Poeme-France : Lecture Écrit Regard

Prose : Le Naufrage

Prose Regard
Publié le 09/05/2012 07:27

L'écrit contient 3157 mots qui sont répartis dans 4 strophes.

Poete : Pendantce

Le Naufrage

Le manque de culture n’est pas une chose grave quand on a en soi une certaine culture du manque…
Le problème devient un peu plus sérieux quand on manque de culture, et que pour y pallier intervient, à défaut de l’intelligence de le savoir, une certaine idée rassurante, bien trop rassurante, de la possession et de l’envie de paraître.
Beaucoup d’artistes, beaucoup de chanteurs, d’acteurs, beaucoup de producteurs ; beaucoup de gens pris en otages par l’idée sotte du sensationnel, conjuguent l’envie de paraître avec l’idée de possession ; ce qui les amène à l’idée de maîtrise, au détriment du vagabondage spirituel et esthétique, lié au tempérament artistique.
Qu’en serait-il des chanteurs et des chanteuses d’aujourd’hui ? que resterait-il de leurs chansons, si tout un système de matraquage via la promotion, les clips, l’apologie des personnalités via le visuel, et les applaudissements du public, systématiques lors d’émissions télévisuelles, n’était pas mis en place ?
Qu’en serait-il des acteurs et des actrices d’aujourd’hui ? que resterait-il de leurs films, si ce système de matraquage ne s’appliquait pas également ici, à travers les teasers, les bandes-annonces, les éloges mensongers et calculés, les corps dénudés dans certaines scènes, le glamour de certaines actrices et de certains acteurs, la presse people et les effets spéciaux du cinéma ?
Une question se pose alors : au fil des siècles, aurions-nous fait, peu à peu, le tour du monde spirituel ? pour ainsi sombrer dans l’art visuel vidé de substance, dans l’art entortillé de l’anecdote intéressante, dans l’art de chanter ou de filmer la banalité la plus sordide ? Sommes-nous devenus des virtuoses de l’art qui oeuvre pour ne rien dire ? Sommes-nous devenus des pantins carnassiers, à la recherche de la première arlequinade venue ? Avons-nous donc perdu notre propre imagination, notre propre enfance, notre propre potentiel à penser, et finalement notre propre talent, pour ainsi, bassement, nous contenter de ce qui ne peut contenter qu’une absence de nous-mêmes, en nous-mêmes ?
Je pense que l’art, qui n’est pas que la chanson et le cinéma, cherche une vérité. Cette recherche se base sur l’idée que chacun, à travers la diversité et la multiplicité de tout ; des peuples, des idées, des penseurs, des cultures, des phénomènes historiques, des villes, des systèmes, des conditions sociales, psychiques, affectives, des diversités climatiques, géographiques et géologiques etc. , je pense donc que cette recherche se base sur l’idée que chacun, à travers tout ceci, tente, plus ou moins secrètement, de comprendre, et de se frayer un chemin en optant pour la synthèse mental consciente et inconsciente, dans le but d’en tirer une création, selon ses aptitudes perçeptrices du moment. En ce sens, chacun cherche une unification de ses perceptions, à travers le constat et le dépassement de celles-ci, en créant une oeuvre d’art. Par conséquent, l’idée d’unification et de synthèse mentale a pour but l’appropriation d’une vérité, de la vérité selon chacun.
Une illustration à travers un petit texte :
Il n’est en ce monde de plein qui n’en soit vide
Il n’est en ce monde de vide qui n’en soit plein
La « vérité » est impalpable, inconcevable, inimaginable
car elle est entre les deux
Elle est comme un réservoir, peut être immense, peut être infime
dont l’espace-temps oriente les flux vers le plein, ou vers le vide
Elle serait, si l’espace-temps était pourvu de conscience (… )
l’inconscience de cet espace-temps
La vérité existe car elle n’existe pas
La vérité n’existe pas car elle existe
Et si la vérité demeurait dans l’inconscience de l’espace-temps
comment pourrait-on dire qu’elle existe
comment pourrait-on dire qu’elle n’existe pas
puisque nous ne pourrions qu’avoir conscience de la vérité
pour dire qu’elle existe ou pour dire qu’elle n’existe pas
Or, si nous disons qu’elle n’existe pas, c’est qu’elle existe, au moins dans la certitude
et si nous disons qu’elle existe, c’est qu’elle n’existe pas, au-delà de l’affirmation
Ne reste alors pour l’homme que la certitude et l’affirmation, au-delà de la vérité

L’art dépend-il des individus ? auquel cas tout le monde serait plus ou moins un artiste, par le simple fait de relâchement émotionnel, et également par l’idée poétique sous-jacente, que nous investissons sans forcément le savoir ? Ou bien l’art dépend-il du rapport entre le conscient et l’inconscient collectif ? auquel cas il serait une réaction psycho-sociale personnelle, liée à quelque chose concernant la société ?
En fait il est hautement probable qu’il soit les deux.
Et s’il est les deux, quelle serait la nature d’une attaque contre une forme d’art ?
I- Nature et constitution des arts
Je pense tout d’abord qu’il y a l’art « auto-culturel », personnel, et dilletante ou pas ; c’est l’art des petites gens, qui se manifestent par engouements à travers la passion, le plaisir, l’amour, via les hobbies, les activités créatrices, l’artisanat, l’ergothérapie etc. Mais c’est aussi l’art des pauvres gens, qui parfois « font des numéros » pour pouvoir manger, dormir et se vêtir, ce qui est aussi une forme d’art quand elle est faite à plusieurs ; ce sont les numéros de cirque, l’art du cirque, qui, il me semble à l’origine provient du nomadisme des gens du voyage, et des gitans notamment, qui pour vivre faisaient des numéros, entre autres.
Et puis il y a l’art conventionnel, disciplinaire, (ou carcéral je dirais) : l’art de la verticalité, que dis-je, des ! verticalités, qui se jugent, se jonchent, à coups d’audace judicieuse. C’est l’art qui fait intervenir la rivalité, mais aussi la notion d’instances, d’autorités artistiques, (maisons d’édition, producteurs, censure, prix, critiques, références etc. ) . C’est ce qu’on appelle aussi parfois l’art académique, quand justemment à cause de ce besoin de se démarquer, certains semblent perdre la tête, à défaut de se démarquer donc. C’est généralement cette forme d’art qui est exposée dans les musées, mais qui est souvent en vérité, un art qui commence et perdure dans la misère et la pauvreté des artistes, qui oeuvrent et ont oeuvré pour manger, comme dans le paragraphe ci-dessus.
De nos jours, il est progressivement apparu une troisième forme d’art, et ce par rapport à l’apparition de la radio, du cinéma, de la télévision, d’internet et de la technologie audio-visuelle. L’art devait forcément s’y engouffrer, car à part des informations et des documentaires, qu’aurait-on pu diffuser ? Le progrès apportant sa touche personnelle ; tout le monde s’est retrouvé, plus ou moins, avec une radio, une télévision, un ordinateur etc. L’art devenait populaire. Par conséquent, il fit intervenir des gens talentueux, grâce à leur éveil artistique, ainsi qu’une instance, (une autorité artistique) ; un système de diffusion et de commercialisation de cet art s’instaura : la promotion.
