Prose : Suicidé Sans Le Savoir.

Suicidé Sans Le Savoir.

C’est par un classique, que commence cette histoire ; un bruit atypique, dans l’orage du soir.

Le vent faisait rage et les vitres en tremblaient, mais personne dans le village n’en fût semblé inquiet.
Il est sur cette île de coutume passé neuf heures, de s’endormir dans les brumes d’un sommeil réparateur. Daniel Félon, quant à lui, eût le rêve léger, songeant à des cris, des pas et à des lames bien aiguisées.
Il est donc normal, me direz-vous, qu’un bruit lourd de métal, non loin, suffit à le mettre debout.
Avec l’esprit lent de l’homme que l’on tire du lit, il essaya vaillamment de comprendre ce qui s’était produit. Mais rien dans sa chambre, ni même aux environs, ne se fit entendre ou n’attira son attention.
L’oeil sommeillant, le cerveau fatigué, il conclut finalement, qu’il avait, sans doute, rêvé.
Un dernier regard somnambule, vingt-trois heures moins le quart, affichait la pendule.
Daniel chut mollement sur le matelas, la vision tordue, sa joue contre les draps.
Il n’avait jusqu’à lors point remarqué, la rayure couleur or, qui marquait le plancher.
S’en retournant au pays des dormeurs, il comprit soudainement avec frayeur.
Il se souvenait sans fautes avoir fermé, la porte qui était, à présent, entrebâillée.
Et sa mémoire ne lui faisait pas défaut, car il est de réputation notoire, que Daniel Félon n’oubliasse pas même un mot.
Et la lumière du corridor, quel impoli l’eut enclenchée ? Nul au dehors ne semblait s’en être chargé.
Voilà un mystère qui le réveilla, mettant pied-à-terre, il se leva.
Le sol était humide, presque spongieux, mais l’homme, pas tout à fait lucide, n’en fut pas curieux.
La démarche engourdie, il s’avança prudemment, contourna le lit, le cœur battant.
Arrivé au couloir, il patienta, s’exclamant avec espoir un : « qui va là ? ».
Le silence fut seul à rétorquer ; dans sa démence, avait-il tout imaginé ?
Attendant encore un peu, il scruta attentivement le hall, son sang jusque là rendu nerveux, redevint progressivement normal.
Il émit un son qui ne ressemblait à rien, un peu grognon, il alla à la salle de bain.
De l’eau fraîche, voilà ce qu’il me faut, pensa-t-il, la bouche sèche, devant le lavabo.
Il ouvrit le robinet d’un geste sans énergie ; dans le miroir se reflétait un trentenaire aux cheveux trop vite devenus gris.
Joignant ses mains en coupe, il s’aspergea le visage, avant de boire avec un bruit soutenu de soupe, et d’inonder de liquide le carrelage.
Il se remettait doucement de son inquiétude, s’étirant lentement avec une mimique renfrognée et absurde.
Dans un mouvement las il referma le jet, et bien que plus rien ne coula, quelque chose, encore, gouttait.
Ses notes ordinaires d’un tuyau mal vissé, soudain résonnèrent avec étrangeté.
Un joint s’était-il encore rompu ? Se questionna-t-il en cherchant l’origine du son incongru.
Se retournant il découvrit ce que nul n’aurait sût concevoir. Daniel abasourdit, voyait du sang dans sa baignoire.

De stupeur, il faillit trébucher, face à cette horreur, il eu le souffle coupé.
Tout ce rouge, sortit de nulle part, donna à ses joues un ton blafard.
Prit d’angoisse, il voulu s’enfuir, mais le destin, cocasse, l’empêcha de partir.
Stoppé net dans son élan, il tourna la tête, écoutant attentivement.
Une voix familière s’était élevée, dévorant l’atmosphère avec avidité.
Un rire qui transperça sa peau, le fît frémir, et lui glaça les os.
« Daniel, allons… , ne sois pas si surpris ! Écoutes donc… tu ne sais pas qui je suis ? »
A suivre…

Syllabation De L'Écrit

  • Syllabes Hyphénique: Suicidé Sans Le Savoir.


