Poème-France.com

Prose : Et Si Les Pensées Devenaient Visibles ?



A Propos

ET SI NOS PENSÉES N’ÉTAIENT PLUS INVISIBLES ?

Et Si Les Pensées Devenaient Visibles ?

Imagine un monde où chaque pensée prendrait forme dans l’air autour de nous.
Les regrets seraient de petites fumées grises accrochées aux épaules.
Les élans d’amour deviendraient des oiseaux lumineux.
Les mensonges laisseraient des fissures dans l’espace.

On verrait enfin ce que les gens portent en silence.
On ne pourrait plus tricher avec son propre cœur.
Les villes seraient pleines de couleurs mouvantes, de tempêtes intérieures, de feux d’artifice secrets.

Les matins seraient les plus bruyants. À l’heure où chacun s’éveille, les songes inachevés flotteraient encore au-dessus des toits, vastes méduses translucides dérivant lentement entre les cheminées. Les cafés déborderaient de spirales dorées, d’idées fulgurantes, de projets encore tièdes. Les doutes, eux, couleraient au ras du sol comme une brume hésitante, s’accrochant aux trottoirs.

Dans ce monde-là, les amoureux n’auraient plus besoin de se déclarer. Leurs pensées se chercheraient avant leurs mains. Deux nuées d’oiseaux lumineux se frôleraient, s’emmêleraient, puis fusionneraient dans un éclat si intense que même les passants détourneraient les yeux par pudeur.

Les colères seraient plus dangereuses. Elles prendraient la forme d’orages compacts, noirs et électriques, grondant au-dessus des fronts. On apprendrait très tôt à respirer pour dissiper les éclairs. Les écoles enseigneraient l’art de clarifier ses pensées comme on apprend aujourd’hui à écrire. Les enfants s’exerceraient à transformer leurs peurs en lanternes apprivoisées plutôt qu’en monstres griffus.

Certains deviendraient des artistes de l’invisible rendu visible. Ils sculpteraient leurs idées comme des architectures suspendues. D’autres tenteraient de dissimuler leurs pensées sous des voiles opaques, mais la vérité, toujours, finirait par filtrer en fines particules brillantes.

Et puis il y aurait ceux dont l’esprit serait un jardin. Autour d’eux pousseraient des arbres aux feuilles changeantes, des lianes de souvenirs, des fleurs d’espérance. On aimerait s’asseoir près d’eux, simplement pour respirer.

Dans ce monde exposé, la solitude serait différente. On ne serait plus seul avec ses pensées, mais responsable d’elles. Chaque idée lancée dans l’air deviendrait matière. Chaque jugement, une pierre. Chaque bonté, une source.

Peut-être apprendrions-nous enfin à penser avec délicatesse.
À cultiver des constellations plutôt que des fissures.
À comprendre que l’espace entre nous n’est pas vide, mais peuplé de tout ce que nous osons imaginer.
Albertb

Pour mettre un commentaire

Poème en Phonétique

imaʒinə œ̃ mɔ̃də u ʃakə pɑ̃se pʁɑ̃dʁε fɔʁmə dɑ̃ lεʁ otuʁ də nu.
lε ʁəɡʁε səʁε də pətitə fyme ɡʁizəz- akʁoʃez- oz- epolə.
lεz- elɑ̃ damuʁ dəvjɛ̃dʁε dεz- wazo lyminø.
lε mɑ̃sɔ̃ʒə lεsəʁε dε fisyʁə dɑ̃ lεspasə.

ɔ̃ veʁε ɑ̃fɛ̃ sə kə lε ʒɑ̃ pɔʁte ɑ̃ silɑ̃sə.
ɔ̃ nə puʁʁε plys tʁiʃe avεk sɔ̃ pʁɔpʁə kœʁ.
lε vilə səʁε plεnə də kulœʁ muvɑ̃tə, də tɑ̃pεtəz- ɛ̃teʁjəʁə, də fø daʁtifisə sεkʁε.