Et je pense qu’on peut dire qu’il existe aujourd’hui une quatrième forme d’art ; ce qu’on appelle pour schématiser « l’art moderne », qui a également des musées qui lui sont consacré, et où souvent on expose, en utilisant et en maniant la troisième forme d’art, précédemment citée dans le passage au-dessus.
II- Conscience et arts
L’art dépend des individus, ces sortes de prisonniers que nous sommes, dans un labyrinthe géant, où tout n’a tellement rien, apparemment, d’un labyrinthe, et où tout le monde ne saurait qu’y voir une promenade. Pour cela, il semble qu’il soit bien stupide de juger ; nous, hommes, un autre homme.
D’une part parce que les notions de direction, de sens et de but, n’existeraient pas directement, tant que la sortie du labyrinthe ne serait pas trouvée, et d’autre part car cette idée même, indique aussi le fait que personne n’est inférieur, ni supérieur à personne, dans un labyrinthe.
Tel est le but, entre autres, de la conscience humaine via ses semblables, dont il se doit d’avoir le devoir de conscience : « Je respecte mes semblables, car j’ai conscience d’avoir conscience de moi, quand j’ai conscience de l’autre, qui a conscience de lui, toujours, mais dont on ne sait pas s’il a conscience d’avoir conscience de lui-même, quand il est conscient, c’est à dire aussi, d’avoir conscience de moi, qui ai conscience de moi-même, sans forcément toujours avoir conscience d’avoir conscience de moi »
La conscience et l’inconscient « apparaissent »… l’art doit également faire avec, de surcroît lorsqu’il s’agit de promouvoir des ventes. L’idée de rentabilité et de profit « apparaît ». L’art devient subtil, trop subtil, tendancieux, calculé, orienté et axé vers des objectifs ; il devient complaisant, feignant, et consciemment condescendant, quand il ne porte pas un masque en public. Il suit les modes, les attentes et la demande ; il se réalise selon un rapport psycho-social et affectivo-culturel ; il se porte et se reporte à la conscience et à l’inconscient collectif, et parfois, il est manipulé par le propre ego de l’artiste, ou sollicité par diverses pressions (lobbies, gouvernements, sectes, médias, crises sociales, morosité citoyenne ou même les changements de saison etc. ) . C’est une autre forme d’art, qui selon moi est la plus détestable.
Je parlais plus haut en évoquant une question : « Quelle serait la nature d’une attaque contre une forme d’art ? »
Mais auparavant, j’ai parlé du « plein » et du « vide », où en gros je disais que tout plein est un vide qui se cache, et où tout vide est un plein qui se cache de même.
Puis j’ai parlé de la conscience et du respect : « Je te respecte car j’ai conscience d’avoir conscience de toi, mais je ne te respecte plus, quand je perd cette conscience. »
Par conséquent, si j’ai conscience d’avoir une conscience qui m’échappe quelquefois, car étant en rapport avec des sentiments et des idées, des gens et des choses qui m’échappent, et que j’attaque une forme d’art, en oubliant que j’apporte du « plein », à un vide ou à un trop plein, estimé par moi-même dans une oeuvre, et en oubliant aussi que je suis victime du « vide », qui m’a poussé à apporter ce « plein », alors je dirais que l’attaque devient absurde, vaine, fatuite et gratuite.
Si je critique une forme d’art, je me dois aussi de critiquer l’art en général, dans ses variantes et son historicité ; je me dois donc de dénigrer le tempérament artistique… et tôt ou tard, de fil en aiguille, si je suis correct et cohérent, j’en viendrais à critiquer et à dénigrer l’Homme. Car l’Homme doit faire appel à des adaptations pour vivre, et que ces adaptations passent par la conscience, conjuguée avec l’imagination, parce que toute activité humaine se base sur des croyances pré-établies, à force de mises en rapport répété entre la conscience et l’imaginaire… la même idée vaut pour l’art.
Le progrès des Hommes et de l’Humanité, est donc toujours le progrès des croyances, qui mène à des évolutions humaines, et à des évolutions artistiques par conséquent.
Au fil des siècles, nous n’avons pas encore fait le tour du monde spirituel… mais nous sombrons dans l’art visuel vidé de substance, dans l’art entortillé de l’anecdote intéressante, dans l’art de chanter ou de filmer la banalité la plus sordide, car l’art est devenu monnaie courante, et souvent au courant de la monnaie.
Nous sommes devenus des virtuoses de l’art, qui oeuvre pour ne rien dire, en disant tout.
Nous sommes devenus des pantins carnassiers, à la recherche de la première arlequinade venue, ou de la dernière des complexités. Car l’art s’est popularisé, en se scindant en deux : l’art de penser l’art, et l’art du divertissement pur et simple. L’art s’adapte aux besoins de la société : ultra-performante d’un côté, mais fatiguée, morose, tentée et frustrée de l’autre.
Nous n’avons pas perdu notre propre imagination, notre propre enfance, notre propre potentiel à penser, et finalement notre propre talent… mais bassement, nous nous contentons parfois de ce qui ne peut contenter qu’une absence de nous-mêmes, en nous-mêmes ; l’art devient extrémiste ; d’un côté il y a l’intellectualisation rigoureuse, et de l’autre le ludique léger ou le délire.
En même temps que beaucoup arrivent à se placer au milieu de l’intellect et du ludique, conjuguant les deux à la fois, de même que la société a conservé les oeuvres d’art passées, et en a surpassé en les intégrant, les concepts, les formats, les techniques et les paramètres.
Pour en venir au but, au-delà de la conception artistique, je dirais qu’à la base il demeure l’idée poétique, qui meut toujours les artistes, et tout le monde d’ailleurs, car qui est individu, est poésie et amour.


Cependant, si l’on imaginait la « fin du monde », que resterait-il alors de tout cela ? Que resterait-il de tout ces petits orchestres ça et là, disséminés, et jouant encore des airs entraînants, à bord de ce paquebot en plein naufrage ? Il semble qu’il n’en resterait que ces orchestres envoûtants, et charmant en réalité des gens, qui ignorent ! que dans deux ou trois heures ils mourront, noyés. En fait, il ne restera plus rien de tout cela… sauf si un bateau vient à la rescousse des naufragés, qui sans doute se diront alors : « Chouette ! Encore un voyage ! »… sauf également, si une île se trouve à proximité, et que ces gens, ces sortes de maniaques, baignés de rêveries multiples, à la limite de la folie optimiste, en viendraient à nager, euphoriques, jusqu’à cette île, croyant qu’elle serait un autre navire charmant.
