Prose : Chapitre 2 : Deux Annees Pour Apprendre A Vivre.

Chapitre 2 : Deux Annees Pour Apprendre A Vivre.

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Il se tenait là. Là où 6 années auparavant tout avait commencé. Il se souvenait de tout. De l’enfant apeuré dans la rue. Il redressa son stetson et reprit la route par l’allée centrale du Comté de Lincoln. La place était déserte à cause des récents évènements. Pendant les deux années où il avait été en prison, pas mal de choses avaient changé et les pourris s’étaient révélés.
Alors que le soleil ardent tapait contre sa nuque, il affichait un puissant sourire. Le sourire de l’homme qui sait qu’il va rentrer dans la légende. « Le temps n’était pas si chaud finalement », se dit il intérieurement. Un vent brutal venait étrangement rafraîchir la grande route qui le menait vers la maison de Pete.
Chaque pas le rendait un peu plus sombre. Pete Maxwell était un bon ami, malheureusement souffrant. Pendant la guerre du conté de Lincoln, deux ans auparavant, il avait été violemment touché par une balle et était alité.
Il passait maintenant devant l’ancien Saloon, et il se rappela. Ça faisait 6 ans qu’il ne l’avait pas vu et il se demanda où ce bon vieux Nestor était passé. Au loin, il apercevait enfin la maison de Pete, tout prêt de Fort Summer. Et alors que le gravier crépitait sous ses semelles de cowboy, il serra fort contre lui les deux croix qu’il chérissait tant. Non. Il n’avait pas fait tout ce chemin pour rien. Tous ses crimes ; ses 4 longues années à chercher vengeance. . Les blessures, les trahisons, les décès de ses compagnons, la prison. . Ce qui ne l’avait pas tué, l’avait rendu plus fort. Plus fort pour accomplir sa destinée. « Si ma prime doit avoir une raison valable, je vais la lui donner… Pour elle », se répétait il.
« - Pete va me donner la clé d’accès à ce fumier. Oui dans 1h, je suis sur que je t’aurai vengé Régante. . » marmorna t’il, le poing serré sur ses deux croix.
Il se répéta son nom sans cesse, se retenant de toute larme. Il savait qu’au bout du chemin se trouvait la concrétisation de ce qu’il cherchait depuis 4ans.
- « Il faut que tu viennes. J’ai des informations sur ce fameux Patrick que tu cherches tant » -
Il relisait encore & encore le télégramme de son ami, et le chiffonnant fièrement à la face du monde, il se jura qu’aujourd’hui serait un jour historique. Et tandis que le soleil de plomb continuait de l’assomer, Henry avançait fièrement se rappelant de ses 6 longues années passées depuis qu’il avait quitté le Comté de Lincoln…
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6 ANNEES AUPARAVANT, 1875, COMTE DE LINCOLN.
Henry tremblait. Il n’osait pas se retourner mais il savait pertinemment qui était derrière lui. Les chaînes tintaient sur le sol froid, sol où il se voyait déjà étendu. Il ferma les yeux, très fort. Tellement fort qu’il sentait toute la peau de son visage se contractait. Mais rien. Il se retourna timidement. L’homme aux chaînes était bien là, derrière lui, le pied gauche légèrement en avant, la croix blanche glissée dedans reflétait d’ailleurs un étrange bout de métal. Henry leva les yeux, et fut ébahi par l’imposant fusil que le bandit tenait d’une main. Il retint son souffle.
L’homme ramena enfin son pied au même niveau que l’autre. Au loin, on écoutait les cris des adjoints. Il se retourna, s’avança légèrement, regarda le sol, puis pointa son fusil dans l’embouchure de la rue. Un adjoint arriva en courant, et mourut instantanément touché par une balle. Les autres, alertés, lancèrent le message en se dirigeant par là. L’homme au fusil se mit alors à courir en direction de la sortie de la ville. Henry, paralysé, resta sur place et à l’arrivée, le shérif l’empoigna vigoureusement :
« - Qu’est ce que t’as fais ? ?
- C’est pas moi ! ! C’est l’enchainé ! ! Il est parti ! ! »
Le shérif le prit brutalement par le col et traîna sur le sol en se lançant à la poursuite du bandit. Henry avait mal ; son pantalon se déchirait à mesure que William accélérait. Les adjoints, petit à petit, se disséminaient dans les rues adjacentes et il ne resta plus que le shérif et Henry en fin de route. Le shérif Antrim lâcha brutalement Henry sur le sol. Il pleurait et était ouvert en de multiples parts.
« - Cesses de pleurnicher comme une filette gamin ! »
Henry affichait une haine pour cet homme qui ne le considérait en rien. . Alors il se leva et dans un excès de rage, il prit le Colt de son beau-père, qui, le regardant avec mépris, lui dit :
« - Bon et maintenant qu’est ce que tu vas faire hein ? ! MAUVIETTE ! »
Un coup de feu déchira les oreilles d’Henry, et déchira les vêtements de William Antrim. Il tomba à terre, raide mort. Henry, effaré, leva les yeux, et l’enchainé se tenait là, le fusil fumant. Ils se regardèrent dans l’obscurité totale. Ils se savaient s’observant. Henry ne savait plus quoi penser. Au fond la mort de son beau-père l’ôtait du poids de ses méchancetés et de ses mauvais traitements. . Lui, qui avait vécu à l’ombre de sentiments depuis le décès de sa mère, qui avait connu des longues soirées seul, bien trop sombres pour un enfant. .
Mais il se retrouvait seul. . Et il tenait le Colt de son père… Il fut interrompu par les cris des adjoints qui arrivaient en grande cavalerie. L’enchaîné siffla son cheval, noir comme l’ebène qui apparut dans les secondes suivantes. Soudain un coup de feu siffla près des oreilles d’Henry, et le cheval se cabra légèrement. Le coup avait atteint le sol juste à côté des sabots du cheval. Les adjoints hurlaient maintenant des choses que Henry ne captait que partiellement. Il était dans une sorte de tumultes, il ne comprenait plus vraiment quoi faire quand brutalement, l’enchainé l’attrapa par la taille et fit partir son cheval au galop. Henry voulut se débattre mais il sentit la crosse du fusil venir frapper son cou. Et puis plus rien.