lε matɛ̃ səʁε lε plys bʁyiɑ̃. a lœʁ u ʃakœ̃ sevεjə, lε sɔ̃ʒəz- inaʃəve flɔtəʁε ɑ̃kɔʁə o dəsy dε twa, vastə medyzə tʁɑ̃slysidə deʁivɑ̃ lɑ̃təmɑ̃ ɑ̃tʁə lε ʃəmine. lε kafe debɔʁdəʁε də spiʁalə dɔʁe, dide fylɡyʁɑ̃tə, də pʁɔʒεz- ɑ̃kɔʁə tjεdə. lε dutə, ø, kuləʁε o ʁa dy sɔl kɔmə ynə bʁymə ezitɑ̃tə, sakʁoʃɑ̃ o tʁɔtwaʁ.

dɑ̃ sə mɔ̃də la, lεz- amuʁø noʁε plys bəzwɛ̃ də sə deklaʁe. lœʁ pɑ̃se sə ʃεʁʃəʁε avɑ̃ lœʁ mɛ̃. dø nye dwazo lyminø sə fʁoləʁε, sɑ̃mεləʁε, pɥi fyzjɔnəʁε dɑ̃z- œ̃n- ekla si ɛ̃tɑ̃sə kə mεmə lε pasɑ̃ detuʁnəʁε lεz- iø paʁ pydœʁ.

lε kɔlεʁə səʁε plys dɑ̃ʒəʁøzə. εllə pʁɑ̃dʁε la fɔʁmə dɔʁaʒə kɔ̃pakt, nwaʁz- e elεktʁik, ɡʁɔ̃dɑ̃ o dəsy dε fʁɔ̃. ɔ̃n- apʁɑ̃dʁε tʁε to a ʁεspiʁe puʁ disipe lεz- eklεʁ. lεz- ekɔləz- ɑ̃sεɲəʁε laʁ də klaʁifje sε pɑ̃se kɔmə ɔ̃n- apʁɑ̃t- oʒuʁdɥi a ekʁiʁə. lεz- ɑ̃fɑ̃ sεɡzεʁsəʁε a tʁɑ̃sfɔʁme lœʁ pœʁz- ɑ̃ lɑ̃tεʁnəz- apʁivwaze plyto kɑ̃ mɔ̃stʁə- ɡʁifys.

sεʁtɛ̃ dəvjɛ̃dʁε dεz- aʁtistə də lɛ̃viziblə ʁɑ̃dy viziblə. il skylptəʁε lœʁz- ide kɔmə dεz- aʁʃitεktyʁə syspɑ̃dɥ. dotʁə- tɑ̃təʁε də disimyle lœʁ pɑ̃se su dε vwaləz- ɔpak, mε la veʁite, tuʒuʁ, finiʁε paʁ filtʁe ɑ̃ finə paʁtikylə bʁijɑ̃tə.

e pɥiz- il i oʁε sø dɔ̃ lεspʁi səʁε œ̃ ʒaʁdɛ̃. otuʁ dø pusəʁε dεz- aʁbʁəz- o fœjə ʃɑ̃ʒɑ̃tə, dε ljanə də suvəniʁ, dε flœʁ dεspeʁɑ̃sə. ɔ̃n- εməʁε sasəwaʁ pʁε dø, sɛ̃pləmɑ̃ puʁ ʁεspiʁe.

dɑ̃ sə mɔ̃də εkspoze, la sɔlitydə səʁε difeʁɑ̃tə. ɔ̃ nə səʁε plys səl avεk sε pɑ̃se, mε ʁεspɔ̃sablə dεllə. ʃakə ide lɑ̃se dɑ̃ lεʁ dəvjɛ̃dʁε matjεʁə. ʃakə ʒyʒəmɑ̃, ynə pjeʁə. ʃakə bɔ̃te, ynə suʁsə.

pø tεtʁə apʁɑ̃dʁjɔ̃ nuz- ɑ̃fɛ̃ a pɑ̃se avεk delikatεsə.
a kyltive dε kɔ̃stεllasjɔ̃ plyto kə dε fisyʁə.
a kɔ̃pʁɑ̃dʁə kə lεspasə ɑ̃tʁə nu nε pa vidə, mε pəple də tu sə kə nuz- ozɔ̃z- imaʒine.