Poeme-France : Les Figures de style

Documentation : Les 36 Figures de style

Allégorie
C'est souvent une idée ou une notion abstraite qui emploi une chose (une personne, un être animer ou non) pour désigner autre chose. Les fables font souvent appel à cette forme littéraire.
Allitération
C’est la répétition d’une consonne ou d’un groupe de consonnes qui font des sons identiques dans des mots qui se suivent, elle produit un effet d'harmonie imitative ou suggestive. Elle permet de lier phoniquement et sémantiquement des qualités ou caractéristiques et reforce la portée sur l'interlocuteur.

Exemples :
* « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque, V, 5)
* « Y a pas d'hélice hélas, c'est là qu'est l'os. » ( La Grande Vadrouille)
Amplification
L’amplification consiste à mettre un sujet en exergue en faisant ressortir son importance. Souvent elle utilise des procédés rhétoriques et pour jouer sur les émotions de l’auditoire elle utilise des lieux communs.
Anacoluthe
L’anacoluthe est une figure stylistique qui, par une rupture de la construction syntaxique, conserve le sens et la facilité de compréhension mais apporte surtout un avantage à l'expression.

Exemple :
* « Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits / Et ne l’aimer jamais ? » (Athalie de Racine : acte I, scène 4)
* « Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera : / Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. » ( Jean Racine, Les Plaideurs)
Anadiplose
L'anadiplose est une figure de style consistant en la reprise du dernier mot d'une proposition à l'initiale de la proposition qui suit, afin de marquer la liaison entre les deux.
La répétition du mot forme un enchaînement qui permet d'accentuer l'idée ou le mot.
L'anadiplose peut se schématiser comme suit :
_______ A / A ______
Analepse
Elle correspond à un retour en arrière, au récit d'une action qui appartient au passé, au cinéma ont appel cette figure de style un flashback. Il consiste à raconter après-coup un événement qui c'est passé avant l'action courante. Elle constitue la figure inverse de la prolepse.

L'analepse est composée d'un complément circonstanciel de temps. Il y a aussi un changement de temps :
* présent ⇒ passé (passé composé ; imparfait ; passé simple)
* passé ⇒ plus-que-parfait (si passé composé ou passé simple) ; imparfait (si imparfait)
* futur simple ⇒ futur antérieur
Anaphore
Une anaphore est une figure qui consiste à commencer des vers ou des ensembles de vers par le même mot ou une même unité syntaxique .
L'anaphore rythme la phrase, souligne un mot, provoque un effet musical, communique plus d'énergie au discours ou renforce une strophe. Syntaxiquement, elle permet de créer un effet de symétrie.

Exemple :
* « Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! / Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore ! / Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore ! » (Horace de Corneille : acte IV, scène 6)
Antanaclase
Une antanaclase est la reprise d’un même mot ou d'une expression avec une signification différente. C'est une figure de la polysémie qui vise un effet humoristique, proche du jeu de mots.
Il existe l'antanaclase elliptique qui est une tournure de phrase dans laquelle un mot est utilisé une seule fois (la deuxième référence au mot est sous-entendu) mais avec deux sens différents.

Exemple :
* « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » (Blaise Pascal, Pensées, XXVIII)
* « La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. » (Jean Delacour)
Antiphrase
L’antiphrase est une figure de style qui employe, par ironie ou par euphémisme, un mot, ou une phrase, dans un sens contraire à sa véritable signification

Exemple :
* « C'est malin ! », pour signifier que c'est idiot.
* « C'est la vie de château, pourvu que cela dure ! », alors que les conditions de vie sont difficiles.
* « Bravo ! Continue comme ça ! Tu es sur la bonne voie !... », pour dire qu'il vaut mieux arreter au plus vite.
* « C'est du propre », pour signifier que c'est sale.
Antithèse
L'antithèse consiste à rapprocher deux termes, deux expressions ou deux idées opposés. Elle est souvent formalisée par une symétrie entre les termes opposés mais au sémantisme contradictoire. Elle permet la mise en présence de concepts contraires.

Exemple :
* « […] un homme est là / qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ; / qui souffre, ver de terre amoureux d’une étoile […]. » (Ruy Blas de Victor Hugo : acte II, scène 2)
* « Tout lui plaît et déplaît, tout le choque et l'oblige. Sans raison il est gai, sans raison il s'afflige » (Boileau, Satires)
* « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » (Pierre Corneille)
Antonomase
Une antonomase est une figure par laquelle nous remplaçons un nom commun par un nom propre. Nous pouvons utiliser aussi une phrase ou un essemble de mots à la place d'un nom propre.

Exemple :
* « un Harpagon » ⇒ « avare »
* « la capitale de la France » ⇒ « Paris »
Aposiopèse
Une aposiopèse consiste à interrompre une phrase ou un vers pour laisser au lecteur le soin de la/le compléter. L'aposiopèse est une ellipse proche de la réticence et de la suspension. L'aposiopèse est une brusque interruption du récit qui se signale par une typographie et une ponctuation spécifique contrairement a la suspension elle ne reprend pas plus tard.

