Prose : Le Banquet Des Monstres
A Propos
Ils disaient tradition.
Ils disaient Dieu.
Ils disaient que c'était nécessaire.
Moi, je n'ai entendu qu'un cri.
Le Banquet Des Monstres
Le vent traînait des lambeaux de prières sur les pierres brûlées du village.
Les anciens parlaient de tradition.
Les notables parlaient d’honneur.
Les puissants parlaient de volonté divine.
Et personne ne regardait l’enfant.
Couronnée de fleurs trop lourdes pour son âge, elle avançait sous un voile blanc qui ressemblait davantage à un linceul.
La foule souriait.
Les mères baissaient les yeux.
Les pères restaient silencieux.
Et les monstres festoyaient.
Alors, au bout du chemin, un homme apparut.
Le manteau couvert de poussière.
Le regard chargé de combats.
Le chasseur de monstres.
Sa voix fendit le silence.
« Arrêtez. »
Le mariage suspendit son souffle.
Les responsables s’avancèrent.
« Non. Arrête. C’est la tradition. Elle a été choisie par Dieu. »
Le chasseur les regarda.
Longtemps.
Comme on regarde un gouffre.
Puis il répondit :
« Non.
Vous l’avez choisie.
Il n’y a aucun dieu ici. »
Un murmure parcourut l’assemblée.
Alors les voix se levèrent :
« Va-t’en ! Ton ingérence va tous nous perdre ! »
Les vieilles femmes s’avancèrent à leur tour.
« L’une de nous était toujours choisie.
C’était ainsi. »
Et les monstres répondirent en chœur :
« C’est ainsi.
Cela a toujours été ainsi.
Tu ne changeras rien. »
Le chasseur serra les poings.
Car il connaissait cette chanson.
On lui avait donné mille noms.
Tradition.
Culture.
Ordre.
Foi.
Obéissance.
Mais partout, elle servait la même faim.
Celle des prédateurs.
Et le sacrifice de l’innocence.
Alors la nuit tomba.
Le village détourna le regard.
Les portes se fermèrent.
Les consciences aussi.
Et personne ne vint pour elle.
Personne.
Au matin, l’aube trouva le silence.
Une petite robe blanche gisait dans la poussière.
Les fleurs étaient fanées.
Les prières envolées.
L’enfant n’était plus.
Son rire non plus.
Et déjà les mêmes voix murmuraient :
« Nous voulions seulement qu’elle se marie.
Qu’elle accomplisse la volonté de Dieu. »
Il s’agenouilla près du corps.
Près de ce qui restait d’elle.
Près de ce que personne ne voulait voir.
Et sa colère éclata.
« Il n’y a aucun dieu ici !
Aucun !
Il n’y a que des monstres !
Rien que des monstres ! »
Le vent emporta son cri
par-delà les murs,
les palais,
ceux qui savent et se taisent.
Les portes se fermèrent.
Les consciences aussi.
Les monstres n’ont pas toujours l’air de monstres.
Ils portent parfois des couronnes.
Parfois des costumes.
Parfois le masque des gens respectables.
Mais sous chaque masque,
le chasseur reconnaissait toujours la même chose.
Des monstres.
Des adultes.
Une enfant.
Puis il reprit sa route.
Il savait.
Les monstres ont moins peur des armes
que de ceux qui refusent de se taire.
Et quelque part dans l’obscurité du monde,
les monstres entendirent ses pas.
Puis d’autres.
Puis d’autres encore.
Alors, pour la première fois depuis longtemps,
les monstres comprirent.
Ils n’avaient plus devant eux un homme.
Ils avaient réveillé une meute.
Les anciens parlaient de tradition.
Les notables parlaient d’honneur.
Les puissants parlaient de volonté divine.
Et personne ne regardait l’enfant.
Couronnée de fleurs trop lourdes pour son âge, elle avançait sous un voile blanc qui ressemblait davantage à un linceul.
La foule souriait.
Les mères baissaient les yeux.
Les pères restaient silencieux.
Et les monstres festoyaient.
Alors, au bout du chemin, un homme apparut.
Le manteau couvert de poussière.
Le regard chargé de combats.
Le chasseur de monstres.
Sa voix fendit le silence.
« Arrêtez. »
Le mariage suspendit son souffle.
Les responsables s’avancèrent.
« Non. Arrête. C’est la tradition. Elle a été choisie par Dieu. »
Le chasseur les regarda.
Longtemps.
Comme on regarde un gouffre.
Puis il répondit :
« Non.
Vous l’avez choisie.
Il n’y a aucun dieu ici. »
Un murmure parcourut l’assemblée.
Alors les voix se levèrent :
« Va-t’en ! Ton ingérence va tous nous perdre ! »
Les vieilles femmes s’avancèrent à leur tour.
« L’une de nous était toujours choisie.
