Poeme : Calibre. 12Mm
A Propos
Ce n’est qu’un au revoir
Calibre. 12Mm
L’église est décentrée, exilée en banlieue
L’heure a lâchement fui, la maison du pendule
Voici l’ordre venu, or ça vient des hauts lieux
Le premier qui opine est celui que j’… adule
Je vous convoque tous, rangez-vous deux par deux
Ciel, voici mon public, pensons à Bergerac !
Je rehausse ma voix, j’invoque Depardieu
J’irai tout en ardeur et tant pis s’ils se braquent
Il est temps mes amis, asseyez-vous en rond
Prenez une tisane, ou quelconque breuvage
Venez auprès du feu, c’est celui de Néron
Cette nuit semble douce, on la fera sauvage
Je me présenterai, on m’appelle « MOI JE »
Je suis grand intendant, patron des écritures
Je suis le seul le vrai, tu erres en « hors-je »
Clos ta bouche, ouvre-toi, je suis ta nourriture
J’écris en parchemins, tu reçois la parole
Voici, tu lis, fébrile, mon verbe envoûté
J’assemble mon empire d’ambitions créoles
Sous ma bannière en feu, ta colonne voûtée
Le rythme est mon soldat, je l’aime liturgique
Je puis le sacrifier, j’ai le sens du tragique
Je suis guerrier croisé, en armure de plates
Je vis la terre sainte, ainsi je vous relate
Je suis le grand Khalif, dans mon harem de muses
Tu vises les qualif’, tandis que je m’amuse
Oui certes, c’est facile, un peu trop « prosaïque »
J’enjambe malgré tout, tes beaux vers archaïques
J’irrigue les prairies, fertilise les sols
Le pèlerin errant voit en moi sa boussole
J’oriente les agneaux, j’indique la vertu
J’inonde le méchant, je guide le perdu (toi)
Je suis législateur qui s’exprime en décret
Le terrifiant dragon qui protège un secret
Je gratte le mystère d’un flot hermétique
J’ai enfoui des trésors dans mon humble métrique
Je suis l’intercesseur, j’ai la voix de Mercure
Ses ailes, sa vigueur, sa prodigieuse allure
Je navigue ton sang, m’accroche à tes globules
Crapaud, tu es gonflé, j’exploserai ta bulle
Vos poèmes en 2D, repassés au tamis
Vous écrivez en plat, je pense origami
La lune est aplatie, vous l’avez trop poncée
Aussi l’amour, le temps et l’enfance passée
Des plumes de canard, un stylo bien frileux
Pataugeant le sirop, parlant de la mer bleue
Répandant votre miel sur ce pauvre papier
Je baigne l’océan, vous n’y avez pas pied
Je fends les eaux sacrées, la sirène s’est tue
Je navigue au trident, Poséidon têtu
Voici mon odyssée, car j’ai l’hybris d’Homère
L’astéroïde fend quand sifflent les commères
Alpha et Oméga, mais jamais le bêta
Qui me destituerait ? Ni même un coup d’État
J’ai sacrifié la dame et balancé les pions
Inclinez vos plateaux devant ce beau champion
— Miroir, mon beau miroir, qui est le plus puissant ?
— C’est toi. Te refléter en est même épuisant
Jamais tu ne faiblis, ô poète prodigue ?
— Je suis marathonien, jamais je ne fatigue
J’explose les compteurs, je bondis les barrières
Refuse-moi l’entrée : j’explore ton derrière
Mon Dieu que c’est grivois, bien trop inesthétique
Mais j’écris du bouillant, pas de la tiède éthique
J’ai un peu trop cogné, j’ai mal à la main, je
Ne suis qu’un demi-dieu, j’ai un côté humain
Je me fais votre égal, stylo en bout de course
J’irai au mont Thabor m’abreuver à sa source
Je me retire au loin, fusionnant l’horizon
J’emporte un peu de moi et quelques provisions
Je hante les vallées, dévale les prairies
J’arrive sur le roc, plie le genou et prie
« Césaire, ouvre-toi ! »
Ô César, rends-les-moi ! Tes précieuses conquêtes
Moïse, viens à moi ! J’ai pour toi une quête !
