Poeme-France : Lecture Écrit Voyage

Prose : Entre L’Exil Et Le Grand Retour

Prose Voyage
Publié le 16/09/2020 11:00

L'écrit contient 1541 mots qui sont répartis dans 31 strophes.

Poete : Camilingue

Entre L’Exil Et Le Grand Retour

Dans l’immense plaine du ciel garni d’arbustes de nuées,
A perte de vue, fugitif galope mon regard
Cherchant à tout bout de champ l’horizon perdu,
Et l’azur de cette mystérieuse terre qui,
En coalition avec ce monument de mère
M’a inconditionnellement un jour,
Pas comme les autres, donné à la lumière.

Depuis, plus je m’éloigne de Vous,
O ma très douce Terre,
O ma très tendre Mère,
Plus mon cœur devient à la fois lourd et doux.
Plus vous m’étreignez de la peur,
La peur qu’un jour ma vue impuissante
Assiste à votre perte.

Plus l’exil m’éloigne physiquement de vous,
Plus vous faites de mon cœur et de mon âme,
Ce royaume qui vous a été par les dieux destiné :
Je vous porte les mêmes dimensions et intensités d’amour,
Sans condition, ni distinction aucune.

Comment vous rassurer du sacre de ce lien
Quand, à l’imminence de votre abandon je ne fais rien ?
Et j’ose conclure, que l’amour à lui seul ne suffit pas toujours.
Pourtant, plus rien ni surtout personne,
Oui absolument rien ni personne sur terre
Ne pourra le volcan si embrasant de mon amour pour vous,
Toujours en moi en éruption éteindre
O Ayiti, ma très chère Patrie,
O, ma mère mon premier et plus puissant amour !

Tonnerre !
Pourquoi m’habitez-vous avec autant de verve,
De puissance, de science, de conscience et de surabondance,
Sans, avec la démagogie aucune connivence ni concupiscence ?
Est-ce une condamnation ou une bénédiction ?
A qui la faute ? A Dieu ou au Démon ?
Ou encore à un être mystérieux sans nom ?

Pourquoi provoquez-vous en moi, avec tant fracas,
Avec tant d’éclat et sans écart,
Avec autant de puissance, de véhémence et de virulence,
Un sentiment si immuable qui, par la magie de vos charmes
A la fois me rend si puissant en impuissance
Et si impuissant en puissance,
Quand mes désirs du grand retour
Se font de plus en plus irrésistibles
Pour ainsi bercer et contempler avec vous mon éternel séjour ?

Qu’est-ce que ce sera un beau jour !

Vous êtes cette mère qui,
Du séjour de leurs enfants
Même après s’être en allés,
Jamais ne se rassasie.

Entre le tamtam de mon cœur de velours
Et la symphonie de mon âme en compte à rebours,
S’entrebâillent mon exil et le retour au bercail.
Ô, Toi mon pays, ma Patrie,
Et Toi ma mère, mon plus grand amour,
Mon pilier, mon roc, mon rempart,
Mon bouclier, auriez-vous, ne serait-ce la vague notion
Et la moindre idée de mes tortures d’exilé ?
Ainsi que des concepts d’abandon et de séparation,
Dans toutes leurs acceptions et connotations ?

En effet, je n’en doute aucunement !
Pour que l’amour se partage mieux
Faut-il bien que chacun l’ait tout entier.
Et vous deux, en ce sens vous ne faites qu’une
Pour m’inculquer, sans m’inculper,
Avec dextérité, les secret d’une telle administration.

Oui, entre le séjour et le grand retour,
Mon cœur comme par enchantement,
Depuis belle lurette a fait son choix
Point il ne trébuche, guère ne recule
Et nullement n’entend faire de moi un sans-aveu.

Et mon âme de son côté, à chaque départ t’arrose
De ses plus douces et précieuses pluies,
A l’heure du leurre du renouvellement de mon exil,
Sans trop savoir quand, encore une fois, de pas légers
Je te caresserai du regard, les monuments ambulants de mon d’ile,
Ni l’espoir de te revoir toi mon trésor, toi ma mère.

