Poème:Le Château Du Graal
A Propos du Poeme
le texte est analysé selon sa composition, sa plastique et sa dimension sacrale.
Le Poème
Sur les chênes sacrés où le siècle dormait.
Un chevalier passait, seul, dans l’ombre première,
Et le silence, autour, comme une eau se fermait.
Il avait traversé les landes taciturnes,
Franchi les gués luisants et les cols de granit,
Vu les pierres debout, dans les veilles nocturnes,
Garder un dieu sans nom que la mousse bénit.
Aux lisières du bois de l’antique Bretagne,
Un cerf couleur de neige un instant le guida ;
Puis la brume reprit la bête et la montagne,
Et l’odeur de la mer les vallons inonda.
Alors, sur un sommet que nul sentier n’approche,
Entre le gouffre amer et le ciel étoilé,
Il vit, comme un autel taillé dans une roche,
Le Château sans âge que Dieu seul a scellé.
Ses murs démesurés, plus vieux que les royaumes,
Portaient le poids sacré des siècles révolus ;
Ses tours dressaient dans l’ombre une garde de heaumes,
Et ses porches de bronze étaient des seuils élus.
Il ne heurta point l’huis de sa lance féale :
L’airain s’ouvrit sans bruit, que nul bélier n’atteint,
Et la nef le reçut, immense, calme et pâle,
Comme l’aube reçoit l’étoile qui s’éteint.
Il marcha. Les piliers, forêt grave et romaine,
Élevaient dans l’encens leurs chapiteaux dorés ;
Des cierges immobiles veillaient, lueur humaine,
Sur des tombeaux de rois par l’oubli dévorés.
De vestibule en salle et d’arche en galerie,
Chaque porte franchie ouvrait un ciel plus grand ;
Le silence y gisait ainsi qu’une effigie,
Et l’ombre était un temple, et l’air un célébrant.
Des vitraux élevés tombait un sang de roses,
Une neige d’azur, un or incendié ;
Et, sur l’autel de pierre où les siècles reposent,
Veillait la Lance nue au fer glorifié.
Mais le Graal, voilé, demeurait invisible ;
Seule, sa clarté sainte habitait la maison :
Elle dorait la pierre, et la nuit inflexible
Tombait devant sa faux ainsi qu’une moisson.
Et le pèlerin sut, à genoux sur la dalle,
Que la dernière porte a de plus hautes lois :
Ni le glaive vainqueur, ni la geste loyale
Ne l’ouvrent, mais un cœur simple comme la Croix.
Il pria. La rumeur d’une cloche lointaine
Roula de tour en tour dans l’air immaculé,
Et l’eau vive cessa de bruire à la fontaine
Devant le seuil de feu qui n’est jamais foulé.
Quand les coqs de la terre annoncèrent l’aurore,
Le chevalier n’était qu’une ombre sur les monts ;
Et cette ombre mourut dans la lande sonore
Comme meurt dans le chœur l’écho des saints répons.
Mais le Château se tait sur la cime déserte,
Levant ses tours de pierre aux étoiles des cieux ;
Les siècles passeront sur sa muraille inerte
Comme un vol de corbeaux sur le seuil radieux.
Daniił Łaźko
Touapsé, le 18 juillet 2026
PostScriptum
ANALYSE LITTÉRAIRE
I. La composition
Le poème se déploie en quatorze quatrains d’alexandrins à rimes croisées, l’alternance des rimes féminines et masculines étant observée sans exception d’un bout à l’autre. Cette régularité n’est pas un ornement : elle constitue le socle sur lequel repose la progression du sens. La forme demeure immuable tandis que l’espace traversé change de nature à chaque étape ; le mètre joue ainsi le rôle du pas humain, égal et obstiné, dans un lieu qui cesse peu à peu d’obéir aux lois humaines.
L’architecture d’ensemble obéit à une montée en cinq degrés. Les trois premiers quatrains décrivent la marche à travers un monde encore terrestre : landes, gués, cols de granit, mégalithes, lisières de forêt. Le quatrième constitue le seuil de la vision : le Château surgit. Du cinquième au neuvième s’opère la traversée des enceintes — muraille, porche de bronze, nef, piliers, galeries, vitraux. Le dixième et le onzième forment le centre spirituel : la lumière du Graal et la révélation de la loi qui régit la dernière porte. Les trois derniers accomplissent le mouvement de retrait — prière, disparition du chevalier, permanence du Château.
