Poeme-France : Lecture Écrit Autre

Prose : Le Vampire

Prose Autre
Publié le 09/11/2017 18:19

L'écrit contient 1525 mots qui sont répartis dans 40 strophes.

Poete : Margezen

A Propos de cette Prose

Une histoire d’amour

Le Vampire

Je me réveille au petit matin dans les draps blancs de l’hôtel, seule une tache écarlate sur le rebord immaculé de ma couche atteste que je n’ai pas rêvé, il est venu. Comment m’a-t-il retrouvé ?

Je revois dans un cauchemar son ombre grandissante masquant la faible lueur lunaire, je sens encore… Et je porte la main à mon cou et la retire. Elle est tachée de sang, il m’a mordue.

Je frissonne. Et lentement, me glisse hors du lit. Je me redresse. Mais trop faibles, mes jambes ne me portent plus. Je me laisse choir sur le mince édredon d’une éclatante blancheur.

Mes forces vont revenir, je dois juste patienter. Les yeux mi-clos je me remémore notre première rencontre, il était si beau et tellement galant. Chaque mot qui sortait de sa bouche était un enchantement, il m’a séduite dès les premiers instants, dès le premier regard.

En me serrant tout contre lui, ses yeux rivés aux miens, il m’a entraînée dans une valse qui n’en finissait pas, j’étais complètement subjuguée par cet homme. Il a posé ses lèvres sur les miennes, il m’embrassait avec voracité, et avec ce baiser j’avais la sensation de lui appartenir tout entière.
Lentement, il m’attira à l’écart des couples virevoltants sous la lumière tamisée des lampions, je n’opposais aucune résistance.

Il me caressa les cheveux et ma tête bascula en arrière. Je fixais les étoiles, quand je sentis dans mon cou offert à la chaleur de sa bouche, la brûlure de la morsure.
J’eus un sursaut, et je m’écartai de lui, mais trop tard, il s’éclipsa en me promettant de revenir, et semblant s’évanouir dans l’obscurité de la nuit, il me quitta.

D’une démarche hésitante, je me dirige vers la fenêtre, une aube brumeuse étouffe l’horizon.
Après une douche revigorante, j’enfile une robe et une légère veste de mi-saison ; un foulard assorti à ma tenue dissimulera la marque laissée par mon visiteur de la nuit.

Il est grand temps que je rentre chez moi, s’il m’a retrouvée ici il est inutile que je demeure dans cet hôtel.

Je dispose mes quelques affaires dans mon sac et jette un dernier regard vers le lit défait, la tache se dissimule discrètement dans l’un des replis du drap.
Mais quelque chose attire mon attention, un papier traîne sur le sol, je le ramasse, c’est une invitation à la soirée « Aux roses rouges ».

Je suis perplexe. L’aurait-il sciemment déposé pour moi ou simplement perdu ?

Je le plie et le glisse dans la poche de ma veste.

Curieuse, je ne peux résister à la tentation, la soirée est prévue pour la fin de la journée, mais déjà j’ai une furieuse envie de voir cet endroit.

Je demande mon chemin à plusieurs reprises et arrive enfin en vue de la salle, l’endroit est isolé et entouré d’arbres et je stationne prudemment la voiture à une vingtaine de mètres de l’entrée.

Placardé sur la porte close, je remarque une affiche identique à mon prospectus : une danseuse immobilisée dans une pose lascive avec à ses pieds un homme lui tendant trois roses rouges.

« Invitation pour la réouverture du cabaret » aux roses rouges « entrée libre à partir de 22 heures. »

Je jette discrètement un coup d’œil aux carreaux protégés par des grillages, mais ne distingue pas grand-chose.
Je reviendrai tout à l’heure, l’accès est autorisé à tous et en plus je possède ce prospectus.

Malgré mes craintes, je suis déraisonnablement attirée vers ce jeune homme que je voulais fuir et qui occupe à présent toutes mes pensées et j’espère qu’il sera présent.

Mais il est encore bien tôt et je reprends le chemin de la maison. Je pousse la porte. Assis à la table, mon père me fixe avec animosité.

— Où donc étais-tu ? J’admets que tu sois majeure, mais tu aurais pu prévenir ton père. Partir sans un mot comme une voleuse. Je t’ai vue t’écarter de la fête avec ce jeune homme, c’est à cause de lui n’est-ce pas, tu es vraiment comme ta mère.

