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Chanson : Ils Étaient D’erythrée…



A Propos

(sur l’air de « Nuit et brouillard »)

Ils Étaient D’erythrée…

Ils étaient d’Erythrée, la Méditerranée franchissant,
Pauvres vies d’êtres, souffrantes, dans ces bateaux secouées
Languissant dans la nuit une éventuelle arrivée
Ils étaient bien trop nombreux, d’Erythrée provenant…

Ils se noyaient près de Rome, dans leurs rafiots qui sombrent
Depuis que leurs passeurs les y avaient jetés
Dès que l’un atteint sa tombe, il n’en reste qu’un nombre
Limité se disant adieu reverrons-nous jamais l’Erythrée ?

Les combats, les canons qui tonnent au loin à présent
Résonnent toujours, dans leurs têtes de géants
Combien de coups de rames et de pieds, en plein désespoir
Dans les côtes et les flancs, distillés de toutes parts ?

Ils s’appelaient Youssouf, Melina ou Kamel
Certains n’avaient jamais quitté Keren ou Kerou
D’autres ne le savaient pas, mais au pays de là où vivent les abeilles
Le miel consommé ailleurs n’est ni meilleur ni plus doux

Peu d’entre eux voient se profiler la fin du voyage
Ceux, qui en reviendront, pourront-ils être heureux ?
Pensant sans cesse à oublier les méfaits du carnage
Des lames et des vagues, qu’enfants, ils voyaient si bleues

Les sauveteurs guettaient encore et encore
Tout Lampedusa vivait en comptant bras et pieds
Extirpés du néant, quelques survivants à bord
Qui, par l’odeur, attiraient les chiens policiers…

On ne dira plus que ces mots n’ont plus cours
Les malheurs n’ont que trop tué les romances d’amour
Et si le sang coule dans les veines de l’histoire
Ceux qui l’ont faite ont vécu soit trop tôt, soit trop tard !

Mais qui donc serait de taille à pouvoir l’arrêter ?
La vie est si cruelle, même lorsque revient l’été…
J’ai changé chaque mot, parce qu’il fallait tout changer,
Pour qu’un jour les Nations sachent qu’ils avaient existé…

Vous étiez, fait poignant, des migrants par milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces rafiots percés
Les yeux exorbités dans la nuit, torses et corps pantelants,
Vous étiez tant et tant, qui êtes plus qu’un mythe, à présent…
Amireal

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Poème en Phonétique

ilz- etε dəʁitʁe, la mediteʁane fʁɑ̃ʃisɑ̃,
povʁə- vi dεtʁə, sufʁɑ̃tə, dɑ̃ sε bato səkue
lɑ̃ɡisɑ̃ dɑ̃ la nɥi ynə evɑ̃tɥεllə aʁive
ilz- etε bjɛ̃ tʁo nɔ̃bʁø, dəʁitʁe pʁɔvənɑ̃…

il sə nwajε pʁε də ʁɔmə, dɑ̃ lœʁ ʁafjo ki sɔ̃bʁe
dəpɥi kə lœʁ pasœʁ lεz- i avε ʒəte
dε kə lœ̃n- atɛ̃ sa tɔ̃bə, il nɑ̃ ʁεstə kœ̃ nɔ̃bʁə
limite sə dizɑ̃ adjø ʁəveʁɔ̃ nu ʒamε ləʁitʁe ?

lε kɔ̃ba, lε kanɔ̃ ki tɔne o lwɛ̃ a pʁezɑ̃
ʁezɔne tuʒuʁ, dɑ̃ lœʁ tεtə də ʒeɑ̃
kɔ̃bjɛ̃ də ku də ʁaməz- e də pje, ɑ̃ plɛ̃ dezεspwaʁ
dɑ̃ lε kotəz- e lε flɑ̃k, distije də tutə paʁ ?

il sapəlε iusuf, məlina u kamεl
sεʁtɛ̃ navε ʒamε kite kəʁɛ̃ u kəʁu
dotʁə- nə lə savε pa, mεz- o pεi də la u vive lεz- abεjə
lə mjεl kɔ̃sɔme ajœʁ nε ni mεjœʁ ni plys du

pø dɑ̃tʁə ø vwae sə pʁɔfile la fɛ̃ dy vwajaʒə
sø, ki ɑ̃ ʁəvjɛ̃dʁɔ̃, puʁʁɔ̃ tilz- εtʁə œʁø ?
pɑ̃sɑ̃ sɑ̃ sεsə a ublje lε mefε dy kaʁnaʒə
dε laməz- e dε vaɡ, kɑ̃fɑ̃, il vwajε si blø

lε sovətœʁ ɡεtε ɑ̃kɔʁə e ɑ̃kɔʁə
tu lɑ̃pədyza vivε ɑ̃ kɔ̃tɑ̃ bʁaz- e pje
εkstiʁpe dy neɑ̃, kεlk syʁvivɑ̃z- a bɔʁ
ki, paʁ lɔdœʁ, atiʁε lε ʃjɛ̃ pɔlisje…

ɔ̃ nə diʁa plys kə sε mo nɔ̃ plys kuʁ
lε malœʁ nɔ̃ kə tʁo tye lε ʁɔmɑ̃sə damuʁ
e si lə sɑ̃ kulə dɑ̃ lε vεnə də listwaʁə
sø ki lɔ̃ fεtə ɔ̃ veky swa tʁo to, swa tʁo taʁ !

mε ki dɔ̃k səʁε də tajə a puvwaʁ laʁεte ?
la vi ε si kʁyεllə, mεmə lɔʁskə ʁəvjɛ̃ lete…
ʒε ʃɑ̃ʒe ʃakə mo, paʁsə kil falε tu ʃɑ̃ʒe,
puʁ kœ̃ ʒuʁ lε nasjɔ̃ saʃe kilz- avε εɡziste…

vuz- etje, fε pwaɲɑ̃, dε miɡʁɑ̃ paʁ milje
nys e mεɡʁə, tʁɑ̃blɑ̃, dɑ̃ sε ʁafjo pεʁse
lεz- iøz- εɡzɔʁbite dɑ̃ la nɥi, tɔʁsəz- e kɔʁ pɑ̃təlɑ̃,
vuz- etje tɑ̃ e tɑ̃, ki εtə plys kœ̃ mitə, a pʁezɑ̃…