Mais il y a encore une troisième possibilité, qui s’inspire de la deuxième…
Imaginons que bien avant le naufrage, le paquebot soit doté d’un système de sécurité ultime, efficace au-dela de l’entendement, et opératoire quelque soit la situation du navire… imaginons que bien avant le naufrage, l’immense bateau, déjà parti en voyage, sache qu’il fera naufrage, et que, embringué dans sa traversée, les membres de l’équipage n’avertissent personne de cela… puis l’accident apparaît, sans que personne ne sache qu’il s’agit d’un naufrage, et de surcroît, en laissant tout le monde se dire que ce changement de tenue du navire, fait partie du voyage, et est une sorte d’attraction, de divertissement, dans l’euphorie générale. Soudain, une autre « attraction » fait son apparition : il s’agit donc de la mise en branle du système de sécurité ultime. Celui-ci consiste à faire émerger au-dessus du bateau une plate-forme, qui aurait pour but la construction d’une île artificielle de sauvetage. L’île se construit très rapidement, puis, le bateau faisant naufrage concrètement, mais étant une attraction dans l’esprit psychosé des passagers, ceux-ci se dirigent vers l’île au moyen d’une passerelle. Le bateau coule, il sombre ; mais tout le monde est donc sauvés, apparemment…
Il faut ici préciser une chose capitale : le système de sécurité ultime ne consiste pas qu’à « sauver » les passagers. En effet, il construit une île ! C’est à dire avec tout ce que l’on peut trouver sur une île. Mais, cette île est artificielle ; par conséquent, tout ce qui se trouve, et se trouvera sur cette île, est et sera artificiel, dans le sens où rien de naturel n’apparaîtra, rien d’élémentaire : ni terre, ni eau, ni végétaux, ni minéraux, ni animaux… sauf ! s’ils ont leurs équivalents artificiels ! … ce qui bien sûr est le cas. Car le système de sécurité ultime, comme je l’ai dit, est efficace, au-delà de tout entendement.
Tout ce qui sera sur l’île ne sera donc que synthétique, chimie, robotique, électronique… mais singera le naturel, le dépassera certainement, et sera vivant, dans la mesure et les conditions que lui permettront le synthétique, le chimique, la robotique, l’électronique… en n’oubliant pas que l’homme devra s’adapter également à tout cela, via une déshumanisation certaine et progressive, et en n’oubliant pas également que le rôle de l’énergie renouvelable sera capitale également.
Enfin, il me faut rajouter certains petits détails :
a) Le paquebot représente « l’ensemble » des continents réunis
b) Les passagers représentent « la totalité » des hommes sur Terre
c) Les membres de l’équipage représentent les « responsables » d’un complot caché (évolution ou conspiration) , en même temps qu’ils sont aussi des « passagers », et vice versa ; les « passagers » sont aussi, indirectement, ceux qui font vivre et entretiennent les membres de l’équipage
d) Le système de sécurité ultime représente ce par quoi se concrétise le complot caché
e) L’île artificielle représente le complot caché
f) Le naufrage représente ce qui permet au complot caché de se concrétiser…
g) L’euphorie et la « psychose maniaque » représentent mon interprétation du concept de « Schizophrénie Opératoire » de Dantec
Pour le reste, il n’en tient qu’à vous de comprendre… l’essentiel étant d’entrevoir, pour en revenir à l’art, qu’au bout d’un moment nous « n’en aurons plus besoin… »
(Dantec, un intellectuel inconnu de moi-même, (sans doute oeuvrant dans la para-psychologie) a évoqué le concept de « Schizophrénie opératoire », pour parler de l’état actuel de la société. En effet, dans la schizophrénie, le malade est coupé intérieurement du monde extérieur ; il est étranger à la réalité. Il est morne, inerte, indifférent. Mais dans le contexte psycho-social où nous vivons, il semble que la société « schizophrène » ne soit pas inerte et indifférente. La personne schizophrène est inconsciente de son état ; la société « schizophrène » aussi. Le schizophrène vit un rêve intérieur « désocialisé », et se manifeste par des impulsions ; la société « schizophrène » est baignée de multiples concepts concrets de sa non-véritable conscience, et vit aussi un rêve « désocialisé » (société qui sans cette sorte d’onirisme, et d’abandon autistique, serait menacée de chaos total finalement) , et de temps en temps, régulièrement, des impulsions absurdes remontent à la surface, (impulsions politiques, coups médiatiques, révoltes et rébellions vaines et passagères, intérêts soudains et phénomènes de mode… ) Et c’est parce que cette société se concrétise « non-consciemment », mais véritablement, et je dirais même presque véridiquement, pour certains, que l’on peut parler du concept de « Schizophrénie opératoire » de Dantec. La « Schizophrénie Opératoire » ou comment être « coupé extérieurement » de la réalité intérieure)
  • Phonétique : Le Naufrage

    lə mɑ̃kə də kyltyʁə nε pa ynə ʃozə ɡʁavə kɑ̃t- ɔ̃n- a ɑ̃ swa ynə sεʁtεnə kyltyʁə dy mɑ̃kə…
    lə pʁɔblεmə dəvjɛ̃ œ̃ pø plys seʁjø kɑ̃t- ɔ̃ mɑ̃kə də kyltyʁə, e kə puʁ i palje ɛ̃tεʁvjɛ̃, a defo də lɛ̃tεlliʒɑ̃sə də lə savwaʁ, ynə sεʁtεnə ide ʁasyʁɑ̃tə, bjɛ̃ tʁo ʁasyʁɑ̃tə, də la pɔsesjɔ̃ e də lɑ̃vi də paʁεtʁə.
    boku daʁtistə, boku də ʃɑ̃tœʁ, daktœʁ, boku də pʁɔdyktœʁ, boku də ʒɑ̃ pʁiz- ɑ̃n- ɔtaʒə paʁ lide sɔtə dy sɑ̃sasjɔnεl, kɔ̃ʒyɡe lɑ̃vi də paʁεtʁə avεk lide də pɔsesjɔ̃, sə ki lεz- amεnə a lide də mεtʁizə, o detʁime dy vaɡabɔ̃daʒə spiʁitɥεl e εstetikə, lje o tɑ̃peʁame aʁtistikə.
    kɑ̃ səʁε til dε ʃɑ̃tœʁz- e dε ʃɑ̃tøzə doʒuʁdɥi ? kə ʁεstəʁε til də lœʁ ʃɑ̃sɔ̃, si tut- œ̃ sistεmə də matʁakaʒə vja la pʁomosjɔ̃, lε klip, lapɔlɔʒi dε pεʁsɔnalite vja lə vizɥεl, e lεz- aplodisəmɑ̃ dy pyblik, sistematik lɔʁ demisjɔ̃ televizɥεllə, netε pa miz- ɑ̃ plasə ?
    kɑ̃ səʁε til dεz- aktœʁz- e dεz- aktʁisə doʒuʁdɥi ? kə ʁεstəʁε til də lœʁ film, si sə sistεmə də matʁakaʒə nə saplikε pa eɡaləmɑ̃ isi, a tʁavεʁ lε təaze, lε bɑ̃dəz- anɔ̃sə, lεz- elɔʒə mɑ̃sɔ̃ʒez- e kalkyle, lε kɔʁ denyde dɑ̃ sεʁtεnə sεnə, lə ɡlamuʁ də sεʁtεnəz- aktʁisəz- e də sεʁtɛ̃z- aktœʁ, la pʁεsə pəɔplə e lεz- efε spesjo dy sinema ?