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Henry avait dormi une partie de la soirée, torturé dans ses rêves par le fait d’être maintenant totalement orphelin. Il se raisonnait en se disant que William Antrim ne l’avait jamais vraiment aimé. Mais malgré cela, il tremblait. Il ouvrit les yeux. Il était dans une espèce de grotte. Devant lui il y avait un grand feu qui crépitait. Il écouta des pas derrière lui, mais il lui était impossible de se tourner, ficelé comme il était. Une femme vint pourtant s’accroupir à ses cotés et retira les câbles qui retenaient ses bras et ses jambes. Celle-ci vint ensuite s’assoier en face d’Henry, retirant par la même un des bouts de viande en train de cuire :
« - Sers toi avant que ça crame. »
Henry, bien que sous le choc, s’exécuta. Tout en mangeant, il regardait avec passion la femme face à lui. Celle-ci, intriguée, lui demanda :
« - Qu’est ce qui y a ? Tu es surpris ?
- Bah je pensais pas que. .
- Qu’un bandit si barbare pouvait être une femme ?
- Bah… Oui. . »
La femme rigola gorge déployée. Elle devait avoir un peu moins de 30ans, elle avait des cheveux blonds, qui ressemblaient à de la paille et les yeux bleus. Tout son corps était couvert de cicatrices et d’ecchymoses, surtout ses jambes. Ses jambes… Où trônaient les deux grosses chaînes et les tatouages, si craints dans l’Ouest entier. Elle s’arrêta de rire, voyant l’admriation dans le regard d’Henry. Lui adressant un petit sourire, elle lui tendit la main :
« - Régante. Régante Bill.
- Henry ! William Henry Antrim ! »
Régante retira sa main, puis elle lui lança :
« - Je suis désolée mon chou mais maintenant que tu connais mon visage et mon nom, je vais devoir te tuer. »
Henry, effaré, se reculant précipitamment, cherchant de quoi se défendre mais Régante explosa à nouveau de rire :
« - Meuh nan je te taquine. De toute manière si tu leur dis que l’enchainé est une fille, tous te riront au nez. . »
Régante stoppa à nouveau son rire voyant le visage triste d’Henry.
« - Pleures pas. Demain à la première heure, je te déposerai tout près du comté de Lincoln, et tu pourras retrouver ta mère… »
Elle se leva et epousta son pantalon couvert de poussière.
« - Je suis désolée pour ton père petit. . Je ne pouvais pas partir avec lui dans les parages, et en plus, il te menaçait non ?
- A vrai dire, c’était mon beau père. . J’ai pas connu mon vrai père, et quand ma mère l’a épousé, j’ai pris son nom. . Mais de toute manière je ne l’aime pas… Il a fait de mon enfance un cauchemar ! Et après la mort de maman, ça a été pire. . »
Henry se leva brutalement, il serra les poings.
« - Je l’aurai tué, j’aurai pu le tuer. »
Régante le regarda l’oeil en coin. Ce petit bonhomme la fit sourire. Elle se leva pour donner un peu d’avoine à son cheval puis se saisissant d’un Colt, elle le lança à Henry tout en lui disant :
« - Sais tu au moins t’en servir ? »
Henry le rattrapa maladroitement de volée, et le prit dans sa toute frêle main.
« - Et bien. . Ouais
- T’es pas un peu jeune pour ça ?
- J’ai 15 ans !
- Et bien tu ne les fais pas…
- JE SAIS ! »
Henry s’énerva à nouveau, il empoigna virilement le pistolet, pointa une sorte de bouteille en verre, et la brisa du premier coup. Régante ébahie pendant les premiers instants, explosa de rire.
« - Bien gamin !
- NE M’APPELES PAS GAMIN ! »
Il aurait voulu lui exprimer sa rage, sa rage d’être toujours considéré comme un enfant, et sa rage de lui servir d’otage sans qu’il n’est mot à dire mais Régante venait d’oter son manteau de bison, révélant le corps d’une femme mûre, dans la beauté de l’âge. Henry, lui qui avait toujours été le bon dernier avec les filles, comme en terme de croissance, resta bouché bée.
« - C’est un peu la tête que font mes victimes. . » Ricana Régante.
Henry comprenait tout à présent. Les gens, étonnés tout comme lui de découvrir que l’enchainé, était une femme, en restaient abasourdis. Mais une question le taraudait encore.
« - Et ses croix… Qu’est ce qu’elles signifient ? »
Régante soupira tout en se rasseyant. Elle regarda Henry, le visage interrogateur et elle lui dit dans un murmure tout en frottant ses chevilles :
« - Tu vois. . Il y a des gens dont je dois me venger, et mes meurtres ce sont mes vengeances. . Le reste, tout ce qui me décrit comme un tueur sanguinaire c’est des racontars. En fait, quand je croise un témoin, ou quelqu’un qui me veut du mal. . Quelqu’un qui m’a dénoncé ou autre, je m’avance vers lui, et je regarde le pied que j’ai posé vers lui en premier. Si c’est ma jambe gauche, et donc la croix blanche, je le gracie. Et si c’est la noire… »
Elle saisit son fusil, l’arma, puis tira sur l’assieste en métal aux pieds d’Henry où la balle résonna avant de repartir se loger au fond d’un des murs de la caverne.
« - C’est la mort.
- Mais c’est du hasard !
- Exactement. Et dis toi que le hasard t’a sauvé. »
Henry se rappelait maintenant. Dans la ruelle, la croix blanche aux reflets devant lui. . Et maintenant, il remercia Dieu d’être devenu l’otage de Régante et non l’une de ses innombrables victimes.
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Les mois qui suivirent ne furent que pur bonheur aux yeux d’Henry. Il avait refusé catégoriquement de retourner au Comté de Lincoln, allant jusqu’à promettre à Régante de devenir son plus fidèle comparse. Quelques années plus tard, on aurait appelé ça le syndrome de Stockholm. Mais au fond, Régante l’aimait bien aussi, et elle le traitait comme un petit frère.
Il était devenu cowboy en Arizona, et tout se passait pour le mieux. Il avait un véritable talent pour les armes, et Régante se chargeait de l’entretenir par des exercices. Aux cotés de cette femme, Henry vivait enfin le bonheur qu’il aurait voulu depuis longtemps. . Elle était souriante, mais aussi terriblement macabre. . Tout ce lourd passé, tous ses meurtres, la manière qu’elle a de ne pas être dans le stéréotype de la femme à la maison. Elle lui apportait chaque semaine des livres, et Henry les adorait. Il faisait aussi beaucoup de sport, et même s’il restait relativement petit pour son âge, il était musclé et athlétique.
Il essayait aussi de dessiner, et pour modèle il prenait toujours Régante, qui gênée le menaçait de son fusil. Henry avait crée une véritable complicité avec elle, et dès lors qu’il la savait sur un coup dangereux, il l’attendait à quelques pas, le fusil armé. Rien n’était trop beau pour la protéger. Au fil des nuits, Henry en apprenait plus sur Régante, qui lui tressait son histoire. . Elle aussi était orpheline, et son tuteur un homme violent et peu scrupuleux, lui faisait vivre le pire pour une femme. Elle a décidé de le fuir un jour, a à peine 14ans, ce qui lui faisait pensé qu’elle comprennait bien Henry. Elle s’était ensuite allié à pas mal de types louches pour sa propre survie, et elle s’était fait pas mal d’ennemis. . Finalement, un soir, Henry apprit que tout récemment, Régante avait quitté son compagnon, un chasseur de bisons, et que depuis il lui ruinait la vie, et elle cherchait à le fuir. Quand elle parlait de lui, on lisait dans ses yeux mélancolie et tristesse, et Henry se trouva bien bête de ne pas faire le poids pour l’aider.
Alors chaque jour, et chaque surlendemain il s’entrainait ardemment. Un soir tandis qu’il s’entrainait depuis l’après-midi, il tomba soudainement dans une fatigue extrême. Écroulé, suffocant, il sentait son cœur se contracté, se serrait encore et toujours. Alors qu’il pensait avoir succomber à ses douleurs depuis longtemps, il écouta la voix de Régante au dessus de lui, une voix rassurante et empressée. Quand il se réveilla, il était allongé, torse nu dans la grotte, un bandage autour du buste. Il se redressa difficilement sur ses coudes, mais Régante accourut pour le lui interdire :
« - Tu dois te reposer sale gosse ! Tu m’as fais une de ses peurs ! »
Régante était à peine couverte d’une chemise, et elle semblait avoir passé une nuit blanche. Il faisait nuit, mais la pleine lune illuminait l’entrée de la grotte. Henry remarqua alors le reflet de deux petites larmes au coin des jolis yeux bleus de Régante. Contre son interdiction il se redressa, prenant doucement son visage entre ses mains. Régante, paralysée, ne faisant que lui répétait « Mais qu’est ce que tu fais ? ».
Ce soir là, Henry passa du stade d’enfant, au stade d’homme. Un homme grand d’amour, un homme grand de promesses et d’envies.
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Les jours coulaient dans une harmonie parfaite, tant et si bien que Henry se pinçait tous les matins quand il voyait le corps de Régante, allongée tout contre lui. Il se sentait puissant, invincible face au temps, il voyait sa vie se déroulait devant lui comme un tapis rouge vers la gloire, l’amour & la fortune. Tout ce qu’il venait d’acquérir, devenait comme une part indivisible de son âme. Et peut-être un peu vite, il en devint vantard et insolent ; ne doutant plus et ne se rappelant pas que tout perdre peut arriver en un instant.
C’est ainsi qu’un jour, alors qu’il revenait de la ville, il vit Black-side, l’étalon de Régante courir en liberté. Il le rattrapa comme il en avait l’habitude lorsqu’il apprenait à monter l’animal, puis le rattachant à son endroit habituel, il fut pris de panique. Régante n’était jamais loin quand Black-side était libre pourtant elle n’était nulle part. Il courut le plus vite qu’il put vers leur grotte. Deux chevaux étaient en attente devant l’entrée. Henry avait la boule au ventre. Régante ne recevait jamais de visite.
Il connaissait une petite entrée discrète pour arriver par le fond de la grotte, il s’y précipita donc. A l’intérieur, il marcha à pas de loups vers le campement qu’ils avaient installés. Plus il s’approchait, plus il distinguait des sons. Alors qu’il avançait de plus en plus calmement, en tâtonnant la paroi, il sentait son cœur se contractait et chaque palpitation lui brisait la cage thoracique. Il voyait à présent la lumière du campement, et écoutait des bruits de pas, et Ô malheur des sanglots. Il posa sa main sur son colt, sentant la colère et l’inquietude l’empoignait férocement quand tout à coup un tir retenti brutalement dans toute la caverne. Henry s’abaissa, les mains sur la tête comme pour se protéger mais il écouta un long râle de douleur. La longue complainte douloureuse de la chair qui se déchire. Le long cri aux notes aigus qui lui déchira le cœur.
Les chevaux à l’extérieur s’étaient de même cabrés, et Henry sous le choc, le cœur explosé, et le souffle court, écouta des pas, au moins de deux hommes, se précipitaient hors de la grotte. Dans un élan de craintes, il se leva, et accouru vers le campement. Régante était allongée à terre, encore vivante. Il remercia Dieu et faillit s’écrouler à genoux, de bonheur. Cependant, son visage quitta l’air de béatitude en un instant. Régante souffrait visiblement beaucoup et en parcourant son corps des yeux, Henry comprit en quelques secondes. Ses vêtements déchirés, son bas ventre ensanglanté. . Sa jolie chemise blanche, jadis si fraîche et pure, à présent lacérée, écartelée. . Et d’un rouge sanglant. . Elle se tenait la jambe droite, étendue dans une flaque de sang à la densité sombre… Ses yeux étaient fermés, cousus de larmes, qui trempaient son visage. Henry tomba à terre. Régante ouvrit difficilement les yeux. Il lui prit le visage. Ses frêles mains ne bloquaient pas le flot continu de douleurs de la femme. Il pleura à son tour. Régante lui susurra entres deux sanglots ;
« - Pars. . Ne me regardes pas. . »
Henry ne voulait pas. . Il voulait prendre son colt et mourir ici-même avec Régante. Au loin les pas revenaient d’entrer dans la grotte. Sa pomme d’Adam se contracta, et ses mains tremblaient. Il allait les tuer. Mais Régante le suppliait de partir. Il en avait marre de fuir. Il se leva d’un bond, et saisit son revolver. Un homme apparu armait d’un fusil. Il fut surpris de la présence d’Henry mais d’un bond il cala son fusil sur son épaule. Trop tard.
Sans paraître effrayer par son acte, Henry affichait un regard avide de vengeance. Il s’appreta à partir vers le second homme, qu’il savait à l’extérieur près des chevaux, mais le souffle brisé de Régante le ramena à terre. Elle s’y trouvait plus blanche que jamais. Bien loin de là, sa jolie peau halée. . Même ses doux cheveux blonds avaient mystérieusement vieillis. Henry voulait le nier, il voulait la rassurer et lui jurer qu’elle s’en sortirait mais il le savait pertinemment. L’odeur de la mort se faisait sentir, il n’y aura plus de corps à corps, il sent qu’elle va bientôt mourir. Alors il se pencha au dessus d’elle, déposant un dernier baiser sur son front. Régante lui murmura dans un dernier souffle :
« -Les croix. . Prends les. . »
Henry baissa son regard au niveau de ses jambes nues et fatiguées. Les deux croix, toujours intactes, se tenaient au milieu des chaînes. Il s’en empara et il promit à Régante de toujours les garder contre son cœur. Régante lui accorda un dernier sourire afin que son souffle ne s’éteigne.
Henry s’étouffa. De pleurs, d’angoisse, de tristesse, de colère. Il ferma délicatement ses jolis yeux bleus. Et il se leva. Il avait totalement oublié le second homme. Il s’en fichait. Le tuer ne lui rapporterait pas Régante. Alors il marcha, il partit tout au fond de la grotte, là où la cavité s’effronde et il s’effronda aussi.
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Il ne sait pas combien de temps il pleura mais il fut soudain interrompu par un poing frappant le sol brutalement et une voix rauque montrant la déception. Il se rappela maintenant. Le second homme. Il prit son Colt férocement et partit le regard froncé vers l’endroit où le corps de Régante gisait encore. Il écouta alors des pas qui s’enfuient. Il se mit à courir, comprenant que sa proie lui échappait mais il arriva trop tard. Le corps de Régante était encore allongée et un peu plus loin, cas semblable pour le premier homme. Il voulut s’approcher de lui, pour dévisager et cracher au visage de ce meurtrier, mais son pied fit craquer quelque chose. Il baissa le regard. Une petite chaînette dorée était étendue sur le sol, juste à côté des imposantes chaînes de Régante.
Henry se releva, la main encore ouverte sur le petit bijou. Il la ferma avec rage, enfonçant ses ongles et le petit métal dans ses mains encore humides des pleurs de Régante et des siens. Et regardant à l’horizon, où on voyait distinctement un nuage de fumée provoqué par le passage d’un cheval pressé, il pesta « Tu ne t’en sortiras pas. Je jure ici même que je consacrerai ma vie à te retrouver et à te tuer. »
Il baissa la tête, ré-ouvrant son poing.
« Patrick. . »
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Syllabation De L'Écrit

