Poeme : L’ennemi Qui Pouvait Te Sauver
L’ennemi Qui Pouvait Te Sauver
Deux hommes cheminaient sous un ciel de colère,
Que la guerre avait fait étrangers sur la terre.
L’un portait un fusil, l’autre allait désarmé,
Mais chacun par la peur avait l’esprit fermé.
« C’est l’ennemi ! » cria quelque voix dans la plaine.
Et ce simple mot là fit aussitôt la haine.
Le premier épaula, sans connaître son nom,
Puis le coup retentit jusqu’au fond du vallon.
L’homme tomba soudain dans la poussière grise ;
Le vent seul recueillit sa dernière surprise.
Il regarda longtemps celui qui l’abattait,
Comme pour lui parler ; mais sa bouche se tait.
Le soldat s’approcha de sa froide victime,
Cherchant dans son regard un aveu de son crime.
Il trouva dans sa poche un morceau de vieux pain,
Une lettre d’enfant et le dessin d’une main.
Puis les saisons passèrent et la guerre meurtrière
Recouvrit les chemins de cendre et de poussière.
Le soldat, à son tour, fut blessé dans les bois,
Sans compagnon vivant pour entendre sa voix.
Il resta tout un jour étendu sous un chêne,
La jambe ensanglantée et le corps dans la peine.
Il appelait quelqu’un, mais là, personne ne vint ;
La nuit couvrit bientôt le sentier qui s’éteint.
Il se souvint alors de l’homme de la plaine,
De ses yeux étonnés où ne vivait nulle haine.
Peut-être aurait-il su refermer sa blessure,
Ou guider jusqu’au camp sa démarche peu sûre.
Mais l’homme était couché sous la terre profonde ;
Il ne pouvait sauver désormais rien au monde.
Et le soldat comprit, sous le ciel étoilé,
Qu’il avait autrefois son sauveur immolé.
Il survécut pourtant. Mais vint une autre épreuve :
La famine avançait comme une immense veuve.
Les champs étaient brûlés, les greniers étaient vides,
Et la faim dévorait les enfants trop livides.
Il songea de nouveau à cet homme abattu :
Peut-être était-il riche en savoirs inconnus ;
Peut-être connaissait-il quelque terre fertile,
Quel ruisseau préservé, quelque vallée tranquille.
Puis vint la maladie aux sinistres couleurs ;
Elle entra dans les bourgs en semant les douleurs.
Le soldat vit son fils trembler entre ses bras,
Et nul ne connaissait le mal qui le frappa.
Alors quelqu’un lui dit : « Jadis, dans ce village,
Un homme guérissait les malades de tout âge.
Mais il partit un jour quand commença la guerre ;
Depuis, nul n’a jamais revu cet homme sur terre. »
On décrivit son front, son visage et ses yeux.
Le père reconnut l’homme qu’il tua sous les cieux.
Et son cœur se glaça devant cette évidence :
Il avait trucidé peut-être une espérance.
Il revit le chemin, la poussière et le sang,
Le morceau de vieux pain près de ce corps gisant.
Il comprit que la haine, en désignant autrui,
Peut tuer le soleil dont, on a besoin la nuit.
Morale
Ne frappe point celui dont tu ignores l’histoire ;
L’ennemi de ce jour peut devenir l’espoir.
La main que tu détruis par colère ou mépris
Pourrait demain sauver tes enfants et ta vie.
Quand la guerre aux humains commande de se haïr,
Souviens-toi qu’un vivant peut toujours secourir.
Car nul ne peut savoir, en répandant le sang,
Quel avenir il tue en tuant un vivant.
Celui que l’on condamne au nom d’une frontière
Peut partager son pain, son eau ou sa lumière.
Et l’homme que ta haine enterre en son chemin
Est peut-être celui qui t’aidera demain.
Que la guerre avait fait étrangers sur la terre.
L’un portait un fusil, l’autre allait désarmé,
Mais chacun par la peur avait l’esprit fermé.
« C’est l’ennemi ! » cria quelque voix dans la plaine.
Et ce simple mot là fit aussitôt la haine.
Le premier épaula, sans connaître son nom,
Puis le coup retentit jusqu’au fond du vallon.
