Poeme : La Source
A Propos
Poème en sept mouvements
Daniił Łaźko
Touapsé, le 5 septembre 2026
La Source
I. Le Départ
Il ferma la maison sur la table de chêne,
Sur le pain qu’il rompit sans savoir pour quel jour ;
Le feu qu’il laissa seul n’éclairait plus qu’à peine :
Il n’attendait plus rien des hommes d’alentour.
Sous la maille il portait une ancienne blessure
Que nul maître jamais n’avait pu définir ;
Il chercha si longtemps dans la parole obscure,
Et l’aube le trouva debout, prêt à partir.
Le givre avait durci l’ornière et la poussière ;
Nul n’avait répondu, ni le jour ni la nuit ;
Sans se tourner vers l’or de la haute verrière,
Il gagna les vallons où la brume conduit.
II. La Forêt
La forêt le reprit comme une eau lente et noire,
Les heures s’effaçaient ; il n’était plus de soir ;
La mousse sous ses pas étouffait sa mémoire,
Il marchait dans un temps qu’aucun œil ne peut voir.
Les hêtres se penchaient ainsi que des chapelles,
Un souffle descendait des voûtes sans couleur ;
La ronce recouvrait des pierres, des margelles :
Nul nom sur ces débris ; seulement la fraîcheur.
Sa voix, dans cette nef, lui parut étrangère,
Il se tut ; par degrés, la forêt fut en lui ;
Et sa plainte tomba comme tombe une pierre
Dans une eau sans écho, sans image et sans bruit.
III. Les Signes
Un cerf vint, s’arrêta dans la lumière verte,
Si près qu’on eût pu voir sa buée et son œil ;
Il rentra dans les bois ; la clairière déserte
Gardait le creux d’un pas rempli d’eau, comme un seuil.
Une cloche, très loin, tinta trois fois dans l’ombre,
Sans qu’aucun clocher fût visible dans ces lieux ;
Il compta les échos ; il en perdit le nombre ;
Et le silence, après, fut plus grand que les cieux.
Une eau frêle naquit sous la pierre penchée,
Il but dans le creux froid de ses paumes, longtemps ;
Elle venait de loin, d’une source cachée,
Cette eau lui fit au cœur le froid d’un vieux printemps.
Une étoile, à l’écart, se leva sur la lande,
Que nul livre jamais n’avait dite au levant ;
Trois nuits il la suivit ; la faim se fit plus grande ;
Il n’eut pour tout repas que le givre et le vent.
IV. Le Sanctuaire
Un mur montait du sol, sans date et sans lumière,
Puis un porche, un fronton, puis l’ombre d’une croix ;
Le lierre avait scellé le seuil et la barrière,
Et pourtant, quelque part, on respirait sans voix.
Il entra ; la clarté semblait s’être figée,
Comme l’eau que retient la vanne d’un moulin ;
Un rayon descendait sur la marche rongée,
Et ce rayon semblait plus vieux que le matin.
Derrière l’autel nu, sous la pierre fendue,
Une source montait, plus vieille que la mort ;
Elle ne coulait pas ; elle était suspendue,
Comme un nom qu’on retient à la lèvre, et qui dort.
V. La Vision
Alors, sans un seul pas, sans que rien ne se meuve,
Quelque chose parut qui n’était pas venu ;
Ce n’était pas un feu, ce n’était pas un fleuve,
Et nul mot des vivants jamais ne l’a tenu.
Il vit — mais ce qu’il vit n’a pas de ressemblance :
Du sang y demeurait, du silence, du pain ;
Sa blessure était là, mais sans plus de souffrance,
Quelqu’un, sans le nommer, le tenait par la main.
VI. L’Épreuve
Sa main se souleva, lentement, vers la table,
Nul glaive ne brillait, ni flamme ni gardien ;
Il pouvait tout saisir : la main était capable,
Déjà les mots venaient, et les mots disaient : mien.
La clarté, sous ses doigts, se fit plus lente et sombre,
Et ce qu’il approchait reculait vers le fond ;
Il ouvrit lentement sa main dans la pénombre,
Et la clarté revint, plus haute, sur son front.
Il s’agenouilla là, sur la dalle brisée,
Il ne demanda rien, il n’osa rien tenir ;
Nulle main ne retient une eau qu’elle a puisée :
On la boit, et l’on part ; le reste est de servir.
VII. Le Retour
Il s’en fut dans le noir, avant l’heure première,
Sans or et sans anneau, sans preuve et sans témoin ;
La brume refermait la lande et la clairière,
Et nul, après ce jour, n’en sut montrer le point.
