Poeme : Des Tables
Des Tables
La bière à la main et la guinze dans l’autre,
Attablé et allègre en ce bistrot breton,
J’observe. Cette humanité qu’est la nôtre
Est faite de coqs comme de fiers moutons.
I
Le pochtron
– Devant moi demeure un mûr pochtron.
Sa mémoire ne lui laisse qu’un comptoir,
Il use les conduits en pissant ses litrons,
Le cabinet reste en vain son fidèle dortoir.
Ma vie est sûrement meilleure que la sienne
Me disais-je avant de trouver ma solitude.
Il attend peut-être que l’espoir lui vienne
D’un jour offrir aux femmes sa belle gratitude.
Ses cheveux huilés lui donnent un certain charme,
Encore faut-il qu’ils restent en bonne place.
Aurait-il pu faire de l’encre son arme
À son silence qui depuis reste loquace ?
Je pense à sa famille, lui sans doute pas.
Rêve-t-elle de lui ou bien cauchemarde-t-elle ?
La pitié est telle que je la sens dans mes bras,
La nostalgie fait naître en lui le goût des marelles.
II
Le grivois
– Au fond s’excite le plus fier des grivois,
L’homme qui depuis drague la serveuse.
Ma plus grande crainte est qu’il me voie,
Il me jetterait alors une blague malicieuse.
Sa voix grave monte à faire trembler son verre,
Il cherche l’appétit des grands amuseurs
Et pourrait les manger sans l’aide d’un couvert,
Mais pas un ne veut être dans son viseur.
Il ricane à chacune de ses phrases
Comme une vieille hyène des alpages
Puis met au juke-box, un morceau de Jazz,
Toutes ses histoires alourdiraient mes pages !
Il fume des blondes et boit sa pression
La main plantée dans l’épaule du barman.
Il tutoie tout le monde sans un seul frisson
Et finit la soirée au volant de son van.
III
La starlette
– À ma gauche dandine la fameuse starlette,
Les fesses rigides et la ceinture en skaï,
Elle préfère parler de la mode des chaussettes
Plutôt que de coiffer ses mèches de paille.
Elle et ses copines se grillent des Menthols
Sur la terrasse que caresse le port.
Elles se marrent sur Pierre et Jean-Paul
Et tous les autres qu’elles critiquent bien fort.
Son regard m’a croisé avant de se retourner
Balbutier sans doute de ma tête curieuse,
Elle parlera de moi toute une journée
Sans savoir que je la traite d’allumeuse.
Elle joue d’être ivre en sirotant son cocktail
Et embrasse ses amies sur la bouche,
C’est donc à cela que ressemble la joie nouvelle
Dis-je tout bas en regardant les mouches.
IV
Le vieillard
– Derrière moi est planté un vieillard
À la pipe en bois, lisant son journal.
Il a connu la guerre : un sacré gaillard
Ayant rentré sa vie dans les annales.
Je le regarde en l’admirant comme un enfant,
Il est un tiroir d’antiques histoires,
On l’imagine jeune, dresser des éléphants
Et faire résistance à Montoire-sur-le-Loir.
Il est au vin rouge et au rôti de veau,
Observant la foule par-dessus ses lunettes.
Je pense que sa femme l’attend au caveau,
Rêver encore un peu de jolies brunettes.
Ses couverts tremblent d’une sacrée usure,
Et son silence traduit la fierté des mitrailles ;
Ce soir, il rejoindra sa grande masure
Où vieillissent ses plus chères médailles.
V
L’écrivain
– À ma droite souffre l’écrivain solitaire,
Le bras sur le menton, l’air un peu soucieux.
Chaque ligne est pour lui un dessert
Que toujours il trouvera délicieux.
Ses lèvres n’accueillent que mousses et Gitanes
Mais jamais il n’offre de vrais sourires,
Son regard m’agresse comme un lion des savanes,
On aurait cru qu’en lui, tout allait pourrir.
Ses cheveux bruns poussent à leur volonté,
Et le dos de sa chaise ne tient pas le sien.