Je retrouve les miens et je les réprimande
Rappeler aux anciens que jeunesse commande
Je suis le renouveau, le souffle sanctifié
Je traîne ma mission, il me faut pacifier
Pauvre arbre sacrifié, moi j’honore ta feuille
Lire de la grandeur, ça j’en ai fait le deuil
…
Voyez, le jour se fait, l’aube à votre rescousse
Le ciel est craquelé par mes grandes secousses
Ma fureur refroidit et mon couteau s’émousse
J’éponge quelques larmes sur votre frimousse
Un jour vous saisirez, écrivains du dimanche
J’aime mieux vous braquer, je ne fais point la manche
Je croîs vers le soleil, accrochez-vous aux branches
Je prescris la potion, puis mon balai j’emmanche
Loup errant affamé trouva sa bergerie
Un pavé dans la mare, bêlez donc moi je ris
Un jeu un peu vicieux, à la Tom et Jerry
Un carnage total, une vraie boucherie
À côté du cadavre entouré par les mouches
Je n’ai plus de venin mais du savon en bouche
Allez donc, levez-vous, allons changer vos couches
Un dernier vers : À la fin de l’envoi, je touche
Merde !
Il manque quatre vers pour arriver aux cent
Courage, un dernier jet pour clore le spectacle
Cette démonstration tournant à la débâcle
Je vais m’arrêter là, ma mine arrive au sang
L’heure a lâchement fui, la maison du pendule
Voici l’ordre venu, or ça vient des hauts lieux
Le premier qui opine est celui que j’… adule
Je vous convoque tous, rangez-vous deux par deux
Ciel, voici mon public, pensons à Bergerac !
Je rehausse ma voix, j’invoque Depardieu
J’irai tout en ardeur et tant pis s’ils se braquent
Il est temps mes amis, asseyez-vous en rond
Prenez une tisane, ou quelconque breuvage
Venez auprès du feu, c’est celui de Néron
Cette nuit semble douce, on la fera sauvage
Je me présenterai, on m’appelle « MOI JE »
Je suis grand intendant, patron des écritures
Je suis le seul le vrai, tu erres en « hors-je »
Clos ta bouche, ouvre-toi, je suis ta nourriture
J’écris en parchemins, tu reçois la parole
Voici, tu lis, fébrile, mon verbe envoûté
J’assemble mon empire d’ambitions créoles
Sous ma bannière en feu, ta colonne voûtée
Le rythme est mon soldat, je l’aime liturgique
Je puis le sacrifier, j’ai le sens du tragique
Je suis guerrier croisé, en armure de plates
Je vis la terre sainte, ainsi je vous relate
Je suis le grand Khalif, dans mon harem de muses
Tu vises les qualif’, tandis que je m’amuse
Oui certes, c’est facile, un peu trop « prosaïque »
J’enjambe malgré tout, tes beaux vers archaïques
J’irrigue les prairies, fertilise les sols
Le pèlerin errant voit en moi sa boussole
J’oriente les agneaux, j’indique la vertu
J’inonde le méchant, je guide le perdu (toi)
Je suis législateur qui s’exprime en décret
Le terrifiant dragon qui protège un secret
Je gratte le mystère d’un flot hermétique
J’ai enfoui des trésors dans mon humble métrique
Je suis l’intercesseur, j’ai la voix de Mercure
Ses ailes, sa vigueur, sa prodigieuse allure
Je navigue ton sang, m’accroche à tes globules
Crapaud, tu es gonflé, j’exploserai ta bulle
Vos poèmes en 2D, repassés au tamis
Vous écrivez en plat, je pense origami
La lune est aplatie, vous l’avez trop poncée
Aussi l’amour, le temps et l’enfance passée
Des plumes de canard, un stylo bien frileux
Pataugeant le sirop, parlant de la mer bleue
Répandant votre miel sur ce pauvre papier
Je baigne l’océan, vous n’y avez pas pied
Je fends les eaux sacrées, la sirène s’est tue
Je navigue au trident, Poséidon têtu
Voici mon odyssée, car j’ai l’hybris d’Homère
L’astéroïde fend quand sifflent les commères
Alpha et Oméga, mais jamais le bêta
Qui me destituerait ? Ni même un coup d’État
J’ai sacrifié la dame et balancé les pions
Inclinez vos plateaux devant ce beau champion
— Miroir, mon beau miroir, qui est le plus puissant ?
