande est la faiblesse d’une ame, dont la raison est partie!il n’en est pas de même de l’ame : nous ne la connaissons point par son idee, nous ne la voyons point en Dieu, nous ne la connaissons que par conscience, et c’est pour cela que la connaissance que nous en avons est imparfaite, nous ne savons de notre ame que ce que nous sentons se passer en nous.Si nous n’avions jamais senti de douleur, de chaleur, de lumiere, etc., nous ne pourrions savoir si notre ame en serait capable, parce que nous ne la connaissons point par son idee.Mais si nous voyions en Dieu l’idee qui repond a notre ame, nous connaitrions en meme temps ou nous pourrions connaitre toutes les proprietes dont elle est capable, comme nous connaissons ou nous pouvons connaitre toutes les proprietes dont l’etendue est capable, parce que nous connaissons l’etendue par son idee. Il est vrai que nous connaissons assez par notre conscience ou par le sentiment interieur que nous avons de nous-memes que notre ame est quelque chose de grand, mais il se peut faire que ce que nous en connaissons ne soit presque rien de ce qu’elle est en elle-meme.Si on ne connaissait de la matiere que 20 ou 30 figures dont elle aurait ete modifiee, certainement on n’en connitrait presque rien, en comparaison de ce que l’on en connait par l’idee qui la represente.Il ne suffit donc pas pour connaitre parfaitement l’ame de savoir ce que nous en savons par le sentiment interieur, puisque la conscience que nous avons de nous-memes ne nous montre peut-etre que la moindre partie de notre etre. La nature m’enseigne aussi par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc., que je ne suis pas seulement loger dans mon corps, ainsi qu’un pilote en son navire, mais, outre cela, que je lui suis conjoint tres etroitement et tellement confondu et meler, que je compose comme un seul tout avec lui.Car, si cela n’etait lorsque mon corps est blesser, je ne sentirais pas pour cela de la douleur, moi qui ne suis qu’une chose qui pense, mais j’apercevrais cette blessure par le seul entendement, comme un pilote aperçoit par la vue si quelque chose se rompt dans son vaisseau, et lorsque mon corps a besoin de boire ou de manger, je connaitrais simplement cela meme, sans en etre averti par des sentiments confus de faim et de soif.Car en effet tous ces sentiments de faim, de soif, de douleur, etc., ne sont autre chose que de certaines façons confuses de penser, qui proviennent et dependent de l’union et comme du melange de l’esprit avec le corps.
Damiano
Remarque de l'auteur
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