  • Syllabes Hyphénique: Chapitre 2 : Deux Annees Pour Apprendre A Vivre.


  • Phonétique : Chapitre 2 : Deux Annees Pour Apprendre A Vivre.

    il sə tənε la. la u siz- anez- opaʁavɑ̃ tut- avε kɔmɑ̃se. il sə suvənε də tu. də lɑ̃fɑ̃ apəʁe dɑ̃ la ʁy. il ʁədʁesa sɔ̃ stεtsɔ̃ e ʁəpʁi la ʁutə paʁ lale sɑ̃tʁalə dy kɔmte də lɛ̃kɔln. la plasə etε dezεʁtə a kozə dε ʁesɑ̃z- evεnəmɑ̃. pɑ̃dɑ̃ lε døz- anez- u il avε ete ɑ̃ pʁizɔ̃, pa mal də ʃozəz- avε ʃɑ̃ʒe e lε puʁʁi setε ʁevele.
    alɔʁ kə lə sɔlεj aʁde tapε kɔ̃tʁə sa nykə, il afiʃε œ̃ pɥisɑ̃ suʁiʁə. lə suʁiʁə də lɔmə ki sε kil va ʁɑ̃tʁe dɑ̃ la leʒɑ̃də. « lə tɑ̃ netε pa si ʃo finaləmεnt », sə di il ɛ̃teʁjəʁəmɑ̃. œ̃ vɑ̃ bʁytal vənε etʁɑ̃ʒəmɑ̃ ʁafʁεʃiʁ la ɡʁɑ̃də ʁutə ki lə mənε vεʁ la mεzɔ̃ də pətə.
    ʃakə pa lə ʁɑ̃dε œ̃ pø plys sɔ̃bʁə. pətə makswεll etε œ̃ bɔ̃ ami, maləʁøzəmɑ̃ sufʁɑ̃. pɑ̃dɑ̃ la ɡeʁə dy kɔ̃te də lɛ̃kɔln, døz- ɑ̃ opaʁavɑ̃, il avε ete vjɔlamɑ̃ tuʃe paʁ ynə balə e etε alite.
    il pasε mɛ̃tənɑ̃ dəvɑ̃ lɑ̃sjɛ̃ salun, e il sə ʁapəla. sa fəzε siz- ɑ̃ kil nə lavε pa vy e il sə dəmɑ̃da u sə bɔ̃ vjø nεstɔʁ etε pase. o lwɛ̃, il apεʁsəvε ɑ̃fɛ̃ la mεzɔ̃ də pətə, tu pʁε də fɔʁ syme. e alɔʁ kə lə ɡʁavje kʁepitε su sε səmεllə də kɔwbwa, il seʁa fɔʁ kɔ̃tʁə lɥi lε dø kʁwa kil ʃeʁisε tɑ̃. nɔ̃. il navε pa fε tu sə ʃəmɛ̃ puʁ ʁjɛ̃. tus sε kʁimə, sε katʁə lɔ̃ɡz- anez- a ʃεʁʃe vɑ̃ʒɑ̃sə. lε blesyʁə, lε tʁaizɔ̃, lε desε də sε kɔ̃paɲɔ̃, la pʁizɔ̃. sə ki nə lavε pa tye, lavε ʁɑ̃dy plys fɔʁ. plys fɔʁ puʁ akɔ̃pliʁ sa dεstine. « si ma pʁimə dwa avwaʁ ynə ʁεzɔ̃ valablə, ʒə vε la lɥi dɔne… puʁ εllə », sə ʁepetε il.
    « pətə va mə dɔne la kle daksεz- a sə fymje. ui dɑ̃z- œ̃ aʃ, ʒə sɥi syʁ kə ʒə toʁε vɑ̃ʒe ʁeɡɑ̃tə. » maʁmɔʁna til, lə puiŋ seʁe syʁ sε dø kʁwa.
    il sə ʁepeta sɔ̃ nɔ̃ sɑ̃ sεsə, sə ʁətənɑ̃ də tutə laʁmə. il savε ko bu dy ʃəmɛ̃ sə tʁuvε la kɔ̃kʁetizasjɔ̃ də sə kil ʃεʁʃε dəpɥi katʁə ɑ̃.
    « il fo kə ty vjεnə. ʒε dεz- ɛ̃fɔʁmasjɔ̃ syʁ sə famø patʁik kə ty ʃεʁʃə tɑ̃t »
    il ʁəlizε ɑ̃kɔʁə e ɑ̃kɔʁə lə teleɡʁamə də sɔ̃n- ami, e lə ʃifɔnɑ̃ fjεʁəmɑ̃ a la fasə dy mɔ̃də, il sə ʒyʁa koʒuʁdɥi səʁε œ̃ ʒuʁ istɔʁikə. e tɑ̃di kə lə sɔlεj də plɔ̃ kɔ̃tinɥε də lasɔme, ɑ̃ʁi avɑ̃sε fjεʁəmɑ̃ sə ʁapəlɑ̃ də sε si- lɔ̃ɡz- ane pase dəpɥi kil avε kite lə kɔmte də lɛ̃kɔln…

