Poeme-France : Les Poètes

Poésie : Phyllis

Écrit par Charles-Marie Leconte De Lisle

(Études latines, V)

Depuis neuf ans et plus dans l'amphore scellée
Mon vin des coteaux d'Albe a lentement mûri ;
Il faut ceindre d'acanthe et de myrte fleuri,
Phyllis, ta tresse déroulée.

L'anis brûle à l'autel, et d'un pied diligent
Tous viennent couronnés de verveine pieuse ;
Et mon humble maison étincelle joyeuse
Aux reflets des coupes d'argent.

Ô Phyllis, c'est le jour de Vénus, et je t'aime !
Entends-moi ! Téléphus brûle et soupire ailleurs ;
Il t'oublie, et je t'aime, et nos jours les meilleurs
Vont rentrer dans la nuit suprême.

C'est toi qui fleuriras en mes derniers beaux jours :
Je ne changerai plus, voici la saison mûre.
Chante ! les vers sont doux quand ta voix les murmure,
Ô belle fin de mes amours !

Mis en favori par

Aucun membre a mis cet écrivan en favori.