Il paya le passeur, dormit dans les villages,
Nul ne vit sur ses mains ni relique ni sceau ;
La blessure est en lui, sans plainte et sans images :
Elle écoute, à présent, comme écoute un ruisseau.
Parfois, dans le vallon, à l’heure où tout décline,
Sous la mousse, il entend une eau courir sans fin ;
Il se tait ; et la nuit descend sur la colline ;
Et l’eau brille sans bruit, très loin, sur le chemin.
Il ferma la maison sur la table de chêne,
Sur le pain qu’il rompit sans savoir pour quel jour ;
Le feu qu’il laissa seul n’éclairait plus qu’à peine :
Il n’attendait plus rien des hommes d’alentour.
Sous la maille il portait une ancienne blessure
Que nul maître jamais n’avait pu définir ;
Il chercha si longtemps dans la parole obscure,
Et l’aube le trouva debout, prêt à partir.
Le givre avait durci l’ornière et la poussière ;
Nul n’avait répondu, ni le jour ni la nuit ;
Sans se tourner vers l’or de la haute verrière,
Il gagna les vallons où la brume conduit.
II. La Forêt
La forêt le reprit comme une eau lente et noire,
Les heures s’effaçaient ; il n’était plus de soir ;
La mousse sous ses pas étouffait sa mémoire,
Il marchait dans un temps qu’aucun œil ne peut voir.
Les hêtres se penchaient ainsi que des chapelles,
Un souffle descendait des voûtes sans couleur ;
La ronce recouvrait des pierres, des margelles :
Nul nom sur ces débris ; seulement la fraîcheur.
Sa voix, dans cette nef, lui parut étrangère,
Il se tut ; par degrés, la forêt fut en lui ;
Et sa plainte tomba comme tombe une pierre
Dans une eau sans écho, sans image et sans bruit.
III. Les Signes
Un cerf vint, s’arrêta dans la lumière verte,
Si près qu’on eût pu voir sa buée et son œil ;
Il rentra dans les bois ; la clairière déserte
Gardait le creux d’un pas rempli d’eau, comme un seuil.
Une cloche, très loin, tinta trois fois dans l’ombre,
Sans qu’aucun clocher fût visible dans ces lieux ;
Il compta les échos ; il en perdit le nombre ;
Et le silence, après, fut plus grand que les cieux.
Une eau frêle naquit sous la pierre penchée,
Il but dans le creux froid de ses paumes, longtemps ;
Elle venait de loin, d’une source cachée,
Cette eau lui fit au cœur le froid d’un vieux printemps.
Une étoile, à l’écart, se leva sur la lande,
Que nul livre jamais n’avait dite au levant ;
Trois nuits il la suivit ; la faim se fit plus grande ;
Il n’eut pour tout repas que le givre et le vent.
IV. Le Sanctuaire
Un mur montait du sol, sans date et sans lumière,
Puis un porche, un fronton, puis l’ombre d’une croix ;
Le lierre avait scellé le seuil et la barrière,
Et pourtant, quelque part, on respirait sans voix.
Il entra ; la clarté semblait s’être figée,
Comme l’eau que retient la vanne d’un moulin ;
Un rayon descendait sur la marche rongée,
Et ce rayon semblait plus vieux que le matin.
Derrière l’autel nu, sous la pierre fendue,
Une source montait, plus vieille que la mort ;
Elle ne coulait pas ; elle était suspendue,
Comme un nom qu’on retient à la lèvre, et qui dort.
V. La Vision
Alors, sans un seul pas, sans que rien ne se meuve,
Quelque chose parut qui n’était pas venu ;
Ce n’était pas un feu, ce n’était pas un fleuve,
Et nul mot des vivants jamais ne l’a tenu.
Il vit — mais ce qu’il vit n’a pas de ressemblance :
Du sang y demeurait, du silence, du pain ;
Sa blessure était là, mais sans plus de souffrance,
Quelqu’un, sans le nommer, le tenait par la main.
VI. L’Épreuve
Sa main se souleva, lentement, vers la table,
Nul glaive ne brillait, ni flamme ni gardien ;
Il pouvait tout saisir : la main était capable,
Déjà les mots venaient, et les mots disaient : mien.
La clarté, sous ses doigts, se fit plus lente et sombre,
Et ce qu’il approchait reculait vers le fond ;
Il ouvrit lentement sa main dans la pénombre,
Et la clarté revint, plus haute, sur son front.