  • Phonétique : Suicidé Sans Le Savoir.

    sε paʁ œ̃ klasikə, kə kɔmɑ̃sə sεtə istwaʁə, œ̃ bʁɥi atipikə, dɑ̃ lɔʁaʒə dy swaʁ.

    lə vɑ̃ fəzε ʁaʒə e lε vitʁəz- ɑ̃ tʁɑ̃blε, mε pεʁsɔnə dɑ̃ lə vilaʒə nɑ̃ fy sɑ̃ble ɛ̃kjε.
    il ε syʁ sεtə ilə də kutymə pase nəv- œʁ, də sɑ̃dɔʁmiʁ dɑ̃ lε bʁymə dœ̃ sɔmεj ʁepaʁatœʁ. danjεl felɔ̃, kɑ̃ a lɥi, y lə ʁεvə leʒe, sɔ̃ʒɑ̃ a dε kʁi, dε pa e a dε lamə bjɛ̃ εɡize.
    il ε dɔ̃k nɔʁmal, mə diʁe vu, kœ̃ bʁɥi luʁ də metal, nɔ̃ lwɛ̃, syfi a lə mεtʁə dəbu.
    avεk lεspʁi lɑ̃ də lɔmə kə lɔ̃ tiʁə dy li, il esεja vajamɑ̃ də kɔ̃pʁɑ̃dʁə sə ki setε pʁɔdɥi. mε ʁjɛ̃ dɑ̃ sa ʃɑ̃bʁə, ni mεmə oz- ɑ̃viʁɔ̃, nə sə fi ɑ̃tɑ̃dʁə u natiʁa sɔ̃n- atɑ̃sjɔ̃.
    lɔεj sɔmεjɑ̃, lə sεʁvo fatiɡe, il kɔ̃kly finaləmɑ̃, kil avε, sɑ̃ dutə, ʁεve.
    œ̃ dεʁnje ʁəɡaʁ sɔmnɑ̃bylə, vɛ̃t- tʁwaz- œʁ mwɛ̃ lə kaʁ, afiʃε la pɑ̃dylə.
    danjεl ʃy mɔlmɑ̃ syʁ lə matəla, la vizjɔ̃ tɔʁdɥ, sa ʒu kɔ̃tʁə lε dʁa.
    il navε ʒyska lɔʁ pwɛ̃ ʁəmaʁke, la ʁεjyʁə kulœʁ ɔʁ, ki maʁkε lə plɑ̃ʃe.
    sɑ̃ ʁətuʁnɑ̃ o pεi dε dɔʁmœʁ, il kɔ̃pʁi sudεnəmɑ̃ avεk fʁεjœʁ.
    il sə suvənε sɑ̃ fotəz- avwaʁ fεʁme, la pɔʁtə ki etε, a pʁezɑ̃, ɑ̃tʁəbaje.
    e sa memwaʁə nə lɥi fəzε pa defo, kaʁ il ε də ʁepytasjɔ̃ nɔtwaʁə, kə danjεl felɔ̃ nubljasə pa mεmə œ̃ mo.
    e la lymjεʁə dy kɔʁidɔʁ, kεl ɛ̃pɔli ly ɑ̃klɑ̃ʃe ? nyl o dəɔʁ nə sɑ̃blε sɑ̃n- εtʁə ʃaʁʒe.
    vwala œ̃ mistεʁə ki lə ʁevεja, mεtɑ̃ pje a teʁə, il sə ləva.
    lə sɔl etε ymidə, pʁεskə spɔ̃ʒjø, mε lɔmə, pa tut- a fε lysidə, nɑ̃ fy pa kyʁjø.
    la demaʁʃə ɑ̃ɡuʁdi, il savɑ̃sa pʁydamɑ̃, kɔ̃tuʁna lə li, lə kœʁ batɑ̃.
    aʁive o kulwaʁ, il pasjɑ̃ta, sεksklamɑ̃ avεk εspwaʁ œ̃ : « ki va la ? ».
    lə silɑ̃sə fy səl a ʁetɔʁke, dɑ̃ sa demɑ̃sə, avε til tut- imaʒine ?
    atɑ̃dɑ̃ ɑ̃kɔʁə œ̃ pø, il skʁyta atɑ̃tivəmɑ̃ lə-al, sɔ̃ sɑ̃ ʒyskə la ʁɑ̃dy nεʁvø, ʁədəvɛ̃ pʁɔɡʁesivəmɑ̃ nɔʁmal.
    il emi œ̃ sɔ̃ ki nə ʁəsɑ̃blε a ʁjɛ̃, œ̃ pø ɡʁɔɲɔ̃, il ala a la salə də bɛ̃.
    də lo fʁεʃə, vwala sə kil mə fo, pɑ̃sa til, la buʃə sεʃə, dəvɑ̃ lə lavabo.
    il uvʁi lə ʁɔbinε dœ̃ ʒεstə sɑ̃z- enεʁʒi, dɑ̃ lə miʁwaʁ sə ʁəfletε œ̃ tʁɑ̃tənεʁə o ʃəvø tʁo vitə dəvənys ɡʁi.
    ʒwaɲɑ̃ sε mɛ̃z- ɑ̃ kupə, il saspεʁʒa lə vizaʒə, avɑ̃ də bwaʁə avεk œ̃ bʁɥi sutəny də supə, e dinɔ̃de də likidə lə kaʁəlaʒə.
    il sə ʁəmεtε dusəmɑ̃ də sɔ̃n- ɛ̃kjetydə, setiʁɑ̃ lɑ̃təmɑ̃ avεk ynə mimikə ʁɑ̃fʁɔɲe e absyʁdə.
    dɑ̃z- œ̃ muvəmɑ̃ las il ʁəfεʁma lə ʒεt, e bjɛ̃ kə plys ʁjɛ̃ nə kula, kεlkə ʃozə, ɑ̃kɔʁə, ɡutε.
    sε nɔtəz- ɔʁdinεʁə dœ̃ tyio mal vise, sudɛ̃ ʁezɔnεʁe avεk etʁɑ̃ʒəte.
    œ̃ ʒwɛ̃ setε til ɑ̃kɔʁə ʁɔ̃py ? sə kεstjɔna til ɑ̃ ʃεʁʃɑ̃ lɔʁiʒinə dy sɔ̃n- ɛ̃kɔ̃ɡʁy.
    sə ʁətuʁnɑ̃ il dekuvʁi sə kə nyl noʁε sy kɔ̃səvwaʁ. danjεl abazuʁdi, vwajε dy sɑ̃ dɑ̃ sa bεɲwaʁə.