— C’est toi. Te refléter en est même épuisant
Jamais tu ne faiblis, ô poète prodigue ?
— Je suis marathonien, jamais je ne fatigue
J’explose les compteurs, je bondis les barrières
Refuse-moi l’entrée : j’explore ton derrière
Mon Dieu que c’est grivois, bien trop inesthétique
Mais j’écris du bouillant, pas de la tiède éthique
J’ai un peu trop cogné, j’ai mal à la main, je
Ne suis qu’un demi-dieu, j’ai un côté humain
Je me fais votre égal, stylo en bout de course
J’irai au mont Thabor m’abreuver à sa source
Je me retire au loin, fusionnant l’horizon
J’emporte un peu de moi et quelques provisions
Je hante les vallées, dévale les prairies
J’arrive sur le roc, plie le genou et prie
« Césaire, ouvre-toi ! »
Ô César, rends-les-moi ! Tes précieuses conquêtes
Moïse, viens à moi ! J’ai pour toi une quête !
Je retrouve les miens et je les réprimande
Rappeler aux anciens que jeunesse commande
Je suis le renouveau, le souffle sanctifié
Je traîne ma mission, il me faut pacifier
Pauvre arbre sacrifié, moi j’honore ta feuille
Lire de la grandeur, ça j’en ai fait le deuil
…
Voyez, le jour se fait, l’aube à votre rescousse
Le ciel est craquelé par mes grandes secousses
Ma fureur refroidit et mon couteau s’émousse
J’éponge quelques larmes sur votre frimousse
Un jour vous saisirez, écrivains du dimanche
J’aime mieux vous braquer, je ne fais point la manche
Je croîs vers le soleil, accrochez-vous aux branches
Je prescris la potion, puis mon balai j’emmanche
Loup errant affamé trouva sa bergerie
Un pavé dans la mare, bêlez donc moi je ris
Un jeu un peu vicieux, à la Tom et Jerry
Un carnage total, une vraie boucherie
À côté du cadavre entouré par les mouches
Je n’ai plus de venin mais du savon en bouche
Allez donc, levez-vous, allons changer vos couches
Un dernier vers : À la fin de l’envoi, je touche
Merde !
Il manque quatre vers pour arriver aux cent
Courage, un dernier jet pour clore le spectacle
Cette démonstration tournant à la débâcle
Je vais m’arrêter là, ma mine arrive au sang
Dmt667Amzvchrist
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Poème en Phonétique
leɡlizə ε desɑ̃tʁe, εɡzile ɑ̃ bɑ̃ljø
lœʁ a laʃəmɑ̃ fɥi, la mεzɔ̃ dy pɑ̃dylə
vwasi lɔʁdʁə vəny, ɔʁ sa vjɛ̃ dεz- o ljø
lə pʁəmje ki ɔpinə ε səlɥi kə ʒ… adylə
ʒə vu kɔ̃vɔkə tus, ʁɑ̃ʒe vu dø paʁ dø
sjεl, vwasi mɔ̃ pyblik, pɑ̃sɔ̃z- a bεʁʒəʁak !