Il s’agenouilla là, sur la dalle brisée,
Il ne demanda rien, il n’osa rien tenir ;
Nulle main ne retient une eau qu’elle a puisée :
On la boit, et l’on part ; le reste est de servir.
VII. Le Retour
Il s’en fut dans le noir, avant l’heure première,
Sans or et sans anneau, sans preuve et sans témoin ;
La brume refermait la lande et la clairière,
Et nul, après ce jour, n’en sut montrer le point.
Il paya le passeur, dormit dans les villages,
Nul ne vit sur ses mains ni relique ni sceau ;
La blessure est en lui, sans plainte et sans images :
Elle écoute, à présent, comme écoute un ruisseau.
Parfois, dans le vallon, à l’heure où tout décline,
Sous la mousse, il entend une eau courir sans fin ;
Il se tait ; et la nuit descend sur la colline ;
Et l’eau brille sans bruit, très loin, sur le chemin.
Daniil Lazko
PostScriptum
ANALYSE LITTÉRAIRE
- L’argument
La Source raconte un voyage dont l’objet se dérobe à mesure qu’on l’approche. Un chevalier ferme une maison où plus rien ne répond ; il traverse une forêt, reçoit quelques signes, atteint un sanctuaire, voit — puis comprend que ce qu’il a vu ne se prend pas. Il repart sans preuve. Le récit tient en sept mouvements et quatre-vingt-quatre alexandrins, et il n’explique rien.
Le poème refuse de nommer ce qu’il montre. Le mot attendu n’y figure pas une seule fois. Ce n’est ni une pudeur ni un jeu : une chose nommée cesse de croître, et il fallait que celle-ci fût plus grande au dernier vers qu’au premier. La nomination l’aurait fixée à la taille du mot. - L’architecture des sept mouvements
Le Départ, La Forêt, Les Signes, Le Sanctuaire, La Vision, L’Épreuve, Le Retour. La disposition des masses est significative : la vision est le mouvement le plus bref du poème — deux quatrains —, tandis que l’épreuve en compte trois. Le centre de gravité n’est donc pas l’apparition, mais ce que le chevalier en fait ; le poème donne plus de place au renoncement qu’à la révélation.
Le champ visible se rétrécit régulièrement : une maison et une route, puis une forêt, puis quatre signes isolés, puis un mur, un seuil, une pierre, puis une clarté sans contour. Au moment le plus étroit, le monde tient dans un rayon de poussière. Le septième mouvement rouvre l’espace d’un coup — passeur, villages, vallon, colline, chemin — et rend au monde ordinaire tout ce qui avait été retiré. - La chaîne de l’eau
L’eau est le fil continu du poème, et elle change trois fois de fonction. Elle apparaît d’abord comme trace : le cerf parti, la clairière garde le creux d’un pas rempli d’eau,
Gardait le creux d’un pas rempli d’eau, comme un seuil.
Le mot seuil est posé là, avant tout sanctuaire, dans une empreinte de sabot ; le lecteur n’en comprend la portée qu’en arrivant à la source. Elle devient ensuite nourriture — une eau frêle sous la pierre penchée, bue dans le creux des paumes —, puis mystère retenu :
Elle ne coulait pas ; elle était suspendue,
Comme un nom qu’on retient à la lèvre, et qui dort.
Enfin, au dernier vers, elle redevient une eau quelconque qui brille au loin sur un chemin. Le sacré ne demeure pas dans le sanctuaire : il retourne à la route. C’est la seule réponse que le poème donne à la question de savoir ce qui a été vu. - La main : saisir, ouvrir, ne pas retenir
Trois gestes suffisent à porter toute la morale du texte, et aucun n’est commenté. Au troisième mouvement, la main est un vase provisoire : il but dans le creux froid de ses paumes. Au sixième, elle devient instrument de capture — la main était capable —, et le poème note aussitôt un phénomène purement optique : plus la main approche, plus la clarté se retire. Puis vient le geste inverse :
Il ouvrit lentement sa main dans la pénombre,
Et la clarté revint, plus haute, sur son front.
La main fermée obscurcit, la main ouverte rend la lumière. La sentence qui suit — nulle main ne retient une eau qu’elle a puisée — n’ajoute donc aucune doctrine : elle décrit une expérience déjà faite dans la forêt, quand le chevalier buvait à ses paumes une eau qui filait entre ses doigts. - Le nom absent et la méthode négative
La vision est construite exclusivement par soustraction. Quelque chose parut qui n’était pas venu ; ce n’était pas un feu, ce n’était pas un fleuve ; nul mot des vivants jamais ne l’a tenu. Le verbe tenir, ici, appartient au langage et non à la main : ce que la parole ne peut pas tenir, la main ne le tiendra pas davantage.