L’homme tomba soudain dans la poussière grise ;
Le vent seul recueillit sa dernière surprise.
Il regarda longtemps celui qui l’abattait,
Comme pour lui parler ; mais sa bouche se tait.
Le soldat s’approcha de sa froide victime,
Cherchant dans son regard un aveu de son crime.
Il trouva dans sa poche un morceau de vieux pain,
Une lettre d’enfant et le dessin d’une main.
Puis les saisons passèrent et la guerre meurtrière
Recouvrit les chemins de cendre et de poussière.
Le soldat, à son tour, fut blessé dans les bois,
Sans compagnon vivant pour entendre sa voix.
Il resta tout un jour étendu sous un chêne,
La jambe ensanglantée et le corps dans la peine.
Il appelait quelqu’un, mais là, personne ne vint ;
La nuit couvrit bientôt le sentier qui s’éteint.
Il se souvint alors de l’homme de la plaine,
De ses yeux étonnés où ne vivait nulle haine.
Peut-être aurait-il su refermer sa blessure,
Ou guider jusqu’au camp sa démarche peu sûre.
Mais l’homme était couché sous la terre profonde ;
Il ne pouvait sauver désormais rien au monde.
Et le soldat comprit, sous le ciel étoilé,
Qu’il avait autrefois son sauveur immolé.
Il survécut pourtant. Mais vint une autre épreuve :
La famine avançait comme une immense veuve.
Les champs étaient brûlés, les greniers étaient vides,
Et la faim dévorait les enfants trop livides.
Il songea de nouveau à cet homme abattu :
Peut-être était-il riche en savoirs inconnus ;
Peut-être connaissait-il quelque terre fertile,
Quel ruisseau préservé, quelque vallée tranquille.
Puis vint la maladie aux sinistres couleurs ;
Elle entra dans les bourgs en semant les douleurs.
Le soldat vit son fils trembler entre ses bras,
Et nul ne connaissait le mal qui le frappa.
Alors quelqu’un lui dit : « Jadis, dans ce village,
Un homme guérissait les malades de tout âge.
Mais il partit un jour quand commença la guerre ;
Depuis, nul n’a jamais revu cet homme sur terre. »
On décrivit son front, son visage et ses yeux.
Le père reconnut l’homme qu’il tua sous les cieux.
Et son cœur se glaça devant cette évidence :
Il avait trucidé peut-être une espérance.
Il revit le chemin, la poussière et le sang,
Le morceau de vieux pain près de ce corps gisant.
Il comprit que la haine, en désignant autrui,
Peut tuer le soleil dont, on a besoin la nuit.
Morale
Ne frappe point celui dont tu ignores l’histoire ;
L’ennemi de ce jour peut devenir l’espoir.
La main que tu détruis par colère ou mépris
Pourrait demain sauver tes enfants et ta vie.
Quand la guerre aux humains commande de se haïr,
Souviens-toi qu’un vivant peut toujours secourir.
Car nul ne peut savoir, en répandant le sang,
Quel avenir il tue en tuant un vivant.
Celui que l’on condamne au nom d’une frontière
Peut partager son pain, son eau ou sa lumière.
Et l’homme que ta haine enterre en son chemin
Est peut-être celui qui t’aidera demain.
Chris Jordan
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Poème en Phonétique
dø ɔmə ʃəminε suz- œ̃ sjεl də kɔlεʁə,
kə la ɡeʁə avε fε etʁɑ̃ʒe syʁ la teʁə.
lœ̃ pɔʁtε œ̃ fyzil, lotʁə alε dezaʁme,
mε ʃakœ̃ paʁ la pœʁ avε lεspʁi fεʁme.
« sε lεnəmi ! » kʁja kεlkə vwa dɑ̃ la plεnə.
e sə sɛ̃plə mo la fi osito la-εnə.
lə pʁəmje epola, sɑ̃ kɔnεtʁə sɔ̃ nɔ̃,
pɥi lə ku ʁətɑ̃ti ʒysko fɔ̃ dy valɔ̃.
lɔmə tɔ̃ba sudɛ̃ dɑ̃ la pusjεʁə ɡʁizə,
lə vɑ̃ səl ʁəkœji sa dεʁnjεʁə syʁpʁizə.