Il est tout seul et ne fait qu’un avec sa bonté,
Il n’attire personne et ne s’amuse de rien.
Ô à ma droite n’était là qu’un miroir !
Pourquoi n’ai-je pas aperçu ce vilain carreau ?
Me voilà trahi ! Je peux à présent savoir
Que brûle en moi une bière de trop.
Attablé et allègre en ce bistrot breton,
J’observe. Cette humanité qu’est la nôtre
Est faite de coqs comme de fiers moutons.
I
Le pochtron
– Devant moi demeure un mûr pochtron.
Sa mémoire ne lui laisse qu’un comptoir,
Il use les conduits en pissant ses litrons,
Le cabinet reste en vain son fidèle dortoir.
Ma vie est sûrement meilleure que la sienne
Me disais-je avant de trouver ma solitude.
Il attend peut-être que l’espoir lui vienne
D’un jour offrir aux femmes sa belle gratitude.
Ses cheveux huilés lui donnent un certain charme,
Encore faut-il qu’ils restent en bonne place.
Aurait-il pu faire de l’encre son arme
À son silence qui depuis reste loquace ?
Je pense à sa famille, lui sans doute pas.
Rêve-t-elle de lui ou bien cauchemarde-t-elle ?
La pitié est telle que je la sens dans mes bras,
La nostalgie fait naître en lui le goût des marelles.
II
Le grivois
– Au fond s’excite le plus fier des grivois,
L’homme qui depuis drague la serveuse.
Ma plus grande crainte est qu’il me voie,
Il me jetterait alors une blague malicieuse.
Sa voix grave monte à faire trembler son verre,
Il cherche l’appétit des grands amuseurs
Et pourrait les manger sans l’aide d’un couvert,
Mais pas un ne veut être dans son viseur.
Il ricane à chacune de ses phrases
Comme une vieille hyène des alpages
Puis met au juke-box, un morceau de Jazz,
Toutes ses histoires alourdiraient mes pages !
Il fume des blondes et boit sa pression
La main plantée dans l’épaule du barman.
Il tutoie tout le monde sans un seul frisson
Et finit la soirée au volant de son van.
III
La starlette
– À ma gauche dandine la fameuse starlette,
Les fesses rigides et la ceinture en skaï,
Elle préfère parler de la mode des chaussettes
Plutôt que de coiffer ses mèches de paille.
Elle et ses copines se grillent des Menthols
Sur la terrasse que caresse le port.
Elles se marrent sur Pierre et Jean-Paul
Et tous les autres qu’elles critiquent bien fort.
Son regard m’a croisé avant de se retourner
Balbutier sans doute de ma tête curieuse,
Elle parlera de moi toute une journée
Sans savoir que je la traite d’allumeuse.
Elle joue d’être ivre en sirotant son cocktail
Et embrasse ses amies sur la bouche,
C’est donc à cela que ressemble la joie nouvelle
Dis-je tout bas en regardant les mouches.
IV
Le vieillard
– Derrière moi est planté un vieillard
À la pipe en bois, lisant son journal.
Il a connu la guerre : un sacré gaillard
Ayant rentré sa vie dans les annales.
Je le regarde en l’admirant comme un enfant,
Il est un tiroir d’antiques histoires,
On l’imagine jeune, dresser des éléphants
Et faire résistance à Montoire-sur-le-Loir.
Il est au vin rouge et au rôti de veau,
Observant la foule par-dessus ses lunettes.
Je pense que sa femme l’attend au caveau,
Rêver encore un peu de jolies brunettes.
Ses couverts tremblent d’une sacrée usure,
Et son silence traduit la fierté des mitrailles ;
Ce soir, il rejoindra sa grande masure
Où vieillissent ses plus chères médailles.
V
L’écrivain
– À ma droite souffre l’écrivain solitaire,
Le bras sur le menton, l’air un peu soucieux.
Chaque ligne est pour lui un dessert
Que toujours il trouvera délicieux.
Ses lèvres n’accueillent que mousses et Gitanes
Mais jamais il n’offre de vrais sourires,
Son regard m’agresse comme un lion des savanes,
On aurait cru qu’en lui, tout allait pourrir.