À cette suite de négations répond une seule affirmation, elle aussi anonyme :
Quelqu’un, sans le nommer, le tenait par la main.
Une présence sans nom accomplit un geste sans parole. La tentation, au mouvement suivant, est exactement l’opération inverse — une syllabe, un possessif, et la fin du mystère :
Déjà les mots venaient, et les mots disaient : mien. - Les traces contre les inscriptions
Le passé, dans ce poème, ne se signale jamais par un titre. Sous la ronce, il reste des margelles, c’est-à-dire des puits sans nom ; le mur du sanctuaire est sans date ; l’étoile n’a été inscrite dans aucun livre ; et personne, après ce jour, ne saura montrer le point où le lieu se trouvait. Le sacré ne laisse que du froid, de la mousse, une pierre fendue et un creux qui se remplit d’eau. Rien ne commémore : tout subsiste. - Le temps suspendu
L’arrêt du temps, au sanctuaire, est décrit deux fois, et jamais par un mot abstrait. La première comparaison est technique et rurale :
Il entra ; la clarté semblait s’être figée,
Comme l’eau que retient la vanne d’un moulin ;
La seconde déplace l’échelle sans hausser la voix : ce rayon semblait plus vieux que le matin. Le miracle est dit avec le vocabulaire de l’hydraulique et avec celui du calendrier ; c’est ce refus de l’emphase qui rend le lieu croyable. - La blessure, d’une question à une écoute
Le chevalier part avec une blessure ancienne que nul maître n’a su définir : la plaie et la question ne font qu’un. Dans la vision, elle n’est pas guérie, elle est reconnue — sa blessure était là, mais sans plus de souffrance. Au retour, elle a changé de fonction, et le poème le marque par un écho littéral. Au deuxième mouvement, la plainte de l’homme tombait
Dans une eau sans écho, sans image et sans bruit.
Au septième, les mêmes mots reviennent, transportés de l’eau dans l’homme :
La blessure est en lui, sans plainte et sans images :
Elle écoute, à présent, comme écoute un ruisseau.
Ce qui interrogeait est devenu un organe d’audition. C’est la définition la plus précise que le poème donne de la transformation intérieure, et elle tient en deux vers sans un seul mot d’analyse. - Horizon littéraire
Le poème se souvient de Chrétien de Troyes moins par le décor que par la structure : un chevalier placé devant une énigme qui le dépasse, et une épreuve qui n’est pas un combat mais une attitude juste. Il doit à la tradition de Robert de Boron la dimension sacramentelle, réduite ici à deux substantifs sans commentaire — du sang, du pain. La facture — quatrain clos, image plastique, netteté du contour — vient de la leçon parnassienne de Leconte de Lisle et de Heredia ; la perception du monde comme signe, de Claudel ; la gravité du pèlerinage intérieur et l’espérance sans emphase, de Péguy.
Mais rien n’est emprunté à leur langue. Aucun nom arthurien n’est prononcé, aucun archaïsme n’est imité, aucune formule liturgique n’est citée. L’équipement chevaleresque se réduit à deux objets, la maille et le glaive, tous deux employés négativement : l’une couvre une blessure, l’autre ne brille pas. Le Moyen Âge est évoqué par son âme — le silence, la patience, la pauvreté du bagage — et non par son vocabulaire. - Le dernier vers
Le chevalier repart avant l’aube, sans or, sans anneau, sans preuve et sans témoin. Le poème ne lui accorde ni relique ni explication ; il lui laisse une habitude — il écoute, il se tait, il marche — et une image :
Et l’eau brille sans bruit, très loin, sur le chemin.
La lumière est rendue à la substance la plus commune et au lieu le plus commun. C’est là que le mystère devient le plus grand : non pas parce qu’il a été possédé, mais parce qu’il a cessé d’être un lieu et qu’il est devenu une manière de traverser le monde.
NOTE SUR LA VERSIFICATION
Le poème compte quatre-vingt-quatre vers répartis en vingt et un quatrains d’alexandrins à rimes croisées. Les douze syllabes sont respectées dans les quatre-vingt-quatre vers, avec césure médiane après la sixième syllabe, toujours placée à une frontière de mot ; aucune élision n’enjambe la césure.
