Prose : À L’autre Bout… Les Yeux Du Frisson.

À L’autre Bout… Les Yeux Du Frisson.

Les villes enterrent leurs morts
Dans la douleur muette
À grands traits obscurs
Rejaillit le deuil du fond du silence
Alors que l’univers haletait sous le poids
De l’aveugle spectre trainant avec lui le trépas
Faisant tituber le monde et son ronron quotidien
Sous les toits du ciel et la marée de ses nuages
Tremblant le jour à voix lente disait sa prière
Devant le chiffre des morts, telle une loterie
Qui se place au hasard des portes
Alors que la mort peinte du malheur
Du pays qui est en nous
Balayait nos sourires en rosées éclatées
Telle l’ombre sur un chemin qui arrosait ses regards
Des franges du néant et du jour inconscient
Verbe sa malédiction qui s’amplifiait
À la vitesse des nuages
Les villes aux cordons de cotons
En son va-et -vient effrayant, de territoire en territoire
Toute zone d’ombre en la solitude s’est murée
Chavire le temps aux ailes fragiles
Sous ses cinglants baisers et ses caresses
En marée montante
Telle une colombe effrayée
De jour en jour la vie au cycle de la confusion
Perdait son alphabet de passion
Et l’envie qui s’altère en soupirs
Donnant larmes à l’aube et des cicatrices au jour
De l’axe de ses maux, lequel de nous sera sauvé
Veilleur éveillé, le ciel écoute les souffrances
Plus haut que les nuées, dans l’indifférence
Puis revient en silence, se poser sur l’arbre du monde.

Syllabation De L'Écrit

  • Syllabes Hyphénique: À L’autre Bout… Les Yeux Du Frisson.

    les=vil=les=en=ter=rent=leurs=morts 8
    dans=la=dou=leur=muet=te 6
    à=grands=traits=obs=curs 5
    re=jaillit=le=deuil=du=fond=du=si=len=ce 10
    a=lors=que=lu=ni=vers=hale=tait=sous=le=poids 11
    de=la=veugle=s=pec=tre=trai=nant=a=vec=lui=le=tré=pas 14
    fai=sant=ti=tu=ber=le=mondeet=son=ron=ron=quo=ti=dien 13
    sous=les=toits=du=ciel=et=la=ma=rée=de=ses=nuages 12
    trem=blant=le=jour=à=voix=lente=di=sait=sa=pri=ère 12
    de=vant=le=chif=fre=des=morts=tel=leune=lote=rie 11
    qui=se=pla=ce=au=ha=sard=des=por=tes 10
    a=lors=que=la=mort=pein=te=du=mal=heur 10
    du=pa=ys=qui=est=en=nous 7
    ba=layait=nos=sou=rires=en=ro=sées=é=cla=tées 11
    tel=le=lombre=sur=un=che=min=qui=ar=ro=sait=ses=re=gards 14
    des=franges=du=né=ant=et=du=jour=in=cons=cient 11
    verbe=sa=ma=lé=dic=tion=qui=sam=pli=fiait 10
    à=la=vi=tes=se=des=nua=ges 8
    les=vil=les=aux=cor=dons=de=co=tons 9
    en=son=va=et=vient=ef=frayant=de=ter=ri=toireen=ter=ri=toire 14
    toute=zone=dom=breen=la=so=li=tude=sest=mu=rée 11
    cha=vi=re=le=temps=aux=ai=les=fra=giles 10
    sous=ses=cin=glants=bai=sers=et=ses=ca=resses 10
    en=ma=rée=mon=tan=te 6
    tel=le=u=ne=co=lom=be=ef=frayée 9
    de=jour=en=jour=la=vieau=cy=cle=de=la=con=fu=sion 13
    per=dait=son=al=pha=bet=de=pas=si=on 10
    et=len=vie=qui=sal=tè=re=en=sou=pirs 10
    don=nant=lar=mes=à=laubeet=des=ci=ca=trices=au=jour 12
    de=laxe=de=ses=maux=le=quel=de=nous=se=ra=sau=vé 13
    veilleur=é=veillé=le=ciel=é=coute=les=souf=frances 10
    plus=haut=que=les=nuées=dans=lin=dif=fé=rence 10
    puis=re=vient=en=silence=se=po=ser=sur=lar=bre=du=monde 13
  • Phonétique : À L’autre Bout… Les Yeux Du Frisson.