Vous si bien m’aviez enseigné, et ce avec talent
La magie de faire de l’eau du beurre,
Sans jamais profaner ni souiller mes convictions,
Ni d’autrui profiter des sentiments les plus sains et profonds,
Ni encore moins de mes positions en profiter pour faire mon beurre.

Cet homme à l’étonnant caractère et grandeur d’âme
Qu’aujourd’hui je suis devenu, je vous le dois à vous,
Comme un jour me l’avait confessé mon feu père,
Que m’importe si d’aucuns me jugent et m’estiment fou,
Rassurez-vous, dans mes convictions je ne suis jamais flou !

Pour la première fois j’ai volontiers décidé,
Et ce, contre ma propre volonté
D’encore une fois vous laisser,
Sans qu’une goutte de rosée de mes yeux vous gratifier.
Mais hélas ! Le dilemme était comment y parvenir ?
J’en avais absolument aucune idée.

Ah oui, le choix était peut-être de m’en aller,
Dans la même situation face à mon père,
Lors de sa convalescence, il y a 20 ans,
Discrètement, sans faire le moindre bruit,
Comme tu me l’a si bien sollicité
En vue de t’épargner d’ennuis
Ma tendre mère chérie.

Malgré la dégradation de l’état de ta santé maman,
Qui au départ ne m’avait pas trop donné l’espoir de nous revoir,
A tes chevets j’ai été,
J’avais cru pour un instant à tes désirs avoir succombé
Cependant, à ma révolte intérieure j’ai plutôt acquiescé.

En effet, je m’étais décidé de m’en aller,
Non pas sans te faire mes adieux,
Mais plutôt sans te dire une fois de plus,
Encore et encore au revoir,
Ma très chère petite maman adorée.

Tu m’avais suffisamment réconforté
Au point de croire un tel défi avoir surmonté.
Au fait, j’étais sur le point d’atteindre l’objectif si controversé
Que nous nous étions proposés,
Quand, au moment de mon retour de l’aéroport
Après le check-in, puisque je n’habite pas trop loin,
Le chapitre de cette si grande histoire d’amour
Que nous voulions fuir ait pris le dessus.

Ainsi, au lieu de gaspiller le peu et si précieux temps
Qui me restait à passer au pays dans une maudite salle d’attente,
Regorgée de madigra-mal-masqués,
J’ai préféré l’immortaliser à tes côtés
J’avais pris une moto et à la maison revenir
Pour de chaque seconde jouir intensément
Avec toi jusqu’à peu avant l’embarquement.

Car tes désirs ne pouvaient être exprimés
Sans finalité ni possibilité d’accomplissement.
Cependant, l’amour des entrailles
Si grand et si intense d’une mère endolorie
Assistant, en dépit des barrières de ses yeux de chair,
Au triste spectacle du départ de son fils bien-aimé,
En a royalement pris le dessus.

Une fois de plus, la vie me porte à t’abandonner
Quoique tu sois ce qu’au monde j’aime le plus.
Puisque les yeux cœur n’ont aucune limite
Avec une profondeur très peu ordinaire,
Tu as amèrement contemplé ces épisodes poignants
Que, depuis déjà cela fait trop longtemps,
Soit il y a autour de 22 ans
La vie s’est ironiquement proposée de nous jouer.

Quelle flagrance de leurre, et ce sur l’heure !
Ni toi ni moi n’avions pu maitriser cet instant,
Si intense bonheur étriqué de peur
Que ce n’ait été de nous voir la dernière possibilité.
Du fond de ton âme tel le rugissement d’un lion affligé
Jaillît soudain en sanglot de ta voix un délectable cri.

Et comme des miniers dans leur ruée vers
Des perles rares dont toi seule en as le secret de la quête,
Nos yeux se sont immonde de résistance
Pour s’inonder d’intarissables larmes,
De la source inépuisable de notre amour.

Que c’était douloureusement beau !
Cet instant de si intense communion de nos cœurs
Fidèles et égaux à l’amour hors pair que nous nous portons fièrement !

Toujours je me demande paradoxalement,
Par quelle magie compenser quasiment 22 ans d’absence
Par autour de seulement 4 ans de présence morcelée
Au soir de la vie d’un être aussi cher qu’une mère ?
Encore moins par un séjour de moins de 10 jours
Remplir le vide de 2 ans de dépression ?