Ses cheveux bruns poussent à leur volonté,
Et le dos de sa chaise ne tient pas le sien.
Il est tout seul et ne fait qu’un avec sa bonté,
Il n’attire personne et ne s’amuse de rien.
Ô à ma droite n’était là qu’un miroir !
Pourquoi n’ai-je pas aperçu ce vilain carreau ?
Me voilà trahi ! Je peux à présent savoir
Que brûle en moi une bière de trop.
T.davoust
Pour mettre un commentaire
Poème en Phonétique
la bjεʁə a la mɛ̃ e la ɡɛ̃zə dɑ̃ lotʁə,
atable e alεɡʁə ɑ̃ sə bistʁo bʁətɔ̃,
ʒɔpsεʁvə. sεtə ymanite kε la notʁə
ε fεtə də kɔk kɔmə də fje mutɔ̃.
i
lə poktʁɔ̃
dəvɑ̃ mwa dəməʁə œ̃ myʁ poktʁɔ̃.
sa memwaʁə nə lɥi lεsə kœ̃ kɔ̃twaʁ,
il yzə lε kɔ̃dɥiz- ɑ̃ pisɑ̃ sε litʁɔ̃,
lə kabinε ʁεstə ɑ̃ vɛ̃ sɔ̃ fidεlə dɔʁtwaʁ.
ma vi ε syʁəmɑ̃ mεjəʁə kə la sjεnə
mə dizε ʒə avɑ̃ də tʁuve ma sɔlitydə.
il atɑ̃ pø tεtʁə kə lεspwaʁ lɥi vjεnə
dœ̃ ʒuʁ ɔfʁiʁ o famə sa bεllə ɡʁatitydə.
sε ʃəvø ɥile lɥi dɔne œ̃ sεʁtɛ̃ ʃaʁmə,
ɑ̃kɔʁə fo til kil ʁεste ɑ̃ bɔnə plasə.
oʁε til py fεʁə də lɑ̃kʁə sɔ̃n- aʁmə
a sɔ̃ silɑ̃sə ki dəpɥi ʁεstə lɔkasə ?
ʒə pɑ̃sə a sa famijə, lɥi sɑ̃ dutə pa.
ʁεvə tεllə də lɥi u bjɛ̃ koʃəmaʁdə tεllə ?
la pitje ε tεllə kə ʒə la sɑ̃s dɑ̃ mε bʁa,
la nɔstalʒi fε nεtʁə ɑ̃ lɥi lə ɡu dε maʁεllə.
ji
lə ɡʁivwa
o fɔ̃ sεksitə lə plys fje dε ɡʁivwa,
lɔmə ki dəpɥi dʁaɡ la sεʁvøzə.
ma plys ɡʁɑ̃də kʁɛ̃tə ε kil mə vwa,
il mə ʒεtəʁε alɔʁz- ynə blaɡ malisjøzə.
sa vwa ɡʁavə mɔ̃tə a fεʁə tʁɑ̃ble sɔ̃ veʁə,
il ʃεʁʃə lapeti dε ɡʁɑ̃z- amyzœʁ
e puʁʁε lε mɑ̃ʒe sɑ̃ lεdə dœ̃ kuvεʁ,
mε pa œ̃ nə vø εtʁə dɑ̃ sɔ̃ vizœʁ.
il ʁikanə a ʃakynə də sε fʁazə
kɔmə ynə vjεjə iεnə dεz- alpaʒə
pɥi mεt o ʒykə bɔks, œ̃ mɔʁso də ʒaz,
tutə sεz- istwaʁəz- aluʁdiʁε mε paʒə !
il fymə dε blɔ̃dəz- e bwa sa pʁesjɔ̃
la mɛ̃ plɑ̃te dɑ̃ lepolə dy baʁmɑ̃.
il tytwa tu lə mɔ̃də sɑ̃z- œ̃ səl fʁisɔ̃
e fini la swaʁe o vɔlɑ̃ də sɔ̃ vɑ̃.
jji
la staʁlεtə
a ma ɡoʃə dɑ̃dinə la famøzə staʁlεtə,
lε fesə ʁiʒidəz- e la sɛ̃tyʁə ɑ̃ skaj,
εllə pʁefεʁə paʁle də la mɔdə dε ʃosεtə
plyto kə də kwafe sε mεʃə də pajə.