ʒə ʁəosə ma vwa, ʒɛ̃vɔkə dəpaʁdjø
ʒiʁε tut- ɑ̃n- aʁdœʁ e tɑ̃ pi sil sə bʁake
il ε tɑ̃ mεz- ami, asεje vuz- ɑ̃ ʁɔ̃
pʁənez- ynə tizanə, u kεlkɔ̃kə bʁəvaʒə
vənez- opʁε dy fø, sε səlɥi də neʁɔ̃
sεtə nɥi sɑ̃blə dusə, ɔ̃ la fəʁa sovaʒə
ʒə mə pʁezɑ̃təʁε, ɔ̃ mapεllə « mwa ʒə »
ʒə sɥi ɡʁɑ̃t- ɛ̃tɑ̃dɑ̃, patʁɔ̃ dεz- ekʁityʁə
ʒə sɥi lə səl lə vʁε, ty eʁəz- ən « ɔʁ ʒə »
klo ta buʃə, uvʁə twa, ʒə sɥi ta nuʁʁityʁə
ʒekʁiz- ɑ̃ paʁʃəmɛ̃, ty ʁəswa la paʁɔlə
vwasi, ty li, febʁilə, mɔ̃ vεʁbə ɑ̃vute
ʒasɑ̃blə mɔ̃n- ɑ̃piʁə dɑ̃bisjɔ̃ kʁeɔlə
su ma banjεʁə ɑ̃ fø, ta kɔlɔnə vute
lə ʁitmə ε mɔ̃ sɔlda, ʒə lεmə lityʁʒikə
ʒə pɥi lə sakʁifje, ʒε lə sɑ̃s dy tʁaʒikə
ʒə sɥi ɡeʁje kʁwaze, ɑ̃n- aʁmyʁə də platə
ʒə vis la teʁə sɛ̃tə, ɛ̃si ʒə vu ʁəlatə
ʒə sɥi lə ɡʁɑ̃ kalif, dɑ̃ mɔ̃-aʁεm də myzə
ty vizə lε kalif, tɑ̃di kə ʒə mamyzə
ui sεʁtə, sε fasilə, œ̃ pø tʁɔp « pʁozajkə »
ʒɑ̃ʒɑ̃bə malɡʁe tu, tε bo vεʁz- aʁʃajk
ʒiʁiɡ lε pʁεʁi, fεʁtilizə lε sɔl
lə pεləʁɛ̃ eʁɑ̃ vwa ɑ̃ mwa sa busɔlə
ʒɔʁjɛ̃tə lεz- aɲo, ʒɛ̃dikə la vεʁty
ʒinɔ̃də lə meʃɑ̃, ʒə ɡidə lə pεʁdy (twa)
ʒə sɥi leʒislatœʁ ki sεkspʁimə ɑ̃ dekʁε
lə teʁifjɑ̃ dʁaɡɔ̃ ki pʁɔtεʒə œ̃ sεkʁε
ʒə ɡʁatə lə mistεʁə dœ̃ flo εʁmetikə
ʒε ɑ̃fui dε tʁezɔʁ dɑ̃ mɔ̃n- œ̃blə metʁikə
ʒə sɥi lɛ̃tεʁsesœʁ, ʒε la vwa də mεʁkyʁə
sεz- εlə, sa viɡœʁ, sa pʁɔdiʒjøzə alyʁə
ʒə naviɡ tɔ̃ sɑ̃, makʁoʃə a tε ɡlɔbylə
kʁapo, ty ε ɡɔ̃fle, ʒεksplozəʁε ta bylə