Mon Dieu, comment puis-je avoir été aussi cruel
Envers elle et aussi envers moi-même ?
Comment puis-je dans sa vie entrer et sortir à ma guise
Sans que la profondeur de mon amour ne déguise
Et l’authenticité de notre véritable sentir ne se folklorise ?

O maman, ma douce et tendre mère
L’amour que je porte sans jamais faillir,
Equivaut à celui que je sens pour notre Chère Ayiti !
Que faire sinon que de continuer à m’abandonner
Au dessein de la providence qui se veut de m’entrainer ?

Merci de me porter à réaliser
Que même le séjour éternel d’un fils bien-aimé
Dans la demeure paternelle
N’est jamais trop long pour pères des aimants,
Incapable d’étancher la soif du retour au berceau maternel.

Merci de provoquer en moi maman
Un sentiment si fort, si puissant et si débordant !
Sois forte mon trésor,
Ne lâche pas prise mon amour,
Car, par la grâce du Tout-puissant,
On se reverra encore et encore.

En effet, par ces vers si profonds et explicites
De STÉPHANE MALLARMÉ dans Poésies, l’Azur
il n’y a pas meilleure façon pour vous exprimer mes sentiments,
O ayiti, O manman cheri !
« Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! »
  • Phonétique : Entre L’Exil Et Le Grand Retour

    dɑ̃ limɑ̃sə plεnə dy sjεl ɡaʁni daʁbystə də nye,
    a pεʁtə də vɥ, fyʒitif ɡalɔpə mɔ̃ ʁəɡaʁ
    ʃεʁʃɑ̃ a tu bu də ʃɑ̃ lɔʁizɔ̃ pεʁdy,
    e lazyʁ də sεtə misteʁjøzə teʁə ki,
    ɑ̃ kɔalisjɔ̃ avεk sə mɔnyme də mεʁə
    ma ɛ̃kɔ̃disjɔnεllmɑ̃ œ̃ ʒuʁ,
    pa kɔmə lεz- otʁə, dɔne a la lymjεʁə.

    dəpɥi, plys ʒə melwaɲə də vu,
    o ma tʁε dusə teʁə,
    o ma tʁε tɑ̃dʁə mεʁə,
    plys mɔ̃ kœʁ dəvjɛ̃ a la fwa luʁ e du.
    plys vu metʁεɲe də la pœʁ,
    la pœʁ kœ̃ ʒuʁ ma vɥ ɛ̃pɥisɑ̃tə
    asistə a vɔtʁə pεʁtə.

    plys lεɡzil melwaɲə fizikəmɑ̃ də vu,
    plys vu fεtə də mɔ̃ kœʁ e də mɔ̃n- amə,
    sə ʁwajomə ki vuz- a ete paʁ lε djø dεstine :
    ʒə vu pɔʁtə lε mεmə dimɑ̃sjɔ̃z- e ɛ̃tɑ̃site damuʁ,
    sɑ̃ kɔ̃disjɔ̃, ni distɛ̃ksjɔ̃ okynə.

    kɔmɑ̃ vu ʁasyʁe dy sakʁə də sə ljɛ̃
    kɑ̃, a liminɑ̃sə də vɔtʁə abɑ̃dɔ̃ ʒə nə fε ʁjɛ̃ ?
    e ʒozə kɔ̃klyʁə, kə lamuʁ a lɥi səl nə syfi pa tuʒuʁ.
    puʁtɑ̃, plys ʁjɛ̃ ni syʁtu pεʁsɔnə,
    ui absɔlymɑ̃ ʁjɛ̃ ni pεʁsɔnə syʁ teʁə
    nə puʁʁa lə vɔlkɑ̃ si ɑ̃bʁazɑ̃ də mɔ̃n- amuʁ puʁ vu,
    tuʒuʁz- ɑ̃ mwa ɑ̃n- eʁypsjɔ̃ etɛ̃dʁə
    o εjiti, ma tʁε ʃεʁə patʁi,
    o, ma mεʁə mɔ̃ pʁəmje e plys pɥisɑ̃ amuʁ !