L’alternance des rimes féminines et masculines est observée à l’intérieur de chaque quatrain (FMFM) comme au passage d’une strophe à l’autre. Aucun mot ne rime deux fois dans l’ensemble du poème, et aucune paire ne présente de désaccord de nombre. Sur quarante-deux paires, onze rimes sont riches, vingt-sept suffisantes et quatre pauvres, ces dernières portant toutes sur des voyelles nasales, selon un usage admis par la tradition classique.
Le hiatus est évité partout ; les e muets suivent la règle classique, comptés devant consonne, élidés devant voyelle ou h muet, nuls en fin de vers. Aucun mot terminé par voyelle suivie d’e muet n’est employé à l’intérieur du vers devant une consonne. Le mot gardien est compté en synérèse, en deux syllabes, conformément à l’usage courant du vers français depuis le dix-neuvième siècle.
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Poème en Phonétique
i. lə depaʁ
il fεʁma la mεzɔ̃ syʁ la tablə də ʃεnə,
syʁ lə pɛ̃ kil ʁɔ̃pi sɑ̃ savwaʁ puʁ kεl ʒuʁ,
lə fø kil lεsa səl neklεʁε plys ka pεnə :
il natɑ̃dε plys ʁjɛ̃ dεz- ɔmə dalɑ̃tuʁ.
su la majə il pɔʁtε ynə ɑ̃sjεnə blesyʁə
kə nyl mεtʁə ʒamε navε py definiʁ,
il ʃεʁʃa si lɔ̃tɑ̃ dɑ̃ la paʁɔlə ɔpskyʁə,
e lobə lə tʁuva dəbu, pʁε a paʁtiʁ.
lə ʒivʁə avε dyʁsi lɔʁnjεʁə e la pusjεʁə,
nyl navε ʁepɔ̃dy, ni lə ʒuʁ ni la nɥi,
sɑ̃ sə tuʁne vεʁ lɔʁ də la-otə veʁjεʁə,
il ɡaɲa lε valɔ̃z- u la bʁymə kɔ̃dɥi.
ji. la fɔʁε
la fɔʁε lə ʁəpʁi kɔmə ynə o lɑ̃tə e nwaʁə,
lεz- œʁ sefasε, il netε plys də swaʁ,
la musə su sε pa etufε sa memwaʁə,
il maʁʃε dɑ̃z- œ̃ tɑ̃ kokœ̃ œj nə pø vwaʁ.
lεz- εtʁə- sə pɑ̃ʃε ɛ̃si kə dε ʃapεllə,
œ̃ suflə desɑ̃dε dε vutə sɑ̃ kulœʁ,
la ʁɔ̃sə ʁəkuvʁε dε pjeʁə, dε maʁʒεllə :
nyl nɔ̃ syʁ sε debʁi, sələmɑ̃ la fʁεʃœʁ.
sa vwa, dɑ̃ sεtə nεf, lɥi paʁy etʁɑ̃ʒεʁə,
il sə tyt, paʁ dəɡʁe, la fɔʁε fy ɑ̃ lɥi,
e sa plɛ̃tə tɔ̃ba kɔmə tɔ̃bə ynə pjeʁə
dɑ̃z- ynə o sɑ̃z- eʃo, sɑ̃z- imaʒə e sɑ̃ bʁɥi.
jji. lε siɲə
œ̃ sεʁf vɛ̃, saʁεta dɑ̃ la lymjεʁə vεʁtə,
si pʁε kɔ̃n- y py vwaʁ sa bye e sɔ̃n- œj,
il ʁɑ̃tʁa dɑ̃ lε bwa, la klεʁjεʁə dezεʁtə
ɡaʁdε lə kʁø dœ̃ pa ʁɑ̃pli do, kɔmə œ̃ səj.
ynə kloʃə, tʁε lwɛ̃, tɛ̃ta tʁwa fwa dɑ̃ lɔ̃bʁə,
sɑ̃ kokœ̃ kloʃe fy viziblə dɑ̃ sε ljø,
il kɔ̃ta lεz- eʃo, il ɑ̃ pεʁdi lə nɔ̃bʁə,
e lə silɑ̃sə, apʁε, fy plys ɡʁɑ̃ kə lε sjø.
ynə o fʁεlə naki su la pjeʁə pɑ̃ʃe,
il byt dɑ̃ lə kʁø fʁwa də sε pomə, lɔ̃tɑ̃,
εllə vənε də lwɛ̃, dynə suʁsə kaʃe,
sεtə o lɥi fi o kœʁ lə fʁwa dœ̃ vjø pʁɛ̃tɑ̃.
