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Prose : Cet Homme

Prose Poésie
Publié le 04/10/2017 22:30

L'écrit contient 474 mots qui sont répartis dans 10 strophes.

Prose sur la Poésie

Poete : Istvan

Cet Homme

Cet homme, les épaules voûtées, le crâne dégarni, d’une banalité déconcertante, froid et superficiel écrit. Cet homme ne va bien que quand il écrit. Alors, il écrit. En tous lieux. Il sort son carnet de notes et il écrit. Il ne comprend pas toujours ce qu’il écrit. Il écrit. Et, quand il écrit, il est.

Cet homme, les épaules voûtées, le crâne dégarni, d’une banalité déconcertante, froid et superficiel, éprouve le besoin d’imaginer un autre destin. Il écrit. Oui. Il écrit. L’orage se déchaine avec fracas, pluie et vent s’épandent dans la nuit mystérieuse. Il avale sa salive, aligne des mots. Il écrit. Il perd contact avec la réalité. Il écrit. Ses rêves deviennent une deuxième vie.

Voyez, cet homme, les épaules voûtées, le crâne dégarni, d’une banalité déconcertante, froid et superficiel, ne parvient plus à se secouer de sa torpeur, à maîtriser ses crises de désespoir. Il écrit. Puis, regarde nerveusement vers la fenêtre. Ou promène son regard rêveur sur toutes choses. Puis, il écrit. Rêve à l’objet de bas désirs. Puis, il écrit.

Cet homme, les épaules voûtées, le crâne dégarni, d’une banalité déconcertante, froid et superficiel, voulait être poète. Mais il ne sait pas. La lune éclaire faiblement la pièce. Il ne sait pas écrire le soupir de la lune, le gémissement du torrent écumant, il ne sait pas voir les yeux de l’être aimé, l’envergure du firmament. Il ne sait pas. Il ne sait pas composer un paysage. Il ne sait pas. Il ne sait pas la mesure du vin, au comble de l’ivresse. Il ne sait pas. Il reste assis. Il ne sait pas. Et, invariablement, il écrit. La parodie inachevée. Avec solennité.

Momie desséchée, cet homme, les épaules voûtées, le crâne dégarni, d’une banalité déconcertante, froid et superficiel, attend. Il attend. Le temps qui ne vient pas. Il attend. Un battement. Le cri du silence. Il attend. Le bonheur de la rencontre. Il attend. Celle qui marche sans le voir. La respiration haletante. Il attend. Tenaillé par la gangrène. Il attend. La fin de son délire. Il attend. Que les murs reculent. Il baisse la tête et attend.

Enfin, la porte s’ouvre. Entre Carla. Les épaules de l’homme se redressent. Ses yeux pétillent. Un sourire se dessine. Il dépose son crayon. Il se lève. Il va à sa rencontre. Il respire sa fragrance.

- Je suis heureux que tu sois enfin là, dit-il.
- Que fais-tu ? Tu viens d’encore imaginer un poème ?
- Oui. Tu veux l’entendre ?
- Arrête, par pitié. Tu crois vraiment qu’en vieillissant on peut devenir meilleur poète ? Inepties !

Son visage se crispe. Englué dans une immobilité léthargique

- Tu as raison, je n’ai plus le cœur à lire

Pourquoi se faire du souci avec les choses sans importances ?
  • Phonétique : Cet Homme

    sεt ɔmə, lεz- epolə vute, lə kʁanə deɡaʁni, dynə banalite dekɔ̃sεʁtɑ̃tə, fʁwa e sypεʁfisjεl ekʁi. sεt ɔmə nə va bjɛ̃ kə kɑ̃t- il ekʁi. alɔʁ, il ekʁi. ɑ̃ tus ljø. il sɔʁ sɔ̃ kaʁnε də nɔtəz- e il ekʁi. il nə kɔ̃pʁɑ̃ pa tuʒuʁ sə kil ekʁi. il ekʁi. e, kɑ̃t- il ekʁi, il ε.

    sεt ɔmə, lεz- epolə vute, lə kʁanə deɡaʁni, dynə banalite dekɔ̃sεʁtɑ̃tə, fʁwa e sypεʁfisjεl, epʁuvə lə bəzwɛ̃ dimaʒine œ̃n- otʁə dεstɛ̃. il ekʁi. ui. il ekʁi. lɔʁaʒə sə deʃεnə avεk fʁaka, plɥi e vɑ̃ sepɑ̃de dɑ̃ la nɥi misteʁjøzə. il avalə sa salivə, aliɲə dε mo. il ekʁi. il pεʁ kɔ̃takt avεk la ʁealite. il ekʁi. sε ʁεvə dəvjεne ynə døzjεmə vi.

    vwaje, sεt ɔmə, lεz- epolə vute, lə kʁanə deɡaʁni, dynə banalite dekɔ̃sεʁtɑ̃tə, fʁwa e sypεʁfisjεl, nə paʁvjɛ̃ plysz- a sə səkue də sa tɔʁpœʁ, a mεtʁize sε kʁizə də dezεspwaʁ. il ekʁi. pɥi, ʁəɡaʁdə nεʁvøzəmɑ̃ vεʁ la fənεtʁə. u pʁɔmεnə sɔ̃ ʁəɡaʁ ʁεvœʁ syʁ tutə ʃozə. pɥi, il ekʁi. ʁεvə a lɔbʒε də ba deziʁ. pɥi, il ekʁi.

