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Poeme : Le Cœur Désarmé



A Propos

Ce poème ne raconte pas une histoire d’amour ordinaire.
Il inverse les rôles.

Celui qui déclenche les passions, qui allume les cœurs sans jamais être atteint, se retrouve ici du côté des vulnérables. Cupidon n’est plus le maître du jeu, mais le joueur pris à son propre piège.

À travers lui, c’est une vérité universelle qui se dessine : personne, pas même un dieu, n’est à l’abri du trouble d’aimer.

Le Cœur Désarmé

Il avait l’habitude de viser les cœurs,
De rire des soupirs et des rougeurs,
Petit dieu moqueur aux ailes d’or,
Maître des élans, des accords.

Mais ce jour-là, sans prévenir,
Son propre regard s’est mis à frémir.
Non devant une reine, ni une déesse,
Mais une âme simple, pleine de tendresse.

Ses flèches tremblaient entre ses doigts,
Lui qui n’avait jamais connu l’émoi.
Chaque battement devenait aveu,
Chaque silence, un vœu.

Elle marchait sans savoir qu’un dieu
Apprenait l’amour dans ses yeux.
Il voulut parler, mais resta muet,
Pris au piège qu’il avait lui-même tissé.

Alors il comprit, le cœur à nu,
Ce que tant d’humains avaient vécu :
Aimer sans arme, aimer sans ruse,
Aimer même quand l’espoir s’use.

Et dans ce trouble infiniment doux,
Cupidon ne fut plus qu’un homme, surtout.
Car même celui qui fait naître l’amour
Peut s’y perdre à son tour.
Maniho

PostScriptum

Si Cupidon peut tomber amoureux, alors nos faiblesses ne sont peut-être pas des faiblesses, mais la preuve que nous sommes vivants.

Car aimer sans défense, sans stratégie, sans certitude, est sans doute la forme la plus sincère de courage.

Validé le 31/01/2026
MANIHO


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Poème en Phonétique

il avε labitydə də vize lε kœʁ,
də ʁiʁə dε supiʁz- e dε ʁuʒœʁ,
pəti djø mɔkœʁ oz- εlə dɔʁ,
mεtʁə dεz- elɑ̃, dεz- akɔʁd.

mε sə ʒuʁ la, sɑ̃ pʁevəniʁ,
sɔ̃ pʁɔpʁə ʁəɡaʁ sε miz- a fʁemiʁ.
nɔ̃ dəvɑ̃ ynə ʁεnə, ni ynə deεsə,
mεz- ynə amə sɛ̃plə, plεnə də tɑ̃dʁεsə.

sε flεʃə tʁɑ̃blε ɑ̃tʁə sε dwa,
lɥi ki navε ʒamε kɔny lemwa.
ʃakə batəmɑ̃ dəvənε avø,
ʃakə silɑ̃sə, œ̃ vey.

εllə maʁʃε sɑ̃ savwaʁ kœ̃ djø
apʁənε lamuʁ dɑ̃ sεz- iø.
il vuly paʁle, mε ʁεsta mɥε,
pʁiz- o pjεʒə kil avε lɥi mεmə tise.

alɔʁz- il kɔ̃pʁi, lə kœʁ a ny,
sə kə tɑ̃ dymɛ̃z- avε veky :
εme sɑ̃z- aʁmə, εme sɑ̃ ʁyzə,
εme mεmə kɑ̃ lεspwaʁ syzə.

e dɑ̃ sə tʁublə ɛ̃finime du,
kypidɔ̃ nə fy plys kœ̃n- ɔmə, syʁtu.
kaʁ mεmə səlɥi ki fε nεtʁə lamuʁ
pø si pεʁdʁə a sɔ̃ tuʁ.