ynə etwalə, a lekaʁ, sə ləva syʁ la lɑ̃də,
kə nyl livʁə ʒamε navε ditə o ləvɑ̃,
tʁwa nɥiz- il la sɥivi, la fɛ̃ sə fi plys ɡʁɑ̃də,
il ny puʁ tu ʁəpa kə lə ʒivʁə e lə vɑ̃.
iv. lə sɑ̃ktɥεʁə
œ̃ myʁ mɔ̃tε dy sɔl, sɑ̃ datə e sɑ̃ lymjεʁə,
pɥiz- œ̃ pɔʁʃə, œ̃ fʁɔ̃tɔ̃, pɥi lɔ̃bʁə dynə kʁwa,
lə ljeʁə avε sεlle lə səj e la baʁjεʁə,
e puʁtɑ̃, kεlkə paʁ, ɔ̃ ʁεspiʁε sɑ̃ vwa.
il ɑ̃tʁa, la klaʁte sɑ̃blε sεtʁə fiʒe,
kɔmə lo kə ʁətjɛ̃ la vanə dœ̃ mulɛ̃,
œ̃ ʁεjɔ̃ desɑ̃dε syʁ la maʁʃə ʁɔ̃ʒe,
e sə ʁεjɔ̃ sɑ̃blε plys vjø kə lə matɛ̃.
dəʁjεʁə lotεl ny, su la pjeʁə fɑ̃dɥ,
ynə suʁsə mɔ̃tε, plys vjεjə kə la mɔʁ,
εllə nə kulε pa, εllə etε syspɑ̃dɥ,
kɔmə œ̃ nɔ̃ kɔ̃ ʁətjɛ̃ a la lεvʁə, e ki dɔʁ.
ve. la vizjɔ̃
alɔʁ, sɑ̃z- œ̃ səl pa, sɑ̃ kə ʁjɛ̃ nə sə məvə,
kεlkə ʃozə paʁy ki netε pa vəny,
sə netε pa œ̃ fø, sə netε pa œ̃ fləvə,
e nyl mo dε vivɑ̃ ʒamε nə la təny.
il vit mε sə kil vit na pa də ʁəsɑ̃blɑ̃sə :
dy sɑ̃ i dəməʁε, dy silɑ̃sə, dy pɛ̃,
sa blesyʁə etε la, mε sɑ̃ plys də sufʁɑ̃sə,
kεlkœ̃, sɑ̃ lə nɔme, lə tənε paʁ la mɛ̃.
vi. lepʁəvə
sa mɛ̃ sə suləva, lɑ̃təmɑ̃, vεʁ la tablə,
nyl ɡlεvə nə bʁijε, ni flamə ni ɡaʁdjɛ̃,
il puvε tu sεziʁ : la mɛ̃ etε kapablə,
deʒa lε mo vənε, e lε mo dizε : mjɛ̃.
la klaʁte, su sε dwa, sə fi plys lɑ̃tə e sɔ̃bʁə,
e sə kil apʁoʃε ʁəkylε vεʁ lə fɔ̃,
il uvʁi lɑ̃təmɑ̃ sa mɛ̃ dɑ̃ la penɔ̃bʁə,
e la klaʁte ʁəvɛ̃, plys-otə, syʁ sɔ̃ fʁɔ̃.
il saʒənuja la, syʁ la dalə bʁize,
il nə dəmɑ̃da ʁjɛ̃, il noza ʁjɛ̃ təniʁ,
nylə mɛ̃ nə ʁətjɛ̃ ynə o kεllə a pɥize :
ɔ̃ la bwa, e lɔ̃ paʁ, lə ʁεstə ε də sεʁviʁ.
vji. lə ʁətuʁ
il sɑ̃ fy dɑ̃ lə nwaʁ, avɑ̃ lœʁ pʁəmjεʁə,
sɑ̃z- ɔʁ e sɑ̃z- ano, sɑ̃ pʁəvə e sɑ̃ temwɛ̃,
la bʁymə ʁəfεʁmε la lɑ̃də e la klεʁjεʁə,
e nyl, apʁε sə ʒuʁ, nɑ̃ syt mɔ̃tʁe lə pwɛ̃.
il pεja lə pasœʁ, dɔʁmi dɑ̃ lε vilaʒə,
nyl nə vit syʁ sε mɛ̃ ni ʁəlikə ni so,
la blesyʁə εt- ɑ̃ lɥi, sɑ̃ plɛ̃tə e sɑ̃z- imaʒə :
εllə ekutə, a pʁezɑ̃, kɔmə ekutə œ̃ ʁɥiso.