— Papa arrête ! Je t’interdis de parler de Maman comme tu le fais, et je n’étais pas avec cet homme, j’avais besoin de changer d’air.

— Je me saigne aux quatre veines pour t’offrir une vie décente, et tu disparais le lendemain de ta fête d’anniversaire, elle est jolie la jeunesse. Et le vieil homme avale une lampée de la bouteille trônant sur la table.

— Si Maman est partie, c’est de ta faute, elle ne supportait plus de te voir ivre à longueur de journée.

— Ferme –la ! Tu n’es qu’une petite traînée. Menaçant, il se lève et la jeune fille s’élance dans l’escalier et se réfugie dans sa chambre. Elle sait que quand il est dans cet état, il est inutile de discuter avec lui.

Butant sur la porte close, je l’entends redescendre les marches en maugréant.

— Oh, Maman, pourquoi m’as-tu laissée ?

Je patiente un long moment, et ne tarde pas à entendre les ronflements puissants de mon père.

Rassurée, je retourne dans la cuisine et me réchauffe un plat préparé. Il reste quelques bouteilles entamées dans le frigo. Je ne me berce pas d’illusions, elles n’y végéteront pas longtemps. Après tout, qu’il se saoule. Ce soir, je vais aller « Aux roses rouges », je m’en réjouis par avance.

Après la morsure qu’il m’infligea, une sensation étrange m’avait envahi, une sorte d’euphorie mêlée de crainte. Et la raison l’emporta sur le désir, je devais fuir ce jeune homme si différent des autres. Entraînée par la foule qui m’entourait, je sentais encore son regard me pénétrer, et un désir insensé me submerger quand il m’étreignait. À la hâte, je rangeais alors quelques vêtements dans un sac. Je partais pour m’éloigner de cet homme et de la sensualité qui émanait de lui, de son regard hypnotique qui incendiait mon corps et troublait mon esprit.

Mais cette nuit, abritée dans cet hôtel, il m’a retrouvée. Et c’est moi à présent qui vais à sa rencontre. Toutes mes hésitations ont disparu.

J’entre « aux roses rouges » l’invitation à la main, mais personne ne me demande rien. Je l’aperçois, il est là, assis à une table entourée de trois filles magnifiques, il est tellement accaparé par ces femmes qui le couvent de regards gourmands qu’il n’a même pas fait attention à moi.

J’ai envie de faire demi-tour, de m’éclipser. Qu’importe, il ne saura jamais que je suis venue, que j’ai franchi cette porte afin de le revoir.

La pièce est plongée dans une pénombre éclairée seulement par des lueurs jaillissant de la scène où deux jeunes filles à moitié nues dansent lascivement.

Ne le quittant pas des yeux, je me coule dans l’ombre. Une femme vulgaire, à la poitrine opulente et habillée d’une robe lui collant à la peau, danse avec un jeune homme qui pourrait être son fils, elle rit de toutes ses dents quand le jeune homme la serre tout contre lui.

La salle est bondée et je me déplace avec difficulté entre ces hommes et ces femmes agglutinés l’un à l’autre pour apercevoir celui pour qui je suis venue.

Il est si beau avec ses traits si parfaits, son teint pâle, sa peau aussi douce que celle d’un enfant, sa peau que j’ai envie de caresser encore et encore.

Et tout me revient en mémoire. Nos étreintes passionnées, je n’appartiens qu’à lui, je le dévore du regard, et il l’a certainement senti, car il a tourné les yeux dans ma direction. Il sourit, un sourire à la fois ironique et envoûtant. Il me fait signe d’approcher.

Je ne vois plus que lui, tout le reste n’existe plus, je m’approche ne le quittant pas du regard. Je le vois échapper aux femelles en chaleur qui tentent de le retenir, il se lève et se dirige vers moi.

Il m’enlace contre lui, j’entends son cœur tambouriner dans sa poitrine. Ou bien est-ce le mien ? Je ne peux en être certaine, car nous sommes soudés l’un à l’autre. Je suis les mouvements de la danse dans laquelle il m’entraîne. Son souffle dans mon cou, et l’extase quand ses canines s’insinuent lentement sous le fragile rempart de ma peau.

Ensuite son baiser qui me dévore le cœur. Je perçois des cris étouffés puis plus appuyés autour de nous, il m’attire vers l’extérieur, loin de cette salle juste avant que les portes ne soient scellées.