C’était ainsi. »
Et les monstres répondirent en chœur :
« C’est ainsi.
Cela a toujours été ainsi.
Tu ne changeras rien. »
Le chasseur serra les poings.
Car il connaissait cette chanson.
On lui avait donné mille noms.
Tradition.
Culture.
Ordre.
Foi.
Obéissance.
Mais partout, elle servait la même faim.
Celle des prédateurs.
Et le sacrifice de l’innocence.
Alors la nuit tomba.
Le village détourna le regard.
Les portes se fermèrent.
Les consciences aussi.
Et personne ne vint pour elle.
Personne.
Au matin, l’aube trouva le silence.
Une petite robe blanche gisait dans la poussière.
Les fleurs étaient fanées.
Les prières envolées.
L’enfant n’était plus.
Son rire non plus.
Et déjà les mêmes voix murmuraient :
« Nous voulions seulement qu’elle se marie.
Qu’elle accomplisse la volonté de Dieu. »
Il s’agenouilla près du corps.
Près de ce qui restait d’elle.
Près de ce que personne ne voulait voir.
Et sa colère éclata.
« Il n’y a aucun dieu ici !
Aucun !
Il n’y a que des monstres !
Rien que des monstres ! »
Le vent emporta son cri
par-delà les murs,
les palais,
ceux qui savent et se taisent.
Les portes se fermèrent.
Les consciences aussi.
Les monstres n’ont pas toujours l’air de monstres.
Ils portent parfois des couronnes.
Parfois des costumes.
Parfois le masque des gens respectables.
Mais sous chaque masque,
le chasseur reconnaissait toujours la même chose.
Des monstres.
Des adultes.
Une enfant.
Puis il reprit sa route.
Il savait.
Les monstres ont moins peur des armes
que de ceux qui refusent de se taire.
Et quelque part dans l’obscurité du monde,
les monstres entendirent ses pas.
Puis d’autres.
Puis d’autres encore.
Alors, pour la première fois depuis longtemps,
les monstres comprirent.
Ils n’avaient plus devant eux un homme.
Ils avaient réveillé une meute.
Herve Legrand
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Poème en Phonétique
lə vɑ̃ tʁεnε dε lɑ̃bo də pʁjεʁə syʁ lε pjeʁə- bʁyle dy vilaʒə.
lεz- ɑ̃sjɛ̃ paʁlε də tʁadisjɔ̃.
lε nɔtablə paʁlε dɔnœʁ.
lε pɥisɑ̃ paʁlε də vɔlɔ̃te divinə.
e pεʁsɔnə nə ʁəɡaʁdε lɑ̃fɑ̃.
kuʁɔne də flœʁ tʁo luʁdə- puʁ sɔ̃n- aʒə, εllə avɑ̃sε suz- œ̃ vwalə blɑ̃ ki ʁəsɑ̃blε davɑ̃taʒə a œ̃ lɛ̃səl.
la fulə suʁjε.
lε mεʁə bεsε lεz- iø.
lε pεʁə ʁεstε silɑ̃sjø.
e lε mɔ̃stʁə- fεstwajε.
alɔʁ, o bu dy ʃəmɛ̃, œ̃n- ɔmə apaʁy.
lə mɑ̃to kuvεʁ də pusjεʁə.
lə ʁəɡaʁ ʃaʁʒe də kɔ̃ba.
lə ʃasœʁ də mɔ̃stʁə.
sa vwa fɑ̃di lə silɑ̃sə.
« aʁεte. »
lə maʁjaʒə syspɑ̃di sɔ̃ suflə.
lε ʁεspɔ̃sablə savɑ̃sεʁe.
« nɔ̃. aʁεtə. sε la tʁadisjɔ̃. εllə a ete ʃwazi paʁ djø. »
lə ʃasœʁ lε ʁəɡaʁda.
lɔ̃tɑ̃.
kɔmə ɔ̃ ʁəɡaʁdə œ̃ ɡufʁə.
pɥiz- il ʁepɔ̃di :
« nɔ̃.
vu lave ʃwazi.
il ni a okœ̃ djø isi. »
œ̃ myʁmyʁə paʁkuʁy lasɑ̃ble.
alɔʁ lε vwa sə ləvεʁe :
« va tɑ̃ ! tɔ̃n- ɛ̃ʒeʁɑ̃sə va tus nu pεʁdʁə ! »
lε vjεjə famə savɑ̃sεʁe a lœʁ tuʁ.
« lynə də nuz- etε tuʒuʁ ʃwazi.
setε ɛ̃si. »
e lε mɔ̃stʁə- ʁepɔ̃diʁe ɑ̃ ʃœʁ :
« sεt- ɛ̃si.
səla a tuʒuʁz- ete ɛ̃si.
ty nə ʃɑ̃ʒəʁa ʁjɛ̃. »
lə ʃasœʁ seʁa lε puiŋ.
kaʁ il kɔnεsε sεtə ʃɑ̃sɔ̃.