εllə e sε kɔpinə sə ɡʁije dε mɑ̃tɔl
syʁ la teʁasə kə kaʁεsə lə pɔʁ.
εllə sə maʁe syʁ pjeʁə e ʒɑ̃ pɔl
e tus lεz- otʁə- kεllə kʁitike bjɛ̃ fɔʁ.
sɔ̃ ʁəɡaʁ ma kʁwaze avɑ̃ də sə ʁətuʁne
balbytje sɑ̃ dutə də ma tεtə kyʁjøzə,
εllə paʁləʁa də mwa tutə ynə ʒuʁne
sɑ̃ savwaʁ kə ʒə la tʁεtə dalymøzə.
εllə ʒu dεtʁə ivʁə ɑ̃ siʁɔtɑ̃ sɔ̃ kɔktaj
e ɑ̃bʁasə sεz- ami syʁ la buʃə,
sε dɔ̃k a səla kə ʁəsɑ̃blə la ʒwa nuvεllə
di ʒə tu ba ɑ̃ ʁəɡaʁdɑ̃ lε muʃə.
iv
lə vjεjaʁ
dəʁjεʁə mwa ε plɑ̃te œ̃ vjεjaʁ
a la pipə ɑ̃ bwa, lizɑ̃ sɔ̃ ʒuʁnal.
il a kɔny la ɡeʁə : œ̃ sakʁe ɡajaʁ
εjɑ̃ ʁɑ̃tʁe sa vi dɑ̃ lεz- analə.
ʒə lə ʁəɡaʁdə ɑ̃ ladmiʁɑ̃ kɔmə œ̃n- ɑ̃fɑ̃,
il εt- œ̃ tiʁwaʁ dɑ̃tikz- istwaʁə,
ɔ̃ limaʒinə ʒənə, dʁese dεz- elefɑ̃
e fεʁə ʁezistɑ̃sə a mɔ̃twaʁə syʁ lə lwaʁ.
il εt- o vɛ̃ ʁuʒə e o ʁoti də vo,
ɔpsεʁvɑ̃ la fulə paʁ dəsy sε lynεtə.
ʒə pɑ̃sə kə sa famə latɑ̃t- o kavo,
ʁεve ɑ̃kɔʁə œ̃ pø də ʒɔli bʁynεtə.
sε kuvεʁ tʁɑ̃ble dynə sakʁe yzyʁə,
e sɔ̃ silɑ̃sə tʁadɥi la fjεʁte dε mitʁajə,
sə swaʁ, il ʁəʒwɛ̃dʁa sa ɡʁɑ̃də mazyʁə
u vjεjise sε plys ʃεʁə medajə.
ve
lekʁivɛ̃
a ma dʁwatə sufʁə lekʁivɛ̃ sɔlitεʁə,
lə bʁa syʁ lə mɑ̃tɔ̃, lεʁ œ̃ pø susjø.
ʃakə liɲə ε puʁ lɥi œ̃ desεʁ
kə tuʒuʁz- il tʁuvəʁa delisjø.
sε lεvʁə- nakœje kə musəz- e ʒitanə
mε ʒamεz- il nɔfʁə də vʁε suʁiʁə,
sɔ̃ ʁəɡaʁ maɡʁεsə kɔmə œ̃ ljɔ̃ dε savanə,
ɔ̃n- oʁε kʁy kɑ̃ lɥi, tut- alε puʁʁiʁ.
sε ʃəvø bʁœ̃ puse a lœʁ vɔlɔ̃te,
e lə do də sa ʃεzə nə tjɛ̃ pa lə sjɛ̃.
il ε tu səl e nə fε kœ̃n- avεk sa bɔ̃te,
il natiʁə pεʁsɔnə e nə samyzə də ʁjɛ̃.