Exemple :
* « Osez-vous, sans ma permission, ô vous, bouleverser le ciel et la terre et soulever de telles masses ? J’ai envie de vous… ! Mais il faut d’abord apaiser les flots déchaînés… » (Virgile, Chant I, vers 133-135)
* « A mon arrivée au logis, Pauline m'interrompit en disant: - Si vous n'avez pas de monnaie... » (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin)
Assonance
L'assonance est une figure de style qui consiste en la répétition d'un même phonème (in, ou, en… ) dans plusieurs vers proches. Charles Baudelaire et Verlaine, non seulement la pratiquent mais la prônent.

Exemple :
* « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant […] » (Verlaine « Mon rêve familier »)
* « Rimez faiblement, assonez si vous voulez, mais rimez ou assonez, pas de vers français sans cela » (Verlaine)
Asyndète
C’est la suppression des particules de coordination dans l’ordre grammatical ou sémantique. Exemple dans Les Caractères de La Bruyère (« Ménalque ») : « […] Ménalque se jette hors de la portière, traverse la cour, monte l’escalier, parcourt l’antichambre, la chambre, le cabinet ; tout lui est familier, rien ne lui est nouveau ; il s’assit, il se repose, il est chez soi ». La parataxe est, quant à elle, une forme d’asyndète qui consiste à juxtaposer deux propositions qui devraient être unies par un rapport syntaxique de subordination.
Catachrèse
C’est une figure qui consiste à employer un mot par métaphore Une métaphore consiste à désigner un objet ou une idée par un mot qui convient pour un autre objet ou une autre idée liés aux précédents par une analogie. C’est en fait une comparaison, mais sans les termes de comparaison. pour désigner un objet pour lequel la langue n’offre pas de terme propre. On dit couramment que la catachrèse est une métaphore lexicalisée. Exemple : « les pieds d’une table », « les bras d’un fauteuil » ou encore « les ailes d’un avion ».
Chiasme
Figure de style consistant à inverser l'ordre des termes dans les parties symétriques de deux membres de phrase de manière à former un parallèle ou une antithèse.
Il y a chiasme quand les termes sont disposés de manière croisée : A-B-B-A.

Exemple :
* « Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon […] » ( Charles Baudelaire extrait Les Fleurs du Mal « Le Balcon »).
* « C'est bonnet blanc et blanc bonnet »
* « Iil faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger »
Comparaison
Une comparaison est une mise en relation de deux termes à l’aide d’un terme comparant (comme, tel, semblable à, etc.).
Ellipse
Une ellipse consiste à omettre volontairement certains éléments logiquement nécessaires à l’intelligence du texte. En narratologie, l’ellipse passe sous silence des événements, ce qui accélère considérablement la narration.
Emphase
L’emphase désigne une exagération pompeuse dans le ton ou dans les termes employés. Elle met en relief un des constituants de la phrase par l'intonation ou par l'ordre des mots.et reforce donc une idée ou une image.
Énallage
Une énallage est une figure qui consiste à employer une forme autre que celle qu’on attendait. Il peut s’agir d’un échange de pronom personnel, de mode, de temps ou d’un genre à la faveur d’un autre.
Euphémisme
L’euphémisme est une figure très connue qui consiste à remplacer une expression littérale (idée désagréable, triste) par une forme atténuée, adoucie. Exemple canonique : « Il a vécu. » pour « Il est mort ».
Hypallage
Une hypallage est une figure qui attribue à certains termes d’un énoncé ce qui devrait logiquement être rattaché à d’autres termes de cet énoncé. Exemple dans Phèdre de Racine (acte IV, scène 1) : « Phèdre mourait, Seigneur, et sa main meurtrière / éteignait de ses yeux l’innocente lumière. » (pour « la lumière de ses yeux innocents »).
Hyperbole
L’hyperbole est une des figures les plus connues. Elle consiste à mettre en relief une idée au moyen d’une expression exagérée. L’hyperbole est donc une exagération exprimée par l’accumulation ou par des mots qui modifient le degré du message pour marquer les esprits.

Exemples de mots utilisé dans les hyperboles : très, extrêmement, énormément
Exemple d'hyperbole :
* « Je meurs de faim » (exprime une faim de loup ;) )
* « C'est un géant » (pour dire que c'est un homme de grande taille)
Hypotypose
L’hypotypose est une figure qui se fonde sur l’animation d’une description et qui est destinée généralement à faire voir au lecteur quelque chose. L’hypotypose permet de se représenter une scène ou un objet.
Ironie
L’ironie est une figure de style où l'on dit le contraire de ce qu'on veut faire entendre, elle est très soouvent employer durant des moqueries. Elle repose essentiellement sur l’antiphrase, l’hyperbole ou la litote. L'ironie se rattache à l'humour, et non à l'esprit.
Litote
La litote est une rhétorique d'atténuation qui consiste à dire moins pour laisser entendre davantage.
La litote s’oppose à l’euphémisme qui connote négativement ou renvoie à un référent désagréable sans utiliser le terme adéquat, la litote renforce l'information.

