Poème:Page Blanche
Le Poème
Ce blanc, étrange reflet de mon esprit cuistre
Qui peine à poser mot quand ma plume s’épanche
Sur ces jours qui nous font égoïste ou altruiste.
J’irais me chercher dans les confins de l’ivresse,
Hélas ! À ce qu’il paraît, Bacchus est abstème.
Donc ce Don Juan de l’écriture, son altesse
Finira uxorieux devant la page blême.
Poète Hermann Mandel
Hermann Mandel a publié sur le site 61 écrits. Hermann Mandel est membre du site depuis l'année 2019.Lire le profil du poète Hermann MandelSyllabation De L'Écrit
Syllabes Hyphénique: Page Blanche
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qui=peine=à=po=ser=mot=quand=ma=plu=me=sé=panche 12
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donc=ce=don=juan=de=lé=cri=tu=re=son=al=tesse 12
fi=ni=ra=uxo=rieux=de=vant=la=pa=ge=blê=me 12
Phonétique : Page Blanche
ʒε a ma mɛ̃ ynə plymə e ynə fœjə blɑ̃ʃə,sə blɑ̃, etʁɑ̃ʒə ʁəflε də mɔ̃n- εspʁi kɥistʁə
ki pεnə a poze mo kɑ̃ ma plymə sepɑ̃ʃə
syʁ sε ʒuʁ ki nu fɔ̃ eɡɔistə u altʁɥistə.
ʒiʁε mə ʃεʁʃe dɑ̃ lε kɔ̃fɛ̃ də livʁεsə,
ela ! a sə kil paʁε, bakysz- εt- abstεmə.
dɔ̃k sə dɔ̃ ʒɥɑ̃ də lekʁityʁə, sɔ̃n- altεsə
finiʁa yksɔʁjø dəvɑ̃ la paʒə blεmə.
Syllabes Phonétique : Page Blanche
ʒε=a=ma=mɛ̃=y=nə=ply=mə=e=y=nə=fœ=jə=blɑ̃ʃə 14sə=blɑ̃=e=tʁɑ̃=ʒə=ʁə=flε=də=mɔ̃=nεs=pʁi=kɥis=tʁə 13
ki=pε=nə=a=po=ze=mo=kɑ̃=ma=ply=mə=se=pɑ̃=ʃə 14
syʁ=sε=ʒuʁ=ki=nu=fɔ̃=e=ɡɔ=is=tə=u=al=tʁɥs=tə 14
ʒi=ʁε=mə=ʃεʁ=ʃe=dɑ̃=lε=kɔ̃=fɛ̃=də=li=vʁεs=ə 13
e=la=a=sə=kil=pa=ʁε=ba=kys=zε=tab=stε=mə 13
dɔ̃k=sə=dɔ̃=ʒɥɑ̃=də=le=kʁi=ty=ʁə=sɔ̃=nal=tεs=ə 13
fi=ni=ʁa=yk=sɔ=ʁj=ø=də=vɑ̃=la=pa=ʒə=blε=mə 14
Récompense
Commentaire Sur La Poesie

Ce poème me touche par sa pudeur malicieuse. Il parle de l’impuissance d’écrire sans jamais se prendre au tragique : la panne d’inspiration devient une scène presque théâtrale, où l’esprit hésite, flirte, se dérobe. La plume et la feuille blanche ne sont pas des symboles abstraits, ce sont des partenaires un peu cruels, qui renvoient l’auteure à elle-même.
J’aime beaucoup ce " blanc ", miroir inquiétant mais honnête, qui révèle un esprit en tension entre l’élan et le doute. Il y a là quelque chose de très juste sur l’acte d’écrire : on croit vouloir dire le monde, et l’on se heurte à soi, à ses contradictions, à cette oscillation entre égoïsme et altruisme qui traverse les jours.
C’est un poème intelligent et sensible, qui parle de création sans se grandir, et qui réussit précisément pour cela à être profondément humain.