Il m’emporte. Je flotte avec lui entre le ciel et la terre, aucune crainte en moi, seulement la certitude d’un amour infini. J’ignore où il m’emmène, mais là où il ira je serai avec lui.
  • Phonétique : Le Vampire

    ʒə mə ʁevεjə o pəti matɛ̃ dɑ̃ lε dʁa blɑ̃ də lotεl, sələ ynə taʃə ekaʁlatə syʁ lə ʁəbɔʁ imakyle də ma kuʃə atεstə kə ʒə nε pa ʁεve, il ε vəny. kɔmɑ̃ ma til ʁətʁuve ?

    ʒə ʁəvwa dɑ̃z- œ̃ koʃəmaʁ sɔ̃n- ɔ̃bʁə ɡʁɑ̃disɑ̃tə maskɑ̃ la fεblə lɥœʁ lynεʁə, ʒə sɑ̃sz- ɑ̃kɔʁə… e ʒə pɔʁtə la mɛ̃ a mɔ̃ ku e la ʁətiʁə. εllə ε taʃe də sɑ̃, il ma mɔʁdɥ.

    ʒə fʁisɔnə. e lɑ̃təmɑ̃, mə ɡlisə ɔʁ dy li. ʒə mə ʁədʁεsə. mε tʁo fεblə, mε ʒɑ̃bə nə mə pɔʁte plys. ʒə mə lεsə ʃwaʁ syʁ lə mɛ̃sə edʁədɔ̃ dynə eklatɑ̃tə blɑ̃ʃœʁ.

    mε fɔʁsə- vɔ̃ ʁəvəniʁ, ʒə dwa ʒystə pasjɑ̃te. lεz- iø mi klo ʒə mə ʁəmemɔʁə nɔtʁə pʁəmjεʁə ʁɑ̃kɔ̃tʁə, il etε si bo e tεllmɑ̃ ɡalɑ̃. ʃakə mo ki sɔʁtε də sa buʃə etε œ̃n- ɑ̃ʃɑ̃təmɑ̃, il ma sedɥitə dε lε pʁəmjez- ɛ̃stɑ̃, dε lə pʁəmje ʁəɡaʁ.

    ɑ̃ mə seʁɑ̃ tu kɔ̃tʁə lɥi, sεz- iø ʁivez- o mjɛ̃, il ma ɑ̃tʁεne dɑ̃z- ynə valsə ki nɑ̃ finisε pa, ʒetε kɔ̃plεtəmɑ̃ sybʒyɡe paʁ sεt ɔmə. il a poze sε lεvʁə- syʁ lε mjεnə, il mɑ̃bʁasε avεk vɔʁasite, e avεk sə bεze ʒavε la sɑ̃sasjɔ̃ də lɥi apaʁtəniʁ tut- ɑ̃tjεʁə.
    lɑ̃təmɑ̃, il matiʁa a lekaʁ dε kuplə viʁəvɔltɑ̃ su la lymjεʁə tamize dε lɑ̃pjɔ̃, ʒə nɔpozεz- okynə ʁezistɑ̃sə.

    il mə kaʁesa lε ʃəvøz- e ma tεtə baskyla ɑ̃n- aʁjεʁə. ʒə fiksε lεz- etwalə, kɑ̃ ʒə sɑ̃ti dɑ̃ mɔ̃ ku ɔfεʁ a la ʃalœʁ də sa buʃə, la bʁylyʁə də la mɔʁsyʁə.
    ʒy œ̃ syʁso, e ʒə mekaʁtε də lɥi, mε tʁo taʁ, il seklipsa ɑ̃ mə pʁɔmεtɑ̃ də ʁəvəniʁ, e sɑ̃blɑ̃ sevanuiʁ dɑ̃ lɔpskyʁite də la nɥi, il mə kita.

    dynə demaʁʃə ezitɑ̃tə, ʒə mə diʁiʒə vεʁ la fənεtʁə, ynə obə bʁymøzə etufə lɔʁizɔ̃.
    apʁεz- ynə duʃə ʁəviɡɔʁɑ̃tə, ʒɑ̃filə ynə ʁɔbə e ynə leʒεʁə vεstə də mi sεzɔ̃, œ̃ fulaʁ asɔʁti a ma tənɥ disimyləʁa la maʁkə lεse paʁ mɔ̃ vizitœʁ də la nɥi.

    il ε ɡʁɑ̃ tɑ̃ kə ʒə ʁɑ̃tʁə ʃe mwa, sil ma ʁətʁuve isi il εt- inytilə kə ʒə dəməʁə dɑ̃ sεt otεl.