o a ma dʁwatə netε la kœ̃ miʁwaʁ !
puʁkwa nε ʒə pa apεʁsy sə vilɛ̃ kaʁo ?
mə vwala tʁai ! ʒə pøz- a pʁezɑ̃ savwaʁ
kə bʁylə ɑ̃ mwa ynə bjεʁə də tʁo.
atable e alεɡʁə ɑ̃ sə bistʁo bʁətɔ̃,
ʒɔpsεʁvə. sεtə ymanite kε la notʁə
ε fεtə də kɔk kɔmə də fje mutɔ̃.
i
lə poktʁɔ̃
dəvɑ̃ mwa dəməʁə œ̃ myʁ poktʁɔ̃.
sa memwaʁə nə lɥi lεsə kœ̃ kɔ̃twaʁ,
il yzə lε kɔ̃dɥiz- ɑ̃ pisɑ̃ sε litʁɔ̃,
lə kabinε ʁεstə ɑ̃ vɛ̃ sɔ̃ fidεlə dɔʁtwaʁ.
ma vi ε syʁəmɑ̃ mεjəʁə kə la sjεnə
mə dizε ʒə avɑ̃ də tʁuve ma sɔlitydə.
il atɑ̃ pø tεtʁə kə lεspwaʁ lɥi vjεnə
dœ̃ ʒuʁ ɔfʁiʁ o famə sa bεllə ɡʁatitydə.
sε ʃəvø ɥile lɥi dɔne œ̃ sεʁtɛ̃ ʃaʁmə,
ɑ̃kɔʁə fo til kil ʁεste ɑ̃ bɔnə plasə.
oʁε til py fεʁə də lɑ̃kʁə sɔ̃n- aʁmə
a sɔ̃ silɑ̃sə ki dəpɥi ʁεstə lɔkasə ?
ʒə pɑ̃sə a sa famijə, lɥi sɑ̃ dutə pa.
ʁεvə tεllə də lɥi u bjɛ̃ koʃəmaʁdə tεllə ?
la pitje ε tεllə kə ʒə la sɑ̃s dɑ̃ mε bʁa,
la nɔstalʒi fε nεtʁə ɑ̃ lɥi lə ɡu dε maʁεllə.
ji
lə ɡʁivwa
o fɔ̃ sεksitə lə plys fje dε ɡʁivwa,
lɔmə ki dəpɥi dʁaɡ la sεʁvøzə.
ma plys ɡʁɑ̃də kʁɛ̃tə ε kil mə vwa,
il mə ʒεtəʁε alɔʁz- ynə blaɡ malisjøzə.
sa vwa ɡʁavə mɔ̃tə a fεʁə tʁɑ̃ble sɔ̃ veʁə,
il ʃεʁʃə lapeti dε ɡʁɑ̃z- amyzœʁ
e puʁʁε lε mɑ̃ʒe sɑ̃ lεdə dœ̃ kuvεʁ,
mε pa œ̃ nə vø εtʁə dɑ̃ sɔ̃ vizœʁ.
il ʁikanə a ʃakynə də sε fʁazə
kɔmə ynə vjεjə iεnə dεz- alpaʒə
pɥi mεt o ʒykə bɔks, œ̃ mɔʁso də ʒaz,
tutə sεz- istwaʁəz- aluʁdiʁε mε paʒə !
il fymə dε blɔ̃dəz- e bwa sa pʁesjɔ̃
la mɛ̃ plɑ̃te dɑ̃ lepolə dy baʁmɑ̃.
il tytwa tu lə mɔ̃də sɑ̃z- œ̃ səl fʁisɔ̃
e fini la swaʁe o vɔlɑ̃ də sɔ̃ vɑ̃.
jji
la staʁlεtə
a ma ɡoʃə dɑ̃dinə la famøzə staʁlεtə,
lε fesə ʁiʒidəz- e la sɛ̃tyʁə ɑ̃ skaj,
εllə pʁefεʁə paʁle də la mɔdə dε ʃosεtə
plyto kə də kwafe sε mεʃə də pajə.