    siz- aniz- opaʁavɑ̃ viʁɡylə milə ɥi sɑ̃ swasɑ̃tə kɛ̃zə, kɔmtə də lɛ̃kɔln.
    ɑ̃ʁi tʁɑ̃blε. il nozε pa sə ʁətuʁne mεz- il savε pεʁtinamɑ̃ ki etε dəʁjεʁə lɥi. lε ʃεnə tɛ̃tε syʁ lə sɔl fʁwa, sɔl u il sə vwajε deʒa etɑ̃dy. il fεʁma lεz- iø, tʁε fɔʁ. tεllmɑ̃ fɔʁ kil sɑ̃tε tutə la po də sɔ̃ vizaʒə sə kɔ̃tʁaktε. mε ʁjɛ̃. il sə ʁətuʁna timidəmɑ̃. lɔmə o ʃεnəz- etε bjɛ̃ la, dəʁjεʁə lɥi, lə pje ɡoʃə leʒεʁəmɑ̃ ɑ̃n- avɑ̃, la kʁwa blɑ̃ʃə ɡlise dədɑ̃ ʁəfletε dajœʁz- œ̃n- etʁɑ̃ʒə bu də metal. ɑ̃ʁi ləva lεz- iø, e fy ebai paʁ lɛ̃pozɑ̃ fyzil kə lə bɑ̃di tənε dynə mɛ̃. il ʁətɛ̃ sɔ̃ suflə.
    lɔmə ʁaməna ɑ̃fɛ̃ sɔ̃ pje o mεmə nivo kə lotʁə. o lwɛ̃, ɔ̃n- ekutε lε kʁi dεz- adʒwɛ̃. il sə ʁətuʁna, savɑ̃sa leʒεʁəmɑ̃, ʁəɡaʁda lə sɔl, pɥi pwɛ̃ta sɔ̃ fyzil dɑ̃ lɑ̃buʃyʁə də la ʁy. œ̃n- adʒwɛ̃ aʁiva ɑ̃ kuʁɑ̃, e muʁy ɛ̃stɑ̃tanemɑ̃ tuʃe paʁ ynə balə. lεz- otʁə, alεʁte, lɑ̃sεʁe lə mesaʒə ɑ̃ sə diʁiʒɑ̃ paʁ la. lɔmə o fyzil sə mit alɔʁz- a kuʁiʁ ɑ̃ diʁεksjɔ̃ də la sɔʁti də la vilə. ɑ̃ʁi, paʁalize, ʁεsta syʁ plasə e a laʁive, lə ʃeʁif lɑ̃pwaɲa viɡuʁøzəmɑ̃ :
    « kε sə kə ta fε ? ?
    sε pa mwa ! ! sε lɑ̃ʃεne ! ! il ε paʁti ! ! »
    lə ʃeʁif lə pʁi bʁytaləmɑ̃ paʁ lə kɔl e tʁεna syʁ lə sɔl ɑ̃ sə lɑ̃sɑ̃ a la puʁsɥitə dy bɑ̃di. ɑ̃ʁi avε mal, sɔ̃ pɑ̃talɔ̃ sə deʃiʁε a məzyʁə kə wijjam akseleʁε. lεz- adʒwɛ̃, pəti a pəti, sə diseminε dɑ̃ lε ʁyz- adʒasɑ̃təz- e il nə ʁεsta plys kə lə ʃeʁif e ɑ̃ʁi ɑ̃ fɛ̃ də ʁutə. lə ʃeʁif ɑ̃tʁim laʃa bʁytaləmɑ̃ ɑ̃ʁi syʁ lə sɔl. il pləʁε e etε uvεʁ ɑ̃ də myltiplə paʁ.
    « sesə də pləʁniʃe kɔmə ynə filεtə ɡamɛ̃ ! »
    ɑ̃ʁi afiʃε ynə-εnə puʁ sεt ɔmə ki nə lə kɔ̃sideʁε ɑ̃ ʁjɛ̃. alɔʁz- il sə ləva e dɑ̃z- œ̃n- εksε də ʁaʒə, il pʁi lə kɔlt də sɔ̃ bo pεʁə, ki, lə ʁəɡaʁdɑ̃ avεk mepʁi, lɥi di :
    « bɔ̃ e mɛ̃tənɑ̃ kε sə kə ty va fεʁə ɛ̃ ? ! movjεtə ! »
    œ̃ ku də fø deʃiʁa lεz- ɔʁεjə dɑ̃ʁi, e deʃiʁa lε vεtəmɑ̃ də wijjam ɑ̃tʁim. il tɔ̃ba a teʁə, ʁεdə mɔʁ. ɑ̃ʁi, efaʁe, ləva lεz- iø, e lɑ̃ʃεne sə tənε la, lə fyzil fymɑ̃. il sə ʁəɡaʁdεʁe dɑ̃ lɔpskyʁite tɔtalə. il sə savε sɔpsεʁvɑ̃. ɑ̃ʁi nə savε plys kwa pɑ̃se. o fɔ̃ la mɔʁ də sɔ̃ bo pεʁə lotε dy pwa də sε meʃɑ̃sətez- e də sε movε tʁεtəmɑ̃. lɥi, ki avε veky a lɔ̃bʁə də sɑ̃timɑ̃ dəpɥi lə desε də sa mεʁə, ki avε kɔny dε lɔ̃ɡ swaʁe səl, bjɛ̃ tʁo sɔ̃bʁə- puʁ œ̃n- ɑ̃fɑ̃.
    mεz- il sə ʁətʁuvε səl. e il tənε lə kɔlt də sɔ̃ pεʁə… il fy ɛ̃teʁɔ̃py paʁ lε kʁi dεz- adʒwɛ̃ ki aʁivε ɑ̃ ɡʁɑ̃də kavaləʁi. lɑ̃ʃεne sifla sɔ̃ ʃəval, nwaʁ kɔmə ləbεnə ki apaʁy dɑ̃ lε səɡɔ̃də sɥivɑ̃tə. sudɛ̃ œ̃ ku də fø sifla pʁε dεz- ɔʁεjə dɑ̃ʁi, e lə ʃəval sə kabʁa leʒεʁəmɑ̃. lə ku avε atɛ̃ lə sɔl ʒystə a kote dε sabo dy ʃəval. lεz- adʒwɛ̃z- yʁlε mɛ̃tənɑ̃ dε ʃozə kə ɑ̃ʁi nə kaptε kə paʁsjεllmɑ̃. il etε dɑ̃z- ynə sɔʁtə də tymyltə, il nə kɔ̃pʁənε plys vʁεmɑ̃ kwa fεʁə kɑ̃ bʁytaləmɑ̃, lɑ̃ʃεne latʁapa paʁ la tajə e fi paʁtiʁ sɔ̃ ʃəval o ɡalo. ɑ̃ʁi vuly sə debatʁə mεz- il sɑ̃ti la kʁɔsə dy fyzil vəniʁ fʁape sɔ̃ ku. e pɥi plys ʁjɛ̃.