    ʒə dispozə mε kεlkz- afεʁə dɑ̃ mɔ̃ sak e ʒεtə œ̃ dεʁnje ʁəɡaʁ vεʁ lə li defε, la taʃə sə disimylə diskʁεtəmɑ̃ dɑ̃ lœ̃ dε ʁəpli dy dʁa.
    mε kεlkə ʃozə atiʁə mɔ̃n- atɑ̃sjɔ̃, œ̃ papje tʁεnə syʁ lə sɔl, ʒə lə ʁamasə, sεt- ynə ɛ̃vitasjɔ̃ a la swaʁeə « o ʁozə ʁuʒəs ».

    ʒə sɥi pεʁplεksə. loʁε til sjamɑ̃ depoze puʁ mwa u sɛ̃pləmɑ̃ pεʁdy ?

    ʒə lə pli e lə ɡlisə dɑ̃ la poʃə də ma vεstə.

    kyʁjøzə, ʒə nə pø ʁeziste a la tɑ̃tasjɔ̃, la swaʁe ε pʁevɥ puʁ la fɛ̃ də la ʒuʁne, mε deʒa ʒε ynə fyʁjøzə ɑ̃vi də vwaʁ sεt ɑ̃dʁwa.

    ʒə dəmɑ̃də mɔ̃ ʃəmɛ̃ a plyzjœʁ ʁəpʁizəz- e aʁivə ɑ̃fɛ̃ ɑ̃ vɥ də la salə, lɑ̃dʁwa εt- izɔle e ɑ̃tuʁe daʁbʁəz- e ʒə stasjɔnə pʁydamɑ̃ la vwatyʁə a ynə vɛ̃tεnə də mεtʁə- də lɑ̃tʁe.

    plakaʁde syʁ la pɔʁtə klozə, ʒə ʁəmaʁkə ynə afiʃə idɑ̃tikə a mɔ̃ pʁɔspεktys : ynə dɑ̃søzə imɔbilize dɑ̃z- ynə pozə lasivə avεk a sε pjez- œ̃n- ɔmə lɥi tɑ̃dɑ̃ tʁwa ʁozə ʁuʒə.

    « ɛ̃vitasjɔ̃ puʁ la ʁeuvεʁtyʁə dy kabaʁət » o ʁozə ʁuʒəs « ɑ̃tʁe libʁə a paʁtiʁ də vɛ̃t- dø œʁ. »

    ʒə ʒεtə diskʁεtəmɑ̃ œ̃ ku dœj o kaʁo pʁɔteʒe paʁ dε ɡʁijaʒə, mε nə distɛ̃ɡ pa ɡʁɑ̃ ʃozə.
    ʒə ʁəvjɛ̃dʁε tut- a lœʁ, laksεz- εt- otɔʁize a tusz- e ɑ̃ plys ʒə pɔsεdə sə pʁɔspεktys.

    malɡʁe mε kʁɛ̃tə, ʒə sɥi deʁεzɔnabləmɑ̃ atiʁe vεʁ sə ʒənə ɔmə kə ʒə vulε fɥiʁ e ki ɔkypə a pʁezɑ̃ tutə mε pɑ̃sez- e ʒεspεʁə kil səʁa pʁezɑ̃.

    mεz- il εt- ɑ̃kɔʁə bjɛ̃ to e ʒə ʁəpʁɑ̃ lə ʃəmɛ̃ də la mεzɔ̃. ʒə pusə la pɔʁtə. asiz- a la tablə, mɔ̃ pεʁə mə fiksə avεk animozite.

    u dɔ̃k etε ty ? ʒadmε kə ty swa maʒəʁə, mε ty oʁε py pʁevəniʁ tɔ̃ pεʁə. paʁtiʁ sɑ̃z- œ̃ mo kɔmə ynə vɔløzə. ʒə tε vɥ tekaʁte də la fεtə avεk sə ʒənə ɔmə, sεt- a kozə də lɥi nε sə pa, ty ε vʁεmɑ̃ kɔmə ta mεʁə.

    papa aʁεtə ! ʒə tɛ̃tεʁdi də paʁle də mamɑ̃ kɔmə ty lə fε, e ʒə netε pa avεk sεt ɔmə, ʒavε bəzwɛ̃ də ʃɑ̃ʒe dεʁ.