vo pɔεməz- ɑ̃ dø de, ʁəpasez- o tami
vuz- ekʁivez- ɑ̃ pla, ʒə pɑ̃sə ɔʁiɡami
la lynə εt- aplati, vu lave tʁo pɔ̃se
osi lamuʁ, lə tɑ̃z- e lɑ̃fɑ̃sə pase
dε plymə də kanaʁ, œ̃ stilo bjɛ̃ fʁilø
patoʒɑ̃ lə siʁo, paʁlɑ̃ də la mεʁ blø
ʁepɑ̃dɑ̃ vɔtʁə mjεl syʁ sə povʁə papje
ʒə bεɲə lɔseɑ̃, vu ni ave pa pje
ʒə fɑ̃ lεz- o sakʁe, la siʁεnə sε tɥ
ʒə naviɡ o tʁide, pozeidɔ̃ tεty
vwasi mɔ̃n- ɔdise, kaʁ ʒε libʁi dɔmεʁə
lasteʁɔidə fɑ̃ kɑ̃ sifle lε kɔmεʁə
alfa e ɔmeɡa, mε ʒamε lə bεta
ki mə dεstitɥəʁε ? ni mεmə œ̃ ku deta
ʒε sakʁifje la damə e balɑ̃se lε pjɔ̃
ɛ̃kline vo plato dəvɑ̃ sə bo ʃɑ̃pjɔ̃
miʁwaʁ, mɔ̃ bo miʁwaʁ, ki ε lə plys pɥisɑ̃ ?
sε twa. tə ʁəflete ɑ̃n- ε mεmə epɥizɑ̃
ʒamε ty nə fεbli, o pɔεtə pʁɔdiɡ ?
ʒə sɥi maʁatɔnjɛ̃, ʒamε ʒə nə fatiɡ
ʒεksplozə lε kɔ̃tœʁ, ʒə bɔ̃di lε baʁjεʁə
ʁəfyzə mwa lɑ̃tʁe : ʒεksplɔʁə tɔ̃ dəʁjεʁə
mɔ̃ djø kə sε ɡʁivwa, bjɛ̃ tʁo inεstetikə
mε ʒekʁi dy bujɑ̃, pa də la tjεdə etikə
ʒε œ̃ pø tʁo kɔɲe, ʒε mal a la mɛ̃, ʒə
nə sɥi kœ̃ dəmi djø, ʒε œ̃ kote ymɛ̃
ʒə mə fε vɔtʁə eɡal, stilo ɑ̃ bu də kuʁsə
ʒiʁε o mɔ̃ tabɔʁ mabʁəve a sa suʁsə
ʒə mə ʁətiʁə o lwɛ̃, fyzjɔnɑ̃ lɔʁizɔ̃
ʒɑ̃pɔʁtə œ̃ pø də mwa e kεlk pʁɔvizjɔ̃
ʒə-ɑ̃tə lε vale, devalə lε pʁεʁi
ʒaʁivə syʁ lə ʁɔk, pli lə ʒənu e pʁi
« sezεʁə, uvʁə twa ! »
o sezaʁ, ʁɑ̃ lε mwa ! tε pʁesjøzə kɔ̃kεtə
mɔizə, vjɛ̃z- a mwa ! ʒε puʁ twa ynə kεtə !