    lε viləz- ɑ̃teʁe lœʁ mɔʁ
    dɑ̃ la dulœʁ mɥεtə
    a ɡʁɑ̃ tʁεz- ɔpskyʁ
    ʁəʒaji lə dəj dy fɔ̃ dy silɑ̃sə
    alɔʁ kə lynive-alətε su lə pwa
    də lavøɡlə spεktʁə tʁεnɑ̃ avεk lɥi lə tʁepa
    fəzɑ̃ titybe lə mɔ̃də e sɔ̃ ʁɔ̃ʁɔ̃ kɔtidjɛ̃
    su lε twa dy sjεl e la maʁe də sε nɥaʒə
    tʁɑ̃blɑ̃ lə ʒuʁ a vwa lɑ̃tə dizε sa pʁjεʁə
    dəvɑ̃ lə ʃifʁə dε mɔʁ, tεllə ynə lɔtəʁi
    ki sə plasə o-azaʁ dε pɔʁtə
    alɔʁ kə la mɔʁ pɛ̃tə dy malœʁ
    dy pεi ki εt- ɑ̃ nu
    balεjε no suʁiʁəz- ɑ̃ ʁozez- eklate
    tεllə lɔ̃bʁə syʁ œ̃ ʃəmɛ̃ ki aʁozε sε ʁəɡaʁd
    dε fʁɑ̃ʒə dy neɑ̃ e dy ʒuʁ ɛ̃kɔ̃sjɑ̃
    vεʁbə sa malediksjɔ̃ ki sɑ̃plifjε
    a la vitεsə dε nɥaʒə
    lε viləz- o kɔʁdɔ̃ də kɔtɔ̃
    ɑ̃ sɔ̃ va e vjɛ̃ efʁεjɑ̃, də teʁitwaʁə ɑ̃ teʁitwaʁə
    tutə zonə dɔ̃bʁə ɑ̃ la sɔlitydə sε myʁe
    ʃaviʁə lə tɑ̃z- oz- εlə fʁaʒilə
    su sε sɛ̃ɡlɑ̃ bεzez- e sε kaʁesə
    ɑ̃ maʁe mɔ̃tɑ̃tə
    tεllə ynə kɔlɔ̃bə efʁεje
    də ʒuʁ ɑ̃ ʒuʁ la vi o siklə də la kɔ̃fyzjɔ̃
    pεʁdε sɔ̃n- alfabε də pasjɔ̃
    e lɑ̃vi ki saltεʁə ɑ̃ supiʁ
    dɔnɑ̃ laʁməz- a lobə e dε sikatʁisəz- o ʒuʁ
    də laksə də sε mo, ləkεl də nu səʁa sove
    vεjœʁ evεje, lə sjεl ekutə lε sufʁɑ̃sə
    plys-o kə lε nye, dɑ̃ lɛ̃difeʁɑ̃sə
    pɥi ʁəvjɛ̃ ɑ̃ silɑ̃sə, sə poze syʁ laʁbʁə dy mɔ̃də.
  • Syllabes Phonétique : À L’autre Bout… Les Yeux Du Frisson.