    ynə kεstjɔ̃ sə pozə alɔʁ : o fil dε sjεklə, oʁjɔ̃ nu fε, pø a pø, lə tuʁ dy mɔ̃də spiʁitɥεl ? puʁ ɛ̃si sɔ̃bʁe dɑ̃ laʁ vizɥεl vide də sybstɑ̃sə, dɑ̃ laʁ ɑ̃tɔʁtije də lanεkdɔtə ɛ̃teʁesɑ̃tə, dɑ̃ laʁ də ʃɑ̃te u də filme la banalite la plys sɔʁdidə ? sɔmə nu dəvənys dε viʁtyozə də laʁ ki œvʁə puʁ nə ʁjɛ̃ diʁə ? sɔmə nu dəvənys dε pɑ̃tɛ̃ kaʁnasje, a la ʁəʃεʁʃə də la pʁəmjεʁə aʁləkinadə vənɥ ? avɔ̃ nu dɔ̃k pεʁdy nɔtʁə pʁɔpʁə imaʒinasjɔ̃, nɔtʁə pʁɔpʁə ɑ̃fɑ̃sə, nɔtʁə pʁɔpʁə pɔtɑ̃sjεl a pɑ̃se, e finaləmɑ̃ nɔtʁə pʁɔpʁə talɑ̃, puʁ ɛ̃si, basəmɑ̃, nu kɔ̃tɑ̃te də sə ki nə pø kɔ̃tɑ̃te kynə absɑ̃sə də nu mεmə, ɑ̃ nu mεmə ?
    ʒə pɑ̃sə kə laʁ, ki nε pa kə la ʃɑ̃sɔ̃ e lə sinema, ʃεʁʃə ynə veʁite. sεtə ʁəʃεʁʃə sə bazə syʁ lide kə ʃakœ̃, a tʁavεʁ la divεʁsite e la myltiplisite də tu, dε pəplə, dεz- ide, dε pɑ̃sœʁ, dε kyltyʁə, dε fenɔmεnəz- istɔʁik, dε vilə, dε sistεmə, dε kɔ̃disjɔ̃ sɔsjalə, psiʃik, afεktivə, dε divεʁsite klimatik, ʒeɔɡʁafikz- e ʒeɔlɔʒikz- εtseteʁa. , ʒə pɑ̃sə dɔ̃k kə sεtə ʁəʃεʁʃə sə bazə syʁ lide kə ʃakœ̃, a tʁavεʁ tu səsi, tɑ̃tə, plysz- u mwɛ̃ sεkʁεtəmɑ̃, də kɔ̃pʁɑ̃dʁə, e də sə fʁεje œ̃ ʃəmɛ̃ ɑ̃n- ɔptɑ̃ puʁ la sɛ̃tεzə mɑ̃tal kɔ̃sjɑ̃tə e ɛ̃kɔ̃sjɑ̃tə, dɑ̃ lə byt dɑ̃ tiʁe ynə kʁeasjɔ̃, səlɔ̃ sεz- aptitydə pεʁsεptʁisə dy mɔmɑ̃. ɑ̃ sə sɑ̃s, ʃakœ̃ ʃεʁʃə ynə ynifikasjɔ̃ də sε pεʁsεpsjɔ̃, a tʁavεʁ lə kɔ̃sta e lə depasəmɑ̃ də sεllə si, ɑ̃ kʁeɑ̃ ynə œvʁə daʁ. paʁ kɔ̃seke, lide dynifikasjɔ̃ e də sɛ̃tεzə mɑ̃talə a puʁ byt lapʁɔpʁjasjɔ̃ dynə veʁite, də la veʁite səlɔ̃ ʃakœ̃.
    ynə ilystʁasjɔ̃ a tʁavεʁz- œ̃ pəti tεkstə :
    il nεt- ɑ̃ sə mɔ̃də də plɛ̃ ki nɑ̃ swa vidə
    il nεt- ɑ̃ sə mɔ̃də də vidə ki nɑ̃ swa plɛ̃
    la « veʁite » εst ɛ̃palpablə, ɛ̃kɔ̃səvablə, inimaʒinablə
    kaʁ εllə εt- ɑ̃tʁə lε dø
    εllə ε kɔmə œ̃ ʁezεʁvwaʁ, pø εtʁə imɑ̃sə, pø εtʁə ɛ̃fimə
    dɔ̃ lεspasə tɑ̃z- ɔʁjɛ̃tə lε flyks vεʁ lə plɛ̃, u vεʁ lə vidə
    εllə səʁε, si lεspasə tɑ̃z- etε puʁvy də kɔ̃sjɑ̃sə (… )
    lɛ̃kɔ̃sjɑ̃sə də sεt εspasə tɑ̃
    la veʁite εɡzistə kaʁ εllə nεɡzistə pa
    la veʁite nεɡzistə pa kaʁ εllə εɡzistə
    e si la veʁite dəməʁε dɑ̃ lɛ̃kɔ̃sjɑ̃sə də lεspasə tɑ̃
    kɔmɑ̃ puʁʁε tɔ̃ diʁə kεllə εɡzistə
    kɔmɑ̃ puʁʁε tɔ̃ diʁə kεllə nεɡzistə pa
    pɥiskə nu nə puʁʁjɔ̃ kavwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə də la veʁite
    puʁ diʁə kεllə εɡzistə u puʁ diʁə kεllə nεɡzistə pa
    ɔʁ, si nu dizɔ̃ kεllə nεɡzistə pa, sε kεllə εɡzistə, o mwɛ̃ dɑ̃ la sεʁtitydə
    e si nu dizɔ̃ kεllə εɡzistə, sε kεllə nεɡzistə pa, o dəla də lafiʁmasjɔ̃
    nə ʁεstə alɔʁ puʁ lɔmə kə la sεʁtitydə e lafiʁmasjɔ̃, o dəla də la veʁite

    laʁ depɑ̃t- il dεz- ɛ̃dividys ? okεl ka tu lə mɔ̃də səʁε plysz- u mwɛ̃z- œ̃n- aʁtistə, paʁ lə sɛ̃plə fε də ʁəlaʃəmɑ̃ emɔsjɔnεl, e eɡaləmɑ̃ paʁ lide pɔetikə su ʒasɑ̃tə, kə nuz- ɛ̃vεstisɔ̃ sɑ̃ fɔʁsemɑ̃ lə savwaʁ ? u bjɛ̃ laʁ depɑ̃t- il dy ʁapɔʁ ɑ̃tʁə lə kɔ̃sjɑ̃ e lɛ̃kɔ̃sjɑ̃ kɔlεktif ? okεl ka il səʁε ynə ʁeaksjɔ̃ psiko sɔsjalə pεʁsɔnεllə, lje a kεlkə ʃozə kɔ̃sεʁnɑ̃ la sɔsjete ?