    də stypœʁ, il faji tʁebyʃe, fasə a sεtə ɔʁœʁ, il y lə suflə kupe.
    tu sə ʁuʒə, sɔʁti də nylə paʁ, dɔna a sε ʒuz- œ̃ tɔ̃ blafaʁ.
    pʁi dɑ̃ɡwasə, il vuly sɑ̃fɥiʁ, mε lə dεstɛ̃, kɔkasə, lɑ̃pεʃa də paʁtiʁ.
    stɔpe nεt dɑ̃ sɔ̃n- elɑ̃, il tuʁna la tεtə, ekutɑ̃ atɑ̃tivəmɑ̃.
    ynə vwa familjεʁə setε eləve, devɔʁɑ̃ latmɔsfεʁə avεk avidite.
    œ̃ ʁiʁə ki tʁɑ̃spεʁsa sa po, lə fit fʁemiʁ, e lɥi ɡlasa lεz- os.
    « danjεl, alɔ̃… , nə swa pa si syʁpʁi ! ekutə dɔ̃k… ty nə sε pa ki ʒə sɥi ? »
    a sɥivʁə…
  • Syllabes Phonétique : Suicidé Sans Le Savoir.


PostScriptum

Ceci est ma toute première nouvelle. tout en rimes. j’ai voulu me lancer dans cette idée un peu folle, voir si j’en étais capable.
Je ne l’ai pour l’instant pas encore terminée, j’ajouterais la suite sous peu.
imaginez qu’il s’agit du premier chapitre.
En espérant que cela vous plaira, en tous les cas, c’est avec plaisir que je lirais vos avis et vos éventuelles idées d’amélioration.

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Commentaires Sur La Poesie


Auteur de Poésie
05/04/2010 07:44Marcel42

Tu dis nouvelle "toute en rime" pouquoi alors ne pas aller à le ligne après chaque vers ? J’avais ressenti ces rimes en lisant le texte en continu avant de lire ton commentaire.
Marcel.

Auteur de Poésie
05/04/2010 16:46Maman38

Bonjour, j’attends la suite. J’aime bien les thrillers, les romans policiers tirés par les cheveux. Je trouve ce travail ambitieux, original etl tu sembles bien t’approprier la technique. Bonne continuation.
Thrilleusement, Maman38

Auteur de Poésie
14/04/2010 10:39Alan754

Le départ est élogieux et l’attente des chapitres suivants longue.
Petite remarque rejoignant Marcel42, si tu rimes alors rimes jusqu’au bout et va à la ligne....à moins que...
Belle écriture.

Merci

Auteur de Poésie
24/04/2010 11:53Blackspiritum

Merci pour vos commentaires, qui me touchent énormément.
Pour ce qui est de la présentation (saut à la ligne, etc...), c’est le site qui décide de changer de paragraphe à chaque saut de ligne. Le "poème" étant avant tout une nouvelle, je l’avais écrit comme tel, et non un saut de ligne à chaque fin de rime. Mon idée était de faire un nouvelle uniquement composée de rimes et non un très long poème racontant une histoire^^
Pour les chapitres suivant, je suis désolée de cette attente. J’ai rencontré quelques problèmes avec mon ordinateur et ai bien cru avoir perdu pour de bon tous mes fichiers...heureusement, le problème est presque résolu, alors les chapitres arriveront sous peu!

Auteur de Poésie
07/10/2010 22:15Jean Mingale

Pour un texte en rimes d’une longueur et d’un theme tel, j’ose a peine imaginé le travail immense sur lequel vous vous etes acharnés ! cela m’inspire beaucoup d’admiration et je peut dire sans mentir que je suis fier d’avoir lu ceci !