    tɔneʁə !
    puʁkwa mabite vuz- avεk otɑ̃ də vεʁvə,
    də pɥisɑ̃sə, də sjɑ̃sə, də kɔ̃sjɑ̃sə e də syʁabɔ̃dɑ̃sə,
    sɑ̃, avεk la demaɡɔʒi okynə kɔnivɑ̃sə ni kɔ̃kypisɑ̃sə ?
    ε sə ynə kɔ̃damnasjɔ̃ u ynə benediksjɔ̃ ?
    a ki la fotə ? a djø u o demɔ̃ ?
    u ɑ̃kɔʁə a œ̃n- εtʁə misteʁjø sɑ̃ nɔ̃ ?

    puʁkwa pʁɔvɔke vuz- ɑ̃ mwa, avεk tɑ̃ fʁaka,
    avεk tɑ̃ dekla e sɑ̃z- ekaʁ,
    avεk otɑ̃ də pɥisɑ̃sə, də veemɑ̃sə e də viʁylɑ̃sə,
    œ̃ sɑ̃timɑ̃ si imɥablə ki, paʁ la maʒi də vo ʃaʁmə
    a la fwa mə ʁɑ̃ si pɥisɑ̃ ɑ̃n- ɛ̃pɥisɑ̃sə
    e si ɛ̃pɥisɑ̃ ɑ̃ pɥisɑ̃sə,
    kɑ̃ mε deziʁ dy ɡʁɑ̃ ʁətuʁ
    sə fɔ̃ də plysz- ɑ̃ plysz- iʁezistiblə
    puʁ ɛ̃si bεʁse e kɔ̃tɑ̃ple avεk vu mɔ̃n- etεʁnεl seʒuʁ ?

    kε sə kə sə səʁa œ̃ bo ʒuʁ !

    vuz- εtə sεtə mεʁə ki,
    dy seʒuʁ də lœʁz- ɑ̃fɑ̃
    mεmə apʁε sεtʁə ɑ̃n- ale,
    ʒamε nə sə ʁasazi.

    ɑ̃tʁə lə tamtam də mɔ̃ kœʁ də vəluʁ
    e la sɛ̃fɔni də mɔ̃n- amə ɑ̃ kɔ̃tə a ʁəbuʁ,
    sɑ̃tʁəbaje mɔ̃n- εɡzil e lə ʁətuʁ o bεʁkaj.
    o, twa mɔ̃ pεi, ma patʁi,
    e twa ma mεʁə, mɔ̃ plys ɡʁɑ̃t- amuʁ,
    mɔ̃ pilje, mɔ̃ ʁɔk, mɔ̃ ʁɑ̃paʁ,
    mɔ̃ buklje, oʁje vu, nə səʁε sə la vaɡ nɔsjɔ̃
    e la mwɛ̃dʁə ide də mε tɔʁtyʁə dεɡzile ?
    ɛ̃si kə dε kɔ̃sεpt dabɑ̃dɔ̃ e də sepaʁasjɔ̃,
    dɑ̃ tutə lœʁz- aksεpsjɔ̃z- e kɔnɔtasjɔ̃ ?

    ɑ̃n- efε, ʒə nɑ̃ dutə okynəmɑ̃ !
    puʁ kə lamuʁ sə paʁtaʒə mjø
    fo til bjɛ̃ kə ʃakœ̃ lε tut- ɑ̃tje.
    e vu dø, ɑ̃ sə sɑ̃s vu nə fεtə kynə
    puʁ mɛ̃kylke, sɑ̃ mɛ̃kylpe,
    avεk dεksteʁite, lε sεkʁε dynə tεllə administʁasjɔ̃.

    ui, ɑ̃tʁə lə seʒuʁ e lə ɡʁɑ̃ ʁətuʁ,
    mɔ̃ kœʁ kɔmə paʁ ɑ̃ʃɑ̃təmɑ̃,
    dəpɥi bεllə lyʁεtə a fε sɔ̃ ʃwa
    pwɛ̃ il nə tʁebyʃə, ɡεʁə nə ʁəkylə
    e nylmɑ̃ nɑ̃tɑ̃ fεʁə də mwa œ̃ sɑ̃z- avø.