paʁfwa, dɑ̃ lə valɔ̃, a lœʁ u tu deklinə,
su la musə, il ɑ̃tɑ̃t- ynə o kuʁiʁ sɑ̃ fɛ̃,
il sə tε, e la nɥi desɑ̃ syʁ la kɔlinə,
e lo bʁijə sɑ̃ bʁɥi, tʁε lwɛ̃, syʁ lə ʃəmɛ̃.
il fεʁma la mεzɔ̃ syʁ la tablə də ʃεnə,
syʁ lə pɛ̃ kil ʁɔ̃pi sɑ̃ savwaʁ puʁ kεl ʒuʁ,
lə fø kil lεsa səl neklεʁε plys ka pεnə :
il natɑ̃dε plys ʁjɛ̃ dεz- ɔmə dalɑ̃tuʁ.
su la majə il pɔʁtε ynə ɑ̃sjεnə blesyʁə
kə nyl mεtʁə ʒamε navε py definiʁ,
il ʃεʁʃa si lɔ̃tɑ̃ dɑ̃ la paʁɔlə ɔpskyʁə,
e lobə lə tʁuva dəbu, pʁε a paʁtiʁ.
lə ʒivʁə avε dyʁsi lɔʁnjεʁə e la pusjεʁə,
nyl navε ʁepɔ̃dy, ni lə ʒuʁ ni la nɥi,
sɑ̃ sə tuʁne vεʁ lɔʁ də la-otə veʁjεʁə,
il ɡaɲa lε valɔ̃z- u la bʁymə kɔ̃dɥi.
ji. la fɔʁε
la fɔʁε lə ʁəpʁi kɔmə ynə o lɑ̃tə e nwaʁə,
lεz- œʁ sefasε, il netε plys də swaʁ,
la musə su sε pa etufε sa memwaʁə,
il maʁʃε dɑ̃z- œ̃ tɑ̃ kokœ̃ œj nə pø vwaʁ.
lεz- εtʁə- sə pɑ̃ʃε ɛ̃si kə dε ʃapεllə,
œ̃ suflə desɑ̃dε dε vutə sɑ̃ kulœʁ,
la ʁɔ̃sə ʁəkuvʁε dε pjeʁə, dε maʁʒεllə :
nyl nɔ̃ syʁ sε debʁi, sələmɑ̃ la fʁεʃœʁ.
sa vwa, dɑ̃ sεtə nεf, lɥi paʁy etʁɑ̃ʒεʁə,
il sə tyt, paʁ dəɡʁe, la fɔʁε fy ɑ̃ lɥi,
e sa plɛ̃tə tɔ̃ba kɔmə tɔ̃bə ynə pjeʁə
dɑ̃z- ynə o sɑ̃z- eʃo, sɑ̃z- imaʒə e sɑ̃ bʁɥi.
jji. lε siɲə
œ̃ sεʁf vɛ̃, saʁεta dɑ̃ la lymjεʁə vεʁtə,
si pʁε kɔ̃n- y py vwaʁ sa bye e sɔ̃n- œj,
il ʁɑ̃tʁa dɑ̃ lε bwa, la klεʁjεʁə dezεʁtə
ɡaʁdε lə kʁø dœ̃ pa ʁɑ̃pli do, kɔmə œ̃ səj.
ynə kloʃə, tʁε lwɛ̃, tɛ̃ta tʁwa fwa dɑ̃ lɔ̃bʁə,
sɑ̃ kokœ̃ kloʃe fy viziblə dɑ̃ sε ljø,
il kɔ̃ta lεz- eʃo, il ɑ̃ pεʁdi lə nɔ̃bʁə,
e lə silɑ̃sə, apʁε, fy plys ɡʁɑ̃ kə lε sjø.
ynə o fʁεlə naki su la pjeʁə pɑ̃ʃe,
il byt dɑ̃ lə kʁø fʁwa də sε pomə, lɔ̃tɑ̃,
εllə vənε də lwɛ̃, dynə suʁsə kaʃe,
sεtə o lɥi fi o kœʁ lə fʁwa dœ̃ vjø pʁɛ̃tɑ̃.
ynə etwalə, a lekaʁ, sə ləva syʁ la lɑ̃də,
kə nyl livʁə ʒamε navε ditə o ləvɑ̃,
tʁwa nɥiz- il la sɥivi, la fɛ̃ sə fi plys ɡʁɑ̃də,
il ny puʁ tu ʁəpa kə lə ʒivʁə e lə vɑ̃.
