Poeme : Bonjour, Mon Amour
Bonjour, Mon Amour
Tu vois, je suis venue.
J’ai mis un rien de rhum dans ton café.
Tu vas encore me dire que j’exagère.
Tu exagérais bien, toi aussi, quand tu m’aimais.
J’ai froid. Mes mains deviennent vieilles.
Elles ont gardé quelques manies :
Caresser les tasses, froisser les feuilles,
Chercher ton épaule au milieu de la nuit.
Et toi, toujours aussi jeune !
Quel insolent tu fais, mon Pierre !
Moi, j’ai des rides, des rhumatismes,
Et quelques péchés dont je suis assez fière.
Les roses ? Trop pâles, je sais.
Demain, je t’apporterai des lys.
Tu les trouvais prétentieux, je crois.
Tu vois, je n’ai toujours rien appris.
Ah, j’oubliais ! Un chardonneret
Me suit depuis quelques semaines.
Il prend ton air un peu distrait,
Et jusqu’à ta façon de faire des scènes.
Hier, il m’a grondée, figure-toi,
Parce que je partais sans lui répondre.
J’ai fait semblant de ne rien entendre.
Il faut bien que quelqu’un me gronde.
Tiens, le voilà qui revient.
Il sautille sur la grille, il m’appelle.
« Quel petit insolent ! » lui ai-je dit.
Il a penché la tête. Comme toi, jadis.
Bon. Je m’en vais. Le café refroidit.
Je reviendrai demain, promis.
Et si cet oiseau s’obstine à te ressembler,
Je lui apporterai aussi du rhum.
J’ai mis un rien de rhum dans ton café.
Tu vas encore me dire que j’exagère.
Tu exagérais bien, toi aussi, quand tu m’aimais.
J’ai froid. Mes mains deviennent vieilles.
Elles ont gardé quelques manies :
Caresser les tasses, froisser les feuilles,
Chercher ton épaule au milieu de la nuit.
Et toi, toujours aussi jeune !
Quel insolent tu fais, mon Pierre !
Moi, j’ai des rides, des rhumatismes,
Et quelques péchés dont je suis assez fière.
Les roses ? Trop pâles, je sais.
Demain, je t’apporterai des lys.
Tu les trouvais prétentieux, je crois.
Tu vois, je n’ai toujours rien appris.
Ah, j’oubliais ! Un chardonneret
Me suit depuis quelques semaines.
Il prend ton air un peu distrait,
Et jusqu’à ta façon de faire des scènes.
Hier, il m’a grondée, figure-toi,
Parce que je partais sans lui répondre.
J’ai fait semblant de ne rien entendre.
Il faut bien que quelqu’un me gronde.
Tiens, le voilà qui revient.
Il sautille sur la grille, il m’appelle.
« Quel petit insolent ! » lui ai-je dit.
Il a penché la tête. Comme toi, jadis.
Bon. Je m’en vais. Le café refroidit.
Je reviendrai demain, promis.
Et si cet oiseau s’obstine à te ressembler,
Je lui apporterai aussi du rhum.
L_Ortie
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Poème en Phonétique
ty vwa, ʒə sɥi vənɥ.
ʒε miz- œ̃ ʁjɛ̃ də ʁɔm dɑ̃ tɔ̃ kafe.
ty va ɑ̃kɔʁə mə diʁə kə ʒεɡzaʒεʁə.
ty εɡzaʒeʁε bjɛ̃, twa osi, kɑ̃ ty mεmε.
ʒε fʁwa. mε mɛ̃ dəvjεne vjεjə.
