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Poème déposé sur le site le : 25/11/2005 12:18
Amour Passager
Nous serons des nouveaux nés doucement bercés,Comme dans un ventre doux encombré de caisses, Parmi chaos et remous, cachant nos caresses ; Sous nos deux corps malmenés, quelques sacs percés Viendront servir de couche pour notre jeunesse. Blottis dans les profondeurs d’une froide cale, Loin des vents venus rugir, Nous ferons joindre nos cœurs comme nos soupirs, Sous une lanterne pale, Epancherons sans un bruit nos moindres désirs. Sur les crêtes déchaînées, nous nous promettrons Ce que nous n’aurons jamais, Et quand nos chairs emmêlées dormiront en paix, Les flots rageurs cesseront, Pour nos âmes alanguies, tous leurs jeux mauvais. La plainte des sirènes vient ouvrir nos yeux Dans les brumes nouvelles d’un monde oublié, Au jour d’un phare éternel, aux rochers lié, Les pécheurs et leurs traînes marchent, silencieux : De leurs bateaux farouches, ils sont templiers. Tapis au ballotant sein d’un wagon branlant, Suivant la course des rails, cachés aux regards, Entre les lointaines gares, Par une haute murailles de paquets tremblant Echangeant par nos bassins nos brûlants égards. Dans nos souffles rapides, glissons nos baisers ! Et la vitesse augmentant, tachons de la suivre ! Parmi les bois et les cuivres Aux aromes entêtants, laissons nous griser ! Que notre instinct avide nous rende enfin ivre ! Et quand le rythme baisse, que tout ralentit, Nous descendons en marche, nos esprits si lourds, Chacun cherchant son arche, espérant un jour Retrouver nos tendresses, repartant ainsi, En volant à nos bouches ce dernier amour.
Le passager
Remarque de l'auteur
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Information : Poème d' Amour
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