il ʁəɡaʁda lɔ̃tɑ̃ səlɥi ki labatε,
kɔmə puʁ lɥi paʁle, mε sa buʃə sə tε.
lə sɔlda sapʁoʃa də sa fʁwadə viktimə,
ʃεʁʃɑ̃ dɑ̃ sɔ̃ ʁəɡaʁ œ̃n- avø də sɔ̃ kʁimə.
il tʁuva dɑ̃ sa poʃə œ̃ mɔʁso də vjø pɛ̃,
ynə lεtʁə dɑ̃fɑ̃ e lə desɛ̃ dynə mɛ̃.
pɥi lε sεzɔ̃ pasεʁe e la ɡeʁə məʁtʁjεʁə
ʁəkuvʁi lε ʃəmɛ̃ də sɑ̃dʁə e də pusjεʁə.
lə sɔlda, a sɔ̃ tuʁ, fy blese dɑ̃ lε bwa,
sɑ̃ kɔ̃paɲɔ̃ vivɑ̃ puʁ ɑ̃tɑ̃dʁə sa vwa.
il ʁεsta tut- œ̃ ʒuʁ etɑ̃dy suz- œ̃ ʃεnə,
la ʒɑ̃bə ɑ̃sɑ̃ɡlɑ̃te e lə kɔʁ dɑ̃ la pεnə.
il apəlε kεlkœ̃, mε la, pεʁsɔnə nə vɛ̃,
la nɥi kuvʁi bjɛ̃to lə sɑ̃tje ki setɛ̃.
il sə suvɛ̃ alɔʁ də lɔmə də la plεnə,
də sεz- iøz- etɔnez- u nə vivε nylə-εnə.
pø tεtʁə oʁε til sy ʁəfεʁme sa blesyʁə,
u ɡide ʒysko kɑ̃ sa demaʁʃə pø syʁə.
mε lɔmə etε kuʃe su la teʁə pʁɔfɔ̃də,
il nə puvε sove dezɔʁmε ʁjɛ̃ o mɔ̃də.
e lə sɔlda kɔ̃pʁi, su lə sjεl etwale,
kil avε otʁəfwa sɔ̃ sovœʁ imɔle.
il syʁveky puʁtɑ̃. mε vɛ̃ ynə otʁə epʁəvə :
la faminə avɑ̃sε kɔmə ynə imɑ̃sə vəvə.
lε ʃɑ̃z- etε bʁyle, lε ɡʁənjez- etε vidə,
e la fɛ̃ devɔʁε lεz- ɑ̃fɑ̃ tʁo lividə.
il sɔ̃ʒa də nuvo a sεt ɔmə abaty :
pø tεtʁə etε til ʁiʃə ɑ̃ savwaʁz- ɛ̃kɔnys,
pø tεtʁə kɔnεsε til kεlkə teʁə fεʁtilə,
kεl ʁɥiso pʁezεʁve, kεlkə vale tʁɑ̃kjə.
pɥi vɛ̃ la maladi o sinistʁə- kulœʁ,
εllə ɑ̃tʁa dɑ̃ lε buʁɡz- ɑ̃ səmɑ̃ lε dulœʁ.
lə sɔlda vit sɔ̃ fis tʁɑ̃ble ɑ̃tʁə sε bʁa,
e nyl nə kɔnεsε lə mal ki lə fʁapa.
alɔʁ kεlkœ̃ lɥi di : « ʒadi, dɑ̃ sə vilaʒə,
œ̃n- ɔmə ɡeʁisε lε maladə də tut- aʒə.
mεz- il paʁti œ̃ ʒuʁ kɑ̃ kɔmɑ̃sa la ɡeʁə,
dəpɥi, nyl na ʒamε ʁəvy sεt ɔmə syʁ teʁə. »
ɔ̃ dekʁivi sɔ̃ fʁɔ̃, sɔ̃ vizaʒə e sεz- iø.
lə pεʁə ʁəkɔny lɔmə kil tɥa su lε sjø.
e sɔ̃ kœʁ sə ɡlasa dəvɑ̃ sεtə evidɑ̃sə :
il avε tʁyside pø tεtʁə ynə εspeʁɑ̃sə.
il ʁəvi lə ʃəmɛ̃, la pusjεʁə e lə sɑ̃,
lə mɔʁso də vjø pɛ̃ pʁε də sə kɔʁ ʒizɑ̃.