ɔ̃ lɥi avε dɔne milə nɔ̃.
tʁadisjɔ̃.
kyltyʁə.
ɔʁdʁə.
fwa.
ɔbeisɑ̃sə.
mε paʁtu, εllə sεʁvε la mεmə fɛ̃.
sεllə dε pʁedatœʁ.
e lə sakʁifisə də linɔsɑ̃sə.
alɔʁ la nɥi tɔ̃ba.
lə vilaʒə detuʁna lə ʁəɡaʁ.
lε pɔʁtə- sə fεʁmεʁe.
lε kɔ̃sjɑ̃səz- osi.
e pεʁsɔnə nə vɛ̃ puʁ εllə.
pεʁsɔnə.
o matɛ̃, lobə tʁuva lə silɑ̃sə.
ynə pətitə ʁɔbə blɑ̃ʃə ʒizε dɑ̃ la pusjεʁə.
lε flœʁz- etε fane.
lε pʁjεʁəz- ɑ̃vɔle.
lɑ̃fɑ̃ netε plys.
sɔ̃ ʁiʁə nɔ̃ plys.
e deʒa lε mεmə vwa myʁmyʁε :
« nus vuljɔ̃ sələmɑ̃ kεllə sə maʁi.
kεllə akɔ̃plisə la vɔlɔ̃te də djø. »
il saʒənuja pʁε dy kɔʁ.
pʁε də sə ki ʁεstε dεllə.
pʁε də sə kə pεʁsɔnə nə vulε vwaʁ.
e sa kɔlεʁə eklata.
« il ni a okœ̃ djø isi !
okœ̃ !
il ni a kə dε mɔ̃stʁə !
ʁjɛ̃ kə dε mɔ̃stʁə ! »
lə vɑ̃ ɑ̃pɔʁta sɔ̃ kʁi
paʁ dəla lε myʁ,
lε palε,
sø ki save e sə tεze.
lε pɔʁtə- sə fεʁmεʁe.
lε kɔ̃sjɑ̃səz- osi.
lε mɔ̃stʁə- nɔ̃ pa tuʒuʁ lεʁ də mɔ̃stʁə.
il pɔʁte paʁfwa dε kuʁɔnə.
paʁfwa dε kɔstymə.
paʁfwa lə maskə dε ʒɑ̃ ʁεspεktablə.
mε su ʃakə maskə,
lə ʃasœʁ ʁəkɔnεsε tuʒuʁ la mεmə ʃozə.
dε mɔ̃stʁə.
dεz- adyltə.
ynə ɑ̃fɑ̃.
pɥiz- il ʁəpʁi sa ʁutə.
il savε.
lε mɔ̃stʁəz- ɔ̃ mwɛ̃ pœʁ dεz- aʁmə
kə də sø ki ʁəfyze də sə tεʁə.
e kεlkə paʁ dɑ̃ lɔpskyʁite dy mɔ̃də,
lε mɔ̃stʁəz- ɑ̃tɑ̃diʁe sε pa.
pɥi dotʁə.
pɥi dotʁəz- ɑ̃kɔʁə.
alɔʁ, puʁ la pʁəmjεʁə fwa dəpɥi lɔ̃tɑ̃,
lε mɔ̃stʁə- kɔ̃pʁiʁe.
il navε plys dəvɑ̃ øz- œ̃n- ɔmə.
ilz- avε ʁevεje ynə møtə.
lεz- ɑ̃sjɛ̃ paʁlε də tʁadisjɔ̃.
lε nɔtablə paʁlε dɔnœʁ.
lε pɥisɑ̃ paʁlε də vɔlɔ̃te divinə.
e pεʁsɔnə nə ʁəɡaʁdε lɑ̃fɑ̃.
kuʁɔne də flœʁ tʁo luʁdə- puʁ sɔ̃n- aʒə, εllə avɑ̃sε suz- œ̃ vwalə blɑ̃ ki ʁəsɑ̃blε davɑ̃taʒə a œ̃ lɛ̃səl.
la fulə suʁjε.
lε mεʁə bεsε lεz- iø.
lε pεʁə ʁεstε silɑ̃sjø.
e lε mɔ̃stʁə- fεstwajε.
alɔʁ, o bu dy ʃəmɛ̃, œ̃n- ɔmə apaʁy.
lə mɑ̃to kuvεʁ də pusjεʁə.
lə ʁəɡaʁ ʃaʁʒe də kɔ̃ba.
lə ʃasœʁ də mɔ̃stʁə.
sa vwa fɑ̃di lə silɑ̃sə.
« aʁεte. »
lə maʁjaʒə syspɑ̃di sɔ̃ suflə.
lε ʁεspɔ̃sablə savɑ̃sεʁe.