Cette courbe possède une propriété remarquable : elle est ascendante jusqu’au onzième quatrain, puis descendante — mais la descente ne ramène pas au point de départ. L’homme s’efface, l’édifice demeure. Le poème ne se referme donc pas sur un cercle, mais sur une dissymétrie, et c’est cette dissymétrie qui porte sa signification dernière.
II. La méthode plastique
Le principe qui gouverne l’écriture est celui de l’objet. Aucune émotion n’est nommée, aucun état d’âme analysé, aucun commentaire moral formulé. Tout ce que le poème veut faire entendre est confié à des choses : le sel et la bruyère de l’air du soir, la mousse qui bénit une pierre levée, le bronze des portes, l’encens autour des chapiteaux, la dalle où s’agenouille le pèlerin. Le lecteur n’apprend pas ce que le chevalier ressent ; il voit ce qu’il voit, et le sentiment naît de la matière décrite.
Cette discipline se vérifie aux endroits où la tentation de l’abstraction serait la plus forte. Le silence, notion par excellence indicible, n’est pas décrit : il est sculpté. Le silence y gisait ainsi qu’une effigie — le verbe gésir est celui des gisants de pierre, et le vers renvoie ainsi aux tombeaux de rois du quatrain précédent. Le silence devient une statue couchée dans l’édifice qu’il habite. De même, la stupeur du monde devant le seuil de feu n’est pas énoncée : elle se réduit à un seul fait sensible, l’eau vive qui cesse de bruire à la fontaine. Un son qui s’arrête suffit à faire taire l’univers entier.
Le même principe régit le traitement de la lumière. Le vitrail n’est pas nommé dans ses figures mais dans ses matières colorées : un sang de roses, une neige d’azur, un or incendié. Trois substances, trois températures, aucun symbole expliqué. Et lorsque la clarté du Graal rencontre l’obscurité, la rencontre se dit par une image agraire d’une brutalité voulue : la nuit tombait devant sa faux ainsi qu’une moisson. La lumière moissonne les ténèbres ; l’inflexible est fauché. L’image emprunte au registre eschatologique de la moisson dernière sans jamais y renvoyer explicitement.
III. Le Château et le Graal
Le véritable sujet du poème n’est pas la quête, mais l’édifice. Le Château est décrit comme antérieur à toute histoire : ses murs sont plus vieux que les royaumes, son âge n’est pas mesurable, il est scellé par Dieu seul. Il n’appartient pas à la Bretagne où il se dresse ; c’est la Bretagne qui semble s’être formée autour de lui. Rien n’explique sa présence, et le poème se garde de la justifier.
L’entrée du chevalier obéit à cette logique. Il ne frappe pas de sa lance : l’airain s’ouvre de lui-même, que nul bélier n’atteint. Le détail est militaire et matériel — le bélier de siège, machine des conquêtes humaines — et il énonce par la seule mention d’un objet ce que le poème ne dira qu’au onzième quatrain : aucune force n’ouvre ces portes. La conclusion morale est ainsi préparée cinq strophes à l’avance, non par une annonce, mais par une pièce de fer.
Quant au Graal, il est le grand absent. Il n’est jamais vu, jamais décrit, jamais situé. Seule sa clarté agit — sur la pierre, sur la nuit, sur l’espace intérieur de la nef. Le poème adopte ici une position qui le distingue des romans où la vision finit par se produire : la présence se manifeste par ses effets, et l’objet demeure voilé. C’est cette absence qui donne au texte sa tension. Ce qui transforme le monde n’est jamais montré.
La révélation centrale se formule par voie de négation. Ni le glaive vainqueur ni la geste loyale n’ouvrent la dernière porte : ce qui l’ouvre est un cœur simple comme la Croix. Le poème récuse ainsi l’ordre chevaleresque tout entier — la force et l’honneur, qui sont les deux vertus de l’épopée — et leur substitue une qualité qui ne se conquiert pas. Le seul terme abstrait que le texte s’autorise, la simplicité du cœur, est immédiatement rendu à la matière par la comparaison avec la Croix : deux poutres nues, la figure la plus dépouillée qui soit.