    ɑ̃ʁi avε dɔʁmi ynə paʁti də la swaʁe, tɔʁtyʁe dɑ̃ sε ʁεvə paʁ lə fε dεtʁə mɛ̃tənɑ̃ tɔtaləmɑ̃ ɔʁfəlɛ̃. il sə ʁεzɔnε ɑ̃ sə dizɑ̃ kə wijjam ɑ̃tʁim nə lavε ʒamε vʁεmɑ̃ εme. mε malɡʁe səla, il tʁɑ̃blε. il uvʁi lεz- iø. il etε dɑ̃z- ynə εspεsə də ɡʁɔtə. dəvɑ̃ lɥi il i avε œ̃ ɡʁɑ̃ fø ki kʁepitε. il ekuta dε pa dəʁjεʁə lɥi, mεz- il lɥi etε ɛ̃pɔsiblə də sə tuʁne, fisəle kɔmə il etε. ynə famə vɛ̃ puʁtɑ̃ sakʁupiʁ a sε kɔtez- e ʁətiʁa lε kablə ki ʁətənε sε bʁaz- e sε ʒɑ̃bə. sεllə si vɛ̃ ɑ̃sɥitə saswae ɑ̃ fasə dɑ̃ʁi, ʁətiʁɑ̃ paʁ la mεmə œ̃ dε bu də vjɑ̃də ɑ̃ tʁɛ̃ də kɥiʁə :
    « se twa avɑ̃ kə sa kʁamə. »
    ɑ̃ʁi, bjɛ̃ kə su lə ʃɔk, sεɡzekyta. tut- ɑ̃ mɑ̃ʒɑ̃, il ʁəɡaʁdε avεk pasjɔ̃ la famə fasə a lɥi. sεllə si, ɛ̃tʁiɡe, lɥi dəmɑ̃da :
    « kε sə ki i a ? ty ε syʁpʁi ?
    ba ʒə pɑ̃sε pa kə.
    kœ̃ bɑ̃di si baʁbaʁə puvε εtʁə ynə famə ?
    ba… ui. »
    la famə ʁiɡɔla ɡɔʁʒə deplwaje. εllə dəvε avwaʁ œ̃ pø mwɛ̃ də tʁɑ̃tə ɑ̃, εllə avε dε ʃəvø blɔ̃, ki ʁəsɑ̃blε a də la pajə e lεz- iø bløs. tu sɔ̃ kɔʁz- etε kuvεʁ də sikatʁisəz- e dεkimozə, syʁtu sε ʒɑ̃bə. sε ʒɑ̃bə… u tʁonε lε dø ɡʁɔsə ʃεnəz- e lε tatuaʒə, si kʁɛ̃ dɑ̃ luεst ɑ̃tje. εllə saʁεta də ʁiʁə, vwajɑ̃ ladmʁjasjɔ̃ dɑ̃ lə ʁəɡaʁ dɑ̃ʁi. lɥi adʁesɑ̃ œ̃ pəti suʁiʁə, εllə lɥi tɑ̃di la mɛ̃ :
    « ʁeɡɑ̃tə. ʁeɡɑ̃tə bij.
    ɑ̃ʁi ! wijjam ɑ̃ʁi ɑ̃tʁim ! »
    ʁeɡɑ̃tə ʁətiʁa sa mɛ̃, pɥiz- εllə lɥi lɑ̃sa :
    « ʒə sɥi dezɔle mɔ̃ ʃu mε mɛ̃tənɑ̃ kə ty kɔnε mɔ̃ vizaʒə e mɔ̃ nɔ̃, ʒə vε dəvwaʁ tə tɥe. »
    ɑ̃ʁi, efaʁe, sə ʁəkylɑ̃ pʁesipitamɑ̃, ʃεʁʃɑ̃ də kwa sə defɑ̃dʁə mε ʁeɡɑ̃tə εksploza a nuvo də ʁiʁə :
    « mø nɑ̃ ʒə tə takinə. də tutə manjεʁə si ty lœʁ di kə lɑ̃ʃεne εt- ynə fijə, tus tə ʁiʁɔ̃ o ne. »
    ʁeɡɑ̃tə stɔpa a nuvo sɔ̃ ʁiʁə vwajɑ̃ lə vizaʒə tʁistə dɑ̃ʁi.
    « plœʁə pa. dəmɛ̃ a la pʁəmjεʁə œʁ, ʒə tə depozəʁε tu pʁε dy kɔmte də lɛ̃kɔln, e ty puʁʁa ʁətʁuve ta mεʁə… »
    εllə sə ləva e əpusta sɔ̃ pɑ̃talɔ̃ kuvεʁ də pusjεʁə.
    « ʒə sɥi dezɔle puʁ tɔ̃ pεʁə pəti. ʒə nə puvε pa paʁtiʁ avεk lɥi dɑ̃ lε paʁaʒə, e ɑ̃ plys, il tə mənasε nɔ̃ ?
    a vʁε diʁə, setε mɔ̃ bo pεʁə. ʒε pa kɔny mɔ̃ vʁε pεʁə, e kɑ̃ ma mεʁə la epuze, ʒε pʁi sɔ̃ nɔ̃. mε də tutə manjεʁə ʒə nə lεmə pa… il a fε də mɔ̃n- ɑ̃fɑ̃sə œ̃ koʃəmaʁ ! e apʁε la mɔʁ də mamɑ̃, sa a ete piʁə. »
    ɑ̃ʁi sə ləva bʁytaləmɑ̃, il seʁa lε puiŋ.
    « ʒə loʁε tye, ʒoʁε py lə tɥe. »
    ʁeɡɑ̃tə lə ʁəɡaʁda lɔεj ɑ̃ kwɛ̃. sə pəti bɔnɔmə la fi suʁiʁə. εllə sə ləva puʁ dɔne œ̃ pø davwanə a sɔ̃ ʃəval pɥi sə sεzisɑ̃ dœ̃ kɔlt, εllə lə lɑ̃sa a ɑ̃ʁi tut- ɑ̃ lɥi dizɑ̃ :
    « sε ty o mwɛ̃ tɑ̃ sεʁviʁ ? »
    ɑ̃ʁi lə ʁatʁapa maladʁwatəmɑ̃ də vɔle, e lə pʁi dɑ̃ sa tutə fʁεlə mɛ̃.
    « εt bjɛ̃. uε
    tε pa œ̃ pø ʒənə puʁ sa ?
    ʒε kɛ̃zə ɑ̃ !
    e bjɛ̃ ty nə lε fε pa…
    ʒə sε ! »
    ɑ̃ʁi senεʁva a nuvo, il ɑ̃pwaɲa viʁiləmɑ̃ lə pistɔlε, pwɛ̃ta ynə sɔʁtə də butεjə ɑ̃ veʁə, e la bʁiza dy pʁəmje ku. ʁeɡɑ̃tə ebai pɑ̃dɑ̃ lε pʁəmjez- ɛ̃stɑ̃, εksploza də ʁiʁə.
    « bjɛ̃ ɡamɛ̃ !
    nə mapələ pa ɡamɛ̃ ! »
    il oʁε vuly lɥi εkspʁime sa ʁaʒə, sa ʁaʒə dεtʁə tuʒuʁ kɔ̃sideʁe kɔmə œ̃n- ɑ̃fɑ̃, e sa ʁaʒə də lɥi sεʁviʁ dɔtaʒə sɑ̃ kil nε mo a diʁə mε ʁeɡɑ̃tə vənε dɔte sɔ̃ mɑ̃to də bizɔ̃, ʁevelɑ̃ lə kɔʁ dynə famə myʁə, dɑ̃ la bote də laʒə. ɑ̃ʁi, lɥi ki avε tuʒuʁz- ete lə bɔ̃ dεʁnje avεk lε fijə, kɔmə ɑ̃ tεʁmə də kʁwasɑ̃sə, ʁεsta buʃe be.
    « sεt- œ̃ pø la tεtə kə fɔ̃ mε viktimə. » ʁikana ʁeɡɑ̃tə.
    ɑ̃ʁi kɔ̃pʁənε tut- a pʁezɑ̃. lε ʒɑ̃, etɔne tu kɔmə lɥi də dekuvʁiʁ kə lɑ̃ʃεne, etε ynə famə, ɑ̃ ʁεstε abazuʁdi. mεz- ynə kεstjɔ̃ lə taʁodε ɑ̃kɔʁə.
    « εt sε kʁwa… kε sə kεllə siɲifje ? »
    ʁeɡɑ̃tə supiʁa tut- ɑ̃ sə ʁasεjɑ̃. εllə ʁəɡaʁda ɑ̃ʁi, lə vizaʒə ɛ̃teʁɔɡatœʁ e εllə lɥi di dɑ̃z- œ̃ myʁmyʁə tut- ɑ̃ fʁɔtɑ̃ sε ʃəvilə :
    « ty vwa. il i a dε ʒɑ̃ dɔ̃ ʒə dwa mə vɑ̃ʒe, e mε məʁtʁə- sə sɔ̃ mε vɑ̃ʒɑ̃sə. lə ʁεstə, tu sə ki mə dekʁi kɔmə œ̃ tɥœʁ sɑ̃ɡinεʁə sε dε ʁakɔ̃taʁ. ɑ̃ fε, kɑ̃ ʒə kʁwazə œ̃ temwɛ̃, u kεlkœ̃ ki mə vø dy mal. kεlkœ̃ ki ma denɔ̃se u otʁə, ʒə mavɑ̃sə vεʁ lɥi, e ʒə ʁəɡaʁdə lə pje kə ʒε poze vεʁ lɥi ɑ̃ pʁəmje. si sε ma ʒɑ̃bə ɡoʃə, e dɔ̃k la kʁwa blɑ̃ʃə, ʒə lə ɡʁasi. e si sε la nwaʁə… »
    εllə sεzi sɔ̃ fyzil, laʁma, pɥi tiʁa syʁ lasjεstə ɑ̃ metal o pje dɑ̃ʁi u la balə ʁezɔna avɑ̃ də ʁəpaʁtiʁ sə lɔʒe o fɔ̃ dœ̃ dε myʁ də la kavεʁnə.
    « sε la mɔʁ.
    mε sε dy-azaʁ !
    εɡzaktəmɑ̃. e di twa kə lə-azaʁ ta sove. »
    ɑ̃ʁi sə ʁapəlε mɛ̃tənɑ̃. dɑ̃ la ʁyεllə, la kʁwa blɑ̃ʃə o ʁəflε dəvɑ̃ lɥi. e mɛ̃tənɑ̃, il ʁəmεʁsja djø dεtʁə dəvəny lɔtaʒə də ʁeɡɑ̃tə e nɔ̃ lynə də sεz- inɔ̃bʁablə viktimə.