    e mɔ̃n- amə də sɔ̃ kote, a ʃakə depaʁ taʁozə
    də sε plys dusəz- e pʁesjøzə plɥi,
    a lœʁ dy ləʁə dy ʁənuvεllmɑ̃ də mɔ̃n- εɡzil,
    sɑ̃ tʁo savwaʁ kɑ̃, ɑ̃kɔʁə ynə fwa, də pa leʒe
    ʒə tə kaʁesəʁε dy ʁəɡaʁ, lε mɔnymɑ̃z- ɑ̃bylɑ̃ də mɔ̃ dilə,
    ni lεspwaʁ də tə ʁəvwaʁ twa mɔ̃ tʁezɔʁ, twa ma mεʁə.

    vu si bjɛ̃ mavjez- ɑ̃sεɲe, e sə avεk talɑ̃
    la maʒi də fεʁə də lo dy bəʁə,
    sɑ̃ ʒamε pʁɔfane ni suje mε kɔ̃viksjɔ̃,
    ni dotʁɥi pʁɔfite dε sɑ̃timɑ̃ lε plys sɛ̃z- e pʁɔfɔ̃,
    ni ɑ̃kɔʁə mwɛ̃ də mε pozisjɔ̃z- ɑ̃ pʁɔfite puʁ fεʁə mɔ̃ bəʁə.

    sεt ɔmə a letɔnɑ̃ kaʁaktεʁə e ɡʁɑ̃dœʁ damə
    koʒuʁdɥi ʒə sɥi dəvəny, ʒə vu lə dwaz- a vu,
    kɔmə œ̃ ʒuʁ mə lavε kɔ̃fese mɔ̃ fø pεʁə,
    kə mɛ̃pɔʁtə si dokœ̃ mə ʒyʒe e mεstime fu,
    ʁasyʁe vu, dɑ̃ mε kɔ̃viksjɔ̃ ʒə nə sɥi ʒamε flu !

    puʁ la pʁəmjεʁə fwa ʒε vɔlɔ̃tje deside,
    e sə, kɔ̃tʁə ma pʁɔpʁə vɔlɔ̃te
    dɑ̃kɔʁə ynə fwa vu lεse,
    sɑ̃ kynə ɡutə də ʁoze də mεz- iø vu ɡʁatifje.
    mεz- ela ! lə dilamə etε kɔmɑ̃ i paʁvəniʁ ?
    ʒɑ̃n- avεz- absɔlymɑ̃ okynə ide.

    a ui, lə ʃwa etε pø tεtʁə də mɑ̃n- ale,
    dɑ̃ la mεmə sitɥasjɔ̃ fasə a mɔ̃ pεʁə,
    lɔʁ də sa kɔ̃valesɑ̃sə, il i a vɛ̃t- ɑ̃,
    diskʁεtəmɑ̃, sɑ̃ fεʁə lə mwɛ̃dʁə bʁɥi,
    kɔmə ty mə la si bjɛ̃ sɔlisite
    ɑ̃ vɥ də tepaʁɲe dɑ̃nɥi
    ma tɑ̃dʁə mεʁə ʃeʁi.

    malɡʁe la deɡʁadasjɔ̃ də leta də ta sɑ̃te mamɑ̃,
    ki o depaʁ nə mavε pa tʁo dɔne lεspwaʁ də nu ʁəvwaʁ,
    a tε ʃəvε ʒε ete,
    ʒavε kʁy puʁ œ̃n- ɛ̃stɑ̃ a tε deziʁz- avwaʁ sykɔ̃be
    səpɑ̃dɑ̃, a ma ʁevɔltə ɛ̃teʁjəʁə ʒε plyto akjεse.