    sεt ɔmə, lεz- epolə vute, lə kʁanə deɡaʁni, dynə banalite dekɔ̃sεʁtɑ̃tə, fʁwa e sypεʁfisjεl, vulε εtʁə pɔεtə. mεz- il nə sε pa. la lynə eklεʁə fεbləmɑ̃ la pjεsə. il nə sε pa ekʁiʁə lə supiʁ də la lynə, lə ʒemisəmɑ̃ dy tɔʁe ekymɑ̃, il nə sε pa vwaʁ lεz- iø də lεtʁə εme, lɑ̃vεʁɡyʁə dy fiʁmame. il nə sε pa. il nə sε pa kɔ̃poze œ̃ pεizaʒə. il nə sε pa. il nə sε pa la məzyʁə dy vɛ̃, o kɔ̃blə də livʁεsə. il nə sε pa. il ʁεstə asi. il nə sε pa. e, ɛ̃vaʁjabləmɑ̃, il ekʁi. la paʁɔdi inaʃəve. avεk sɔlεnite.

    mɔmi deseʃe, sεt ɔmə, lεz- epolə vute, lə kʁanə deɡaʁni, dynə banalite dekɔ̃sεʁtɑ̃tə, fʁwa e sypεʁfisjεl, atɑ̃. il atɑ̃. lə tɑ̃ ki nə vjɛ̃ pa. il atɑ̃. œ̃ batəmɑ̃. lə kʁi dy silɑ̃sə. il atɑ̃. lə bɔnœʁ də la ʁɑ̃kɔ̃tʁə. il atɑ̃. sεllə ki maʁʃə sɑ̃ lə vwaʁ. la ʁεspiʁasjɔ̃-alətɑ̃tə. il atɑ̃. tənaje paʁ la ɡɑ̃ɡʁεnə. il atɑ̃. la fɛ̃ də sɔ̃ deliʁə. il atɑ̃. kə lε myʁ ʁəkyle. il bεsə la tεtə e atɑ̃.

    ɑ̃fɛ̃, la pɔʁtə suvʁə. ɑ̃tʁə kaʁla. lεz- epolə də lɔmə sə ʁədʁəse. sεz- iø petije. œ̃ suʁiʁə sə desinə. il depozə sɔ̃ kʁεjɔ̃. il sə lεvə. il va a sa ʁɑ̃kɔ̃tʁə. il ʁεspiʁə sa fʁaɡʁɑ̃sə.

    ʒə sɥiz- œʁø kə ty swaz- ɑ̃fɛ̃ la, di til.
    kə fε ty ? ty vjɛ̃ dɑ̃kɔʁə imaʒine œ̃ pɔεmə ?
    ui. ty vø lɑ̃tɑ̃dʁə ?
    aʁεtə, paʁ pitje. ty kʁwa vʁεmɑ̃ kɑ̃ vjεjisɑ̃ ɔ̃ pø dəvəniʁ mεjœʁ pɔεtə ? inεpti !

    sɔ̃ vizaʒə sə kʁispə. ɑ̃ɡlye dɑ̃z- ynə imɔbilite letaʁʒikə

    ty a ʁεzɔ̃, ʒə nε plys lə kœʁ a liʁə

    puʁkwa sə fεʁə dy susi avεk lε ʃozə sɑ̃z- ɛ̃pɔʁtɑ̃sə ?

Commentaires Sur La Poesie


Auteur de Poésie
04/10/2017 23:14Coburitc

Une fable bien raconté , Que Carla remette sur ses deux pieds son poète fatigué.
Jean-Pierre

Auteur de Poésie
05/10/2017 19:06Nadja Dream

C’est beau et triste à la fois....merci pour ces belles réflexions...

Auteur de Poésie
16/10/2017 08:37Pseudo

Ce qui est écrit ne meurt jamais 🎍

Auteur de Poésie
16/10/2017 09:31Guillaume Racidet

Et pourquoi pas ? Pourquoi pas essayer de réaliser ses rêves ? Pourquoi à cause de l’âge ? Bon alors je vais vous dire ce qui se passe quand on écoute toujours les autres :
Quand on est jeune la tête pleine de rêves, on nous dit tu es trop jeune, alors on attend
Quand on est adulte on nous dit trouve-toi plutôt un boulot et une vie sécurisée, alors on attend
Quand on est âgé on nous dit c’est plus de ton âge, alors on attend
Et quand on arrive au bout la mort nous dit trop tard, et on part avec beaucoup de regrets
Alors si j’ai un conseil (même si beaucoup me disent mais c’est parce que tu es jeune et insouciant) c’est de surtout vivre à fond nos rêves, ou au moins tenter le coup, et si les gens ne croient pas en vous et vos rêves et bah, vous les envoyez se faire voir, il ne faut jamais écouter les autres, sinon on meurt avec mille regrets. Tous les : " C’est impossible, tu es trop loin, tu n’y arriveras jamais, arrête d’être un enfant, fait autres choses. " Toutes ces phrases vous les oubliez, vous arrêtez de vous poser des questions, et vous foncez point. Au pire, vous risquez quoi… De tomber, de ne pas y arriver, et alors qu’est-ce que ça fait vu que vous avez essayé. Il faut vivre ses rêves pleinement sans hésiter. Je vais vous dire une dernière chose votre écrit et pas si mal rédigé, la description du début de paragraphe donne un petit refrain sympathique, les répétitions comme il attend donnent du rythme, et puis beaucoup de grand poète on était critiqué à leur époque ça n’empêche qu’ils sont excellents.