IV. La progression du sacré
Une ligne théologique parcourt le poème sans jamais s’énoncer. Elle commence dans le paganisme des pierres levées, où veille un dieu sans nom que la mousse bénit — l’antériorité celtique du sol breton, une divinité anonyme consacrée par la végétation seule. Elle passe par le Dieu unique qui a scellé le Château. Elle s’achève dans la Croix du onzième quatrain. Trois degrés, trois âges religieux, aucun commentaire : la vertical se construit par simple succession.
La forêt de piliers qualifiée de romaine ajoute à cette stratification une couche supplémentaire. L’Empire, la chrétienté, le fond préhistorique des mégalithes coexistent dans un même édifice sans que leur assemblage soit expliqué. Le Château est ainsi le lieu où tous les âges du sacré se superposent, comme les assises d’une maçonnerie.
Le registre liturgique, quant à lui, est porté par le vers qui suit l’effigie du silence : l’ombre était un temple, et l’air un célébrant. L’office ne comporte ni prêtre ni fidèle ; il est célébré par les éléments eux-mêmes. Le poème installe ici l’idée d’un culte sans officiants, antérieur et postérieur à toute Église, qui se poursuit dans la maison vide depuis un temps immémorial.
V. Le retrait
Le dénouement refuse toute apothéose. Le chevalier ne franchit pas le seuil de feu ; il prie, et il disparaît. Sa disparition est traitée par une double atténuation : il n’est déjà plus qu’une ombre sur les monts, et cette ombre meurt comme meurt dans le chœur l’écho des saints répons. L’homme s’éteint ainsi qu’un son d’église — il ne subsiste de lui qu’une résonance, puis rien. Le chant des coqs terrestres, qui marque cette dernière heure, rappelle discrètement que le monde d’en bas reprend ses droits dès que l’aube revient.
Le quatrain final abandonne le passé narratif pour un présent sans époque. Le Château se tait — verbe qui lui accorde une conscience et lui refuse la parole — et lève ses tours vers les étoiles. L’éternité n’est pas nommée : elle est donnée par la grammaire seule. La dernière image, celle des siècles passant sur la muraille inerte comme un vol de corbeaux sur le seuil radieux, tient tout le sens du poème en une comparaison. Le temps historique, noir et migrateur, glisse sur une pierre qu’il n’entame pas. Le seuil demeure radieux, et personne ne le franchit.
Telle est la conclusion que le poème propose sans jamais la formuler : le Graal ne se possède pas. Il s’approche. La quête n’a pas de terme parce que son terme n’est pas de ce monde, et le Château qui la garde restera debout sous les étoiles, indifférent aux siècles comme la nature l’est aux hommes.
NOTE HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE
La matière du Graal apparaît dans la littérature européenne à la fin du XIIe siècle, avec le roman inachevé de Chrétien de Troyes consacré à Perceval, où le cortège du graal traverse la salle du Roi Pêcheur sans que le héros ose interroger sur ce qu’il voit. Le récit passe ensuite à Robert de Boron, qui donne à l’objet sa signification eucharistique, puis au vaste cycle en prose du XIIIe siècle, dont la Queste del Saint Graal impose une exigence nouvelle : la victoire n’appartient plus au meilleur combattant, mais au chevalier sans péché. Cette translation de la valeur guerrière vers la pureté spirituelle constitue le tournant décisif de toute la tradition, et c’est elle que le présent poème reprend à son compte lorsqu’il refuse la dernière porte au glaive et à la geste.
Le décor breton — Brocéliande, les landes, les fontaines, les pierres levées — appartient à la matière de Bretagne telle que les trouvères l’ont recueillie d’un fonds insulaire et continental plus ancien. Les mégalithes du poème sont toutefois antérieurs de plusieurs millénaires aux Celtes eux-mêmes, et cette antériorité, connue de l’archéologie moderne, fournit au texte son premier degré religieux : le dieu sans nom des pierres levées ne relève d’aucun panthéon identifiable.
Quant à la forme, elle se réclame de l’école parnassienne de la seconde moitié du XIXe siècle, et particulièrement de la manière de Leconte de Lisle : alexandrin ferme, strophe close, vocabulaire concret, refus de l’effusion personnelle, sujets empruntés aux civilisations anciennes et traités avec une impassibilité apparente qui n’exclut nullement la grandeur. Le Parnasse s’était volontiers tourné vers l’Inde védique, la Grèce archaïque et la Scandinavie païenne ; le Moyen Âge chrétien lui fut un domaine moins fréquenté. Le poème tente cette rencontre — la matière du Graal traitée selon la plastique parnassienne — sans imiter aucune œuvre existante, et en cherchant seulement à obtenir de la langue française classique la fermeté qu’elle possède lorsqu’on la taille comme une pierre.