    ɑ̃ fε il ε-otəmɑ̃ pʁɔbablə kil swa lε dø.
    e sil ε lε dø, kεllə səʁε la natyʁə dynə atakə kɔ̃tʁə ynə fɔʁmə daʁ ?
    i natyʁə e kɔ̃stitysjɔ̃ dεz- aʁ
    ʒə pɑ̃sə tu dabɔʁ kil i a laʁt « oto kyltyʁəl », pεʁsɔnεl, e dijtɑ̃tə u pa, sε laʁ dε pətitə ʒɑ̃, ki sə manifεste paʁ ɑ̃ɡuəmɑ̃z- a tʁavεʁ la pasjɔ̃, lə plεziʁ, lamuʁ, vja lεz- ɔbi, lεz- aktivite kʁeatʁisə, laʁtizana, lεʁɡɔteʁapi εtseteʁa. mε sεt- osi laʁ dε povʁə- ʒɑ̃, ki paʁfwas « fɔ̃ dε nymeʁɔs » puʁ puvwaʁ mɑ̃ʒe, dɔʁmiʁ e sə vεtiʁ, sə ki εt- osi ynə fɔʁmə daʁ kɑ̃t- εllə ε fεtə a plyzjœʁ, sə sɔ̃ lε nymeʁo də siʁkə, laʁ dy siʁkə, ki, il mə sɑ̃blə a lɔʁiʒinə pʁɔvjɛ̃ dy nɔmadismə dε ʒɑ̃ dy vwajaʒə, e dε ʒitɑ̃ nɔtamɑ̃, ki puʁ vivʁə fəzε dε nymeʁo, ɑ̃tʁə otʁə.
    e pɥiz- il i a laʁ kɔ̃vɑ̃sjɔnεl, disiplinεʁə, (u kaʁseʁal ʒə diʁεs) : laʁ də la vεʁtikalite, kə di ʒə, dε ! vεʁtikalite, ki sə ʒyʒe, sə ʒɔ̃ʃe, a ku dodasə ʒydisjøzə. sε laʁ ki fε ɛ̃tεʁvəniʁ la ʁivalite, mεz- osi la nɔsjɔ̃ dɛ̃stɑ̃sə, dotɔʁitez- aʁtistik, (mεzɔ̃ dedisjɔ̃, pʁɔdyktœʁ, sɑ̃syʁə, pʁi, kʁitik, ʁefeʁɑ̃səz- εtseteʁa. ) . sε sə kɔ̃n- apεllə osi paʁfwa laʁ akademikə, kɑ̃ ʒystamɑ̃ a kozə də sə bəzwɛ̃ də sə demaʁke, sεʁtɛ̃ sɑ̃ble pεʁdʁə la tεtə, a defo də sə demaʁke dɔ̃k. sε ʒeneʁaləmɑ̃ sεtə fɔʁmə daʁ ki εt- εkspoze dɑ̃ lε myze, mε ki ε suvɑ̃ ɑ̃ veʁite, œ̃n- aʁ ki kɔmɑ̃sə e pεʁdyʁə dɑ̃ la mizεʁə e la povʁəte dεz- aʁtistə, ki œvʁe e ɔ̃ œvʁe puʁ mɑ̃ʒe, kɔmə dɑ̃ lə paʁaɡʁafə si dəsy.
    də no ʒuʁ, il ε pʁɔɡʁesivəmɑ̃ apaʁy ynə tʁwazjεmə fɔʁmə daʁ, e sə paʁ ʁapɔʁ a lapaʁisjɔ̃ də la ʁadjo, dy sinema, də la televizjɔ̃, dɛ̃tεʁnεt e də la tεknɔlɔʒi odjo vizɥεllə. laʁ dəvε fɔʁsemɑ̃ si ɑ̃ɡufʁe, kaʁ a paʁ dεz- ɛ̃fɔʁmasjɔ̃z- e dε dɔkymɑ̃tεʁə, koʁε tɔ̃ py difyze ? lə pʁɔɡʁεz- apɔʁtɑ̃ sa tuʃə pεʁsɔnεllə, tu lə mɔ̃də sε ʁətʁuve, plysz- u mwɛ̃, avεk ynə ʁadjo, ynə televizjɔ̃, œ̃n- ɔʁdinatœʁ εtseteʁa. laʁ dəvənε pɔpylεʁə. paʁ kɔ̃seke, il fi ɛ̃tεʁvəniʁ dε ʒɑ̃ talɑ̃tɥø, ɡʁasə a lœʁ evεj aʁtistikə, ɛ̃si kynə ɛ̃stɑ̃sə, (ynə otɔʁite aʁtistikə) , œ̃ sistεmə də difyzjɔ̃ e də kɔmεʁsjalizasjɔ̃ də sεt aʁ sɛ̃stoʁa : la pʁomosjɔ̃.
    e ʒə pɑ̃sə kɔ̃ pø diʁə kil εɡzistə oʒuʁdɥi ynə katʁjεmə fɔʁmə daʁ, sə kɔ̃n- apεllə puʁ ʃematizəʁ « laʁ mɔdεʁnə », ki a eɡaləmɑ̃ dε myze ki lɥi sɔ̃ kɔ̃sakʁe, e u suvɑ̃ ɔ̃n- εkspozə, ɑ̃n- ytilizɑ̃ e ɑ̃ manjɑ̃ la tʁwazjεmə fɔʁmə daʁ, pʁesedamɑ̃ site dɑ̃ lə pasaʒə o dəsy.
    ji kɔ̃sjɑ̃sə e aʁ
    laʁ depɑ̃ dεz- ɛ̃dividys, sε sɔʁtə- də pʁizɔnje kə nu sɔmə, dɑ̃z- œ̃ labiʁɛ̃tə ʒeɑ̃, u tu na tεllmɑ̃ ʁjɛ̃, apaʁamɑ̃, dœ̃ labiʁɛ̃tə, e u tu lə mɔ̃də nə soʁε ki vwaʁ ynə pʁɔmənadə. puʁ səla, il sɑ̃blə kil swa bjɛ̃ stypidə də ʒyʒe, nu, ɔmə, œ̃n- otʁə ɔmə.
    dynə paʁ paʁsə kə lε nɔsjɔ̃ də diʁεksjɔ̃, də sɑ̃sz- e də byt, nεɡzistəʁε pa diʁεktəmɑ̃, tɑ̃ kə la sɔʁti dy labiʁɛ̃tə nə səʁε pa tʁuve, e dotʁə paʁ kaʁ sεtə ide mεmə, ɛ̃dikə osi lə fε kə pεʁsɔnə nεt- ɛ̃feʁjœʁ, ni sypeʁjœʁ a pεʁsɔnə, dɑ̃z- œ̃ labiʁɛ̃tə.