ʒə ʁətʁuvə lε mjɛ̃z- e ʒə lε ʁepʁimɑ̃də
ʁapəle oz- ɑ̃sjɛ̃ kə ʒənεsə kɔmɑ̃də
ʒə sɥi lə ʁənuvo, lə suflə sɑ̃ktifje
ʒə tʁεnə ma misjɔ̃, il mə fo pasifje
povʁə aʁbʁə sakʁifje, mwa ʒonoʁə ta fœjə
liʁə də la ɡʁɑ̃dœʁ, sa ʒɑ̃n- ε fε lə dəj
…
vwaje, lə ʒuʁ sə fε, lobə a vɔtʁə ʁεskusə
lə sjεl ε kʁakəle paʁ mε ɡʁɑ̃də səkusə
ma fyʁœʁ ʁəfʁwadi e mɔ̃ kuto semusə
ʒepɔ̃ʒə kεlk laʁmə- syʁ vɔtʁə fʁimusə
œ̃ ʒuʁ vu sεziʁe, ekʁivɛ̃ dy dimɑ̃ʃə
ʒεmə mjø vu bʁake, ʒə nə fε pwɛ̃ la mɑ̃ʃə
ʒə kʁwa vεʁ lə sɔlεj, akʁoʃe vuz- o bʁɑ̃ʃə
ʒə pʁεskʁi la pɔsjɔ̃, pɥi mɔ̃ balε ʒɑ̃mɑ̃ʃə
lu eʁɑ̃ afame tʁuva sa bεʁʒəʁi
œ̃ pave dɑ̃ la maʁə, bεle dɔ̃k mwa ʒə ʁis
œ̃ ʒø œ̃ pø visjø, a la tɔm e ʒeʁi
œ̃ kaʁnaʒə tɔtal, ynə vʁε buʃəʁi
a kote dy kadavʁə ɑ̃tuʁe paʁ lε muʃə
ʒə nε plys də vənɛ̃ mε dy savɔ̃ ɑ̃ buʃə
ale dɔ̃k, ləve vu, alɔ̃ ʃɑ̃ʒe vo kuʃə
œ̃ dεʁnje vεʁ : a la fɛ̃ də lɑ̃vwa, ʒə tuʃə
mεʁdə !
il mɑ̃kə katʁə vεʁ puʁ aʁive o sɑ̃
kuʁaʒə, œ̃ dεʁnje ʒεt puʁ klɔʁə lə spεktaklə
sεtə demɔ̃stʁasjɔ̃ tuʁnɑ̃ a la debaklə
ʒə vε maʁεte la, ma minə aʁivə o sɑ̃
lœʁ a laʃəmɑ̃ fɥi, la mεzɔ̃ dy pɑ̃dylə
vwasi lɔʁdʁə vəny, ɔʁ sa vjɛ̃ dεz- o ljø
lə pʁəmje ki ɔpinə ε səlɥi kə ʒ… adylə
ʒə vu kɔ̃vɔkə tus, ʁɑ̃ʒe vu dø paʁ dø
sjεl, vwasi mɔ̃ pyblik, pɑ̃sɔ̃z- a bεʁʒəʁak !
ʒə ʁəosə ma vwa, ʒɛ̃vɔkə dəpaʁdjø
ʒiʁε tut- ɑ̃n- aʁdœʁ e tɑ̃ pi sil sə bʁake
il ε tɑ̃ mεz- ami, asεje vuz- ɑ̃ ʁɔ̃
pʁənez- ynə tizanə, u kεlkɔ̃kə bʁəvaʒə
vənez- opʁε dy fø, sε səlɥi də neʁɔ̃
sεtə nɥi sɑ̃blə dusə, ɔ̃ la fəʁa sovaʒə
ʒə mə pʁezɑ̃təʁε, ɔ̃ mapεllə « mwa ʒə »
ʒə sɥi ɡʁɑ̃t- ɛ̃tɑ̃dɑ̃, patʁɔ̃ dεz- ekʁityʁə
ʒə sɥi lə səl lə vʁε, ty eʁəz- ən « ɔʁ ʒə »
klo ta buʃə, uvʁə twa, ʒə sɥi ta nuʁʁityʁə