Daniił Łaźko
Touapsé, le 18 juillet 2026
Poète Daniil Lazko
Daniil Lazko a publié sur le site 4 écrits. Daniil Lazko est membre du site depuis l'année 2026.Lire le profil du poète Daniil LazkoSyllabation De L'Écrit
Syllabes Hyphénique: Le Château Du Graal
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aux=li=siè=res=du=bois=de=lan=ti=que=bre=tagne 12
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puis=la=brume=re=prit=la=bê=te=et=la=mon=tagne 12
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por=taient=le=poids=sa=cré=des=siè=cles=ré=vo=lus 12
ses=tours=dres=saient=dans=lombre=u=ne=gar=de=de=heaumes 12
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il=mar=cha=les=pi=liers=fo=rêt=grave=et=ro=maine 12
é=le=vaient=dans=len=cens=leurs=cha=pi=teaux=do=rés 12
des=cier=ges=im=mo=bi=les=veillaient=lueur=hu=mai=ne 12
sur=des=tom=beaux=de=rois=par=lou=bli=dé=vo=rés 12
de=ves=ti=buleen=sal=le=et=dar=che=en=gale=rie 12
cha=que=por=te=fran=chie=ou=vrait=un=ciel=plus=grand 12
le=silence=y=gi=sait=ain=si=quu=ne=ef=fi=gie 12
et=lombreé=tait=un=tem=ple=et=lair=un=cé=lé=brant 12
des=vi=traux=é=le=vés=tom=bait=un=sang=de=roses 12
u=ne=nei=ge=da=zur=un=or=in=cen=di=é 12
et=sur=lau=tel=de=pierre=où=les=siè=cles=re=posent 12
veillait=la=lan=ce=nue=au=fer=glo=ri=fi=é 11
mais=le=graal=voi=lé=de=meu=rait=in=vi=si=ble 12
seule=sa=clar=té=sain=te=ha=bi=tait=la=mai=son 12
el=le=do=rait=la=pierre=et=la=nuit=in=fle=xible 12
tom=bait=de=vant=sa=faux=ain=si=quu=ne=mois=son 12
et=le=pèle=rin=sut=à=ge=noux=sur=la=dal=le 12
que=la=der=nière=por=te=a=de=plus=hau=tes=lois 12
ni=le=glai=ve=vain=queur=ni=la=ges=te=loya=le 12
ne=lou=vrent=mais=un=cœur=sim=ple=com=me=la=croix 12
il=pria=la=ru=meur=du=ne=clo=che=loin=tai=ne 12
rou=la=de=tour=en=tour=dans=lair=im=ma=cu=lé 12
et=leau=vive=ces=sa=de=brui=re=à=la=fon=taine 12
de=vant=le=seuil=de=feu=qui=nest=ja=mais=fou=lé 12
quand=les=co=qs=de=la=terrean=non=cè=rent=lau=rore 12
le=che=va=lier=né=tait=quune=om=bre=sur=les=monts 12
et=cette=om=bre=mou=rut=dans=la=lan=de=so=nore 12
com=me=meurt=dans=le=chœur=lé=cho=des=saints=ré=pons 12
mais=le=châ=teau=se=tait=sur=la=ci=me=dé=serte 12
le=vant=ses=tours=de=pierre=aux=é=toi=les=des=cieux 12
les=siè=cles=pas=se=ront=sur=sa=mu=raille=i=nerte 12
com=me=un=vol=de=cor=beaux=sur=le=seuil=ra=dieux 12
da=niił=łaź=ko 4
tou=ap=sé=le=dix=hu=it=juillet=deux=mille=vingt=six 12
Phonétique : Le Château Du Graal
lə swaʁ tɔ̃bε, ʃaʁʒe də sεl e də bʁyiεʁə,syʁ lε ʃεnə sakʁez- u lə sjεklə dɔʁmε.