εllə e sε kɔpinə sə ɡʁije dε mɑ̃tɔl
syʁ la teʁasə kə kaʁεsə lə pɔʁ.
εllə sə maʁe syʁ pjeʁə e ʒɑ̃ pɔl
e tus lεz- otʁə- kεllə kʁitike bjɛ̃ fɔʁ.
sɔ̃ ʁəɡaʁ ma kʁwaze avɑ̃ də sə ʁətuʁne
balbytje sɑ̃ dutə də ma tεtə kyʁjøzə,
εllə paʁləʁa də mwa tutə ynə ʒuʁne
sɑ̃ savwaʁ kə ʒə la tʁεtə dalymøzə.
εllə ʒu dεtʁə ivʁə ɑ̃ siʁɔtɑ̃ sɔ̃ kɔktaj
e ɑ̃bʁasə sεz- ami syʁ la buʃə,
sε dɔ̃k a səla kə ʁəsɑ̃blə la ʒwa nuvεllə
di ʒə tu ba ɑ̃ ʁəɡaʁdɑ̃ lε muʃə.
iv
lə vjεjaʁ
dəʁjεʁə mwa ε plɑ̃te œ̃ vjεjaʁ
a la pipə ɑ̃ bwa, lizɑ̃ sɔ̃ ʒuʁnal.
il a kɔny la ɡeʁə : œ̃ sakʁe ɡajaʁ
εjɑ̃ ʁɑ̃tʁe sa vi dɑ̃ lεz- analə.
ʒə lə ʁəɡaʁdə ɑ̃ ladmiʁɑ̃ kɔmə œ̃n- ɑ̃fɑ̃,
il εt- œ̃ tiʁwaʁ dɑ̃tikz- istwaʁə,
ɔ̃ limaʒinə ʒənə, dʁese dεz- elefɑ̃
e fεʁə ʁezistɑ̃sə a mɔ̃twaʁə syʁ lə lwaʁ.
il εt- o vɛ̃ ʁuʒə e o ʁoti də vo,
ɔpsεʁvɑ̃ la fulə paʁ dəsy sε lynεtə.
ʒə pɑ̃sə kə sa famə latɑ̃t- o kavo,
ʁεve ɑ̃kɔʁə œ̃ pø də ʒɔli bʁynεtə.
sε kuvεʁ tʁɑ̃ble dynə sakʁe yzyʁə,
e sɔ̃ silɑ̃sə tʁadɥi la fjεʁte dε mitʁajə,
sə swaʁ, il ʁəʒwɛ̃dʁa sa ɡʁɑ̃də mazyʁə
u vjεjise sε plys ʃεʁə medajə.
ve
lekʁivɛ̃
a ma dʁwatə sufʁə lekʁivɛ̃ sɔlitεʁə,
lə bʁa syʁ lə mɑ̃tɔ̃, lεʁ œ̃ pø susjø.
ʃakə liɲə ε puʁ lɥi œ̃ desεʁ
kə tuʒuʁz- il tʁuvəʁa delisjø.
sε lεvʁə- nakœje kə musəz- e ʒitanə
mε ʒamεz- il nɔfʁə də vʁε suʁiʁə,
sɔ̃ ʁəɡaʁ maɡʁεsə kɔmə œ̃ ljɔ̃ dε savanə,
ɔ̃n- oʁε kʁy kɑ̃ lɥi, tut- alε puʁʁiʁ.
sε ʃəvø bʁœ̃ puse a lœʁ vɔlɔ̃te,
e lə do də sa ʃεzə nə tjɛ̃ pa lə sjɛ̃.
il ε tu səl e nə fε kœ̃n- avεk sa bɔ̃te,
il natiʁə pεʁsɔnə e nə samyzə də ʁjɛ̃.
o a ma dʁwatə netε la kœ̃ miʁwaʁ !
puʁkwa nε ʒə pa apεʁsy sə vilɛ̃ kaʁo ?
mə vwala tʁai ! ʒə pøz- a pʁezɑ̃ savwaʁ
kə bʁylə ɑ̃ mwa ynə bjεʁə də tʁo.