εlləz- ɔ̃ ɡaʁde kεlk mani :
kaʁese lε tasə, fʁwase lε fœjə,
ʃεʁʃe tɔ̃n- epolə o miljø də la nɥi.
e twa, tuʒuʁz- osi ʒənə !
kεl ɛ̃sɔle ty fε, mɔ̃ pjeʁə !
mwa, ʒε dε ʁidə, dε ʁymatismə,
e kεlk peʃe dɔ̃ ʒə sɥiz- ase fjεʁə.
lε ʁozə ? tʁo palə, ʒə sε.
dəmɛ̃, ʒə tapɔʁtəʁε dε lis.
ty lε tʁuvε pʁetɑ̃tjø, ʒə kʁwa.
ty vwa, ʒə nε tuʒuʁ ʁjɛ̃ apʁi.
a, ʒubljε ! œ̃ ʃaʁdɔnəʁε
mə sɥi dəpɥi kεlk səmεnə.
il pʁɑ̃ tɔ̃n- εʁ œ̃ pø distʁε,
e ʒyska ta fasɔ̃ də fεʁə dε sεnə.
jεʁ, il ma ɡʁɔ̃de, fiɡyʁə twa,
paʁsə kə ʒə paʁtε sɑ̃ lɥi ʁepɔ̃dʁə.
ʒε fε sɑ̃blɑ̃ də nə ʁjɛ̃ ɑ̃tɑ̃dʁə.
il fo bjɛ̃ kə kεlkœ̃ mə ɡʁɔ̃də.
tjɛ̃, lə vwala ki ʁəvjɛ̃.
il sotijə syʁ la ɡʁijə, il mapεllə.
« kεl pəti ɛ̃sɔle ! » lɥi ε ʒə di.
il a pɑ̃ʃe la tεtə. kɔmə twa, ʒadi.
bɔ̃. ʒə mɑ̃ vε. lə kafe ʁəfʁwadi.
ʒə ʁəvjɛ̃dʁε dəmɛ̃, pʁɔmi.
e si sεt wazo sɔpstinə a tə ʁəsɑ̃ble,
ʒə lɥi apɔʁtəʁε osi dy ʁɔm.
ʒε miz- œ̃ ʁjɛ̃ də ʁɔm dɑ̃ tɔ̃ kafe.
ty va ɑ̃kɔʁə mə diʁə kə ʒεɡzaʒεʁə.
ty εɡzaʒeʁε bjɛ̃, twa osi, kɑ̃ ty mεmε.
ʒε fʁwa. mε mɛ̃ dəvjεne vjεjə.
εlləz- ɔ̃ ɡaʁde kεlk mani :
kaʁese lε tasə, fʁwase lε fœjə,
ʃεʁʃe tɔ̃n- epolə o miljø də la nɥi.
e twa, tuʒuʁz- osi ʒənə !
kεl ɛ̃sɔle ty fε, mɔ̃ pjeʁə !
mwa, ʒε dε ʁidə, dε ʁymatismə,
e kεlk peʃe dɔ̃ ʒə sɥiz- ase fjεʁə.
lε ʁozə ? tʁo palə, ʒə sε.
dəmɛ̃, ʒə tapɔʁtəʁε dε lis.
ty lε tʁuvε pʁetɑ̃tjø, ʒə kʁwa.
ty vwa, ʒə nε tuʒuʁ ʁjɛ̃ apʁi.
a, ʒubljε ! œ̃ ʃaʁdɔnəʁε
mə sɥi dəpɥi kεlk səmεnə.
il pʁɑ̃ tɔ̃n- εʁ œ̃ pø distʁε,
e ʒyska ta fasɔ̃ də fεʁə dε sεnə.
jεʁ, il ma ɡʁɔ̃de, fiɡyʁə twa,
paʁsə kə ʒə paʁtε sɑ̃ lɥi ʁepɔ̃dʁə.
ʒε fε sɑ̃blɑ̃ də nə ʁjɛ̃ ɑ̃tɑ̃dʁə.
il fo bjɛ̃ kə kεlkœ̃ mə ɡʁɔ̃də.
tjɛ̃, lə vwala ki ʁəvjɛ̃.
il sotijə syʁ la ɡʁijə, il mapεllə.
« kεl pəti ɛ̃sɔle ! » lɥi ε ʒə di.
il a pɑ̃ʃe la tεtə. kɔmə twa, ʒadi.
bɔ̃. ʒə mɑ̃ vε. lə kafe ʁəfʁwadi.
ʒə ʁəvjɛ̃dʁε dəmɛ̃, pʁɔmi.
e si sεt wazo sɔpstinə a tə ʁəsɑ̃ble,
ʒə lɥi apɔʁtəʁε osi dy ʁɔm.