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Poeme : L’éphémère Éternité



A Propos

« Dans le silence d’un jardin, deux petites fourmis vont écrire une histoire plus grande que le monde. »

Avant-propos

Parfois, les plus petites existences portent les plus vastes histoires.
Dans le silence d’un jardin oublié, une fourmi avance seule, ignorée du monde.

Elle ignore encore qu’un instant fragile peut contenir l’infini.
Car même dans l’immensité du vivant, deux cœurs peuvent se reconnaître… et défier le temps.

L’éphémère Éternité

Dans un jardin muet que l’ombre enveloppait,
Une humble fourmi, lentement, avançait.
Sous l’immense silence et le ciel sans mémoire,
Elle portait son jour comme on porte une histoire.

Son cœur, pauvre poussière aux élans étouffés,
Battait sans espérer d’instants apaisés.
Elle croyait la vie un exil solitaire,
Un chemin sans écho sous un monde austère.

Mais l’aube, un jour, tremblante en ses lueurs de verre,
Déposa sur ses pas une autre passagère.
Et dans l’air suspendu, fragile et solennel,
Leurs antennes dirent un serment éternel.

Ce ne fut qu’un frisson, qu’un souffle, qu’un mystère,
Mais tout changea soudain dans l’ordre de la terre.
Le vide s’effaça devant ce doux lien,
Et l’infini lui-même tint dans presque rien.

Hélas, le temps jaloux, qui brise et qui dévore,
Guette ces feux secrets qui naissent à l’aurore.
Car tout amour, si pur, si brûlant, si profond,
Porte en lui l’adieu sombre écrit à son front.

Alors elle aima, tremblante et résignée,
Sachant que toute joie est déjà condamnée.
Mais dans l’ombre des jours, dans l’oubli des chemins,
Leurs deux cœurs ont battu… plus grands que les destins.

Et quand tout s’éteindra sous la nuit infinie,
Quand le monde oubliera jusqu’à leur humble vie,
Il restera l’écho, fragile et lumineux,
D’un amour minuscule… et pourtant infini.
Maniho

PostScriptum

On croit que les grandes histoires appartiennent aux êtres immenses.
Mais les plus bouleversantes naissent dans le silence,

Là où deux existences invisibles se rencontrent
Et découvrent que l’éphémère peut devenir éternité.

MANIHO — 2026


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Poème en Phonétique

dɑ̃z- œ̃ ʒaʁdɛ̃ mɥε kə lɔ̃bʁə ɑ̃vəlɔpε,
ynə œ̃blə fuʁmi, lɑ̃təmɑ̃, avɑ̃sε.
su limɑ̃sə silɑ̃sə e lə sjεl sɑ̃ memwaʁə,
εllə pɔʁtε sɔ̃ ʒuʁ kɔmə ɔ̃ pɔʁtə ynə istwaʁə.

sɔ̃ kœʁ, povʁə pusjεʁə oz- elɑ̃z- etufe,
batε sɑ̃z- εspeʁe dɛ̃stɑ̃z- apεze.
εllə kʁwajε la vi œ̃n- εɡzil sɔlitεʁə,
œ̃ ʃəmɛ̃ sɑ̃z- eʃo suz- œ̃ mɔ̃də ostεʁə.

mε lobə, œ̃ ʒuʁ, tʁɑ̃blɑ̃tə ɑ̃ sε lɥœʁ də veʁə,
depoza syʁ sε pa ynə otʁə pasaʒεʁə.
e dɑ̃ lεʁ syspɑ̃dy, fʁaʒilə e sɔlεnεl,
lœʁz- ɑ̃tεnə diʁe œ̃ sεʁme etεʁnεl.

sə nə fy kœ̃ fʁisɔ̃, kœ̃ suflə, kœ̃ mistεʁə,
mε tu ʃɑ̃ʒa sudɛ̃ dɑ̃ lɔʁdʁə də la teʁə.
lə vidə sefasa dəvɑ̃ sə du ljɛ̃,
e lɛ̃fini lɥi mεmə tɛ̃ dɑ̃ pʁεskə ʁjɛ̃.

ela, lə tɑ̃ ʒalu, ki bʁizə e ki devɔʁə,
ɡεtə sε fø sεkʁε ki nεse a loʁɔʁə.
kaʁ tut- amuʁ, si pyʁ, si bʁylɑ̃, si pʁɔfɔ̃,
pɔʁtə ɑ̃ lɥi ladjø sɔ̃bʁə ekʁi a sɔ̃ fʁɔ̃.

alɔʁz- εllə εma, tʁɑ̃blɑ̃tə e ʁeziɲe,
saʃɑ̃ kə tutə ʒwa ε deʒa kɔ̃damne.
mε dɑ̃ lɔ̃bʁə dε ʒuʁ, dɑ̃ lubli dε ʃəmɛ̃,
lœʁ dø kœʁz- ɔ̃ baty… plys ɡʁɑ̃ kə lε dεstɛ̃.

e kɑ̃ tu setɛ̃dʁa su la nɥi ɛ̃fini,
kɑ̃ lə mɔ̃də ubljəʁa ʒyska lœʁ œ̃blə vi,
il ʁεstəʁa leʃo, fʁaʒilə e lyminø,
dœ̃n- amuʁ minyskylə… e puʁtɑ̃ ɛ̃fini.