    lε mwa ki sɥiviʁe nə fyʁe kə pyʁ bɔnœʁ oz- iø dɑ̃ʁi. il avε ʁəfyze kateɡɔʁikəmɑ̃ də ʁətuʁne o kɔmte də lɛ̃kɔln, alɑ̃ ʒyska pʁɔmεtʁə a ʁeɡɑ̃tə də dəvəniʁ sɔ̃ plys fidεlə kɔ̃paʁsə. kεlkz- ane plys taʁ, ɔ̃n- oʁε apəle sa lə sɛ̃dʁomə də stɔkɔlm. mεz- o fɔ̃, ʁeɡɑ̃tə lεmε bjɛ̃ osi, e εllə lə tʁεtε kɔmə œ̃ pəti fʁεʁə.
    il etε dəvəny kɔwbwa ɑ̃n- aʁizɔna, e tu sə pasε puʁ lə mjø. il avε œ̃ veʁitablə talɑ̃ puʁ lεz- aʁmə, e ʁeɡɑ̃tə sə ʃaʁʒε də lɑ̃tʁətəniʁ paʁ dεz- εɡzεʁsisə. o kɔte də sεtə famə, ɑ̃ʁi vivε ɑ̃fɛ̃ lə bɔnœʁ kil oʁε vuly dəpɥi lɔ̃tɑ̃. εllə etε suʁjɑ̃tə, mεz- osi teʁibləmɑ̃ makabʁə. tu sə luʁ pase, tus sε məʁtʁə, la manjεʁə kεllə a də nə pa εtʁə dɑ̃ lə steʁeɔtipə də la famə a la mεzɔ̃. εllə lɥi apɔʁtε ʃakə səmεnə dε livʁə, e ɑ̃ʁi lεz- adɔʁε. il fəzε osi boku də spɔʁ, e mεmə sil ʁεstε ʁəlativəmɑ̃ pəti puʁ sɔ̃n- aʒə, il etε myskle e atletikə.
    il esεjε osi də desine, e puʁ mɔdεlə il pʁənε tuʒuʁ ʁeɡɑ̃tə, ki ʒεne lə mənasε də sɔ̃ fyzil. ɑ̃ʁi avε kʁe ynə veʁitablə kɔ̃plisite avεk εllə, e dε lɔʁ kil la savε syʁ œ̃ ku dɑ̃ʒəʁø, il latɑ̃dε a kεlk pa, lə fyzil aʁme. ʁjɛ̃ netε tʁo bo puʁ la pʁɔteʒe. o fil dε nɥi, ɑ̃ʁi ɑ̃n- apʁənε plys syʁ ʁeɡɑ̃tə, ki lɥi tʁesε sɔ̃n- istwaʁə. εllə osi etε ɔʁfəlinə, e sɔ̃ tytœʁ œ̃n- ɔmə vjɔle e pø skʁypylø, lɥi fəzε vivʁə lə piʁə puʁ ynə famə. εllə a deside də lə fɥiʁ œ̃ ʒuʁ, a a pεnə katɔʁzə ɑ̃, sə ki lɥi fəzε pɑ̃se kεllə kɔ̃pʁεnε bjɛ̃ ɑ̃ʁi. εllə setε ɑ̃sɥitə alje a pa mal də tipə luʃə puʁ sa pʁɔpʁə syʁvi, e εllə setε fε pa mal dεnəmi. finaləmɑ̃, œ̃ swaʁ, ɑ̃ʁi apʁi kə tu ʁesamɑ̃, ʁeɡɑ̃tə avε kite sɔ̃ kɔ̃paɲɔ̃, œ̃ ʃasœʁ də bizɔ̃, e kə dəpɥiz- il lɥi ʁɥinε la vi, e εllə ʃεʁʃε a lə fɥiʁ. kɑ̃t- εllə paʁlε də lɥi, ɔ̃ lizε dɑ̃ sεz- iø melɑ̃kɔli e tʁistεsə, e ɑ̃ʁi sə tʁuva bjɛ̃ bεtə də nə pa fεʁə lə pwa puʁ lεde.
    alɔʁ ʃakə ʒuʁ, e ʃakə syʁlɑ̃dəmɛ̃ il sɑ̃tʁεnε aʁdamɑ̃. œ̃ swaʁ tɑ̃di kil sɑ̃tʁεnε dəpɥi lapʁε midi, il tɔ̃ba sudεnəmɑ̃ dɑ̃z- ynə fatiɡ εkstʁεmə. ekʁule, syfɔkɑ̃, il sɑ̃tε sɔ̃ kœʁ sə kɔ̃tʁakte, sə seʁε ɑ̃kɔʁə e tuʒuʁ. alɔʁ kil pɑ̃sε avwaʁ sykɔ̃be a sε dulœʁ dəpɥi lɔ̃tɑ̃, il ekuta la vwa də ʁeɡɑ̃tə o dəsy də lɥi, ynə vwa ʁasyʁɑ̃tə e ɑ̃pʁese. kɑ̃t- il sə ʁevεja, il etε alɔ̃ʒe, tɔʁsə ny dɑ̃ la ɡʁɔtə, œ̃ bɑ̃daʒə otuʁ dy bystə. il sə ʁədʁesa difisiləmɑ̃ syʁ sε kudə, mε ʁeɡɑ̃tə akuʁy puʁ lə lɥi ɛ̃tεʁdiʁə :
    « ty dwa tə ʁəpoze salə ɡɔsə ! ty ma fεz- ynə də sε pœʁ ! »
    ʁeɡɑ̃tə etε a pεnə kuvεʁtə dynə ʃəmizə, e εllə sɑ̃blε avwaʁ pase ynə nɥi blɑ̃ʃə. il fəzε nɥi, mε la plεnə lynə ilyminε lɑ̃tʁe də la ɡʁɔtə. ɑ̃ʁi ʁəmaʁka alɔʁ lə ʁəflε də dø pətitə laʁməz- o kwɛ̃ dε ʒɔliz- iø bløs də ʁeɡɑ̃tə. kɔ̃tʁə sɔ̃n- ɛ̃tεʁdiksjɔ̃ il sə ʁədʁesa, pʁənɑ̃ dusəmɑ̃ sɔ̃ vizaʒə ɑ̃tʁə sε mɛ̃. ʁeɡɑ̃tə, paʁalize, nə fəzɑ̃ kə lɥi ʁepetεt « mε kε sə kə ty fε ? ».
    sə swaʁ la, ɑ̃ʁi pasa dy stadə dɑ̃fɑ̃, o stadə dɔmə. œ̃n- ɔmə ɡʁɑ̃ damuʁ, œ̃n- ɔmə ɡʁɑ̃ də pʁɔmesəz- e dɑ̃vi.