il kɔ̃pʁi kə la-εnə, ɑ̃ deziɲɑ̃ otʁɥi,
pø tɥe lə sɔlεj dɔ̃, ɔ̃n- a bəzwɛ̃ la nɥi.
mɔʁalə
nə fʁapə pwɛ̃ səlɥi dɔ̃ ty iɲɔʁə listwaʁə,
lεnəmi də sə ʒuʁ pø dəvəniʁ lεspwaʁ.
la mɛ̃ kə ty detʁɥi paʁ kɔlεʁə u mepʁi
puʁʁε dəmɛ̃ sove tεz- ɑ̃fɑ̃z- e ta vi.
kɑ̃ la ɡeʁə o ymɛ̃ kɔmɑ̃də də sə-ajʁ,
suvjɛ̃ twa kœ̃ vivɑ̃ pø tuʒuʁ səkuʁiʁ.
kaʁ nyl nə pø savwaʁ, ɑ̃ ʁepɑ̃dɑ̃ lə sɑ̃,
kεl avəniʁ il tɥ ɑ̃ tɥɑ̃ œ̃ vivɑ̃.
səlɥi kə lɔ̃ kɔ̃damnə o nɔ̃ dynə fʁɔ̃tjεʁə
pø paʁtaʒe sɔ̃ pɛ̃, sɔ̃n- o u sa lymjεʁə.
e lɔmə kə ta-εnə ɑ̃teʁə ɑ̃ sɔ̃ ʃəmɛ̃
ε pø tεtʁə səlɥi ki tεdəʁa dəmɛ̃.
kə la ɡeʁə avε fε etʁɑ̃ʒe syʁ la teʁə.
lœ̃ pɔʁtε œ̃ fyzil, lotʁə alε dezaʁme,
mε ʃakœ̃ paʁ la pœʁ avε lεspʁi fεʁme.
« sε lεnəmi ! » kʁja kεlkə vwa dɑ̃ la plεnə.
e sə sɛ̃plə mo la fi osito la-εnə.
lə pʁəmje epola, sɑ̃ kɔnεtʁə sɔ̃ nɔ̃,
pɥi lə ku ʁətɑ̃ti ʒysko fɔ̃ dy valɔ̃.
lɔmə tɔ̃ba sudɛ̃ dɑ̃ la pusjεʁə ɡʁizə,
lə vɑ̃ səl ʁəkœji sa dεʁnjεʁə syʁpʁizə.
il ʁəɡaʁda lɔ̃tɑ̃ səlɥi ki labatε,
kɔmə puʁ lɥi paʁle, mε sa buʃə sə tε.
lə sɔlda sapʁoʃa də sa fʁwadə viktimə,
ʃεʁʃɑ̃ dɑ̃ sɔ̃ ʁəɡaʁ œ̃n- avø də sɔ̃ kʁimə.
il tʁuva dɑ̃ sa poʃə œ̃ mɔʁso də vjø pɛ̃,
ynə lεtʁə dɑ̃fɑ̃ e lə desɛ̃ dynə mɛ̃.
pɥi lε sεzɔ̃ pasεʁe e la ɡeʁə məʁtʁjεʁə
ʁəkuvʁi lε ʃəmɛ̃ də sɑ̃dʁə e də pusjεʁə.
lə sɔlda, a sɔ̃ tuʁ, fy blese dɑ̃ lε bwa,
sɑ̃ kɔ̃paɲɔ̃ vivɑ̃ puʁ ɑ̃tɑ̃dʁə sa vwa.
il ʁεsta tut- œ̃ ʒuʁ etɑ̃dy suz- œ̃ ʃεnə,
la ʒɑ̃bə ɑ̃sɑ̃ɡlɑ̃te e lə kɔʁ dɑ̃ la pεnə.
il apəlε kεlkœ̃, mε la, pεʁsɔnə nə vɛ̃,
la nɥi kuvʁi bjɛ̃to lə sɑ̃tje ki setɛ̃.
il sə suvɛ̃ alɔʁ də lɔmə də la plεnə,
də sεz- iøz- etɔnez- u nə vivε nylə-εnə.