iv. lə sɑ̃ktɥεʁə
œ̃ myʁ mɔ̃tε dy sɔl, sɑ̃ datə e sɑ̃ lymjεʁə,
pɥiz- œ̃ pɔʁʃə, œ̃ fʁɔ̃tɔ̃, pɥi lɔ̃bʁə dynə kʁwa,
lə ljeʁə avε sεlle lə səj e la baʁjεʁə,
e puʁtɑ̃, kεlkə paʁ, ɔ̃ ʁεspiʁε sɑ̃ vwa.
il ɑ̃tʁa, la klaʁte sɑ̃blε sεtʁə fiʒe,
kɔmə lo kə ʁətjɛ̃ la vanə dœ̃ mulɛ̃,
œ̃ ʁεjɔ̃ desɑ̃dε syʁ la maʁʃə ʁɔ̃ʒe,
e sə ʁεjɔ̃ sɑ̃blε plys vjø kə lə matɛ̃.
dəʁjεʁə lotεl ny, su la pjeʁə fɑ̃dɥ,
ynə suʁsə mɔ̃tε, plys vjεjə kə la mɔʁ,
εllə nə kulε pa, εllə etε syspɑ̃dɥ,
kɔmə œ̃ nɔ̃ kɔ̃ ʁətjɛ̃ a la lεvʁə, e ki dɔʁ.
ve. la vizjɔ̃
alɔʁ, sɑ̃z- œ̃ səl pa, sɑ̃ kə ʁjɛ̃ nə sə məvə,
kεlkə ʃozə paʁy ki netε pa vəny,
sə netε pa œ̃ fø, sə netε pa œ̃ fləvə,
e nyl mo dε vivɑ̃ ʒamε nə la təny.
il vit mε sə kil vit na pa də ʁəsɑ̃blɑ̃sə :
dy sɑ̃ i dəməʁε, dy silɑ̃sə, dy pɛ̃,
sa blesyʁə etε la, mε sɑ̃ plys də sufʁɑ̃sə,
kεlkœ̃, sɑ̃ lə nɔme, lə tənε paʁ la mɛ̃.
vi. lepʁəvə
sa mɛ̃ sə suləva, lɑ̃təmɑ̃, vεʁ la tablə,
nyl ɡlεvə nə bʁijε, ni flamə ni ɡaʁdjɛ̃,
il puvε tu sεziʁ : la mɛ̃ etε kapablə,
deʒa lε mo vənε, e lε mo dizε : mjɛ̃.
la klaʁte, su sε dwa, sə fi plys lɑ̃tə e sɔ̃bʁə,
e sə kil apʁoʃε ʁəkylε vεʁ lə fɔ̃,
il uvʁi lɑ̃təmɑ̃ sa mɛ̃ dɑ̃ la penɔ̃bʁə,
e la klaʁte ʁəvɛ̃, plys-otə, syʁ sɔ̃ fʁɔ̃.
il saʒənuja la, syʁ la dalə bʁize,
il nə dəmɑ̃da ʁjɛ̃, il noza ʁjɛ̃ təniʁ,
nylə mɛ̃ nə ʁətjɛ̃ ynə o kεllə a pɥize :
ɔ̃ la bwa, e lɔ̃ paʁ, lə ʁεstə ε də sεʁviʁ.
vji. lə ʁətuʁ
il sɑ̃ fy dɑ̃ lə nwaʁ, avɑ̃ lœʁ pʁəmjεʁə,
sɑ̃z- ɔʁ e sɑ̃z- ano, sɑ̃ pʁəvə e sɑ̃ temwɛ̃,
la bʁymə ʁəfεʁmε la lɑ̃də e la klεʁjεʁə,
e nyl, apʁε sə ʒuʁ, nɑ̃ syt mɔ̃tʁe lə pwɛ̃.
il pεja lə pasœʁ, dɔʁmi dɑ̃ lε vilaʒə,
nyl nə vit syʁ sε mɛ̃ ni ʁəlikə ni so,
la blesyʁə εt- ɑ̃ lɥi, sɑ̃ plɛ̃tə e sɑ̃z- imaʒə :
εllə ekutə, a pʁezɑ̃, kɔmə ekutə œ̃ ʁɥiso.
paʁfwa, dɑ̃ lə valɔ̃, a lœʁ u tu deklinə,
su la musə, il ɑ̃tɑ̃t- ynə o kuʁiʁ sɑ̃ fɛ̃,
il sə tε, e la nɥi desɑ̃ syʁ la kɔlinə,
e lo bʁijə sɑ̃ bʁɥi, tʁε lwɛ̃, syʁ lə ʃəmɛ̃.