    lε=vi=lə=zɑ̃=te=ʁe=lœ=ʁə=mɔʁ 9
    dɑ̃=la=du=lœ=ʁə=mɥε=tə 7
    a=ɡʁɑ̃=tʁε=zɔp=skyʁ 5
    ʁə=ʒa=ji=lə=dəj=dy=fɔ̃=dy=si=lɑ̃sə 10
    a=lɔʁ=kə=ly=ni=ve-a=lə=tε=su=lə=pwa 12
    də=la=vø=ɡlə=spεk=tʁə=tʁε=nɑ̃=a=vεk=lɥi=lə=tʁe=pa 14
    fə=zɑ̃=ti=ty=be=lə=mɔ̃də=e=sɔ̃=ʁɔ̃=ʁɔ̃=kɔ=ti=djɛ̃ 14
    su=lε=twa=dy=sjεl=e=la=ma=ʁe=də=sε=nɥ=a=ʒə 14
    tʁɑ̃=blɑ̃=lə=ʒuʁ=a=vwa=lɑ̃=tə=di=zε=sa=pʁi=jεʁ 13
    də=vɑ̃=lə=ʃi=fʁə=dε=mɔʁ=tεl=lə=y=nə=lɔ=tə=ʁi 14
    ki=sə=pla=sə=o-a=zaʁ=dε=pɔʁ=tə 10
    a=lɔʁ=kə=la=mɔʁ=pɛ̃=tə=dy=ma=lœ=ʁə 11
    dy=pε=i=ki=ε=tɑ̃=nu 7
    ba=lε=j=ε=no=su=ʁi=ʁə=zɑ̃=ʁo=ze=ze=kla=te 14
    tεl=lə=lɔ̃bʁə=syʁ=œ̃=ʃə=mɛ̃=ki=a=ʁo=zε=sε=ʁə=ɡaʁd 14
    dε=fʁɑ̃=ʒə=dy=ne=ɑ̃=e=dy=ʒuʁ=ɛ̃=kɔ̃=sj=ɑ̃ 13
    vεʁ=bə=sa=ma=le=dik=sj=ɔ̃=ki=sɑ̃=pli=fj=ε 13
    a=la=vi=tε=sə=dε=nɥ=a=ʒə 9
    lε=vi=lə=zo=kɔʁ=dɔ̃=də=kɔ=tɔ̃ 9
    ɑ̃=sɔ̃=va=e=vjɛ̃=e=fʁε=jɑ̃=də=te=ʁi=twaʁəɑ̃=te=ʁi=twaʁə 15
    tutə=zo=nə=dɔ̃=bʁə=ɑ̃=la=sɔ=li=ty=də=sε=my=ʁe 14
    ʃa=vi=ʁə=lə=tɑ̃=zo=zε=lə=fʁa=ʒi=lə 11
    su=sε=sɛ̃=ɡlɑ̃=bε=ze=ze=sε=ka=ʁe=sə 11
    ɑ̃=ma=ʁe=mɔ̃=tɑ̃=tə 6
    tεl=lə=y=nə=kɔ=lɔ̃=bə=e=fʁε=j=e 11
    də=ʒuʁ=ɑ̃=ʒuʁ=la=vi=o=si=klə=də=la=kɔ̃=fy=zjɔ̃ 14
    pεʁ=dε=sɔ̃=nal=fa=bε=də=pa=sj=ɔ̃ 10
    e=lɑ̃=vi=ki=sal=tε=ʁə=ɑ̃=su=piʁ 10
    dɔ=nɑ̃=laʁmə=za=lo=bə=e=dε=si=ka=tʁi=sə=zo=ʒuʁ 14
    də=lak=sə=də=sε=mo=lə=kεl=də=nu=sə=ʁa=so=ve 14
    vε=jœʁ=e=vε=je=lə=sjεl=e=ku=tə=lε=su=fʁɑ̃=sə 14
    plys-o=kə=lε=ny=e=dɑ̃=lɛ̃=di=fe=ʁɑ̃=sə 12
    pɥiʁə=vjɛ̃=ɑ̃=si=lɑ̃=sə=sə=po=ze=syʁ=laʁ=bʁə=dy=mɔ̃də 14

PostScriptum

Dans une fulgurance de liberté, la pandémie, en cascades, en échos, ouvrant battante, les portes, à l’hymne de la mort.

Historique des Modifications

13/01/2021 11:24
12/01/2021 20:14
12/01/2021 20:12

Récompense

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Commentaires Sur La Poesie


Auteur de Poésie
13/01/2021 20:57Alejo

Heureux de te lire à nouveau. Texte très touchant. Comme d’habitude ton poème m’a fait plaisir. Merci du partage. Amicalement Alejo.

Auteur de Poésie
13/01/2021 22:19Tulipe Noire

Merci pour ton partage et commentaire, amie Alejo, merci au plaisir de lire tes poèmes, avec ma sincère amitié.

Auteur de Poésie
16/01/2021 16:17Hassan Hyjazi

Une belle prose bien écrite, car il n’y a pas la limite de faire des rimes, que des phrases qui parlent de cette même souffrance, d’un sujet portant sur son dos une partie de l’humanité emporter, merci du partage, amicalement.

Auteur de Poésie
16/01/2021 20:41Printemps

Belle prose poétique sur la souffrance qui afflige l’humanité, où les accords de la morbidité annoncent, à chaque instant, que le cruel messager de la mort visite le monde, en enterrant tant! Merci du partage, Tulipe Noire!

Auteur de Poésie
16/01/2021 20:51Marina

Bonsoir TN! j’en ai eu des frissons! belle lecture terrifiante! Bretonne, j’y vois l’Ankou!... et les portes s’ouvrent sur la mort!...qui sera le prochain! Merci pour cet écrit!