    ʒə mə sεɲə o katʁə vεnə puʁ tɔfʁiʁ ynə vi desɑ̃tə, e ty dispaʁε lə lɑ̃dəmɛ̃ də ta fεtə danivεʁsεʁə, εllə ε ʒɔli la ʒənεsə. e lə vjεj ɔmə avalə ynə lɑ̃pe də la butεjə tʁonɑ̃ syʁ la tablə.

    si mamɑ̃ ε paʁti, sε də ta fotə, εllə nə sypɔʁtε plys də tə vwaʁ ivʁə a lɔ̃ɡœʁ də ʒuʁne.

    fεʁmə la ! ty nε kynə pətitə tʁεne. mənasɑ̃, il sə lεvə e la ʒənə fijə selɑ̃sə dɑ̃ lεskalje e sə ʁefyʒi dɑ̃ sa ʃɑ̃bʁə. εllə sε kə kɑ̃t- il ε dɑ̃ sεt eta, il εt- inytilə də diskyte avεk lɥi.

    bytɑ̃ syʁ la pɔʁtə klozə, ʒə lɑ̃tɑ̃ ʁədesɑ̃dʁə lε maʁʃəz- ɑ̃ moɡʁeɑ̃.

    ɔ, mamɑ̃, puʁkwa ma ty lεse ?

    ʒə pasjɑ̃tə œ̃ lɔ̃ mɔmɑ̃, e nə taʁdə pa a ɑ̃tɑ̃dʁə lε ʁɔ̃fləmɑ̃ pɥisɑ̃ də mɔ̃ pεʁə.

    ʁasyʁe, ʒə ʁətuʁnə dɑ̃ la kɥizinə e mə ʁeʃofə œ̃ pla pʁepaʁe. il ʁεstə kεlk butεjəz- ɑ̃tame dɑ̃ lə fʁiɡo. ʒə nə mə bεʁsə pa dilyzjɔ̃, εllə ni veʒetəʁɔ̃ pa lɔ̃tɑ̃. apʁε tu, kil sə saulə. sə swaʁ, ʒə vεz- alʁ « o ʁozə ʁuʒəs », ʒə mɑ̃ ʁeʒui paʁ avɑ̃sə.

    apʁε la mɔʁsyʁə kil mɛ̃fliʒa, ynə sɑ̃sasjɔ̃ etʁɑ̃ʒə mavε ɑ̃vai, ynə sɔʁtə dəfɔʁi mεle də kʁɛ̃tə. e la ʁεzɔ̃ lɑ̃pɔʁta syʁ lə deziʁ, ʒə dəvε fɥiʁ sə ʒənə ɔmə si difeʁɑ̃ dεz- otʁə. ɑ̃tʁεne paʁ la fulə ki mɑ̃tuʁε, ʒə sɑ̃tεz- ɑ̃kɔʁə sɔ̃ ʁəɡaʁ mə penetʁe, e œ̃ deziʁ ɛ̃sɑ̃se mə sybmεʁʒe kɑ̃t- il metʁεɲε. a la atə, ʒə ʁɑ̃ʒεz- alɔʁ kεlk vεtəmɑ̃ dɑ̃z- œ̃ sak. ʒə paʁtε puʁ melwaɲe də sεt ɔmə e də la sɑ̃sɥalite ki emanε də lɥi, də sɔ̃ ʁəɡaʁ ipnɔtikə ki ɛ̃sɑ̃djε mɔ̃ kɔʁz- e tʁublε mɔ̃n- εspʁi.

    mε sεtə nɥi, abʁite dɑ̃ sεt otεl, il ma ʁətʁuve. e sε mwa a pʁezɑ̃ ki vεz- a sa ʁɑ̃kɔ̃tʁə. tutə mεz- ezitasjɔ̃z- ɔ̃ dispaʁy.

    ʒɑ̃tʁə « o ʁozə ʁuʒəs » lɛ̃vitasjɔ̃ a la mɛ̃, mε pεʁsɔnə nə mə dəmɑ̃də ʁjɛ̃. ʒə lapεʁswa, il ε la, asiz- a ynə tablə ɑ̃tuʁe də tʁwa fijə maɲifik, il ε tεllmɑ̃ akapaʁe paʁ sε famə ki lə kuvɑ̃ də ʁəɡaʁd ɡuʁmɑ̃ kil na mεmə pa fε atɑ̃sjɔ̃ a mwa.