Exemple :
* « Il n’est pas laid. » ⇒ « Il est beau. »
* « C’est loin d’être tout faux ! » ⇒ « C’est absolument exact ! »
Métaphore
Elle est une figure de style ayant ses fondations sur l'analogie. Elle désigne une chose par une autre qui lui ressemble ou qui partage une qualité reconaissable.

Exemple :
* Ce vieillard est une tortue.
* Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage. (Charles Baudelaire)
Métonymie
La métonymie consiste à désigner un objet ou une idée par un autre terme que celui qui lui convient. La compréhension se fait grâce à une relation de cause à effet entre les deux notions (exemple : « boire la mort » pour « boire le poison »), ou de contenant à contenu (exemple : « boire un verre » pour « boire le contenu d’un verre ») ou encore de partie à tout (exemple : « une lame » pour dire « une épée »).
Oxymore
L’oxymore est une figure de style rhétorique, qui unis deux mots (nom et adjectif) qui on normallement un sens éloigné. Il permet donc de faire des description inattendue, suscitant ainsi la surprise. Il exprime quelque chose d'inconcevable. Il crée donc une nouvelle réalité poétique.

Exemple :
* « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » ( Le Cid de Corneille : acte IV, scène 3)
* « Porte le Soleil noir de la Mélancolie » (Gérard de Nerval : El Desdichado)
Parataxe
La parataxeest une construction par juxtaposition de phrases ou de mots dans lequel nous mettons aucun mot de liaison. Les rapports syntaxiques de subordination ou de coordination qu'entretiennent les phrases ne sont pas présent.

Exemple :
* « Ne me quitte pas, il faut oublier, tout peut s'oublier, qui s'enfuit déjà...» (Jacques Brel)
* « L’administration Clinton » (AFP)
Paronomase
Une paronomase consiste à employer côte à côte des mots dont le sens est différent, mais le son ou la graphie sont à peu près semblable. La paronomase utilise des paronymes : mots ayant des similitude sonore. Il s'agit donc d'une homophonie approximative.

Exemples :
* « Qui vivra verra. »
* « Tu parles, Charles ! »
* « Comparaison n'est pas raison »
* « Qui vole un œuf vole un bœuf »
* « Comme la vie est lente ; et comme l'espérance est violente » (Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913, « Le Pont Mirabeau »)
Personnification
La personnification est la figure de style qui attribue des propriétés humaines à un animal ou à une chose inanimée que l'on fait parler, agir... Elle est très utilisé dans las fables de la Fontaine.
Polyptote
Un polyptote consiste à employer plusieurs formes grammaticales ou termes qui ont la même racine d’un même mot, dans une phrase. L'auteur qui a recours au polyptote peut également créer des jeux de mots, étymologiques ou sonores.

Exemple :
* « […] Madame se meurt ! Madame est morte ! […] » (Oraison funèbre d’Henriette-Anne d’Angleterre de Bossuet -1670)
* « Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes / Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes » (Patrick Bacry)
Prétérition
Cette figure de style consiste à parler de quelque chose après avoir annoncé que l'on n'en parlera pas.

Exemple :
* « Sans commentaire. Ça n'en vaut pas la peine. »
* « Il n'a pas besoin d'un alibi, car il était avec moi au moment des faits. »
Stichomythie
Une stichomythie est un dialogue de tragédie où les interlocuteurs se répondent vers pour vers. Les dramaturges grecs ont souvent recours à cette forme littéraire pour marquer la croissance en intensité des sentiments au cours d'une scène en passant de la tirade à la stichomythie. Pour faire simple, c’est une succession de répliques en vers de même longueur.

Exemple : Dans la fameuse scène de confrontation entre le vieux Don Diègue, père du Cid, et le père de Chimène, jaloux de la promotion qui vient d'être accordée à son rival, la montée de la violence se traduit par un passage de stichomythie qui précède la gifle finale :
« Le comte. — Ce que je méritais, vous l’avez emporté.
Don Diègue. — Qui l’a gagné sur vous l’avait mieux mérité.
Le comte. — Qui peut mieux l’exercer en est bien le plus digne.
Don Diègue. — En être refusé n’en est pas un bon signe2. »
Synecdoque
La synecdoque est la figure de style par laquelle on fait entendre le plus en disant le moins, ou le moins en disant le plus : le tout par la partie ou la partie par le tout. C’est un cas particulier de métonymie. La synecdoque est essentiellement quantitative, alors que la métonymie est qualitative.

Exemple :
* « Acheter un vison » ⇒ « Acheter un manteau fait en peau de vison »
* « Il y a environ deux cents têtes dans ce théâtre » ⇒ « Il y a environ deux cents individus dans ce théâtre »