ʒekʁiz- ɑ̃ paʁʃəmɛ̃, ty ʁəswa la paʁɔlə
vwasi, ty li, febʁilə, mɔ̃ vεʁbə ɑ̃vute
ʒasɑ̃blə mɔ̃n- ɑ̃piʁə dɑ̃bisjɔ̃ kʁeɔlə
su ma banjεʁə ɑ̃ fø, ta kɔlɔnə vute
lə ʁitmə ε mɔ̃ sɔlda, ʒə lεmə lityʁʒikə
ʒə pɥi lə sakʁifje, ʒε lə sɑ̃s dy tʁaʒikə
ʒə sɥi ɡeʁje kʁwaze, ɑ̃n- aʁmyʁə də platə
ʒə vis la teʁə sɛ̃tə, ɛ̃si ʒə vu ʁəlatə
ʒə sɥi lə ɡʁɑ̃ kalif, dɑ̃ mɔ̃-aʁεm də myzə
ty vizə lε kalif, tɑ̃di kə ʒə mamyzə
ui sεʁtə, sε fasilə, œ̃ pø tʁɔp « pʁozajkə »
ʒɑ̃ʒɑ̃bə malɡʁe tu, tε bo vεʁz- aʁʃajk
ʒiʁiɡ lε pʁεʁi, fεʁtilizə lε sɔl
lə pεləʁɛ̃ eʁɑ̃ vwa ɑ̃ mwa sa busɔlə
ʒɔʁjɛ̃tə lεz- aɲo, ʒɛ̃dikə la vεʁty
ʒinɔ̃də lə meʃɑ̃, ʒə ɡidə lə pεʁdy (twa)
ʒə sɥi leʒislatœʁ ki sεkspʁimə ɑ̃ dekʁε
lə teʁifjɑ̃ dʁaɡɔ̃ ki pʁɔtεʒə œ̃ sεkʁε
ʒə ɡʁatə lə mistεʁə dœ̃ flo εʁmetikə
ʒε ɑ̃fui dε tʁezɔʁ dɑ̃ mɔ̃n- œ̃blə metʁikə
ʒə sɥi lɛ̃tεʁsesœʁ, ʒε la vwa də mεʁkyʁə
sεz- εlə, sa viɡœʁ, sa pʁɔdiʒjøzə alyʁə
ʒə naviɡ tɔ̃ sɑ̃, makʁoʃə a tε ɡlɔbylə
kʁapo, ty ε ɡɔ̃fle, ʒεksplozəʁε ta bylə
vo pɔεməz- ɑ̃ dø de, ʁəpasez- o tami
vuz- ekʁivez- ɑ̃ pla, ʒə pɑ̃sə ɔʁiɡami
la lynə εt- aplati, vu lave tʁo pɔ̃se
osi lamuʁ, lə tɑ̃z- e lɑ̃fɑ̃sə pase
dε plymə də kanaʁ, œ̃ stilo bjɛ̃ fʁilø
patoʒɑ̃ lə siʁo, paʁlɑ̃ də la mεʁ blø
ʁepɑ̃dɑ̃ vɔtʁə mjεl syʁ sə povʁə papje
ʒə bεɲə lɔseɑ̃, vu ni ave pa pje
ʒə fɑ̃ lεz- o sakʁe, la siʁεnə sε tɥ
ʒə naviɡ o tʁide, pozeidɔ̃ tεty
vwasi mɔ̃n- ɔdise, kaʁ ʒε libʁi dɔmεʁə
lasteʁɔidə fɑ̃ kɑ̃ sifle lε kɔmεʁə
alfa e ɔmeɡa, mε ʒamε lə bεta
ki mə dεstitɥəʁε ? ni mεmə œ̃ ku deta
ʒε sakʁifje la damə e balɑ̃se lε pjɔ̃
ɛ̃kline vo plato dəvɑ̃ sə bo ʃɑ̃pjɔ̃
miʁwaʁ, mɔ̃ bo miʁwaʁ, ki ε lə plys pɥisɑ̃ ?
sε twa. tə ʁəflete ɑ̃n- ε mεmə epɥizɑ̃
ʒamε ty nə fεbli, o pɔεtə pʁɔdiɡ ?