    lε ʒuʁ kulε dɑ̃z- ynə-aʁmɔni paʁfεtə, tɑ̃ e si bjɛ̃ kə ɑ̃ʁi sə pɛ̃sε tus lε matɛ̃ kɑ̃t- il vwajε lə kɔʁ də ʁeɡɑ̃tə, alɔ̃ʒe tu kɔ̃tʁə lɥi. il sə sɑ̃tε pɥisɑ̃, ɛ̃vɛ̃siblə fasə o tɑ̃, il vwajε sa vi sə deʁulε dəvɑ̃ lɥi kɔmə œ̃ tapi ʁuʒə vεʁ la ɡlwaʁə, lamuʁ e la fɔʁtynə. tu sə kil vənε dakeʁiʁ, dəvənε kɔmə ynə paʁ ɛ̃diviziblə də sɔ̃n- amə. e pø tεtʁə œ̃ pø vitə, il ɑ̃ dəvɛ̃ vɑ̃taʁ e ɛ̃sɔle, nə dutɑ̃ plysz- e nə sə ʁapəlɑ̃ pa kə tu pεʁdʁə pø aʁive ɑ̃n- œ̃n- ɛ̃stɑ̃.
    sεt- ɛ̃si kœ̃ ʒuʁ, alɔʁ kil ʁəvənε də la vilə, il vit blak sidə, letalɔ̃ də ʁeɡɑ̃tə kuʁiʁ ɑ̃ libεʁte. il lə ʁatʁapa kɔmə il ɑ̃n- avε labitydə lɔʁskil apʁənε a mɔ̃te lanimal, pɥi lə ʁataʃɑ̃ a sɔ̃n- ɑ̃dʁwa-abitɥεl, il fy pʁi də panikə. ʁeɡɑ̃tə netε ʒamε lwɛ̃ kɑ̃ blak sidə etε libʁə puʁtɑ̃ εllə netε nylə paʁ. il kuʁy lə plys vitə kil pyt vεʁ lœʁ ɡʁɔtə. dø ʃəvoz- etε ɑ̃n- atɑ̃tə dəvɑ̃ lɑ̃tʁe. ɑ̃ʁi avε la bulə o vɑ̃tʁə. ʁeɡɑ̃tə nə ʁəsəvε ʒamε də vizitə.
    il kɔnεsε ynə pətitə ɑ̃tʁe diskʁεtə puʁ aʁive paʁ lə fɔ̃ də la ɡʁɔtə, il si pʁesipita dɔ̃k. a lɛ̃teʁjœʁ, il maʁʃa a pa də lu vεʁ lə kɑ̃pəmɑ̃ kilz- avε ɛ̃stale. plysz- il sapʁoʃε, plysz- il distɛ̃ɡε dε sɔ̃. alɔʁ kil avɑ̃sε də plysz- ɑ̃ plys kalməmɑ̃, ɑ̃ tatɔnɑ̃ la paʁwa, il sɑ̃tε sɔ̃ kœʁ sə kɔ̃tʁaktε e ʃakə palpitasjɔ̃ lɥi bʁizε la kaʒə tɔʁasikə. il vwajε a pʁezɑ̃ la lymjεʁə dy kɑ̃pəmɑ̃, e ekutε dε bʁɥi də pa, e o malœʁ dε sɑ̃ɡlo. il poza sa mɛ̃ syʁ sɔ̃ kɔlt, sɑ̃tɑ̃ la kɔlεʁə e lɛ̃kjətydə lɑ̃pwaɲε feʁɔsəmɑ̃ kɑ̃ tut- a ku œ̃ tiʁ ʁətɑ̃ti bʁytaləmɑ̃ dɑ̃ tutə la kavεʁnə. ɑ̃ʁi sabεsa, lε mɛ̃ syʁ la tεtə kɔmə puʁ sə pʁɔteʒe mεz- il ekuta œ̃ lɔ̃ ʁalə də dulœʁ. la lɔ̃ɡ kɔ̃plɛ̃tə duluʁøzə də la ʃεʁ ki sə deʃiʁə. lə lɔ̃ kʁi o nɔtəz- εɡys ki lɥi deʃiʁa lə kœʁ.
    lε ʃəvoz- a lεksteʁjœʁ setε də mεmə kabʁe, e ɑ̃ʁi su lə ʃɔk, lə kœʁ εksploze, e lə suflə kuʁ, ekuta dε pa, o mwɛ̃ də dø ɔmə, sə pʁesipitε ɔʁ də la ɡʁɔtə. dɑ̃z- œ̃n- elɑ̃ də kʁɛ̃tə, il sə ləva, e akuʁy vεʁ lə kɑ̃pəmɑ̃. ʁeɡɑ̃tə etε alɔ̃ʒe a teʁə, ɑ̃kɔʁə vivɑ̃tə. il ʁəmεʁsja djø e faji sekʁule a ʒənu, də bɔnœʁ. səpɑ̃dɑ̃, sɔ̃ vizaʒə kita lεʁ də beatitydə ɑ̃n- œ̃n- ɛ̃stɑ̃. ʁeɡɑ̃tə sufʁε vizibləmɑ̃ boku e ɑ̃ paʁkuʁɑ̃ sɔ̃ kɔʁ dεz- iø, ɑ̃ʁi kɔ̃pʁi ɑ̃ kεlk səɡɔ̃də. sε vεtəmɑ̃ deʃiʁe, sɔ̃ ba vɑ̃tʁə ɑ̃sɑ̃ɡlɑ̃te. sa ʒɔli ʃəmizə blɑ̃ʃə, ʒadi si fʁεʃə e pyʁə, a pʁezɑ̃ laseʁe, ekaʁtəle. e dœ̃ ʁuʒə sɑ̃ɡlɑ̃. εllə sə tənε la ʒɑ̃bə dʁwatə, etɑ̃dɥ dɑ̃z- ynə flakə də sɑ̃ a la dɑ̃site sɔ̃bʁə… sεz- iøz- etε fεʁme, kuzys də laʁmə, ki tʁɑ̃pε sɔ̃ vizaʒə. ɑ̃ʁi tɔ̃ba a teʁə. ʁeɡɑ̃tə uvʁi difisiləmɑ̃ lεz- iø. il lɥi pʁi lə vizaʒə. sε fʁεlə mɛ̃ nə blɔkε pa lə flo kɔ̃tiny də dulœʁ də la famə. il pləʁa a sɔ̃ tuʁ. ʁeɡɑ̃tə lɥi syzyʁa ɑ̃tʁə- dø sɑ̃ɡlo,
    « paʁ. nə mə ʁəɡaʁdə- pa. »
    ɑ̃ʁi nə vulε pa. il vulε pʁɑ̃dʁə sɔ̃ kɔlt e muʁiʁ isi mεmə avεk ʁeɡɑ̃tə. o lwɛ̃ lε pa ʁəvənε dɑ̃tʁe dɑ̃ la ɡʁɔtə. sa pɔmə dadam sə kɔ̃tʁakta, e sε mɛ̃ tʁɑ̃blε. il alε lε tɥe. mε ʁeɡɑ̃tə lə sypljε də paʁtiʁ. il ɑ̃n- avε maʁə də fɥiʁ. il sə ləva dœ̃ bɔ̃, e sεzi sɔ̃ ʁəvɔlve. œ̃n- ɔmə apaʁy aʁmε dœ̃ fyzil. il fy syʁpʁi də la pʁezɑ̃sə dɑ̃ʁi mε dœ̃ bɔ̃t- il kala sɔ̃ fyzil syʁ sɔ̃n- epolə. tʁo taʁ.
    sɑ̃ paʁεtʁə efʁεje paʁ sɔ̃n- aktə, ɑ̃ʁi afiʃε œ̃ ʁəɡaʁ avidə də vɑ̃ʒɑ̃sə. il sapʁəta a paʁtiʁ vεʁ lə səɡɔ̃t- ɔmə, kil savε a lεksteʁjœʁ pʁε dε ʃəvo, mε lə suflə bʁize də ʁeɡɑ̃tə lə ʁaməna a teʁə. εllə si tʁuvε plys blɑ̃ʃə kə ʒamε. bjɛ̃ lwɛ̃ də la, sa ʒɔli po-ale. mεmə sε du ʃəvø blɔ̃z- avε misteʁjøzəmɑ̃ vjεji. ɑ̃ʁi vulε lə nje, il vulε la ʁasyʁe e lɥi ʒyʁe kεllə sɑ̃ sɔʁtiʁε mεz- il lə savε pεʁtinamɑ̃. lɔdœʁ də la mɔʁ sə fəzε sɑ̃tiʁ, il ni oʁa plys də kɔʁz- a kɔʁ, il sɑ̃ kεllə va bjɛ̃to muʁiʁ. alɔʁz- il sə pɑ̃ʃa o dəsy dεllə, depozɑ̃ œ̃ dεʁnje bεze syʁ sɔ̃ fʁɔ̃. ʁeɡɑ̃tə lɥi myʁmyʁa dɑ̃z- œ̃ dεʁnje suflə :
    « ləs kʁwa. pʁɑ̃ lε. »
    ɑ̃ʁi bεsa sɔ̃ ʁəɡaʁ o nivo də sε ʒɑ̃bə nɥz- e fatiɡe. lε dø kʁwa, tuʒuʁz- ɛ̃taktə, sə tənε o miljø dε ʃεnə. il sɑ̃n- ɑ̃paʁa e il pʁɔmi a ʁeɡɑ̃tə də tuʒuʁ lε ɡaʁde kɔ̃tʁə sɔ̃ kœʁ. ʁeɡɑ̃tə lɥi akɔʁda œ̃ dεʁnje suʁiʁə afɛ̃ kə sɔ̃ suflə nə setεɲə.
    ɑ̃ʁi setufa. də plœʁ, dɑ̃ɡwasə, də tʁistεsə, də kɔlεʁə. il fεʁma delikatəmɑ̃ sε ʒɔliz- iø bløs. e il sə ləva. il avε tɔtaləmɑ̃ ublje lə səɡɔ̃t- ɔmə. il sɑ̃ fiʃε. lə tɥe nə lɥi ʁapɔʁtəʁε pa ʁeɡɑ̃tə. alɔʁz- il maʁʃa, il paʁti tut- o fɔ̃ də la ɡʁɔtə, la u la kavite sefʁɔ̃də e il sefʁɔ̃da osi.