œ̃ ʃəvalje pasε, səl, dɑ̃ lɔ̃bʁə pʁəmjεʁə,
e lə silɑ̃sə, otuʁ, kɔmə ynə o sə fεʁmε.
il avε tʁavεʁse lε lɑ̃də tasityʁnə,
fʁɑ̃ʃi lε ɡe lɥizɑ̃z- e lε kɔl də ɡʁani,
vy lε pjeʁə- dəbu, dɑ̃ lε vεjə nɔktyʁnə,
ɡaʁde œ̃ djø sɑ̃ nɔ̃ kə la musə beni.
o lizjεʁə dy bwa də lɑ̃tikə bʁətaɲə,
œ̃ sεʁf kulœʁ də nεʒə œ̃n- ɛ̃stɑ̃ lə ɡida,
pɥi la bʁymə ʁəpʁi la bεtə e la mɔ̃taɲə,
e lɔdœʁ də la mεʁ lε valɔ̃z- inɔ̃da.
alɔʁ, syʁ œ̃ sɔmε kə nyl sɑ̃tje napʁoʃə,
ɑ̃tʁə lə ɡufʁə ame e lə sjεl etwale,
il vit, kɔmə œ̃n- otεl taje dɑ̃z- ynə ʁoʃə,
lə ʃato sɑ̃z- aʒə kə djø səl a sεlle.
sε myʁ deməzyʁe, plys vjø kə lε ʁwajomə,
pɔʁtε lə pwa sakʁe dε sjεklə ʁevɔlys,
sε tuʁ dʁesε dɑ̃ lɔ̃bʁə ynə ɡaʁdə də omə,
e sε pɔʁʃə də bʁɔ̃zə etε dε səjz- elys.
il nə œʁta pwɛ̃ lɥi də sa lɑ̃sə fealə :
lεʁɛ̃ suvʁi sɑ̃ bʁɥi, kə nyl belje natɛ̃,
e la nεf lə ʁəsy, imɑ̃sə, kalmə e palə,
kɔmə lobə ʁəswa letwalə ki setɛ̃.
il maʁʃa. lε pilje, fɔʁε ɡʁavə e ʁɔmεnə,
eləvε dɑ̃ lɑ̃sɛ̃ lœʁ ʃapito dɔʁe,
dε sjεʁʒəz- imɔbilə vεjε, lɥœʁ ymεnə,
syʁ dε tɔ̃bo də ʁwa paʁ lubli devɔʁe.
də vεstibylə ɑ̃ salə e daʁʃə ɑ̃ ɡaləʁi,
ʃakə pɔʁtə fʁɑ̃ʃi uvʁε œ̃ sjεl plys ɡʁɑ̃,
lə silɑ̃sə i ʒizε ɛ̃si kynə efiʒi,
e lɔ̃bʁə etε œ̃ tɑ̃plə, e lεʁ œ̃ selebʁɑ̃.
dε vitʁoz- eləve tɔ̃bε œ̃ sɑ̃ də ʁozə,
ynə nεʒə dazyʁ, œ̃n- ɔʁ ɛ̃sɑ̃dje,
e, syʁ lotεl də pjeʁə u lε sjεklə ʁəpoze,
vεjε la lɑ̃sə nɥ o fεʁ ɡlɔʁifje.
mε lə ɡʁaal, vwale, dəməʁε ɛ̃viziblə,
sələ, sa klaʁte sɛ̃tə-abitε la mεzɔ̃ :
εllə dɔʁε la pjeʁə, e la nɥi ɛ̃flεksiblə
tɔ̃bε dəvɑ̃ sa foz- ɛ̃si kynə mwasɔ̃.
e lə pεləʁɛ̃ syt, a ʒənu syʁ la dalə,
kə la dεʁnjεʁə pɔʁtə a də plys-otə lwa :
ni lə ɡlεvə vɛ̃kœʁ, ni la ʒεstə lwajalə
nə luvʁe, mεz- œ̃ kœʁ sɛ̃plə kɔmə la kʁwa.
il pʁja. la ʁymœʁ dynə kloʃə lwɛ̃tεnə
ʁula də tuʁ ɑ̃ tuʁ dɑ̃ lεʁ imakyle,
e lo vivə sesa də bʁɥiʁə a la fɔ̃tεnə
dəvɑ̃ lə səj də fø ki nε ʒamε fule.