    tεl ε lə byt, ɑ̃tʁə otʁə, də la kɔ̃sjɑ̃sə ymεnə vja sε sɑ̃blablə, dɔ̃ il sə dwa davwaʁ lə dəvwaʁ də kɔ̃sjɑ̃sə : « ʒə ʁεspεktə mε sɑ̃blablə, kaʁ ʒε kɔ̃sjɑ̃sə davwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə də mwa, kɑ̃ ʒε kɔ̃sjɑ̃sə də lotʁə, ki a kɔ̃sjɑ̃sə də lɥi, tuʒuʁ, mε dɔ̃ ɔ̃ nə sε pa sil a kɔ̃sjɑ̃sə davwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə də lɥi mεmə, kɑ̃t- il ε kɔ̃sjɑ̃, sεt- a diʁə osi, davwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə də mwa, ki ε kɔ̃sjɑ̃sə də mwa mεmə, sɑ̃ fɔʁsemɑ̃ tuʒuʁz- avwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə davwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə də mwa »
    la kɔ̃sjɑ̃sə e lɛ̃kɔ̃sjεnt « apaʁεsεnt »… laʁ dwa eɡaləmɑ̃ fεʁə avεk, də syʁkʁwa lɔʁskil saʒi də pʁomuvwaʁ dε vɑ̃tə. lide də ʁɑ̃tabilite e də pʁɔfit « apaʁεt ». laʁ dəvjɛ̃ sybtil, tʁo sybtil, tɑ̃dɑ̃sjø, kalkyle, ɔʁjɛ̃te e akse vεʁ dεz- ɔbʒεktif, il dəvjɛ̃ kɔ̃plεzɑ̃, fεɲɑ̃, e kɔ̃sjamɑ̃ kɔ̃desɑ̃dɑ̃, kɑ̃t- il nə pɔʁtə pa œ̃ maskə ɑ̃ pyblik. il sɥi lε mɔdə, lεz- atɑ̃təz- e la dəmɑ̃də, il sə ʁealizə səlɔ̃ œ̃ ʁapɔʁ psiko sɔsjal e afεktivo kyltyʁεl, il sə pɔʁtə e sə ʁəpɔʁtə a la kɔ̃sjɑ̃sə e a lɛ̃kɔ̃sjɑ̃ kɔlεktif, e paʁfwa, il ε manipyle paʁ lə pʁɔpʁə əɡo də laʁtistə, u sɔlisite paʁ divεʁsə- pʁesjɔ̃s (lɔbi, ɡuvεʁnəmɑ̃, sεktə, medja, kʁizə sɔsjalə, mɔʁozite sitwajεnə u mεmə lε ʃɑ̃ʒəmɑ̃ də sεzɔ̃ εtseteʁa. ) . sεt- ynə otʁə fɔʁmə daʁ, ki səlɔ̃ mwa ε la plys detεstablə.
    ʒə paʁlε plys-o ɑ̃n- evɔkɑ̃ ynə kεstjɔ̃ : « kεllə səʁε la natyʁə dynə atakə kɔ̃tʁə ynə fɔʁmə daʁ ? »
    mεz- opaʁavɑ̃, ʒε paʁle dy « plεn » εt dy « vidə », u ɑ̃ ɡʁo ʒə dizε kə tu plɛ̃ εt- œ̃ vidə ki sə kaʃə, e u tu vidə εt- œ̃ plɛ̃ ki sə kaʃə də mεmə.
    pɥi ʒε paʁle də la kɔ̃sjɑ̃sə e dy ʁεspε : « ʒə tə ʁεspεktə kaʁ ʒε kɔ̃sjɑ̃sə davwaʁ kɔ̃sjɑ̃sə də twa, mε ʒə nə tə ʁεspεktə plys, kɑ̃ ʒə pεʁ sεtə kɔ̃sjɑ̃sə. »
    paʁ kɔ̃seke, si ʒε kɔ̃sjɑ̃sə davwaʁ ynə kɔ̃sjɑ̃sə ki meʃapə kεlkəfwa, kaʁ etɑ̃ ɑ̃ ʁapɔʁ avεk dε sɑ̃timɑ̃z- e dεz- ide, dε ʒɑ̃z- e dε ʃozə ki meʃape, e kə ʒatakə ynə fɔʁmə daʁ, ɑ̃n- ubljɑ̃ kə ʒapɔʁtə dy « plεn », a œ̃ vidə u a œ̃ tʁo plɛ̃, εstime paʁ mwa mεmə dɑ̃z- ynə œvʁə, e ɑ̃n- ubljɑ̃ osi kə ʒə sɥi viktimə dy « vidə », ki ma puse a apɔʁte sə « plεn », alɔʁ ʒə diʁε kə latakə dəvjɛ̃ absyʁdə, vεnə, fatɥitə e ɡʁatɥitə.
    si ʒə kʁitikə ynə fɔʁmə daʁ, ʒə mə dwaz- osi də kʁitike laʁ ɑ̃ ʒeneʁal, dɑ̃ sε vaʁjɑ̃təz- e sɔ̃n- istɔʁisite, ʒə mə dwa dɔ̃k də deniɡʁe lə tɑ̃peʁame aʁtistikə… e to u taʁ, də fil ɑ̃n- εɡɥjə, si ʒə sɥi kɔʁεkt e kɔeʁɑ̃, ʒɑ̃ vjɛ̃dʁεz- a kʁitike e a deniɡʁe lɔmə. kaʁ lɔmə dwa fεʁə apεl a dεz- adaptasjɔ̃ puʁ vivʁə, e kə sεz- adaptasjɔ̃ pase paʁ la kɔ̃sjɑ̃sə, kɔ̃ʒyɡe avεk limaʒinasjɔ̃, paʁsə kə tutə aktivite ymεnə sə bazə syʁ dε kʁwajɑ̃sə pʁe etabli, a fɔʁsə də mizəz- ɑ̃ ʁapɔʁ ʁepete ɑ̃tʁə la kɔ̃sjɑ̃sə e limaʒinεʁə… la mεmə ide vo puʁ laʁ.
    lə pʁɔɡʁε dεz- ɔməz- e də lymanite, ε dɔ̃k tuʒuʁ lə pʁɔɡʁε dε kʁwajɑ̃sə, ki mεnə a dεz- evɔlysjɔ̃z- ymεnə, e a dεz- evɔlysjɔ̃z- aʁtistik paʁ kɔ̃seke.
    o fil dε sjεklə, nu navɔ̃ pa ɑ̃kɔʁə fε lə tuʁ dy mɔ̃də spiʁitɥεl… mε nu sɔ̃bʁɔ̃ dɑ̃ laʁ vizɥεl vide də sybstɑ̃sə, dɑ̃ laʁ ɑ̃tɔʁtije də lanεkdɔtə ɛ̃teʁesɑ̃tə, dɑ̃ laʁ də ʃɑ̃te u də filme la banalite la plys sɔʁdidə, kaʁ laʁ ε dəvəny mɔnε kuʁɑ̃tə, e suvɑ̃ o kuʁɑ̃ də la mɔnε.
    nu sɔmə dəvənys dε viʁtyozə də laʁ, ki œvʁə puʁ nə ʁjɛ̃ diʁə, ɑ̃ dizɑ̃ tu.