    ʒε ɑ̃vi də fεʁə dəmi tuʁ, də meklipse. kɛ̃pɔʁtə, il nə soʁa ʒamε kə ʒə sɥi vənɥ, kə ʒε fʁɑ̃ʃi sεtə pɔʁtə afɛ̃ də lə ʁəvwaʁ.

    la pjεsə ε plɔ̃ʒe dɑ̃z- ynə penɔ̃bʁə eklεʁe sələmɑ̃ paʁ dε lɥœʁ ʒajisɑ̃ də la sεnə u dø ʒənə fijəz- a mwatje nɥ dɑ̃se lasivəmɑ̃.

    nə lə kitɑ̃ pa dεz- iø, ʒə mə kulə dɑ̃ lɔ̃bʁə. ynə famə vylɡεʁə, a la pwatʁinə ɔpylɑ̃tə e-abije dynə ʁɔbə lɥi kɔlɑ̃ a la po, dɑ̃sə avεk œ̃ ʒənə ɔmə ki puʁʁε εtʁə sɔ̃ fis, εllə ʁit də tutə sε dɑ̃ kɑ̃ lə ʒənə ɔmə la seʁə tu kɔ̃tʁə lɥi.

    la salə ε bɔ̃de e ʒə mə deplasə avεk difikylte ɑ̃tʁə sεz- ɔməz- e sε faməz- aɡlytine lœ̃n- a lotʁə puʁ apεʁsəvwaʁ səlɥi puʁ ki ʒə sɥi vənɥ.

    il ε si bo avεk sε tʁε si paʁfε, sɔ̃ tɛ̃ palə, sa po osi dusə kə sεllə dœ̃n- ɑ̃fɑ̃, sa po kə ʒε ɑ̃vi də kaʁese ɑ̃kɔʁə e ɑ̃kɔʁə.

    e tu mə ʁəvjɛ̃ ɑ̃ memwaʁə. noz- etʁɛ̃tə pasjɔne, ʒə napaʁtjɛ̃ ka lɥi, ʒə lə devɔʁə dy ʁəɡaʁ, e il la sεʁtεnəmɑ̃ sɑ̃ti, kaʁ il a tuʁne lεz- iø dɑ̃ ma diʁεksjɔ̃. il suʁi, œ̃ suʁiʁə a la fwaz- iʁɔnikə e ɑ̃vutɑ̃. il mə fε siɲə dapʁoʃe.

    ʒə nə vwa plys kə lɥi, tu lə ʁεstə nεɡzistə plys, ʒə mapʁoʃə nə lə kitɑ̃ pa dy ʁəɡaʁ. ʒə lə vwaz- eʃape o fəmεlləz- ɑ̃ ʃalœʁ ki tɑ̃te də lə ʁətəniʁ, il sə lεvə e sə diʁiʒə vεʁ mwa.

    il mɑ̃lasə kɔ̃tʁə lɥi, ʒɑ̃tɑ̃ sɔ̃ kœʁ tɑ̃buʁine dɑ̃ sa pwatʁinə. u bjɛ̃ ε sə lə mjɛ̃ ? ʒə nə pøz- ɑ̃n- εtʁə sεʁtεnə, kaʁ nu sɔmə sude lœ̃n- a lotʁə. ʒə sɥi lε muvəmɑ̃ də la dɑ̃sə dɑ̃ lakεllə il mɑ̃tʁεnə. sɔ̃ suflə dɑ̃ mɔ̃ ku, e lεkstazə kɑ̃ sε kaninə sɛ̃sinɥe lɑ̃təmɑ̃ su lə fʁaʒilə ʁɑ̃paʁ də ma po.

    ɑ̃sɥitə sɔ̃ bεze ki mə devɔʁə lə kœʁ. ʒə pεʁswa dε kʁiz- etufe pɥi plysz- apyiez- otuʁ də nu, il matiʁə vεʁ lεksteʁjœʁ, lwɛ̃ də sεtə salə ʒystə avɑ̃ kə lε pɔʁtə- nə swae sεlle.

    il mɑ̃pɔʁtə. ʒə flɔtə avεk lɥi ɑ̃tʁə lə sjεl e la teʁə, okynə kʁɛ̃tə ɑ̃ mwa, sələmɑ̃ la sεʁtitydə dœ̃n- amuʁ ɛ̃fini. ʒiɲɔʁə u il mɑ̃mεnə, mε la u il iʁa ʒə səʁε avεk lɥi.

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18/09/2019Poeme-France
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