ʒə sɥi maʁatɔnjɛ̃, ʒamε ʒə nə fatiɡ
ʒεksplozə lε kɔ̃tœʁ, ʒə bɔ̃di lε baʁjεʁə
ʁəfyzə mwa lɑ̃tʁe : ʒεksplɔʁə tɔ̃ dəʁjεʁə
mɔ̃ djø kə sε ɡʁivwa, bjɛ̃ tʁo inεstetikə
mε ʒekʁi dy bujɑ̃, pa də la tjεdə etikə
ʒε œ̃ pø tʁo kɔɲe, ʒε mal a la mɛ̃, ʒə
nə sɥi kœ̃ dəmi djø, ʒε œ̃ kote ymɛ̃
ʒə mə fε vɔtʁə eɡal, stilo ɑ̃ bu də kuʁsə
ʒiʁε o mɔ̃ tabɔʁ mabʁəve a sa suʁsə
ʒə mə ʁətiʁə o lwɛ̃, fyzjɔnɑ̃ lɔʁizɔ̃
ʒɑ̃pɔʁtə œ̃ pø də mwa e kεlk pʁɔvizjɔ̃
ʒə-ɑ̃tə lε vale, devalə lε pʁεʁi
ʒaʁivə syʁ lə ʁɔk, pli lə ʒənu e pʁi
« sezεʁə, uvʁə twa ! »
o sezaʁ, ʁɑ̃ lε mwa ! tε pʁesjøzə kɔ̃kεtə
mɔizə, vjɛ̃z- a mwa ! ʒε puʁ twa ynə kεtə !
ʒə ʁətʁuvə lε mjɛ̃z- e ʒə lε ʁepʁimɑ̃də
ʁapəle oz- ɑ̃sjɛ̃ kə ʒənεsə kɔmɑ̃də
ʒə sɥi lə ʁənuvo, lə suflə sɑ̃ktifje
ʒə tʁεnə ma misjɔ̃, il mə fo pasifje
povʁə aʁbʁə sakʁifje, mwa ʒonoʁə ta fœjə
liʁə də la ɡʁɑ̃dœʁ, sa ʒɑ̃n- ε fε lə dəj
…
vwaje, lə ʒuʁ sə fε, lobə a vɔtʁə ʁεskusə
lə sjεl ε kʁakəle paʁ mε ɡʁɑ̃də səkusə
ma fyʁœʁ ʁəfʁwadi e mɔ̃ kuto semusə
ʒepɔ̃ʒə kεlk laʁmə- syʁ vɔtʁə fʁimusə
œ̃ ʒuʁ vu sεziʁe, ekʁivɛ̃ dy dimɑ̃ʃə
ʒεmə mjø vu bʁake, ʒə nə fε pwɛ̃ la mɑ̃ʃə
ʒə kʁwa vεʁ lə sɔlεj, akʁoʃe vuz- o bʁɑ̃ʃə
ʒə pʁεskʁi la pɔsjɔ̃, pɥi mɔ̃ balε ʒɑ̃mɑ̃ʃə
lu eʁɑ̃ afame tʁuva sa bεʁʒəʁi
œ̃ pave dɑ̃ la maʁə, bεle dɔ̃k mwa ʒə ʁis
œ̃ ʒø œ̃ pø visjø, a la tɔm e ʒeʁi
œ̃ kaʁnaʒə tɔtal, ynə vʁε buʃəʁi
a kote dy kadavʁə ɑ̃tuʁe paʁ lε muʃə
ʒə nε plys də vənɛ̃ mε dy savɔ̃ ɑ̃ buʃə
ale dɔ̃k, ləve vu, alɔ̃ ʃɑ̃ʒe vo kuʃə
œ̃ dεʁnje vεʁ : a la fɛ̃ də lɑ̃vwa, ʒə tuʃə
mεʁdə !
il mɑ̃kə katʁə vεʁ puʁ aʁive o sɑ̃
kuʁaʒə, œ̃ dεʁnje ʒεt puʁ klɔʁə lə spεktaklə
sεtə demɔ̃stʁasjɔ̃ tuʁnɑ̃ a la debaklə
ʒə vε maʁεte la, ma minə aʁivə o sɑ̃