pø tεtʁə oʁε til sy ʁəfεʁme sa blesyʁə,
u ɡide ʒysko kɑ̃ sa demaʁʃə pø syʁə.
mε lɔmə etε kuʃe su la teʁə pʁɔfɔ̃də,
il nə puvε sove dezɔʁmε ʁjɛ̃ o mɔ̃də.
e lə sɔlda kɔ̃pʁi, su lə sjεl etwale,
kil avε otʁəfwa sɔ̃ sovœʁ imɔle.
il syʁveky puʁtɑ̃. mε vɛ̃ ynə otʁə epʁəvə :
la faminə avɑ̃sε kɔmə ynə imɑ̃sə vəvə.
lε ʃɑ̃z- etε bʁyle, lε ɡʁənjez- etε vidə,
e la fɛ̃ devɔʁε lεz- ɑ̃fɑ̃ tʁo lividə.
il sɔ̃ʒa də nuvo a sεt ɔmə abaty :
pø tεtʁə etε til ʁiʃə ɑ̃ savwaʁz- ɛ̃kɔnys,
pø tεtʁə kɔnεsε til kεlkə teʁə fεʁtilə,
kεl ʁɥiso pʁezεʁve, kεlkə vale tʁɑ̃kjə.
pɥi vɛ̃ la maladi o sinistʁə- kulœʁ,
εllə ɑ̃tʁa dɑ̃ lε buʁɡz- ɑ̃ səmɑ̃ lε dulœʁ.
lə sɔlda vit sɔ̃ fis tʁɑ̃ble ɑ̃tʁə sε bʁa,
e nyl nə kɔnεsε lə mal ki lə fʁapa.
alɔʁ kεlkœ̃ lɥi di : « ʒadi, dɑ̃ sə vilaʒə,
œ̃n- ɔmə ɡeʁisε lε maladə də tut- aʒə.
mεz- il paʁti œ̃ ʒuʁ kɑ̃ kɔmɑ̃sa la ɡeʁə,
dəpɥi, nyl na ʒamε ʁəvy sεt ɔmə syʁ teʁə. »
ɔ̃ dekʁivi sɔ̃ fʁɔ̃, sɔ̃ vizaʒə e sεz- iø.
lə pεʁə ʁəkɔny lɔmə kil tɥa su lε sjø.
e sɔ̃ kœʁ sə ɡlasa dəvɑ̃ sεtə evidɑ̃sə :
il avε tʁyside pø tεtʁə ynə εspeʁɑ̃sə.
il ʁəvi lə ʃəmɛ̃, la pusjεʁə e lə sɑ̃,
lə mɔʁso də vjø pɛ̃ pʁε də sə kɔʁ ʒizɑ̃.
il kɔ̃pʁi kə la-εnə, ɑ̃ deziɲɑ̃ otʁɥi,
pø tɥe lə sɔlεj dɔ̃, ɔ̃n- a bəzwɛ̃ la nɥi.
mɔʁalə
nə fʁapə pwɛ̃ səlɥi dɔ̃ ty iɲɔʁə listwaʁə,
lεnəmi də sə ʒuʁ pø dəvəniʁ lεspwaʁ.
la mɛ̃ kə ty detʁɥi paʁ kɔlεʁə u mepʁi
puʁʁε dəmɛ̃ sove tεz- ɑ̃fɑ̃z- e ta vi.
kɑ̃ la ɡeʁə o ymɛ̃ kɔmɑ̃də də sə-ajʁ,
suvjɛ̃ twa kœ̃ vivɑ̃ pø tuʒuʁ səkuʁiʁ.
kaʁ nyl nə pø savwaʁ, ɑ̃ ʁepɑ̃dɑ̃ lə sɑ̃,
kεl avəniʁ il tɥ ɑ̃ tɥɑ̃ œ̃ vivɑ̃.
səlɥi kə lɔ̃ kɔ̃damnə o nɔ̃ dynə fʁɔ̃tjεʁə
pø paʁtaʒe sɔ̃ pɛ̃, sɔ̃n- o u sa lymjεʁə.
e lɔmə kə ta-εnə ɑ̃teʁə ɑ̃ sɔ̃ ʃəmɛ̃
ε pø tεtʁə səlɥi ki tεdəʁa dəmɛ̃.