    nu sɔmə dəvənys dε pɑ̃tɛ̃ kaʁnasje, a la ʁəʃεʁʃə də la pʁəmjεʁə aʁləkinadə vənɥ, u də la dεʁnjεʁə dε kɔ̃plεksite. kaʁ laʁ sε pɔpylaʁize, ɑ̃ sə sɛ̃dɑ̃ ɑ̃ dø : laʁ də pɑ̃se laʁ, e laʁ dy divεʁtisəmɑ̃ pyʁ e sɛ̃plə. laʁ sadaptə o bəzwɛ̃ də la sɔsjete : yltʁa pεʁfɔʁmɑ̃tə dœ̃ kote, mε fatiɡe, mɔʁozə, tɑ̃te e fʁystʁe də lotʁə.
    nu navɔ̃ pa pεʁdy nɔtʁə pʁɔpʁə imaʒinasjɔ̃, nɔtʁə pʁɔpʁə ɑ̃fɑ̃sə, nɔtʁə pʁɔpʁə pɔtɑ̃sjεl a pɑ̃se, e finaləmɑ̃ nɔtʁə pʁɔpʁə talɑ̃… mε basəmɑ̃, nu nu kɔ̃tɑ̃tɔ̃ paʁfwa də sə ki nə pø kɔ̃tɑ̃te kynə absɑ̃sə də nu mεmə, ɑ̃ nu mεmə, laʁ dəvjɛ̃ εkstʁemistə, dœ̃ kote il i a lɛ̃tεllεktɥalizasjɔ̃ ʁiɡuʁøzə, e də lotʁə lə lydikə leʒe u lə deliʁə.
    ɑ̃ mεmə tɑ̃ kə boku aʁive a sə plase o miljø də lɛ̃tεllεkt e dy lydikə, kɔ̃ʒyɡɑ̃ lε døz- a la fwa, də mεmə kə la sɔsjete a kɔ̃sεʁve lεz- œvʁə- daʁ pase, e ɑ̃n- a syʁpase ɑ̃ lεz- ɛ̃teɡʁɑ̃, lε kɔ̃sεpt, lε fɔʁma, lε tεknikz- e lε paʁamεtʁə.
    puʁ ɑ̃ vəniʁ o byt, o dəla də la kɔ̃sεpsjɔ̃ aʁtistikə, ʒə diʁε ka la bazə il dəməʁə lide pɔetikə, ki mø tuʒuʁ lεz- aʁtistə, e tu lə mɔ̃də dajœʁ, kaʁ ki εt- ɛ̃dividy, ε pɔezi e amuʁ.


    səpɑ̃dɑ̃, si lɔ̃n- imaʒinε la « fɛ̃ dy mɔ̃də », kə ʁεstəʁε til alɔʁ də tu səla ? kə ʁεstəʁε til də tu sε pətiz- ɔʁkεstʁə- sa e la, disemine, e ʒuɑ̃ ɑ̃kɔʁə dεz- εʁz- ɑ̃tʁεnɑ̃, a bɔʁ də sə pakəbo ɑ̃ plɛ̃ nofʁaʒə ? il sɑ̃blə kil nɑ̃ ʁεstəʁε kə sεz- ɔʁkεstʁəz- ɑ̃vutɑ̃, e ʃaʁmɑ̃ ɑ̃ ʁealite dε ʒɑ̃, ki iɲɔʁe ! kə dɑ̃ døz- u tʁwaz- œʁz- il muʁʁɔ̃, nwaje. ɑ̃ fε, il nə ʁεstəʁa plys ʁjɛ̃ də tu səla… sof si œ̃ bato vjɛ̃ a la ʁεskusə dε nofʁaʒe, ki sɑ̃ dutə sə diʁɔ̃ alɔʁ : « ʃuεtə ! ɑ̃kɔʁə œ̃ vwajaʒə ! »… sof eɡaləmɑ̃, si ynə ilə sə tʁuvə a pʁɔksimite, e kə sε ʒɑ̃, sε sɔʁtə- də manjak, bεɲe də ʁεvəʁi myltiplə, a la limitə də la fɔli ɔptimistə, ɑ̃ vjɛ̃dʁε a naʒe, əfɔʁik, ʒyska sεtə ilə, kʁwajɑ̃ kεllə səʁε œ̃n- otʁə naviʁə ʃaʁmɑ̃.
    mεz- il i a ɑ̃kɔʁə ynə tʁwazjεmə pɔsibilite, ki sɛ̃spiʁə də la døzjεmə…
    imaʒinɔ̃ kə bjɛ̃ avɑ̃ lə nofʁaʒə, lə pakəbo swa dɔte dœ̃ sistεmə də sekyʁite yltimə, efikasə o dəla də lɑ̃tɑ̃dəmɑ̃, e ɔpeʁatwaʁə kεlkə swa la sitɥasjɔ̃ dy naviʁə… imaʒinɔ̃ kə bjɛ̃ avɑ̃ lə nofʁaʒə, limɑ̃sə bato, deʒa paʁti ɑ̃ vwajaʒə, saʃə kil fəʁa nofʁaʒə, e kə, ɑ̃bʁɛ̃ɡe dɑ̃ sa tʁavεʁse, lε mɑ̃bʁə- də lekipaʒə navεʁtise pεʁsɔnə də səla… pɥi laksidɑ̃ apaʁε, sɑ̃ kə pεʁsɔnə nə saʃə kil saʒi dœ̃ nofʁaʒə, e də syʁkʁwa, ɑ̃ lεsɑ̃ tu lə mɔ̃də sə diʁə kə sə ʃɑ̃ʒəmɑ̃ də tənɥ dy naviʁə, fε paʁti dy vwajaʒə, e εt- ynə sɔʁtə datʁaksjɔ̃, də divεʁtisəmɑ̃, dɑ̃ ləfɔʁi ʒeneʁalə. sudɛ̃, ynə otʁə « atʁaksjɔn » fε sɔ̃n- apaʁisjɔ̃ : il saʒi dɔ̃k də la mizə ɑ̃ bʁɑ̃lə dy sistεmə də sekyʁite yltimə. səlɥi si kɔ̃sistə a fεʁə emεʁʒe o dəsy dy bato ynə platə fɔʁmə, ki oʁε puʁ byt la kɔ̃stʁyksjɔ̃ dynə ilə aʁtifisjεllə də sovətaʒə. lilə sə kɔ̃stʁɥi tʁε ʁapidəmɑ̃, pɥi, lə bato fəzɑ̃ nofʁaʒə kɔ̃kʁεtəmɑ̃, mεz- etɑ̃ ynə atʁaksjɔ̃ dɑ̃ lεspʁi psikoze dε pasaʒe, sø si sə diʁiʒe vεʁ lilə o mwajɛ̃ dynə pasəʁεllə. lə bato kulə, il sɔ̃bʁə, mε tu lə mɔ̃də ε dɔ̃k sove, apaʁamɑ̃…
    il fo isi pʁesize ynə ʃozə kapitalə : lə sistεmə də sekyʁite yltimə nə kɔ̃sistə pa ka « sovəʁ » ləs pasaʒe. ɑ̃n- efε, il kɔ̃stʁɥi ynə ilə ! sεt- a diʁə avεk tu sə kə lɔ̃ pø tʁuve syʁ ynə ilə. mε, sεtə ilə εt- aʁtifisjεllə, paʁ kɔ̃seke, tu sə ki sə tʁuvə, e sə tʁuvəʁa syʁ sεtə ilə, εt- e səʁa aʁtifisjεl, dɑ̃ lə sɑ̃sz- u ʁjɛ̃ də natyʁεl napaʁεtʁa, ʁjɛ̃ delemɑ̃tεʁə : ni teʁə, ni o, ni veʒeto, ni mineʁo, ni animo… sof ! silz- ɔ̃ lœʁz- ekivalɑ̃z- aʁtifisjεl ! … sə ki bjɛ̃ syʁ ε lə ka. kaʁ lə sistεmə də sekyʁite yltimə, kɔmə ʒə lε di, εt- efikasə, o dəla də tut- ɑ̃tɑ̃dəmɑ̃.