« nɔ̃. aʁεtə. sε la tʁadisjɔ̃. εllə a ete ʃwazi paʁ djø. »
lə ʃasœʁ lε ʁəɡaʁda.
lɔ̃tɑ̃.
kɔmə ɔ̃ ʁəɡaʁdə œ̃ ɡufʁə.
pɥiz- il ʁepɔ̃di :
« nɔ̃.
vu lave ʃwazi.
il ni a okœ̃ djø isi. »
œ̃ myʁmyʁə paʁkuʁy lasɑ̃ble.
alɔʁ lε vwa sə ləvεʁe :
« va tɑ̃ ! tɔ̃n- ɛ̃ʒeʁɑ̃sə va tus nu pεʁdʁə ! »
lε vjεjə famə savɑ̃sεʁe a lœʁ tuʁ.
« lynə də nuz- etε tuʒuʁ ʃwazi.
setε ɛ̃si. »
e lε mɔ̃stʁə- ʁepɔ̃diʁe ɑ̃ ʃœʁ :
« sεt- ɛ̃si.
səla a tuʒuʁz- ete ɛ̃si.
ty nə ʃɑ̃ʒəʁa ʁjɛ̃. »
lə ʃasœʁ seʁa lε puiŋ.
kaʁ il kɔnεsε sεtə ʃɑ̃sɔ̃.
ɔ̃ lɥi avε dɔne milə nɔ̃.
tʁadisjɔ̃.
kyltyʁə.
ɔʁdʁə.
fwa.
ɔbeisɑ̃sə.
mε paʁtu, εllə sεʁvε la mεmə fɛ̃.
sεllə dε pʁedatœʁ.
e lə sakʁifisə də linɔsɑ̃sə.
alɔʁ la nɥi tɔ̃ba.
lə vilaʒə detuʁna lə ʁəɡaʁ.
lε pɔʁtə- sə fεʁmεʁe.
lε kɔ̃sjɑ̃səz- osi.
e pεʁsɔnə nə vɛ̃ puʁ εllə.
pεʁsɔnə.
o matɛ̃, lobə tʁuva lə silɑ̃sə.
ynə pətitə ʁɔbə blɑ̃ʃə ʒizε dɑ̃ la pusjεʁə.
lε flœʁz- etε fane.
lε pʁjεʁəz- ɑ̃vɔle.
lɑ̃fɑ̃ netε plys.
sɔ̃ ʁiʁə nɔ̃ plys.
e deʒa lε mεmə vwa myʁmyʁε :
« nus vuljɔ̃ sələmɑ̃ kεllə sə maʁi.
kεllə akɔ̃plisə la vɔlɔ̃te də djø. »
il saʒənuja pʁε dy kɔʁ.
pʁε də sə ki ʁεstε dεllə.
pʁε də sə kə pεʁsɔnə nə vulε vwaʁ.
e sa kɔlεʁə eklata.
« il ni a okœ̃ djø isi !
okœ̃ !
il ni a kə dε mɔ̃stʁə !
ʁjɛ̃ kə dε mɔ̃stʁə ! »
lə vɑ̃ ɑ̃pɔʁta sɔ̃ kʁi
paʁ dəla lε myʁ,
lε palε,
sø ki save e sə tεze.
lε pɔʁtə- sə fεʁmεʁe.
lε kɔ̃sjɑ̃səz- osi.
lε mɔ̃stʁə- nɔ̃ pa tuʒuʁ lεʁ də mɔ̃stʁə.
il pɔʁte paʁfwa dε kuʁɔnə.
paʁfwa dε kɔstymə.
paʁfwa lə maskə dε ʒɑ̃ ʁεspεktablə.
mε su ʃakə maskə,
lə ʃasœʁ ʁəkɔnεsε tuʒuʁ la mεmə ʃozə.
dε mɔ̃stʁə.
dεz- adyltə.
ynə ɑ̃fɑ̃.
pɥiz- il ʁəpʁi sa ʁutə.
il savε.
lε mɔ̃stʁəz- ɔ̃ mwɛ̃ pœʁ dεz- aʁmə
kə də sø ki ʁəfyze də sə tεʁə.
e kεlkə paʁ dɑ̃ lɔpskyʁite dy mɔ̃də,
lε mɔ̃stʁəz- ɑ̃tɑ̃diʁe sε pa.
pɥi dotʁə.
pɥi dotʁəz- ɑ̃kɔʁə.
alɔʁ, puʁ la pʁəmjεʁə fwa dəpɥi lɔ̃tɑ̃,
lε mɔ̃stʁə- kɔ̃pʁiʁe.
il navε plys dəvɑ̃ øz- œ̃n- ɔmə.
ilz- avε ʁevεje ynə møtə.