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Poeme : Aube



A Propos

Arthur Rimbaud

Aube

J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Aube

Si Rimbaud sur les quais de marbre courait
Pour la chasser, voulait-il garder la nuit
Comme un trésor uniquement pour lui ?
Ou dans l’élan révéler ses méfaits ?

Puisqu’elle-même met au jour notre enfance
Dans une pâle succession des matins,
Le poète n’a-t-il pas en chemin
Un désir de savoir, où va l’offense !

Car la clarté appelle toutes les envies
Depuis le début des âges se couvait
L’irrésistible besoin où s’éprouvait
La nature que l’éveil humain dévie !

Arthur a vu ce qu’il ne fallait point
Voir et senti un peu son corps immense,
Puis s’endormit, tant fût l’instant intense
Où elle et lui tombèrent, faisant plus qu’un…
Zeugme

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Poème en Phonétique

si ʁɛ̃bo syʁ lε kε də maʁbʁə kuʁε
puʁ la ʃase, vulε til ɡaʁde la nɥi
kɔmə œ̃ tʁezɔʁ ynikəmɑ̃ puʁ lɥi ?
u dɑ̃ lelɑ̃ ʁevele sε mefε ?

pɥiskεllə mεmə mεt o ʒuʁ nɔtʁə ɑ̃fɑ̃sə
dɑ̃z- ynə palə syksesjɔ̃ dε matɛ̃,
lə pɔεtə na til pa ɑ̃ ʃəmɛ̃
œ̃ deziʁ də savwaʁ, u va lɔfɑ̃sə !

kaʁ la klaʁte apεllə tutə lεz- ɑ̃vi
dəpɥi lə deby dεz- aʒə sə kuvε
liʁezistiblə bəzwɛ̃ u sepʁuvε
la natyʁə kə levεj ymɛ̃ devi !

aʁtyʁ a vy sə kil nə falε pwɛ̃
vwaʁ e sɑ̃ti œ̃ pø sɔ̃ kɔʁz- imɑ̃sə,
pɥi sɑ̃dɔʁmi, tɑ̃ fy lɛ̃stɑ̃ ɛ̃tɑ̃sə
u εllə e lɥi tɔ̃bεʁe, fəzɑ̃ plys kœ̃…