    ɑ̃n- efε, ʒə metε deside də mɑ̃n- ale,
    nɔ̃ pa sɑ̃ tə fεʁə mεz- adjø,
    mε plyto sɑ̃ tə diʁə ynə fwa də plys,
    ɑ̃kɔʁə e ɑ̃kɔʁə o ʁəvwaʁ,
    ma tʁε ʃεʁə pətitə mamɑ̃ adɔʁe.

    ty mavε syfizamɑ̃ ʁekɔ̃fɔʁte
    o pwɛ̃ də kʁwaʁə œ̃ tεl defi avwaʁ syʁmɔ̃te.
    o fε, ʒetε syʁ lə pwɛ̃ datɛ̃dʁə lɔbʒεktif si kɔ̃tʁɔvεʁse
    kə nu nuz- esjɔ̃ pʁɔpoze,
    kɑ̃, o mɔmɑ̃ də mɔ̃ ʁətuʁ də laeʁɔpɔʁ
    apʁε lə ʃεk ɛ̃, pɥiskə ʒə nabitə pa tʁo lwɛ̃,
    lə ʃapitʁə də sεtə si ɡʁɑ̃də istwaʁə damuʁ
    kə nu vuljɔ̃ fɥiʁ ε pʁi lə dəsy.

    ɛ̃si, o ljø də ɡaspije lə pø e si pʁesjø tɑ̃
    ki mə ʁεstε a pase o pεi dɑ̃z- ynə moditə salə datɑ̃tə,
    ʁəɡɔʁʒe də madiɡʁa mal maske,
    ʒε pʁefeʁe limɔʁtalize a tε kote
    ʒavε pʁiz- ynə mɔto e a la mεzɔ̃ ʁəvəniʁ
    puʁ də ʃakə səɡɔ̃də ʒuiʁ ɛ̃tɑ̃semɑ̃
    avεk twa ʒyska pø avɑ̃ lɑ̃baʁkəmɑ̃.

    kaʁ tε deziʁ nə puvε εtʁə εkspʁime
    sɑ̃ finalite ni pɔsibilite dakɔ̃plisəmɑ̃.
    səpɑ̃dɑ̃, lamuʁ dεz- ɑ̃tʁajə
    si ɡʁɑ̃t- e si ɛ̃tɑ̃sə dynə mεʁə ɑ̃dɔlɔʁi
    asistɑ̃, ɑ̃ depi dε baʁjεʁə də sεz- iø də ʃεʁ,
    o tʁistə spεktaklə dy depaʁ də sɔ̃ fis bjɛ̃ εme,
    ɑ̃n- a ʁwajaləmɑ̃ pʁi lə dəsy.

    ynə fwa də plys, la vi mə pɔʁtə a tabɑ̃dɔne
    kwakə ty swa sə ko mɔ̃də ʒεmə lə plys.
    pɥiskə lεz- iø kœʁ nɔ̃ okynə limitə
    avεk ynə pʁɔfɔ̃dœʁ tʁε pø ɔʁdinεʁə,
    ty a amεʁəmɑ̃ kɔ̃tɑ̃ple sεz- epizɔdə pwaɲɑ̃
    kə, dəpɥi deʒa səla fε tʁo lɔ̃tɑ̃,
    swa il i a otuʁ də vɛ̃t- døz- ɑ̃
    la vi sεt- iʁɔnikəmɑ̃ pʁɔpoze də nu ʒue.

    kεllə flaɡʁɑ̃sə də ləʁə, e sə syʁ lœʁ !
    ni twa ni mwa navjɔ̃ py mεtʁize sεt ɛ̃stɑ̃,
    si ɛ̃tɑ̃sə bɔnœʁ etʁike də pœʁ
    kə sə nε ete də nu vwaʁ la dεʁnjεʁə pɔsibilite.
    dy fɔ̃ də tɔ̃n- amə tεl lə ʁyʒisəmɑ̃ dœ̃ ljɔ̃ afliʒe
    ʒaji sudɛ̃ ɑ̃ sɑ̃ɡlo də ta vwa œ̃ delεktablə kʁi.

    e kɔmə dε minje dɑ̃ lœʁ ʁye vεʁ
    dε pεʁlə- ʁaʁə dɔ̃ twa sələ ɑ̃n- a lə sεkʁε də la kεtə,
    noz- iø sə sɔ̃t- imɔ̃də də ʁezistɑ̃sə
    puʁ sinɔ̃de dɛ̃taʁisablə laʁmə,
    də la suʁsə inepɥizablə də nɔtʁə amuʁ.