    tu sə ki səʁa syʁ lilə nə səʁa dɔ̃k kə sɛ̃tetikə, ʃimi, ʁɔbɔtikə, elεktʁɔnikə… mε sɛ̃ʒəʁa lə natyʁεl, lə depasəʁa sεʁtεnəmɑ̃, e səʁa vivɑ̃, dɑ̃ la məzyʁə e lε kɔ̃disjɔ̃ kə lɥi pεʁmεtʁɔ̃ lə sɛ̃tetikə, lə ʃimikə, la ʁɔbɔtikə, lelεktʁɔnikə… ɑ̃ nubljɑ̃ pa kə lɔmə dəvʁa sadapte eɡaləmɑ̃ a tu səla, vja ynə dezymanizasjɔ̃ sεʁtεnə e pʁɔɡʁesivə, e ɑ̃ nubljɑ̃ pa eɡaləmɑ̃ kə lə ʁolə də lenεʁʒi ʁənuvəlablə səʁa kapitalə eɡaləmɑ̃.
    ɑ̃fɛ̃, il mə fo ʁaʒute sεʁtɛ̃ pəti detaj :
    a) lə pakəbo ʁəpʁezɑ̃tə « lɑ̃sɑ̃blə » dəs kɔ̃tinɑ̃ ʁeyni
    b) ləs pasaʒe ʁəpʁezɑ̃tεnt « la tɔtalite » dəs ɔmə syʁ teʁə
    k) ləs mɑ̃bʁə- də lekipaʒə ʁəpʁezɑ̃te ləs « ʁεspɔ̃sabləs » dœ̃ kɔ̃plo kaʃe (evɔlysjɔ̃ u kɔ̃spiʁasjɔn) , ɑ̃ mεmə tɑ̃ kil sɔ̃t- osi dəs « pasaʒεʁs », e visə vεʁsa, ləs « pasaʒεʁs » sɔ̃ osi, ɛ̃diʁεktəmɑ̃, sø ki fɔ̃ vivʁə e ɑ̃tʁətjεne lε mɑ̃bʁə- də lekipaʒə
    d) lə sistεmə də sekyʁite yltimə ʁəpʁezɑ̃tə sə paʁ kwa sə kɔ̃kʁetizə lə kɔ̃plo kaʃe
    ə) lilə aʁtifisjεllə ʁəpʁezɑ̃tə lə kɔ̃plo kaʃe
    f) lə nofʁaʒə ʁəpʁezɑ̃tə sə ki pεʁmε o kɔ̃plo kaʃe də sə kɔ̃kʁetize…
    ʒ) ləfɔʁi e la « psikozə manjakə » ʁεpʁezɑ̃te mɔ̃n- ɛ̃tεʁpʁetasjɔ̃ dy kɔ̃sεpt də « skizɔfʁeni ɔpeʁatwaʁə » də dɑ̃tεk asteʁiskə
    puʁ lə ʁεstə, il nɑ̃ tjɛ̃ ka vu də kɔ̃pʁɑ̃dʁə… lesɑ̃sjεl etɑ̃ dɑ̃tʁəvwaʁ, puʁ ɑ̃ ʁəvəniʁ a laʁ, ko bu dœ̃ mɔmɑ̃ nus « nɑ̃n- oʁɔ̃ plys bəzwɛ̃… »
    asteʁiskə (dɑ̃tεk, œ̃n- ɛ̃tεllεktɥεl ɛ̃kɔny də mwa mεmə, (sɑ̃ dutə œvʁɑ̃ dɑ̃ la paʁa psikɔlɔʒjə) a evɔke lə kɔ̃sεpt də « skizɔfʁeni ɔpeʁatwaʁə », puʁ paʁle də leta aktɥεl də la sɔsjete. ɑ̃n- efε, dɑ̃ la skizɔfʁeni, lə maladə ε kupe ɛ̃teʁjəʁəmɑ̃ dy mɔ̃də εksteʁjœʁ, il εt- etʁɑ̃ʒe a la ʁealite. il ε mɔʁnə, inεʁtə, ɛ̃difeʁɑ̃. mε dɑ̃ lə kɔ̃tεkstə psiko sɔsjal u nu vivɔ̃, il sɑ̃blə kə la sɔsjete « skizɔfʁεnə » nə swa pa inεʁtə e ɛ̃difeʁɑ̃tə. la pεʁsɔnə skizɔfʁεnə εt- ɛ̃kɔ̃sjɑ̃tə də sɔ̃n- eta, la sɔsjete « skizɔfʁεnə » osi. lə skizɔfʁεnə vit œ̃ ʁεvə ɛ̃teʁjəʁ « dezɔsjalize », e sə manifεstə paʁ dεz- ɛ̃pylsjɔ̃, la sɔsjete « skizɔfʁεnə » εst bεɲe də myltiplə kɔ̃sεpt kɔ̃kʁε də sa nɔ̃ veʁitablə kɔ̃sjɑ̃sə, e vit osi œ̃ ʁεvə « dezɔsjalize » (sɔsjete ki sɑ̃ sεtə sɔʁtə dɔniʁismə, e dabɑ̃dɔ̃ otistikə, səʁε mənase də ʃao tɔtal finaləmεnt) , e də tɑ̃z- ɑ̃ tɑ̃, ʁeɡyljεʁəmɑ̃, dεz- ɛ̃pylsjɔ̃z- absyʁdə- ʁəmɔ̃te a la syʁfasə, (ɛ̃pylsjɔ̃ pɔlitik, ku medjatik, ʁevɔltəz- e ʁebεlljɔ̃ vεnəz- e pasaʒεʁə, ɛ̃teʁε sudɛ̃z- e fenɔmεnə də mɔdə… ) εt sε paʁsə kə sεtə sɔsjete sə kɔ̃kʁetizə « nɔ̃ kɔ̃sjamεnt », mε veʁitabləmɑ̃, e ʒə diʁε mεmə pʁεskə veʁidikəmɑ̃, puʁ sεʁtɛ̃, kə lɔ̃ pø paʁle dy kɔ̃sεpt də « skizɔfʁeni ɔpeʁatwaʁə » də dɑ̃tεk. la « skizɔfʁeni ɔpeʁatwaʁə » u kɔmɑ̃ εtʁə « kupe εksteʁjəʁəmεnt » də la ʁealite ɛ̃teʁjəʁə)

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24/07/2021Poeme-France
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