kɑ̃ lε kɔk də la teʁə anɔ̃sεʁe loʁɔʁə,
lə ʃəvalje netε kynə ɔ̃bʁə syʁ lε mɔ̃,
e sεtə ɔ̃bʁə muʁy dɑ̃ la lɑ̃də sonoʁə
kɔmə məʁ dɑ̃ lə ʃœʁ leʃo dε sɛ̃ ʁepɔ̃.
mε lə ʃato sə tε syʁ la simə dezεʁtə,
ləvɑ̃ sε tuʁ də pjeʁə oz- etwalə dε sjø,
lε sjεklə pasəʁɔ̃ syʁ sa myʁajə inεʁtə
kɔmə œ̃ vɔl də kɔʁbo syʁ lə səj ʁadjø.
danji ako
tuapse, lə diz- ɥi ʒɥjε dø milə vɛ̃t- sis
Syllabes Phonétique : Le Château Du Graal
lə=swaʁ=tɔ̃=bε=ʃaʁ=ʒe=də=sεl=e=də=bʁy=iεʁə 12syʁ=lε=ʃε=nə=sa=kʁe=zu=lə=sjε=klə=dɔʁ=mε 12
œ̃=ʃə=va=lje=pa=sε=səl=dɑ̃=lɔ̃=bʁə=pʁə=mjεʁə 12
e=lə=silɑ̃sə=o=tuʁ=kɔ=məy=nə=o=sə=fεʁ=mε 12
il=a=vε=tʁa=vεʁse=lε=lɑ̃=də=ta=si=tyʁ=nə 12
fʁɑ̃=ʃi=lε=ɡe=lɥi=zɑ̃=ze=lε=kɔl=də=ɡʁa=ni 12
vy=lε=pjeʁə=də=bu=dɑ̃=lε=vε=jə=nɔk=tyʁ=nə 12
ɡaʁ=de=œ̃=djø=sɑ̃=nɔ̃=kə=la=mu=sə=be=ni 12
o=li=zjε=ʁə=dy=bwa=də=lɑ̃=ti=kə=bʁə=taɲə 12
œ̃=sεʁf=ku=lœʁ=də=nεʒə=œ̃=nɛ̃s=tɑ̃=lə=ɡi=da 12
pɥi=la=bʁymə=ʁə=pʁi=la=bε=tə=e=la=mɔ̃=taɲə 12
e=lɔ=dœʁ=də=la=mεʁ=lε=va=lɔ̃=zi=nɔ̃=da 12
a=lɔʁ=syʁ=œ̃=sɔ=mε=kə=nyl=sɑ̃=tje=na=pʁoʃə 12
ɑ̃tʁə=lə=ɡu=fʁə=a=meʁ=e=lə=sjεl=e=twa=le 12
il=vit=kɔmə=œ̃=no=tεl=ta=je=dɑ̃=zy=nə=ʁoʃə 12
lə=ʃa=to=sɑ̃=za=ʒə=kə=djø=səl=a=sεl=le 12
sε=myʁ=de=mə=zy=ʁe=plys=vjø=kə=lε=ʁwa=jomə 12
pɔʁ=tε=lə=pwa=sa=kʁe=dε=sjε=klə=ʁe=vɔ=lys 12
sε=tuʁ=dʁe=sε=dɑ̃=lɔ̃bʁə=y=nə=ɡaʁ=də=də=omə 12
e=sε=pɔʁ=ʃə=də=bʁɔ̃zə=e=tε=dε=səj=ze=lys 12
il=nə=œʁ=ta=pwɛ̃=lɥi=də=sa=lɑ̃=sə=fe=alə 12
lε=ʁɛ̃=su=vʁi=sɑ̃=bʁɥi=kə=nyl=be=lje=na=tɛ̃ 12
e=la=nεf=lə=ʁə=sy=i=mɑ̃sə=kal=mə=e=palə 12
kɔ=mə=lo=bə=ʁə=swa=le=twa=lə=ki=se=tɛ̃ 12
il=maʁ=ʃa=lε=pi=lje=fɔ=ʁε=ɡʁavə=e=ʁɔ=mεnə 12
e=lə=vε=dɑ̃=lɑ̃=sɛ̃=lœʁ=ʃa=pi=to=dɔ=ʁe 12
dε=sjεʁ=ʒə=zi=mɔ=bi=lə=vε=jε=lɥœʁ=y=mεnə 12
syʁ=dε=tɔ̃=bo=də=ʁwa=paʁ=lu=bli=de=vɔ=ʁe 12