    kə setε duluʁøzəmɑ̃ bo !
    sεt ɛ̃stɑ̃ də si ɛ̃tɑ̃sə kɔmynjɔ̃ də no kœʁ
    fidεləz- e eɡoz- a lamuʁ ɔʁ pεʁ kə nu nu pɔʁtɔ̃ fjεʁəmɑ̃ !

    tuʒuʁ ʒə mə dəmɑ̃də paʁadɔksaləmɑ̃,
    paʁ kεllə maʒi kɔ̃pɑ̃se kazime vɛ̃t- døz- ɑ̃ dabsɑ̃sə
    paʁ otuʁ də sələmɑ̃ katʁə ɑ̃ də pʁezɑ̃sə mɔʁsəle
    o swaʁ də la vi dœ̃n- εtʁə osi ʃεʁ kynə mεʁə ?
    ɑ̃kɔʁə mwɛ̃ paʁ œ̃ seʒuʁ də mwɛ̃ də di- ʒuʁ
    ʁɑ̃pliʁ lə vidə də døz- ɑ̃ də depʁesjɔ̃ ?

    mɔ̃ djø, kɔmɑ̃ pɥi ʒə avwaʁ ete osi kʁyεl
    ɑ̃vεʁz- εllə e osi ɑ̃vεʁ mwa mεmə ?
    kɔmɑ̃ pɥi ʒə dɑ̃ sa vi ɑ̃tʁe e sɔʁtiʁ a ma ɡizə
    sɑ̃ kə la pʁɔfɔ̃dœʁ də mɔ̃n- amuʁ nə deɡizə
    e lotɑ̃tisite də nɔtʁə veʁitablə sɑ̃tiʁ nə sə fɔlklɔʁizə ?

    o mamɑ̃, ma dusə e tɑ̃dʁə mεʁə
    lamuʁ kə ʒə pɔʁtə sɑ̃ ʒamε fajiʁ,
    əkivo a səlɥi kə ʒə sɑ̃s puʁ nɔtʁə ʃεʁə εjiti !
    kə fεʁə sinɔ̃ kə də kɔ̃tinɥe a mabɑ̃dɔne
    o desɛ̃ də la pʁɔvidɑ̃sə ki sə vø də mɑ̃tʁεne ?

    mεʁsi də mə pɔʁte a ʁealize
    kə mεmə lə seʒuʁ etεʁnεl dœ̃ fis bjɛ̃ εme
    dɑ̃ la dəməʁə patεʁnεllə
    nε ʒamε tʁo lɔ̃ puʁ pεʁə dεz- εmɑ̃,
    ɛ̃kapablə detɑ̃ʃe la swaf dy ʁətuʁ o bεʁso matεʁnεl.

    mεʁsi də pʁɔvɔke ɑ̃ mwa mamɑ̃
    œ̃ sɑ̃timɑ̃ si fɔʁ, si pɥisɑ̃ e si debɔʁdɑ̃ !
    swa fɔʁtə mɔ̃ tʁezɔʁ,
    nə laʃə pa pʁizə mɔ̃n- amuʁ,
    kaʁ, paʁ la ɡʁasə dy tu pɥisɑ̃,
    ɔ̃ sə ʁəveʁa ɑ̃kɔʁə e ɑ̃kɔʁə.

    ɑ̃n- efε, paʁ sε vεʁ si pʁɔfɔ̃z- e εksplisitə
    də stefanə malaʁme dɑ̃ pɔezi, lazyʁ
    il ni a pa mεjəʁə fasɔ̃ puʁ vuz- εkspʁime mε sɑ̃timɑ̃,
    o εjiti, o mɑ̃mɑ̃ ʃəʁi !
    « u fɥiʁ dɑ̃ la ʁevɔltə inytilə e pεʁvεʁsə ?
    ʒə sɥi-ɑ̃te. lazyʁ ! lazyʁ ! lazyʁ ! lazyʁ ! »

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Auteur de Poésie
16/09/2020 17:53Anya

très beau poème émouvant sur l’exil, l amour d une mère et de la mère patrie, qui se fondent et se conjuguent à l infini. Bravo et merci.