    il nə sε pa kɔ̃bjɛ̃ də tɑ̃z- il pləʁa mεz- il fy sudɛ̃ ɛ̃teʁɔ̃py paʁ œ̃ puiŋ fʁapɑ̃ lə sɔl bʁytaləmɑ̃ e ynə vwa ʁokə mɔ̃tʁɑ̃ la desεpsjɔ̃. il sə ʁapəla mɛ̃tənɑ̃. lə səɡɔ̃t- ɔmə. il pʁi sɔ̃ kɔlt feʁɔsəmɑ̃ e paʁti lə ʁəɡaʁ fʁɔ̃se vεʁ lɑ̃dʁwa u lə kɔʁ də ʁeɡɑ̃tə ʒizε ɑ̃kɔʁə. il ekuta alɔʁ dε pa ki sɑ̃fɥje. il sə mit a kuʁiʁ, kɔ̃pʁənɑ̃ kə sa pʁwa lɥi eʃapε mεz- il aʁiva tʁo taʁ. lə kɔʁ də ʁeɡɑ̃tə etε ɑ̃kɔʁə alɔ̃ʒe e œ̃ pø plys lwɛ̃, ka sɑ̃blablə puʁ lə pʁəmje ɔmə. il vuly sapʁoʃe də lɥi, puʁ devizaʒe e kʁaʃe o vizaʒə də sə məʁtʁje, mε sɔ̃ pje fi kʁake kεlkə ʃozə. il bεsa lə ʁəɡaʁ. ynə pətitə ʃεnεtə dɔʁe etε etɑ̃dɥ syʁ lə sɔl, ʒystə a kote dεz- ɛ̃pozɑ̃tə ʃεnə də ʁeɡɑ̃tə.
    ɑ̃ʁi sə ʁələva, la mɛ̃ ɑ̃kɔʁə uvεʁtə syʁ lə pəti biʒu. il la fεʁma avεk ʁaʒə, ɑ̃fɔ̃sɑ̃ sεz- ɔ̃ɡləz- e lə pəti metal dɑ̃ sε mɛ̃z- ɑ̃kɔʁə ymidə dε plœʁ də ʁeɡɑ̃tə e dε sjɛ̃. e ʁəɡaʁdɑ̃ a lɔʁizɔ̃, u ɔ̃ vwajε distɛ̃ktəmɑ̃ œ̃ nɥaʒə də fyme pʁɔvɔke paʁ lə pasaʒə dœ̃ ʃəval pʁese, il pεsta « ty nə tɑ̃ sɔʁtiʁa pa. ʒə ʒyʁə isi mεmə kə ʒə kɔ̃sakʁəʁε ma vi a tə ʁətʁuve e a tə tɥe. »
    il bεsa la tεtə, ʁe uvʁɑ̃ sɔ̃ puiŋ.
    « patʁik. »
  • Syllabes Phonétique : Chapitre 2 : Deux Annees Pour Apprendre A Vivre.


PostScriptum

Suite du chapitre 1, tout aussi sombre, vous constatez donc que j’apprécie terminé sur des morts. C’est mon côté macabre. Je pense que ceux qui ont fait des recherches ont très vite compris de qui je ré-écrivais l’histoire pour les autres, la réponse sera dans le prochain et dernier chapitre.
Chapitre 1 : http : //www. poeme-france. com/nouvelle-146888-chapitre-1-l-enchaine-en-ville. html
Chapitre 2 : http : //www. poeme-france. com/nouvelle-146930-chapitre-2-deux-annees-pour-apprendre-a-vivre. html
Chapitre 3 : http : //www. poeme-france. com/nouvelle-147012-chapitre-3-finir-la-tete-haute. html

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Commentaires Sur La Poesie


Auteur de Poésie
14/08/2012 23:13Eden33

....J’étais dans la lecture, g tout oublié, j’ai vécu ton écrit, au bord des larmes, l’émotion est trop là, bon sang ...
Tu as un sacré avenir devant toi, petite !! tiens bon la barque (expression, tu vas devenir celle que tu veux)
bien, .....lentement, je sors de ma lecture....pff, et bien !
Merci

Auteur de Poésie
14/08/2012 23:17Melly-Mellow

C’est moi qui est touché de t’avoir touché ! Merci du passage et de cet aveu. J’apprécie 🙂 Et ne t’en fais pas, le chapitre 3 sera plus vite publié, comme ça, moins de chance d’avoir oublié.

Auteur de Poésie
15/08/2012 00:29Illusion

Toujours aussi bien écrit et le lecteur est bien pris par l’histoire 🙂 Vivement le dénoument !!!

Auteur de Poésie
15/08/2012 00:37Melly-Mellow

Xander The Dream Maker : Merci mais encore un chapitre à venir 🙂
IllusionPerdu : Merci du passage et du commentaire 😉

Auteur de Poésie
15/08/2012 18:55Loup Gris

Une bien belle histoire que tu nous écris, et on a hâte de savoir la fin, je ne la saurai que demain car je dois m’absente, mais promis, j’irai voir si il s’agit bien de l’histoire d’un personnage que je connais!
Tu as une belle plume pour écrire cette aventure palpitante. Bravo.

Auteur de Poésie
26/08/2012 22:30Melly-Mellow

Loup Gris : Merci du passage et du commentaire. Ca me touche 🙂

Auteur de Poésie
02/09/2014 23:17Gramo

;]:}Hello Mélia
J’ai lu la moitié...l’autre je la lirai lorsque je reviendrai de clinique...dans 15 jours.
Ceci est donc mon dernier commentaire avant un certain temps.
J’adore les histoires du genre; j’étais sheriff dans mon ancien bled alors ca me connait....si si !

Amitiés
bisous bisous et bonne nuit
Emile

Auteur de Poésie
03/09/2014 17:11Melly-Mellow

Shérif je ne sais pas mais une étoile oui c’est vrai 🙂 Prends ton temps pour lire, surtout il faut que tu prennes soin de toi ! A bientôt Emile, fais attention à toi & donne nous quelques nouvelles si tu peux !
Bisous, Mélia-