də=vεs=ti=byləɑ̃=salə=e=daʁ=ʃə=ɑ̃=ɡa=lə=ʁi 12
ʃa=kə=pɔʁ=tə=fʁɑ̃=ʃi=u=vʁε=œ̃=sjεl=plys=ɡʁɑ̃ 12
lə=si=lɑ̃sə=i=ʒi=zε=ɛ̃=si=ky=nəe=fi=ʒi 12
e=lɔ̃bʁəe=tε=œ̃=tɑ̃=plə=e=lεʁ=œ̃=se=le=bʁɑ̃ 12
dε=vi=tʁo=ze=lə=ve=tɔ̃=bε=œ̃=sɑ̃=də=ʁozə 12
y=nə=nε=ʒə=da=zyʁ=œ̃=nɔʁ=ɛ̃=sɑ̃=dj=e 12
e=syʁ=lo=tεl=də=pjeʁə=u=lε=sjεklə=ʁə=po=ze 12
vε=jε=la=lɑ̃=sə=nɥ=o=fεʁ=ɡlɔ=ʁi=fj=e 12
mε=lə=ɡʁa=al=vwa=le=də=mə=ʁε=ɛ̃=vi=ziblə 12
sə=lə=sa=klaʁ=te=sɛ̃=tə-a=bi=tε=la=mε=zɔ̃ 13
εl=lə=dɔ=ʁε=la=pjeʁə=e=la=nɥi=ɛ̃=flεk=siblə 12
tɔ̃=bε=də=vɑ̃=sa=fo=zɛ̃=si=ky=nə=mwa=sɔ̃ 12
e=lə=pε=lə=ʁɛ̃=syt=a=ʒə=nu=syʁ=la=dalə 12
kə=la=dεʁ=njε=ʁə=pɔʁtə=a=də=plys-o=tə=lwa 12
ni=lə=ɡlε=və=vɛ̃=kœʁ=ni=la=ʒεs=tə=lwa=jalə 12
nə=lu=vʁe=mε=zœ̃=kœʁ=sɛ̃=plə=kɔ=mə=la=kʁwa 12
il=pʁja=la=ʁy=mœʁ=dy=nə=klo=ʃə=lwɛ̃=tε=nə 12
ʁu=la=də=tuʁ=ɑ̃=tuʁ=dɑ̃=lεʁ=i=ma=ky=le 12
e=lo=vi=və=se=sadə=bʁɥi=ʁə=a=la=fɔ̃=tεnə 12
də=vɑ̃=lə=səj=də=fø=ki=nε=ʒa=mε=fu=le 12
kɑ̃=lε=kɔk=də=la=te=ʁə=a=nɔ̃=sε=ʁe=loʁɔʁə 12
lə=ʃə=va=lje=ne=tε=kynə=ɔ̃=bʁə=syʁ=lε=mɔ̃ 12
e=sεtə=ɔ̃=bʁə=mu=ʁy=dɑ̃=la=lɑ̃=də=so=noʁə 12
kɔ=mə=məʁ=dɑ̃=lə=ʃœʁ=le=ʃo=dε=sɛ̃=ʁe=pɔ̃ 12
mε=lə=ʃa=to=sə=tε=syʁ=la=si=mə=de=zεʁtə 12
lə=vɑ̃=sε=tuʁdə=pje=ʁə=o=ze=twa=lə=dε=sjø 12
lε=sjεklə=pa=sə=ʁɔ̃=syʁ=sa=my=ʁa=jə=i=nεʁtə 12
kɔ=mə=œ̃=vɔl=də=kɔʁ=bo=syʁ=lə=səj=ʁa=djø 12
da=nj=i=a=ko 5
tu=ap=se=lə=diz=ɥi=ʒɥjε=dø=mi=lə=vɛ̃t=sis 12
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Commentaire Sur La Poesie

on ne suivait des yeux alentour d’un vitrail qu’une clarté donnée par une lumière opale,
et puis sur cet autel, posée comme un camail la châsse illuminait de préserver le Graal…
P.S merci pour tous les développements de votre texte en annexe, même si celui-ci se tient tout seul, debout…