Auteur de Poésie
17/01/2021 11:59Donovan Nouel

Un poème pas réjouissant qui traite des sujets comme la mort et le deuil sous la non-voyance de l’univers qui traine avec lui le trépas. Tout s’effondre, des envies suicidaires au nombre très alarmant, à cause de qui ? Du gouvernement français. Il n’y a plus de regard aux yeux tirés par un sourire sincère. Est-ce une malédiction, ce virus, est-ce un destin car des voyants ont su des années auparavant que 2020 ne serait pas la bonne année ? Des humains qui tombent en dépression, des humains qui pleurent à en mourir, des humains qui gardent espoir. Ceux qui s’en sortent sont les riches, il faut partager et surtout si vous voulez que ça change,il faut voter, mon vote sera pour Jean-Luc Mélenchon. Merci énormément pour ce partage, aux mots terribles. Un très fort bravo. Un gros coup de cœur ❤️.

Auteur de Poésie
20/01/2021 05:30Saber Lahmidi

Très touchant. Merci du partage !
Coup de cœur poétique mérité.
Talentueusement.

Auteur de Poésie
24/01/2021 14:21Anya

Description terrifiante et magnifique de cette pandémie qui étend sa toile sur nos villes et nos villages, mon coup de cœur poétique

Auteur de Poésie
26/01/2021 13:33Malami

Très émouvant votre poème une âme ardente qui se manifeste dans chaque ver merci du partage

Auteur de Poésie
16/02/2021 16:11Lamarque

Cette pandémie marquera 2020, en espérant qu’elle va bientôt disparaitre de l’horizon de nos vies. J’ai participé moi-même à un ouvrage collectif sur cette pandémie, fait une préface et rédigé 2 poèmes sur ce drame qui a bien alimenté l’écriture, mais on s’en serait bien passé. En tout cas vous avez fait là encore, une émouvante description de ce fléau pour l’humanité. Vous montrez bien ici que la poésie peut décrire des moments bien douloureux. Bravo pour ce partage qui fait réfléchir. J’aime

Auteur de Poésie
19/02/2021 11:18Orion

Je te retrouve et lis cette écrit magnifique, ne t’ arrête pas 👍

Auteur de Poésie
20/02/2021 06:51Barbegrise

Bravo bravo pour ce texte si bien écrit. Magnifique et actuel .... Un j’aime par conséquent s’impose... bien évidemment tant il nous transporte dans la réalité ... Je profite de l’occasion pour vous suggérer de lire mon dernier poème ANNIE... consacré à la maladie d’Alzheimer à travers le regard de l’actrice disparue..

Auteur de Poésie
20/02/2021 19:07Alma Roso

Une très juste description de cette pandémie qui frappe au hasard l’humanité, laissant derrière tristesse et incompréhension ... Tandis que le monde autour de nous continue de tourner, indifférent, presque plus heureux qu’à l’accoutumée... Merci Tulipe Noire pour ton écrit qui fait réfléchir sur cette pandémie qui nous laisse perplexes

Auteur de Poésie
24/02/2021 18:43Gramo

Poésie qui me touche à plus d’un titre, durant la marée mortelle le virus a failli m’entrainer dans les sablons de la marée basse puis m’a rejeté en loque vivante. Alors sorti des griffes de l’hydre on mesure d’avantage quelles morsures mortelles sont ses défunts qui s’accumulent dans les statistiques et les cimetières.
Coup de cœur vibrant.

Auteur de Poésie
06/04/2021 09:43Patjan

Émouvant écrit que dire de plus de ce qui a été dit. Chacun ressent différents sentiments face à ce triste dilemme qui est la mort. Merci du partage. CDC mérité

Auteur de Poésie
06/04/2021 11:29Jeromebx

Très fort, la liberté d’écrire sans les règles de poésie te permet d’être encore plus percutant avec tes mots, j’ai beaucoup aimé. Au plaisir de te lire à nouveau Tulipe Noire

PS : merci pour ton commentaire sur un de mes poèmes, je m’étais noté d’y répondre mais il a disparu depuis.

Auteur de Poésie
16/04/2021 11:39Alix De Lao

Parfait et crédible comme la vie qui s’éteint sous nos yeux. Un devoir de mémoire en plus à ajouter à notre histoire...